07 Mar 2017

Suicide Silence : Suicide Silence (2017)

Album : Suicide Silence

Style musical : Metal

NOTE : 6/10

Critique du nouvel album de Suicide Silence (2017):

Jadis, je consacrais un temps fou à promouvoir mon groupe et en découvrir une multitude sur MySpace, mes plus belles découvertes furent sans contredis Job for a Cowboy, Whitechapel et Suicide Silence. Ces derniers, véritables pionniers du deathcore offraient une musique tout en spontanéité, mais surtout en brutalité crue et incisive menée par le charismatique Mitch Luker. Suite à son décès en 2012, les Américains de Riverside en Californie ont poursuivi l’aventure avec Eddie Hermida, tout aussi talentueux vocaliste d’All Shall Perish et bon ami du défunt, en offrant un You Can’t Stop Me sans fioriture. Il y avait de quoi se réjouir malgré la perte d’une voix unique en son genre. En 2017, Suicide Silence récidive avec un nouvel album éponyme qui a suscité polémique bien avant sa sortie en annonçant 70% de chant clair…était-elle justifiée ou le fan moyen de deathcore aux stretchs surdimensionnés s’insurge inutilement ?

Le 1er extrait qui ouvre l’album annonce les couleurs de ce renouveau; Doris démarre avec une guitare brouillonne très grunge pour déboucher sur un riff plus typique au son que l’on connaît du groupe. D’ailleurs il s’agit de l’un des rares moments où l’on reconnaît la griffe distinctive de Suicide Silence; durant Listen la guitare revient à ce son acerbe puis sur Hold Me Up, Hold Me Down, mais ça se perd au beau milieu d’influences à la Slipknot, Korn, Deftones; l’introduction de Run nous permet d’espérer que le groupe s’est ragaillardi enfin pour revenir à ses marques de noblesses, mais elles ne reviendront qu’à la toute fin de l’album avec le riff le plus ‘’Suicide Silence’’ lors de Don’t Be Careful, You Might Hurt Yourself… Sinon ?

Malgré mon ouverture d’esprit en ce qui a trait aux expérimentations qu’un groupe puisse tenter durant une carrière, je dois admettre que le résultat final sur cette offrande m’a rendu perplexe. Il ne s’agit point de la bouse auditive proclamée par les flagorneurs outrés, mais reste que la musique proposée est plutôt fade voir quelconque. Les ambiances feutrées volées à Deftones ou même à Norma Jean au niveau des guitares pendant Doris ou Dying in a Red Room sont de bons exemples de pièces pas infectes, mais franchement oubliables. Je ne peux m’empêcher de songer à Korn lorsque j’entends Silence avec son air mélancolique et son refrain à la Godsmack qui malheureusement s’étire vainement. The Zero est un bon moment avec ses atmosphères électroniques et acoustiques éthérées rappelant une fois de plus la troupe à Chino Moreno avec un bon solo (un autre critique a fait référence au solo de la pièce Fundamently Loathsome sur l’album Mechanical Animals de Marilyn Manson et je ne peux qu’être d’accord) débouchant sur une finale bien brutale, mais sommes toutes trop peu trop tard…

En effet, voilà qui résume assez bien les meilleurs passages de cet album; les trop brefs blasts beats surviennent avec parcimonie sur Listen, pendant la finale suivant le meilleur breakdown de l’opus et…c’est tout ! Je me dois de m’attarder sur la performance vocale de M. Hermida, car bien qu’elle soit approximative dans son ensemble, elle mérite d’être qualifiée d’audacieuse et authentique. Bien que trop souvent pas si juste ou même carrément déplacée (le spoken durant Listen…), la performance est aussi diversifiée qu’honnête et ça ajoute aux finales à une écoute qui peut rapidement ennuyer. Il passe des cris torturés à la Corey Taylor à une voix bien death qui rendent nostalgique de la bonne époque d’All Shall Perish en passant par le fameux chant clair… Parfois c’est mission accomplie comme pendant Hold Me Up, Hold Me Down, Listen ou Conformity, mais trop souvent ça frôle la catastrophe; voir Doris, Listen ou Run. Mention à la production brouillonne de Ross Robinson qui contribue à déstabiliser l’auditeur positivement. Alors voilà…bravo à Suicide Silence d’avoir voulu briser le moule conservateur du deathcore, mais malheureusement soit le talent ou l’inspiration n’étaient pas au rendez-vous et on se surprend à s’ennuyer de l’époque de MySpace. Dommage…

Lu 2726 fois Dernière modification le mardi, 07 mars 2017 13:29
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