20 Sep 2018

Voïvod: The Wake (2018)

Album : The Wake

Style musical : Trash Metal

Compagnie : Century Media

NOTE: 9/10

Dan Mongrain est avec Voïvod depuis 2008. Il était relégué au rôle de guitariste qui ne devait que proposer un jeu de guitare similaire à celui de Piggy, étant donné que son travail n’était qu’en mode concert. Il n’avait qu’à remodeler ce qui existait déjà, une touche de personnalité ici et une dose d’originalité par-là!

Sur Target Earth, Mongrain a pu s’exprimer pour la première fois. On s’est vite rendu à l’évidence qu’il était le digne héritier de Piggy. Ses compositions restaient fidèles à la sonorité imposée par son maître depuis des années. Le mini-album Post Society nous a laissé poindre une direction cosmique pour le groupe mais il faut surtout voir cet enregistrement comme étant celui d’une transition, étant donné l’arrivée du bassiste Dominique « Rocky » Laroche. Un changement majeur, un bassiste de haut calibre qui possède une feuille de route intéressante.

Avec les concerts et ce mini-album, on a pu voir que la mouture moderne de Voïvod est encore excessivement pertinente. Il ne restait plus qu’à avoir un nouvel album de la part de la formation québécoise. C’est avec l’album conceptuel The Wake que cette version ravigotée de Voïvod nous propose un autre voyage métallique vers des horizons progressifs.

Et cet album est comme un voyage. Le départ se fait en trombe avec Obsolete Beings. Cette chanson possède un aplomb indéniable tout en proposant un côté beaucoup plus rebondissant. Une portion lourde est proposée sur The End of Dormancy. Les cadences retenues nous donnent l’impression que les créatures sur la couverture marchent, elles avancent lentement mais avec détermination.

Orb Confusion porte bien son nom. En ouverture, nous pouvons entendre un effet tournoyant, ce qui entraine la confusion pendant quelques mesures. La voix de Snake nous ramène sur un chemin moins chaotique et la basse de Rocky demeure pimpante sur celle-ci. Sur Event Horizon, on tombe dans une portion tordue au niveau des progressions musicales. Le travail d’Away aux percussions est précis tout en demeurant punk rock. Pour ce qui est de Sonic Mycelium, elle termine l’album de façon grandiose. Cette chanson d’une douzaine de minutes nous demande une certaine attention auditive. Vaste, riche et dotée d’une certaine complexité, cette pièce finale nous fait comprendre qu’il y a eu un travail de recherche immense face à sa composition et qu’une tournée avec un groupe comme Mastodon ne serait pas une mauvaise idée!

Si Target Earth demeurait prudent face à l’introduction de Mongrain dans l’échelon le plus élevé de l’Iron Gang, j’ai comme l’impression que sur The Wake, il prend beaucoup plus sa place. Mongrain a maintenant personnalisé le groupe avec ses couleurs et il a proposé des idées innovatrices qui amèneront le groupe vers de nouveaux horizons.

Jadis, est-ce que le groupe aurait pu pousser l’audace en amenant un quatuor à cordes pour créer un effet d’accompagnement comme sur la chanson Iconspiracy et pour finir l’album avec Sonic Mycelium? Est-ce qu’on aurait tenté l’utilisation des timbales, comme sur The End of Dormancy ? Et que dire de l’implication de Jacques Landry, un joueur d’os, qui se laisse aller sur Spherical Perspective!

Ceci n’est pas pour discréditer le travail de Piggy ou du Voïvod antique. Mon but n’est pas de dire que l’évolution était impossible à l’époque, loin de là! Mais on voit qu’en 2018, Voïvod a osé pousser le bouchon et je sens qu’il le sera encore plus, sur une prochaine production du groupe.

Voivod n’a pas eu peur d’avancer sur cet album. Tout ça été fait sombrement, sans exagération.

Juste assez loin, sans se perdre… et nous perdre!

www.voivod.net

Lu 2486 fois Dernière modification le jeudi, 20 septembre 2018 08:49
Évaluer cet élément
(6 Votes)