02 Mai 2017

Album : 8

Style musical : Metal alternatif

NOTE : 6/10

Comme laisse supposer son titre (8), le nouvel album du groupe Incubus, originaire de Calabasas en Californie, manque d’inspiration et mise sur la chance.

8 marque le huitième opus du groupe, qui n’avait rien proposé de neuf depuis If Not Now, When? en 2011. Personne ne leur en tiendra rigueur. Le meilleur n’étant plus à venir.

Tout de même, 8 démarre avec énergie, No Fun et Nimble Bastard, sans casser la baraque, marquent les esprits par leur aplomb. Nimble Bastard est sans contredit le meilleur titre de l’album. Puis on sombre dans le alt/rock FM, générique et sans réel saveur, parsemé ici et là de quelques bonnes idées.

State Of The Art agace plus qu’elle ne séduit. Glitterbomb, écrite sur le ton de la trahison, n’émouvra personne. Undefeated par contre, attire l’attention, ne serait-ce que par ses sonorités originales et son interprétation incarnée. Loneliest, avec ses accents techno, étonne mais ne convainc pas. Familiar Faces reste sans intérêt malgré ses relents de critiques sociales. Love In A Time Of Surveillance sonne comme une chanson traficotée à la dernière minute pour combler un vide.

Il faut attendre la fin de l’album avec Throw Out The Map pour retrouver quelque chose qui décoiffe un peu. Malheureusement les paroles insipides viennent ternir une chanson pourtant prometteuse.

En général, les compositions misent beaucoup (trop?) sur le refrain, d’une importance capitale pour percer les ondes radiophoniques. On note peu de dynamiques autres que celles couplet/refrain. La voix du chanteur Brandon Boyd est omniprésente dans le mix final, au point où elle perturbe carrément l’écoute. Les excellents arrangements mériteraient davantage d’attention et de mise en valeur. Mention spéciale au guitariste Mike Einziger, pour son inventivité et sa constance.

Comme l’inspiration ne dure que quelques instants, on fait appel à du renfort. Le célèbre DJ et producteur Skrillex (co-production, mixage) fait office de Viagra musical, mais trop peu trop tard, la plupart des compositions d’Incubus ne lèvent pas davantage. Même le producteur vedette Dave Sardy (ZZ Top, STP, Chris Cornell), malgré des bons sons de guitare, n’arrive pas à sauver les meubles.

Avec cet album, Incubus rejoint définitivement le rang des centaines de groupes ou d’artistes, qui se contentent d’entretenir paresseusement leur patrimoine musical, en lançant des albums moyens, qui contiennent une ou deux bonnes compositions, afin de justifier une tournée mondiale. « Il faut bien travailler » vous diront-ils. Leurs succès d’antan leur garantissant le luxe de n’avoir rien à dire de nouveau, ni de bien intéressant.


Lu 4054 fois Dernière modification le mardi, 02 mai 2017 20:09
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