27 Mai 2018

At The Gates : To Drink From The Night Itself (2018

Album : To Drink From The Night Itself

Style musical : Death Metal

Compagnie : Century Media Records

NOTE : 7/10

 

Le groupe de death métal mélodique suédois, At The Gates, nous revient avec un 6e album studio qui s’intitule To Drink From The Night Itself, entièrement enregistré, mixé et masteurisé par Russ Russell (Dimmu Borgir, Meathook Seed, Amorphis).

Rappelons que le groupe avait définitivement marqué la planète métal en 1995 avec la sortie de Slaughter Of The Soul, un album très influent, qui avait non seulement contribué à mettre sur la carte la « Gothenburg scene », avec In Flames, Grotesque, Dissection et Dark Tranquility notamment, mais qui avait également créé, dans la foulée, un nombre incalculable d’imitateurs.

Avec To Drink From The Night Itself, le groupe est définitivement de retour dans l’actualité, avec un album plus en phase avec l’héritage sonore de la formation; davantage que leur dernier effort At War With Reality, sorti en 2014, un album qui avait reçu des réactions plutôt mitigées. Cependant, cette fois-ci, nulle trace du membre fondateur et guitariste, Anders Björler, remplacé par Jonas Stålhammar, anciennement de God Macabre.

Première chose que l’on remarque, c’est que, malgré le départ d’un gros morceau comme Björler, le son du groupe est resté à peu prêt intact. Par contre, ce constat, qui pourrait être rassurant chez certains admirateurs, m’est apparu comme une certaine fatigue. At The Gates (et bien d’autres groupes suédois) a tellement engendrer d’imitateurs, qu’on ne plus parler d’originalité quand on entend ce son typique, composé de rythmique galopante et de mélodie torturée. At The Gates a beau être un précurseur en la matière, rien ici n’est réellement épatant, à part peut-être la virtuosité des musiciens et la qualité des paroles.

Ce que je reproche essentiellement à cet album, c’est sa linéarité. Même si on tient compte des introductions, des passages orchestraux ou acoustiques, des tempos plus rapides, peu de pièces se démarquent vraiment des autres. La production reste à peu prêt la même sur la plupart des titres. On note quand même de bons morceaux, comme la pièce titre, The Colours Of The Beast, In Death They Shall Burn. Mais ce qui manque cruellement à cet album, c’est une pièce fédératrice qui ne fait aucun doute sur sa qualité et son originalité, comme Blinded By Fear sur Slaughter Of The Soul par exemple.

À mon avis, At The Gates, en faisant trop attendre ses fans, a fini par ressembler à ses imitateurs. Je prédis que To Drink From The Night Itself divisera les gens. D’un côté, il y aura ceux et celles qui crieront au génie. De l’autre, ceux et celles qui diront : « Trop peu, trop tard ». Voyez vous-mêmes où vous vous situez.

To Drink From The Night Itself est un disque difficile à apprivoiser. Il m’aurait fallu de nombreuses écoutes afin d’en apprécier toute la saveur. Malgré de nombreux accents et influences gothiques, autant dans les paroles que dans la direction musicale, je pense encore que l’album manque de personnalité et d’énergie. Quand j’écoute cet album, je ne peux m’empêcher de penser à une myriade d’autres groupes au son semblable. Par contre, de là à dire que c’est un mauvais album, il y une marge. Sans être un incontournable, selon moi, cet album marque le véritable retour d’At The Gates sur la scène mondiale. Mais encore une fois, c’est le public qui décidera du sort de ce disque et non la critique.

Lu 1057 fois Dernière modification le dimanche, 27 mai 2018 14:21
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