18 Jui 2017

Styx : The Mission (2017)

Album : The Mission

Style musical : Arena Rock

Compagnie : Universal Music

NOTE: 9/10

J’ai été extrêmement surpris quand Styx a annoncé un nouvel album à paraître. Quand le groupe a lancé Cyclorama, il a affirmé à qui voulait l’entendre que le groupe ne retournerait probablement plus en studio. Ils ont évidemment changé d’idée. 

J’ai résisté à la tentation d’écouter les nouvelles chansons lorsqu’elles sont sorties; je voulais entendre l’album au complet, pas en petites parcelles. Je suis aujourd’hui très heureux de mon choix. The Mission est un album, pas un groupement de chansons. Il s’agit d’un album concept au même titre que Grand Illusion ou Paradise Theater en est un : il n’y a pas nécessairement une histoire à suivre comme Kilroy Was Here, mais il y a néanmoins une ligne directrice dans la narration (l’exploration spatiale) et dans le son.

The Mission est un véritable voyage dans le temps. Nous avons affaire à la mouture actuelle du groupe qui joue du nouveau matériel composé à l’ancienne. La première écoute m’a un peu déstabilisé : est-ce qu’on a affaire à un groupe qui avait le goût de replonger dans ses racines ou à un groupe cynique qui se parodie lui-même pour tenter de faire plaisir à ses fans? J’avais un doute étant donné que la formation actuelle n’a pas vraiment de racines; à part James Young et Tommy Shaw (et Chuck Pannozo) aucun d’entre eux n’a connu les années de gloire du groupe, mais je me raccrochais au fait que One With Everything, la seule pièce composée par tous les membres du groupe, est la plus progressive que le groupe ait composée, sauf peut-être Come Sail Away. Donc, est-ce que les membres de Styx avaient le goût de se faire plaisir, en faisant travailler leur créativité? C’est ce que je pense.

J’ai été surpris dès les premières notes. L’Album démarre avec Overture. J’ai regardé deux fois; je croyais avoir fait jouer un vieil album de Kansas par erreur. C’est à s’y méprendre. Ce petit instrumental de moins de 2 minutes donne le ton à l’auditeur. Nous avons affaire à du Arena Rock, vintage jusque dans les moindres détails; jusqu’aux effets « robot » dans la voix. Ce qui nous indique clairement que nous avons affaire à Styx sont les sons de clavier. Gowan a repris les sons de Dennis DeYoung et même, parfois, ses riffs de clavier.

Gone Gone Gone démarre sur les chapeaux de roues. Guitare et claviers à fond de train et… Larry Gowan qui entame la chanson. Ok, j’avoue : j’aime beaucoup Gowan, mais j’ai vécu une petite moyenne déception de ne pas entendre la voix Dennis DeYoung. Tout y est : le son, l’atmosphère, le concept. Il en manque que Dennis. Pas que Gowan ne fait pas un bon travail, loin de là, mais en écoutant cet album-là, le vieux fan de Styx que je suis s’ennuie de Dennis DeYoung. Les chœurs ne sont pas tout à fait les mêmes. Le côté grandiose qu’il apporte. Mais bon, c’est fini, je n’en parlerai plus dans cette critique.

Album de Styx oblige, après la première chanson de Dennis Larry, nous avons droit à cette de Tommy Shaw. Hundred Million Miles From Home et une chanson typiquement Tommy Shaw : le solo de guitare avec la talk box, les tapements de main dans le refrain, le tempo moyen.

C’est ensuite au tour de James de prendre le micro. Trouble At the Big Show a un bon petit “groove” et James Young a sorti sa voix des grandes occasions : pas criard, mais plutôt aguicheur.

Locomotive est une des deux plus longues pièces de l’album. C’est la première qui a véritablement attiré mon attention. La 12 cordes de Tommy, les claviers d’un autre temps, les « ta-too-doom-da » fredonnés en cœur; je suis automatiquement et instantanément revenu en 1978. L’impression s’est poursuivie avec Radio Silence.

The Greater Good est une autre très bonne chanson, dans laquelle Larry et Tommy échangent le micro. Soudainement, le solo de guitare commence et, pouf, retour en arrière, J’entends la guitare de Paradise Theater : un solo lent, extrêmement mélodique tout juste assez long.

Red Storm est la chanson la plus longue de l’album. Un autre morceau très prog, avec la 12 cordes en arrière-plan et de grandes envolées de guitare et de claviers.

Khedive, c’est Styx qui se prend pour Queen : le piano classique et grandiloquent, les chœurs compressés et couvrant plusieurs octaves et le mur de guitares, surmultipliées, jouant en harmonie. Un petit intermède intéressant.

Dans The Outpost, c’est le Styx plus moderne qui reprend le dessus : on entend les claviers de Kilroy Was Here et de Edge of the Century, mais, toujours, les refrains chantés en chœur épique, comme Styx sait le faire.

Il est difficile de décrire l’impression que cet album-là a eue sur moi. J’ai été un énorme fan de Styx, à toutes les époques : de leurs albums sur Wooden Nickel jusqu’à Cyclorama (non, je n’ai pas vraiment aimé Big Bang Theory). Dans Cyclorama, j’ai bien aimé la participation de Laurence Gowan, car les chansons étaient adaptées à son style. Ici, c’est Gowan qui doit s’adapter au son de Styx, et là, ça passe moins bien. Par contre, une fois la surprise passée et parce que Tommy chante la plus grande partie du temps, The Mission est un album que je n’espérais plus : le son, le thème, la production, l’écriture, tout est pratiquement parfait. Je dois faire une mention particulière au héros obscur de l’album : Todd Sucherman, un très, très bon batteur qui gagnerait à être plus connu. Prenez la peine d’écouter son jeu attentivement, vous découvrirez des petites perles.

Pour conclure, The Mission est une des belles surprises de cette année. Je ne m’y attendais vraiment pas et, même après l’annonce, j’avais de très gros doutes quant à la pertinence pour Styx de sortir un nouvel album. Eh bien, tous mes doutes ont été dissipés après trois écoutes. J’espère seulement que le groupe sera assez courageux pour laisser quelques succès de côté et nous jouer l’album en spectacle, quand il se présentera à Trois Rivières le 24 août prochain dans le cadre de Trois-Rivières en blues.

Lu 3779 fois Dernière modification le dimanche, 18 juin 2017 10:20
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