07 Nov 2016

Every Time I Die : Low Teens (2016)

Album : Low Teens

Style musical : Metalcore

Compagnie : Epitaph

NOTE : 8/10

Every Time I Die est une figure de proue au sein d’un mouvement mené de front par les Converge et The Dillinger Escape Plan qui ont façonné moult pâles copies depuis bientôt deux décennies. Au fil de leur discographie, la troupe originaire de Buffalo a su s’émanciper de leurs congénères en y incorporant des influences ‘’southern’’ imbibées d’alcool après de longues nuits de débauche comme seuls les frères Buckley savent le faire, mais lorsque Keith, chanteur et poète, a dû traverser un hiver éprouvant hiver durant lequel il a failli perdre sa femme à cause d’une grossesse ardue, il apparaît flagrant que ce huitième album Low Teens lui a servi de catharsis pour évacuer toute l’angoisse causée par cette terrifiante épreuve. Donc, l’empreinte festive est absente laissant plutôt la place à l’anxiété, l’introspection et la souffrance; trois ingrédients saugrenus au sein de l’œuvre d’Every Time I Die.

Dès les premières notes de Fear and Trembling ont palpe cet inconfort au sein de cette introduction juste assez brouillonne pour rendre le jeu de l’autre Buckley encore plus inoffensif et ensuite, on se retrouve en terrain connu avec une section rythmique sur les chapeaux de roues. Notons également l’arrivée d'un nouveau batteur (encore une fois!) en la personne de David Davison (ex-Norma Jean, ex-Underoath). Immédiatement, la prose raffinée est substituée par des déclamations aussi déchirantes qu’introspectives. Malgré que l’atmosphère générale qui se dégage de cet album s’éloigne un tantinet du son typique d’Every Time I Die, il va sans dire que l’amateur moyen ne s’en trouvera pas désorienté pour autant. Glitches aurait très bien pu se retrouver sur From Parts Unknown paru en 2014 et rappelle vaguement le hardcore furieux de l’époque de Hot Damn!

Pour ceux qui apprécieraient le côté plus mélodique de la formation, rassurez-vous, le chant est toujours d’actualité, quoique beaucoup plus discret que sur les précédents opus, mais toujours aussi bien maîtrisé. Des chansons telles que C++ (Love Will Get You Killed) avec son refrain accrocheur, Two Summers qui pourrait vaguement nous remémorer le side project du chanteur The Damned Things où les chants claires sont mis de l’avant même durant un breakdown des plus dévastateur. On pousse l’audace jusqu’à nous ramener la célèbre cloche à vaches ! Ici, l’équilibre entre le mathcore-punk furieux et les tensions émotives font l’incontestable solidité de cet opus. Pendant que Awful Lot, I Didn’t Want to Join Your Stupid Cult Anyway, Petal et The Coin Has A Say cartonne l’auditeur de riffs de guitares southern déconstruits et incendiaires dans la plus pure tradition du groupe, d’autres comme It Remembers avec l’apport de Brendon Urie, chanteur du groupe Panic! At the Disco ou Map Change qui couronne l’album en beauté avec son refrain pop punk qui est resté imprégné dans mon cerveau longtemps après mon écoute initiale où toute la détresse exprimée durant Low Teens est encapsulée à la perfection. Every Time Die sans le ‘’party’’ avec une dose supplémentaire d’agressivité rempli adroitement son mandat et comble les attentes des plus sévères fervents qui attendent toujours un Gutter Phenomenon part II…

Lu 1439 fois Dernière modification le lundi, 07 novembre 2016 14:01
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