03 Juil 2016

Les Indiens : Shaman-UFO (2016)

Album : Shaman-UFO

Style musical : Stoner/psychédélique

Compagnie : Sexy Sloth Records

NOTE : 8 /10

C’est sur le discours d’un illuminé que s’ouvre cet album du groupe de Québec, Les Indiens. Il nous déblatère une théorie quelconque face à l’avènement des forces cosmiques qui amèneront des changements de fréquences.

Je suis perdu, je remets la piste au début pour tenter de comprendre. Une deuxième fois suivie d’une troisième. Je me demande vraiment de quoi nous parle cet analyste ou spécialiste du surréel.

En remettant cette première piste pour une quatrième fois, je me rends compte que la basse qui suit le discours se veut lourde, très lourde. On m’avait avisé face à la force de frappe du groupe. On m’avait décrit Les Indiens comme un groupe stoner qui s’exprime en français. C’est le cas!

Mais pas seulement stoner. C’est trop limitatif comme étiquette pour ce groupe car la dimension psychédélique est très présente tout au long de l’album. Tellement, qu’elle devient même le point tournant du disque. C’est bien d’être lourd et de vouloir annihiler mais lorsque tu proposes ce type de sonorité en plus une couche musicale qui permet à ton esprit de sortir de ton corps, c’est un X dans la colonne « réussite »

Ce sont donc les facettes "Shaman" et "UFO" qui m’intriguent dans ce groupe. Même si les présentations se déroulent sous le rouleau-compresseur qu’est la basse sur la chanson Sauvage, ce sont surtout les arrangements cosmiques qui impressionnent sur ce morceau. Les claviers scintillants et la voix spatiale nous suggèrent que Les Indiens veulent bien tout réduire à néant mais le tout doit se faire avec une attention particulière car l’artillerie est lourde sauf que les armes demeurent sophistiquées. Le même phénomène se poursuit ensuite avec Interférence et Shaman UFO 3.

Les pièces Big Manitou et Sans-Mort sont beaucoup plus du domaine de l’ahurissement. La touche musicale fascine sur Big Manitou. Lors de la première moitié, l’effet hypnotique des claviers est accentué par la roulade de la basse et les percussions te permettent de garder un état d’éveil. La seconde portion est plus croustillante musicalement, ce qui rend l’expérience musicale encore plus complète.

Avec Sans-Mort, tu te sens comme dans une séance d’improvisation d’Uriah Heep en 1972. La ligne directrice est suivie par le groupe mais on y ajoute quelques éléments lors de certains moments précis. La guitare se montre complice, le clavier demeure crucial et le résultat se veut fougueux!

Plus psychédélique que stoner, Les Indiens possède l’originalité et la témérité tout en demeurant sirupeux musicalement car c’est pesant tout en étant sidéral dans sa livraison sonore.

À écouter en regardant les perséides cet été!

Lu 4514 fois Dernière modification le lundi, 04 juillet 2016 08:50
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