02 Sep 2015

Dead Quiet : Dead Quiet (2015)

Album : Dead Quiet

Style musical : Stoner / Heavy

Compagnie : Indy

NOTE : 8/10

Oubliez qu’ils se nomment «Dead Quiet». Leur hard rock aux saveurs doom et stoner metal sonne gros, immense même, et se déferle sur l’auditeur, lourdement et passionnément. Tout le contraire d’un silence de mort, quoi.

Voix rocailleuse et éperdue de douleur, mélodies denses et quelques fois dissonantes, riffs pesants et massifs ainsi qu’un jeu de batterie robuste et appuyé, tout cela se retrouvent sur leur album éponyme qui vient à peine d’être publié.

Qu’il s’agisse de leur premier opus n’affecte en rien la qualité du produit finit. En effet, les membres du groupe ayant fondé «Dead Quiet» en 2013 proviennent tous des formations diverses. Le groupe vancouverois se compose du chanteur Kevin Keegan (Barn Burner), du batteur Jason Dana (Bend Sinister, Karen Foster), du bassiste Aaron Gustafson (Anciients) et du guitariste Brock Macinnis (Pecheron, Blood River Band). Des musiciens d’expérience et une foule d’influences ayant mené à la composition de l’opus.

L’album débute avec «The Sorceress», épopée déchirante sur fond de claviers funèbres, de grosse batterie et de grosse guitare. Elle progresse, change de tempo et d’atmosphère et ne cesse de s’alourdir. Voilà ce qui fait le charme de l’album. Loin d’adopter un son et un style uniques, ce qui retient surtout l’attention, c’est là dynamique entre les humeurs et les différentes atmosphères, ainsi que leur exploration de sonorités diverses ajoutant ainsi beaucoup de texture aux compositions. Douce et sentimentale, «Home Is Where You Go to Die» débute tendrement et s’emporte ensuite dans une tempête percussive, et le chant qui, au début évoquait le calme et la résignation, se change en une complainte époumonée et torturée. Ou bien, «The Fall of Me» avec ses couplets tranquilles joués au banjo se heurtent à un gros et douloureux refrain. Ou «God Was Wrong», superbe morceau qui débute calmement, guitare sèche et guitare électrique en duo, jusqu’à s’emporter dans une folie dégénérée. Et que dire de «Remaining Remains», agonie dissonante, guitare basse ténébreuse et jeu de batterie nonchalant qui tire et traîne la chanson la rendant encore plus pesante et déchirante.

Comme mentionné plus haut, les influences stylistiques propres au hard rock, au stoner et au doom sont utilisées sans grande originalité. Mais cela ne nous empêche pas d’être littéralement bouleversé par l’énergie et la passion avec lesquelles ils interprètent leur matériel.

Album à découvrir. Album à embrasser de par sa qualité d’interprétation, sa lourdeur et son honnêteté. Mélodies accrocheuses, placidité et passion y rencontrent toujours emportement, folie et déchirement. Une belle dynamique entre les ambiances, une belle utilisation de différents sons et un abandon total, une épaisseur et une massivité qui ne laissent pas indifférent.

Lu 3716 fois Dernière modification le mercredi, 02 septembre 2015 00:33
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