12 Juil 2018

Immortal : Northern Chaos Gods (2018)

Album : Northern Chaos Gods

Style musical : Black Metal

Compagnie : Nuclear Blast

NOTE : 9 / 10

Avec le départ d’Abbath, plusieurs ont levé le sourcil qui se veut, synonyme d’inquiétude. Est-ce qu’Immortal pourra subsister sans la présence de ce sympathique personnage monochrome? Croire que non est mal connaitre cette entité black métallique qu’est Immortal car après tout, Immortal c’est surtout cet acteur qui agit dans l’ombre depuis des années.

Tel un habile marionnettiste, Demonaz est celui qui a toujours su tirer les ficelles face au groupe. Malgré sa tendinite sévère qui l’a gardé hors du groupe depuis 1997, il est celui qui a toujours su garder le concept du groupe bien vivant grâce à ses paroles inspirées du froid et du climat nordique. Même sans jouer sur les albums, il demeurait une part entière de la formation. Il accompagnait le groupe en tournée, apposait le corpse paint sur son visage avant les représentations et il s’occupait de la gérance du groupe.

Et avec cet album, Demonaz a repris sa guitare. Il a composé les chansons, il les joue et c’est lui qui se retrouve au micro, maintenant. Il passe donc du rôle d’acteur de l’ombre à figure majeure et ce, en moins de trois ans.

Accompagné par Horgh aux percussions, le duo s’est associé à Peter Tagtgren d’Hypocrisy pour la production de cet album. C’est même ce dernier qui joue de la basse sur le disque. Enregistré dans deux studios différents, on sent que le travail pour cet album a été peaufiné à souhait!

L’effet glacial est présent, la tonalité des guitares si spécifique à Immortal déclare présente et la voix de Demonaz se veut parfaite pour cette version 2018 du groupe. Nous avions entendu le grain de Demonaz sur son album solo et de l’avoir sur cet album d’Immortal nous donne cette envie de revisiter son album.

Quoique Northern Chaos Gods se veuille pratiquement parfait…

L’album commence en trombe avec la pièce titre qui nous propulse aux portes de Blashyrkh. Le froid si pétrifiant, ce grésil qui nous déchire les joues et nous avançons péniblement… en cet été plutôt caniculaire!

On remarque tout de suite l’opacité des percussions de Horgh. Son jeu se veut monstrueux mais n’empiète jamais sur cet effet glacial qui est combiné par la voix de Demonaz et ses guitares affutées. L’effet se poursuit sur Into Battle Ride mais nous dirige vers un répit certain avec Gates To Blashyrkh qui propose le type de transition typique du groupe. Avec ses harmonies à la guitare qui propose une certaine gloire, tu sens ta main se refermer, le poing se crispe et tu le montes vers le ciel qui crache sa tempête.

Grim and Dark se veut harmonieuse avec quelques chevauchements au niveau des percussions, Called to Ice est abrupte et l’introduction de Mighty Ravendark nous indique que cette fin, où règnent l’agonie et ce froid inhospitalier, est imminente.

Retour excessivement réussi pour Immortal qui nous prouve que bien souvent, quelques groupes ont un atout de bien caché… sous l’épaisseur huileuse de leur corpse paint!

Lu 1116 fois Dernière modification le jeudi, 12 juillet 2018 00:49
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