20 Juil 2017

Rise Against – Wolves (2017)

Album : Wolves

Style musical : Punk

Compagnie : Virgin Records

Note: 6/10

Les punk rockers de Chicago, Rise Against, nous reviennent avec un nouvel album, leur 8e en carrière, intitulé simplement Wolves. Leur premier album studio depuis 11 ans à ne pas être produit par Bill Stevenson et Jason Livermore, des collaborateurs de longue date, et leur première offrande sous leur nouvelle étiquette Virgin Records.

À ce qu’il paraît, après la parution de The Black Market, sorti en 2014, quand il fut temps de commencer les préparatifs en vue d’un nouvel album, les gars de Rise Against ont connu quelques difficultés à trouver leur voie, cherchant à se situer dans le monde de la musique en général et dans la vie de leurs fidèles admirateurs. Mais conformément à leur engagement politique, avec la campagne présidentielle qui commençait aux États-Unis, ils ont rapidement trouvé leur inspiration et leur raison d’être.

Est-ce que Wolves est un album à saveur politique? Sans aucun doute. Selon les propos du chanteur Tim McIlrath tenus dans pressreader.com, le titre de l’album fait référence au fait « d’être en colère contre l’autorité, d’être en colère contre la direction de son pays et du monde et de contre-attaquer. » C’est assez clair comme plan de match!

Il y a cette idée de se servir de la musique comme arme politique. Qui, en soit, est une volonté tout à fait louable. L’idée d’être subversif, c’est-à-dire de passer des messages politiques à la masse, sous le couvert de la musique populaire. Idée tout à fait louable également. Mais ici, l’inspiration n’y est pas. Tellement que j’ai eu l’impression d’entendre 10 fois la même chanson. D’entendre 10 fois le même son de guitare, les mêmes rythmes, presque toujours sur les mêmes tempos. À la fin, on se lasse des refrains accompagnés de : « Whooo... Oh... Whoo... Oh... » On note bien quelques petits cris lancés ici et là, question de montrer qu’on est fâché, mais on retourne vite au punk FM, aux gros refrains fédérateurs et à la guimauve politiquement engagée.

En musique, pour aborder la politique, certains choisissent d’y aller par des images, d’autres d’être le plus concret possible. Rise Against fait partie du second groupe, mais néanmoins ne parvient pas à marquer les esprits. Le message est gros comme le bras, impossible de passer à côté. Toujours ce sentiment lassant de se faire dire quoi faire, quoi penser. Sur cet album, Rise Against laisse très peu de place à l’imagination.

On reste avec l’impression que Wolves a été écrit devant les journaux, papier ou télévisés. Ce n’est pas ce que j’appellerais de l’inspiration ou du souffle, mais de la paresse. Aborder le thème de la politique est plutôt pratique quand on cherche du contenu. Surtout quand tous les médias en font leurs choux gras au quotidien et qu’une campagne présidentielle bat son plein.

Mention à la voix du chanteur qui recèle une qualité peu fréquente, celle d’inspirer de l’espoir, d’être rassembleuse, de toucher. Mais elle n’arrive pas à percer l’emballage édulcoré et surfait d’un punk rock près du dénominateur commun.

Malheureusement, Rise Against, avec Wolves, malgré toutes les bonnes intentions demeure insipide. C’est justement ce qui agace tout du long : l’album, le son, les paroles, dégoulinent de bonnes intentions, mais ne parvient presque jamais à créer la révolte ni l’embrasement. Les loups ont beau montrer les dents, ils sont doux comme des agneaux. 


Lu 2730 fois Dernière modification le jeudi, 20 juillet 2017 21:07
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