01 Fév 2017

Code Orange: Forever (2017)

Album : Forever

Style musical : Hardcore/Métal

Compagnie : Roadrunner Records

NOTE : 7.5 / 10

Des jouvenceaux, de très jeunes musiciens sont membres de ce groupe qui battait la chamade avant sous l’appellation Code Orange Kids. Troisième album pour cette formation de Pittsburgh, on sent que Code Orange peut se permettre de faire ce qui lui plait.

En entretien dans le Decibel, on apprenait que leur signature avec Roadrunner se devait être selon leurs conditions. Pas question que le groupe ne devienne qu’une saveur passagère… ce qui veut dire qu’il n’y aurait pas de courbette venant de la part de Code Orange.

Toujours aussi tonitruant avec une surdose de hardcore, on peut tout de même ressentir des pulsions musicales qui proviennent d’autres genres musicaux. Si vous avez parfois l’impression d’entendre des rythmes métalliques plus costauds ou des passages vaporeux, expérimentaux et saccadés comme ceux proposés par un groupe comme Deftones, c’est que vous êtes en train de vous taper un album d’une formation en pleine possession de ses moyens.

La chanson titre ouvre l’album avec aplomb. L’animosité qui émane de ce titre est infatigable et le jeu de guitare est colossal par-dessus les jappements de Jami Morgan, batteur et chanteur pour le groupe.

Kill the Creator et Real permettent au groupe de continuer avec de la tonitruance contrôlée. Un hardcore métallique qui se veut pompant sur les deux titres quoique Real possède une portion plus feutrée, pratiquement drum n’ bass lors de certains instants.

Bleeding in the Blur vient poser une large couche de scellant sur ce qui a été anéanti par Code Orange sur les pistes précédentes. Beaucoup plus planante comme chanson, cette ritournelle se veut chantée par Reba Meyers, guitariste et chanteuse du groupe. Si cette pièce est de Code Orange, on peut tout de même ressentir des influences dignes de Babes in Toyland, le Hole d’antan et L7 sur celle-ci! Et c’est ce qui est étonnant d’avoir, et surtout d’entendre, des références aussi éloignées, étant donné l’âge des membres du groupe.

En faisant un peu de recherche, il reste qu’il n’est pas surprenant d’entendre ce genre de chanson pour Code Orange. Reba Meyers, Jami Morgan et Joe Goldman sont aussi membres d’Adventures, un autre groupe qui se veut beaucoup plus rock alternatif.

Après cette pièce plutôt étonnante, nous ne sommes pas en manque face à l’ébahissement. Avec The Mud, on assimile des impulsions électroniques de façon très habile dans une forge métallique et hardcore. La recette de base, avec sa pugnacité, reprend de plus belle par la suite avec The New Reality et Spy.

Code Orange repousse encore le bouchon un peu plus profondément avec Ugly, un titre qui propose une ligne de basse très ‘80s en ouverture mais qui se caramélise en un contenu plus robuste vers la portion médiane. Hurt Goes On demeure une pièce très expérimentale qui propose malheureusement, cet effet néfaste de remplissage après autant de diversité.

Au lieu de terminer l’album avec une salve impétueuse, Code Orange propulse plutôt une boutade musicale onirique du nom de Dream 2, où Reba Meyers se vautre dans le son des guitares à l’écho grandiose pour nous proposer un gigot musical angoissant qui pourrait se retrouver dans le répertoire de PJ Harvey.

Varié, Forever est le genre d’album qui aura son lot de détracteurs étant donné l’éloignement face au modèle original mais se retrouvera avec de nouveaux adeptes qui seront surpris par l’audace dont fait preuve cette bande d’Américains plutôt… candide!

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