01 Fév 2018

Machine Head : Catharsis (2018)

Album : Catharsis

Style musical : Groove Metal

NOTE : 6.5/10

Machine Head est un groupe que j’affectionne beaucoup. Ses paroles sont crues, ses mélodies sont entraînantes et hypnotisantes. Catharsis, le neuvième album du groupe, vient tout juste de paraître. Nombreuses sont les critiques négatives à son sujet. Pourtant, il est acceptable : il suffit de ne pas essayer de le comparer aux précédents albums de Machine Head, qui ne lui ressemblent en rien. Les chansons ont été composées à la suite des événements survenus aux États-Unis (entre autres, les élections présidentielles).

D’abord, Catharsis, comme chaque album, présente des moments forts et des moments faibles. Toutefois, toutes les pièces mises ensemble forment un album intéressant. La première pièce de l’album est Volatile. Elle est composée de riffs accrocheurs et de paroles plaisantes à chanter. Les premiers mots de la chanson sont d’ailleurs « FUCK THE WORLD » ; une exclamation assez typique du groupe. La misanthrope en moi a accroché sur ses mots, faisant en sorte que Volatile soit l’une de mes pièces favorites depuis ma toute première écoute de l’album. Les deux pièces suivantes sont Catharsis et Beyond The Pale. Elles sont toutes deux plaisantes à écouter, mais sans plus. Elles m’aident à endurer le court trajet de chez moi à l’épicerie. Nombreuses sont les personnes qui ont noté la forte ressemblance entre le début de Beyond The Pale et celui de Love? de Strapping Young Lad. Robb Flynn a affirmé qu’il ne s’agit qu’une coïncidence farfelue, mais la similarité des notes des deux chansons ne me semble pas qu’un accident…

Les quatrième et cinquième chansons sont California Bleeding et Triple Beam. Pour être franche, je les déteste. Il s’agit, à mon avis, du point faible de l’album. Leurs riffs ne sont pas accrocheurs, leurs paroles ne sont pas significatives et la musique ne reste pas en tête. Elles auraient toutes deux pu être absentes de l’album sans que personne ne trouve qu’il y manque quoi que ce soit.

Le sixième morceau de l’album est Kaleidoscope. Elle a été écrite par Flynn et McCain, le batteur du groupe, alors qu’ils traînaient en studio. Son introduction est sortie naturellement, alors que le chanteur était en mode « improvisation ». Au contraire des deux chansons précédentes, Kaleidoscope est accrocheuse et ses paroles sont sensées. D’ailleurs, parmi celles-ci, on peut entendre « Amérique comateuse, les zombies sont au pouvoir » : il semblerait que Machine Head n’apprécie pas le gouvernement de Donald Trump... Robb Flynn se dit satisfait de cette chanson parce que le groupe a réussi à y capturer le sentiment de l’instant.

Suivant cette pièce, on entend Bastards, une ballade à la sonorité punk et folklorique irlandaise. Personnellement, j’adore cette chanson, mais rares sont les gens qui l’apprécient. Certes, elle ne ressemble en rien à ce que Machine Head a produit jusqu’à maintenant : il s’agit, après tout, d’une ballade inspirée d’une conversation que le chanteur a tenue avec sa femme et leurs 2 enfants le lendemain de l’élection de Trump. Flynn a ensuite composé, en 45 minutes, un poème à propos de ce qui va mal aux États-Unis, puis a joué une série de riffs en guise de trame sonore pour son texte. Les paroles de Bastards font l’objet de la controverse. Pourtant, malgré leur apparente vulgarité, elles parlent :

« So give us all your faggots, and your niggas, and your spics
Give us all your Muslims, your so-called terrorists
We'll welcome them with open arms, and put 'em in our mix
We're better off together now, embrace our difference »

Je ne traduirai pas ces paroles, prenant en considération qu’elles font plus de sens en étant écrites dans leur langue d’origine que traduites.

Hope Begets Hope suit Bastards. Elle s’approche beaucoup plus de ce que le groupe a composé pour leurs précédents albums. Puis, viennent Screaming at the Sun, qui s’écoute bien mais ne fera jamais partie des meilleures pièces de Machine Head, et Behind the Mask, une chanson acoustique avec une voix mélodieuse, qui semble être sur l’album afin de préparer nos oreilles pour la longue introduction de Heavy Lies the Crown. D’ailleurs, cette dernière est la seule chanson de l’album sur laquelle les critiques s’entendent pour dire qu’elle est excellente malgré sa longueur (près de 9 minutes).

Les 3 pièces suivantes sont Psychotic, Grind You Down et Razorblade Smile. Elles s’enchaînent pour divertir les oreilles avec leurs riffs entraînants. Psychotic propose des paroles intéressantes qui résument magnifiquement bien les pensées dépressives d’une âme torturée. Grind You Down dénonce l’oppresseur et invite presque à la révolte. Razorblade Smile dénonce, à certains moments, le gouvernement américain, mais outre ces quelques moments de dénonciation, ses paroles ne veulent rien dire.

L’album se termine avec l’abominable mélodie de Eulogy. Ses paroles résument l’album en entier, car elles semblent être un mélange des paroles de chacune des chansons.

L’album en général n’est pas mauvais. Certes, il n’est pas le meilleur de Machine Head, mais il est tout de même divertissant et intéressant à écouter.

Lu 3660 fois Dernière modification le jeudi, 01 février 2018 15:20
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