06 Nov 2017

Cannibal Corpse : Red Before Black (2017)

Album : Red Before Black

Style musical : Death Metal

Compagnie : Metal Blade

NOTE : 7.5/10

Cannibal Corpse fait partie d’un nombre select de groupes qui ne proposent pas seulement de la musique, mais tout un univers périphérique. Que ce soit au niveau du visuel, du choix des titres d’albums et des titres de chansons, des thèmes abordés dans les paroles, du style de musique en général, Cannibal Corpse est reconnaissable entre tous.

Toujours très étanches aux effets de mode, les membres de Cannibal Corpse conservent un contrôle absolu sur tous les aspects de leur travail. Après presque 30 ans de carrière, ce genre d’intégrité mérite le respect et la considération, peu importe ce qu’on pense du style, de l’approche ou du concept.

Mais c’est également ce qu’on pourrait leur reprocher. En effet, Cannibal Corpse est un groupe totalement obnubilé par certaines thématiques, qu’il ne cesse de creuser et d'approfondir toujours davantage, d’album en album, d’une chanson à l’autre. On pourrait presque parler d’un trouble obsessif-compulsif.

Red Before Black (quel excellent titre!), malgré quelques irritants ici et là, est un très bon album dans son ensemble. La production d’Erik Rutan (Madball, Goatwhore, Nile) est encore une fois de grande qualité et parsemée de détails sonores raffinés. Durant l’écoute, on constate rapidement que l’énergie du groupe est focalisée sur le message et non les prouesses personnelles. Le choix de placer la voix de George « corpsegrinder » Fisher en avant dans le mix est par conséquent judicieux. De cette façon, les paroles des chansons, qui se concentrent essentiellement sur des histoires de meurtre placées du point de vue du ou des tueurs, prennent autant d’importance que la musique elle-même.

Only One Will Die reste du classique Cannibal Corpse. Red Before Black captive par sa vitesse, sa charge explosive, ses arrangements et son côté punk hardcore. Code Of The Slashers (ma préférée) impressionne par sa brutalité, sa lourdeur et son originalité. Remaimed est portée par d’excellents riffs de guitare. In The Midst Of Ruin galope harmonieusement.

En gros, j’ai senti une volonté de créer des chansons plus aérées, plus éthérées, moins complexes que sur certains albums antérieurs. Malgré cela, j’ai trouvé l’album assez répétitif, surtout au niveau du chant. Au point où certaines chansons – pourtant très agressives –, à la longue, perdaient en impact. Un peu de diversité dans la livraison ne ferait pas de tort et agrémenterait l’écoute. Également, le jeu du soliste Pat O’Brien reste, selon moi, prisonnier des clichés du genre.

À mon avis, Cannibal Corpse ne cherche plus tant à prouver sa raison d’être et sa valeur, qu’à consolider ses acquis. Red Before Black représente un autre jalon dans une démarche artistique tout à fait légitime, qui ne cherche pas simplement à choquer, mais à montrer un autre point de vue sur la réalité complexe des êtres de chair et de sang que nous sommes. Avec cet album, Cannibal Corpse ne se réinvente pas, mais se raffine.

 

Lu 1409 fois Dernière modification le lundi, 06 novembre 2017 20:14
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