13 Mar 2018

Ministry : AmeriKKKant (2018)

Album : AmeriKKKant

Style musical : Métal industriel

Compagnie : Nuclear Blast

NOTE : 7.5/10

Ministry nous offre enfin son plus récent opus, AmeriKKKant. Depuis décembre que j’attends cet album et après quelques écoutes, je suis bien content du résultat final. 3 titres étaient déjà sortis pour faire la promotion de l’album : Antifa, Wargasm et Twilight Zone et ces choix on bien aidé à préparer pour le reste de l'album.

On ne réinvente pas la roue pour les habitués de Ministry. Des riffs bien lourds, des échantillons tirés de discours, des nouvelles et autre, une voix trafiquée qui dénonce le racisme, capitalisme à outrage, le commerce de la guerre, etc. L'utilisation des DJs ajoute une touche subtile, mais concrète. Pourtant, cet album semble encore plus virulent envers ce qu'il dénonce. Al Jourgensen ne s'est jamais caché de faire de meilleurs albums sous une présidence républicaine et bien que de très bons morceaux pourraient prouver le contraire, sa discographie dans l'ensemble met ce phénomène de l'Avant. On a ici droit à un homme plus pertinent que jamais.

On commence l'album avec une intro orchestrale, sur fond de Trump pour tout de suite s'enfiler dans le dernier single, Twilight Zone. Une pièce bien lourde agrémentée d'harmonica, association que j'aime bien, mais qui ne plaira peut-être pas à tous. Vient ensuite ce qui est pour moi les moments forts de l'album. Victim Of A Clown est absolument ma préférée ici. Intense, forte avec un rythme qui rappelle presque une marche militaire. Crinquez ça bien fort et rien ne semble pouvoir vous arrêter. Ensuite, vient TV 5-4Chan: j'ai toujours été fan de la série télé de Ministry. C'est bref, saturé d'échantillons de télévision: un intermède de chaos. We're Tired Of It vient suivre le tout avec une rapidité qui contraste avec le reste de l'album. Al Jourgensen garde ici toute son agressivité. Wargasm et Antifa continuent, les 2 autres simples sortis qui retrouvent justement leur place au cœur de Amerikkant. Wargasm voit Jourgensen répondre à Burten C Bell (Fear Factory) à propos de la fascination pour les armes. Game Over retrouve le Ministry lent et lourd du début. Les manipulations numériques sur les voix et échantillons, les accords lourds et rythmes pesants donnent une impression de se battre dans un marais avec une rage qui n'en fait qu'augmenter. On clôt avec Amerikka, avec une orchestration qui rappelle l'intro. Encore une fois, on fait dans le pesant chez Ministry.

Bien que cet album de plaira pas à tous, on retrouve tous les éléments qui ont su convaincre légions depuis toujours. Rage, riffs lourds et intenses, des paroles politiquement chargées, échantillons et synthés qui viennent ajouter une touche de modernisme qu'on ne peut qu'apprécier. Les pièces se suivent et s'enchaînent bien, et la pertinence de cet album n'en est que plus réelle.

Je suis vendu peut-être. Est-ce leur meilleur album? Je dirais que non. Mais il est non négligeable quand même.

Lu 2211 fois Dernière modification le mardi, 13 mars 2018 03:22
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