15 Avr 2018

Breaking Benjamin : Ember (2018)

Album : Ember

Style musical : Rock Alternatif

Compagnie : Hollywood Records

NOTE : 6/10

Benjamin Burnley de Breaking Benjamin et son nouveau groupe sont de retour trois ans plus tard pour un deuxième album post-hiatus intitulé « Ember ». Suite à une longue pause due à la maladie et à des poursuites légales au sein du précédent groupe, Burnley avait cessé toute production musicale entre 2009 et 2015, suivant la sortie de leur quatrième album « Dear Agony ».

Après avoir recruté quatre nouveaux membres, le chanteur avait fait paraître « Dark Before Dawn » en 2015. Le « nouveau » Breaking Benjamin poursuit donc son grand retour à la vie avec ce sixième album studio dont on avait déjà pu entendre plusieurs extraits depuis janvier dernier, incluant leur premier simple « Red Cold River ».

Burnley avait parlé d’Ember comme étant l’album le plus heavy du groupe à ce jour et il ne disait pas faux. Avec des influences très présentes et audibles comme Chevelle, Disturbed, Tool et même certaines sonorités s’apparentant à du Pantera, Breaking Benjamin est définitivement allé puiser dans un côté encore plus sombre que celui qu’on lui connaissait déjà. Il est certain que les fans le demandaient depuis longtemps et qu’ils ont été servis! Mais est-ce assez pour dire que c’est l’album qui va tout changer ou nous jeter parterre? Définitivement pas.

Quand on veut innover, plaire à ses fans, sa maison de disque et aux radios en même temps, on arrive souvent à un résultat final intéressant, mais auquel il manque quelque chose. Le groupe est resté trop prudent dans ses choix d’écriture et au point où Burnley est rendu dans sa carrière, il aurait pu oser un peu plus fort. On sent qu’il est allé chercher ses inspirations de paroles dans les coins les plus sinistres et tourmentants de sa vie, sans toutefois oublier les touches d’espoir que Breaking Benjamin a toujours su conserver dans ses chansons. Mais encore une fois, c’est souvent simpliste et pas si accrocheur; en tout cas jamais autant que les « Polyamorous », « So Cold », « Sooner or Later » ou même les « Diary of Jane » du bon vieux temps.

Un peu d’électronique, quelques jeux de voix animales et gutturales plus poussés, des riffs de guitare un peu plus détaillés, des passes de batterie un peu plus « métal » qu’avant nous font sentir qu’on veut y aller, mais qu’en même temps on ne veut pas trop se mouiller de peur de perdre la base d’adeptes qu’ils ont su conserver au fil des années.

La balade « The Dark of You » en collaboration avec l’acteur et danseur Derek Hough – qui avait fait une vidéo-reprise de « Ashes of Eden » - est sans contredit l’un des moments forts de l’album. On en aurait pris plus, mais en vain, la plupart des chansons se perdent et se mélangent dans une tentative de rassembler les fans nostalgiques et d’acquérir de nouveaux amateurs avec des riffs accrocheurs de radios.

La voix si mélodique, à la fois puissante et brutale de Benjamin Burnley savait autrefois venir chercher quelque chose de profond en nous, mais cette connexion semble difficile à retrouver quand on écoute Ember. On y arrive à certains moments, par exemple dans « Tourniquet », « Psycho », « Blood » et l’optimiste « Close Your Eyes » qui se fond dans l’envoûtante, mais trop courte finale instrumentale « Vega ».

Est-ce que Breaking Benjamin tire à sa fin? Surement pas, car il existe toujours un public prêt pour ce genre de chanson et ces riffs communs, mais ce n’est plus le Breaking Ben pré-2010 et je crains qu’on ne doive en faire son deuil.


Lu 1286 fois Dernière modification le dimanche, 15 avril 2018 22:54
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