18 Mai 2018

Bad Wolves : Disobey (2018)

Album : Disobey

Style musical : Metal

Compagnie : Sony Music

NOTE : 8/10

Depuis le début des années 2000, le mouvement nu métal subsiste, mais cède tranquillement la place à un genre prometteur : le métalcore. Aujourd’hui, le métalcore est partout et le « marché » est saturé, ce qui a fait perdre (selon moi) un peu de magie au style et a rendu la « recette » fade et prévisible. Vous l’aurez deviné à mon discours : je suis désormais très sélectif/difficile en ce qui concerne les groupes de ce style. BREF! Le supergroupe Bad Wolves, composé de Tommy Vext (ex-Divine Heresy) à la voix, de John Boecklin (ex-Devildriver) à la batterie, de Doc Coyle (Vagus Nerve, ex-God Forbid) ainsi que de Chris Cain (Bury your Dead) à la guitare et de Kyle Konkiel (ex-In this Moment, VIMIC) à la basse, exhibe un potentiel plus que prometteur.

Bad Wolves a su captiver l’attention du monde avec leur reprise de « Zombie » de The Cranberries, mais cela a apporté la question suivante : le groupe saurait-il garder l’attention reçue avec leurs compositions originales et par le fait même démontrer que toute cette attention n’était pas due à un coup de chance? Je vous confirme que leur album Disobey mérite l’attention de tout bon fan de métal!

L’album débute en force avec le morceau Officier Down qui nous fait tout de suite comprendre que le groupe n’entend pas à rire : la guitare est lourde et incorpore quelques notes dissonantes pour créer une ambiance chaotique, mais je crois que la gloire de ce morceau revient à John Boecklin à la batterie qui amène vraiment l’énergie et l’intensité de la chanson. La voix est aussi excellente, alternant les cris gutturaux et le chant clair.

Le groupe maintient son agressivité avec leur morceau Learn To Live, incorporant même un peu de djent au travers, le morceau a un bon mix de mélodie et d’agression. Vient ensuite le tour de No Masters, qui semble ralentir un peu la cadence et démontrer un peu plus de mélodies sans perdre de sa lourdeur au niveau de la guitare.

Cependant, c’est la basse qui amène toute la chaleur et l’énergie à la chanson, je te lève mon chapeau Kyle!

Enfin, le gros morceau qui a attiré l’attention de tout le monde : Zombie. Que dire de plus? La reprise amène une nostalgie et un sentiment de tristesse jusqu’au refrain qui semble exploser grâce à son intensité. Le chant clair et le piano sont ce qui fait la chanson selon moi, apportant toute l’ambiance et l’émotion du morceau.

Bon, on a eu une dose d’émotion et de mélodie, retour à la violence! Run for Your Life éclate avec une guitare rapide et lourde. La batterie méritant une fois de plus une mention d’honneur, suivie d’un magnifique cri de la part de Vext qui complète bien l’introduction de la chanson. Celle-ci ralentit ensuite un peu, le groupe semblant vouloir nous faire comprendre qu’ils sont capables autant de faire preuve d’agressivité que d’adopter un style plus mélodieux. La chanson jongle très bien entre les deux d’ailleurs, rendant celle-ci diversifiée.

Par la suite, le groupe semble ralentir un peu le rythme et l’agressivité en nous offrant des morceaux plus rock et mélodiques (ils savent toutefois placer un bon morceau de guitare bien lourd au bon moment) et les morceaux Remember When, Better the Devil, Jesus Slaves ainsi que Shape Shifter entrent dans cette catégorie. C’est cependant la chanson Hear Me (avec la collaboration de la chanteuse Diamante) qui vient apporter le plus de diversité à l’album, flirtant avec le pop à la limite, le pire étant que le morceau a tout de même réussi à accrocher un métalleux de mon genre! Hear Me est une bonne surprise lorsqu’on tombe dessus et la preuve que Bad Wolves font ce qu’ils veulent comme ils le veulent.

Truth or Dare et The Conversation ne sont pas mauvaises, mais elles n’ont cependant pas réussi à m’accrocher. Je ne les enlèverais tout de même pas de l’album pour autant : elles méritent leur place.

Finalement, le monstre : Toast the Ghost! En écoutant ce morceau, j’ai compris pourquoi le groupe l’a placé à la fin : ce morceau démontre leur plein potentiel. La chanson commence avec une guitare agressive et rapide pour ensuite tomber dans un verset calme et mélodique, remontant ensuite avec le refrain. Bon dieu ce refrain! La voix est magnifique, alternant cris et chant clair, la batterie réussit à incorporer un blast beat pour ensuite retomber sur un verset qui coule jusqu’au deuxième refrain. La chanson finit sur un breakdown lent et pesant à souhait, les cris de Vext ajoutant à la violence du moment.

Disobey de Bad Wolves est un très bon premier album! Le groupe sait faire preuve de diversité et sait garder l’attention de l’auditeur même dans les moments les moins forts. Il ne faut pas se fier uniquement à leur reprise de « Zombie » pour se faire une idée du contenu de l’album, autrement vous aurez une surprise. Le groupe commence en force en nous offrant Disobey, un album diversifié et puissant. Mon seul véritable bémol, c’est que le groupe respecte une structure de chanson beaucoup trop prévisible par moments (cris dans les versets, chante dans les refrains, du métalcore classique quoi!) mais il se rattrape en nous présentant du matériel de qualité et très accessible.


Lu 2235 fois Dernière modification le vendredi, 18 mai 2018 01:03
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