10 Fév 2017

Black Anvil : As Was (2017)

Album : As Was

Style musical : Black/Thrash Métal

Compagnie : Relapse Record

NOTE : 8.5/10

Critique de l'album "As Was" de la formation Black Anvil

Quand j’ai su que Mayhem allait revisiter le Québec pour entamer les commémorations messianiques de leur album culte De Mysteriis Dom Sathanas, en plus de me procurer un billet sans crier gare, je me suis attardé sur ceux qui les accompagneraient lors de cette inquisition (eh oui, ils brillaient une fois de plus par leur absence; il fallait être là lorsqu’ils ont ouvert pour GoatWhore et Behemoth en 2014) et je suis tombé sous le charme de Black Anvil. Quatuor new-yorkais né des cendres du groupe de hardcore Kill Your Idols en profitaient pour dévoiler leur plus récente offrande As Was. Après les avoir appréciés en concert, j’ai pu pleinement savourer ce qui s’avère ma 1re découverte de 2017.

J’admets ne pas m’être penché sur l’entière discographie du groupe alors je ne pourrai faire de comparaisons avec ce nouvel album. Par contre, dès les premiers instants de On Forgotten Way, on peut vite goûter à l’étendu de la diversité sonore exhibée par Black Anvil. Durant les 8 minutes de cette pièce on y retrouve des riffs barbares typiquement black, un chœur de chants clairs épique (qui viendront ponctuer l’ensemble de l’œuvre) lors d’un refrain mélodieux le tout enrobé d’une ambiance résolument thrash me rappelant vaguement un GoatWhore moins cajun furieux en plus d’une accalmie enchanteresse qui cette fois met de l’avant une influence des Britanniques de Winterfylleth. On pourrait supposer que d’infuser autant d’influences puisse nuire au résultat final, mais Black Anvil réussi adroitement à préserver une cohérence au niveau de l’écriture et les chansons coulent de source.

Tout au long d’As Was ces abondants éléments reviendront épicer notre écoute de manière dégourdie et ingénieuse. Les moments typiquement black sont légion sans jamais tomber à plat comme l’introduction de May Her Wrath Be, la finale épique et déferlante de la pièce éponyme où l’on ressent précisément le désir d’élargir leurs horizons sonores ou l’ombre d’un DarkThrone version 90’s qui plane sur l’excellente Nothing, durant laquelle ressurgissent aussi les racines hardcore des membres du groupe ainsi que la judicieuse utilisation de claviers plus progressifs et d’une basse vrombissante à souhait. Autres faits non négligeables, tous les membres de Black Anvil s’époumonent au gré des atmosphères de l’album ce qui ajoute à cette vigoureuse impression de diversité de textures au sein des structures de chacune des pièces.

L’utilisation de guitares acoustiques à certains moments opportuns consent une céleste incursion lumineuse conviant vaguement Opeth era-Orchid/Morningrise au milieu de cet océan de noirceur opaque et mélancolique; que dire de ce bridge presque joyeux aux accents folks qui nous transporte vers une finale tout droit sortie des années 80 à la Celtic Frost sur As Was. As an Elder Learned Anew contient son lot de riff belliqueux pour se décrocher la nuque qui me confirme à quel point la musique de Black Anvil était efficace en concert. J’apprécie particulièrement les fourmillantes couches de guitares que l’on découvre au fil des écoutes et l’introduction jazzy de Two Keys : Here’s the Lock me certifie l’habileté du groupe à conserver ses repères tout en étant original malgré une flagrante loyauté à l’idéologie black metal old school. The Way of Flesh est une courte et froide pièce instrumentale qui met adroitement la table pour la finale épique d’Ultra; mélodique et glorieuse qui s’avère un habile résumé de l’étendue de leur talent indéniable. À découvrir si vous recherchez un vent de fraîcheur ténébreux au sein d’une scène florissante.

Lu 1469 fois Dernière modification le vendredi, 10 février 2017 00:37
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