21 Aoû 2017

Prong : Zero Days (2017)

Album : Zero Days

Style musical : Metal

Compagnie : Warner Music

NOTE : 8/10

Le groupe Prong a connu ses meilleurs jours au courant de la décennie 90. On se souviendra surtout de Cleansing paru en 1994, avec le hit Snap Your Fingers, Snap Your Neck, produit par Terry Date (Pantera, Soundgarden, Deftones), le réalisateur vedette de l’époque. Voici notre critique de Zero Days.

Malgré une popularité relative, le groupe se sépare en 1996, juste avant une tournée avec Type O Negative. Leur maison de disque, Epic Records, calcule que Prong n’est plus profitable et largue le groupe, 3 semaines après la sortie de Rude Awakening.

Ensuite, le leader de la formation et habile gratteur de cordes, Tommy Victor part jouer le mercenaire chez Rob Zombie, Marilyn Manson, Trent Reznor, Danzig et Ministry.

Qui peut bien se soucier encore de Prong en 2017? Peu de gens, j’imagine. Moi le premier. Le groupe s’est reformé en 2002 dans l’indifférence, mais a tout de même lancé 6 albums (!?!) depuis. Preuve que Tommy Victor, malgré les nombreux changements de personnel et de labels,  n’a pas encore lancé la serviette.

Est-ce que Zero Days mérite l’écoute? Sans aucun doute. Le talent indéniable de Tommy Victor comme producteur, guitariste, chanteur et compositeur, à lui seul vaut le détour. Ce type est sans contredit un musicien d’exception. Sa maîtrise du vocabulaire de la musique métal est impressionnante. Jamais à court d’idées, Victor a le don de composer des riffs de guitares qui sont toujours accrocheurs, sans jamais tomber dans une virtuosité tape-à-l’œil.

L’album Zero Days se retrouve dans la lignée du métal américain traditionnel (Pantera, Fear Factory, Anthrax), souvent plus axé sur le groove, surtout sur However It May End, Forced Into Tolerance, Interbeing, Operation Of The Moral Law, mais on entend également une influence punk-rock que j’ai beaucoup apprécié, notamment sur les pièces Zero Days, Off The Grid et Compulsive Future Projection.

Prong s’aventure même sur le terrain glissant des sonorités plus pop avec Divide And Conquer, Blood Out Of Stone, alors que Whispers et Wasting Of The Dawn rappellent le métal techno industriel, qui a fait la marque du groupe au tournant de la décennie 90. Self Righteous Indignation, avec sa guitare très lourde, ressemble trop à tout ce qui se fait présentement pour se démarquer réellement.

Côté paroles, on a droit à une litanie de phrases et d’images portées vers la résistance, la révolte et l’affirmation de soi, devant l’adversité d’une société jamais à court de vacheries. Rien de nouveau sous le soleil du monde métal. Cependant, malgré une influence politique assumée, les paroles restent assez vagues et laissent place à l’interprétation. Une autre chose que j’apprécie énormément.

Définitivement ancré dans le métal d’une certaine époque, d’un certain âge d’or, Zero Days pourrait en agacer certains(es), qui y verraient un manque d’originalité. Pour moi, il est tout simplement rafraîchissant, bien fait et efficace. Une agréable surprise.


Lu 1484 fois Dernière modification le lundi, 21 août 2017 15:13
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