20 Aoû 2018

Judas Priest : Entrevue sur le nouvel album et la venue du groupe au Québec (2018) Spécial

Ce n'est pas tous les jours qu'on peut avoir une bonne discussion avec un membre d'un groupe de la trempe de Judas Priest!

Musik Universe s'est entretenu avec Ian Hill et nous avons discuté du nouvel album "Firepower", de la santé de Glenn Tipton, de la nouvelle tournée avec Deep Purple et bien plus!

TRADUCTION FRANÇAISE EN BAS DE LA VIDÉO :

Musik Universe : Je suis avec Ian [Hill], du légendaire groupe Judas Priest. Alors, Ian, où êtes-vous en ce moment?

Ian Hill : Je suis à la maison, dans la campagne du Staffordshire, en Angleterre.

MU : Super! Vous avez pris quelques vacances?

Ian : Oui, un peu de temps pour recharger les batteries entre deux étapes de la tournée. Nous avons terminé le tour de l’Europe l’autre jour et nous partirons pour les États-Unis et le Canada ce dimanche. Nous avons bien hâte!

MU : Le dernier album, Firepower, a été très bien reçu par tous les fans. Comment la foule réagit-elle quand vous jouez ces nouvelles chansons en spectacle?

Ian : C’est super, vraiment, ç’a dépassé nos attentes. Et encore plus depuis que certaines stations de radio ont commencé à jouer deux-trois chansons du nouvel album assez souvent. Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui connaît nos chansons, mais quand nous les jouons en spectacle, les gens ont l’air de les connaître, ce qui est une bonne nouvelle. De façon générale, après qu’on ait joué une nouvelle chanson, c’est assez silencieux et la foule ne sait pas trop c’était quoi. Mais cette fois, tout le monde les reconnaît et les chante. Ça dépasse vraiment nos attentes!

MU : Vous allez jouer au Centre Bell de Montréal le 29 août et au Centre Vidéotron de Québec le 30 août. Allez-vous donner le même spectacle aux deux endroits ou aimez-vous varier les chansons de temps en temps?

Ian : Ce sera peut-être différent. Nous avons commencé à intégrer quelques pièces en rotation pour rafraîchir le setlist, si tu vois ce que je veux dire. Alors, oui, il se peut qu’il y ait une ou deux chansons différentes.

MU : Pouvons-nous parler un peu de l’état de Glenn [Tipton]?

Ian : Oui, bien sûr! Ouf, quelle maladie… Aucun de nous ne peut imaginer ce qu’il vit. Et ce n’est pas comme s’il avait couru après en faisant quelque chose de stupide parce qu’il aurait pris de la drogue, par exemple. C’est plutôt son corps qui s’est reviré contre lui et qui l’empêche de faire ce qu’il aime dans la vie. Ça doit être une véritable agonie pour lui. Cela étant dit, si quelqu’un peut passer au travers de ça, c’est bien lui. Glenn est un battant, un vrai dur. Mais qui sait, les avancées médicales n’arrêtent pas, alors peut-être que ça se rendra assez loin pour attaquer la maladie. Cela étant dit, il se sent assez bien pour reprendre la guitare et monter sur scène pour jouer autant de chansons qu’il le peut. Évidemment, il n’y a aucune garantie, alors n’achetez pas un billet en vous attendant à voir Glenn sur scène. Ça arrivera seulement à l’occasion et alors c’est vraiment super. Glenn nous manque beaucoup, et pas juste sa façon de jouer, c’est tout un personnage aussi, un bon ami! Et les fans sont très heureux de le voir. Pour lui aussi, ça doit avoir quelque chose de thérapeutique, alors plus souvent il pourra être là, mieux ce sera.

MU : Même s’il ne joue pas, est-ce qu’il vous suit en tournée de ville en ville?

Ian : Quand il le peut, oui. Il doit passer du temps à la maison pour toutes sortes de raisons, mais quand il a la possibilité de sortir, il le fait. Tous ses préparatifs de voyage ont déjà été faits et il a une chambre d’hôtel réservée à chaque endroit où nous jouons. Alors il vient quand il peut, quand il se sent assez bien.

MU : Donc, s’il va bien, il pourrait se joindre à vous sur scène à Montréal ou à Québec. On ne sait jamais.

Ian : C’est possible. Ne soyez pas trop enthousiastes, mais c’est possible! *rire*

MU : Pendant l’enregistrement de Firepower, est-ce que c’était déjà clair que la maladie de Glenn l’empêcherait de faire la tournée au complet?

Ian : Je pense que le reste du groupe le voyait bien. Il a reçu le diagnostic de la maladie de Parkinson avant la dernière tournée. Quand nous avons commencé les répétitions, ça n’allait pas très bien pour lui, mais il s’est mis à aller de mieux en mieux. Nous espérions qu’il allait encore pouvoir y arriver, mais ça n’a pas été le cas. Je crois que c’était trop d’efforts, il n’avait plus d’énergie. Il est bon pour jouer trois-quatre chansons, mais après il n’a plus de force. Mais comme je le disais, il y a de bonnes journées et des mauvaises, alors il fait ce qu’il peut.

MU : Si sa santé ne s’améliore pas, peut-on dire que Firepower aura été le dernier album pour Judas Priest ou même la dernière tournée?

Ian : Nous n’avons rien prévu de tel. Il n’y a aucune raison d’arrêter de faire ces choses-là. Comme je le disais, Glenn peut jouer pendant un certain temps, même pendant une mauvaise journée. C’est juste qu’il ne peut pas jouer pendant tout un spectacle pour l’instant. Et ça pourrait changer si jamais il y a certaines interventions qui peuvent l’aider. Alors il n’y a aucune raison de s’empêcher d’écrire de nouvelles chansons, il est tout à fait capable de composer des riffs et de jouer pendant un certain temps pour enregistrer un album. Donc, nous ne prévoyons pas que Firepower sera le dernier album. Et la tournée Firepower se poursuit jusqu’à l’été prochain, je crois, et à ce moment-là nous prendrons un peu de recul pour réfléchir à tout ça et voir si nous continuons de tourner pour Firepower ou si nous faisons autre chose.

MU : Vous venez de sortir un vidéoclip pour le nouveau simple No Surrender. Prévoyez-vous faire d’autres vidéoclips pour Firepower? Ou sortir un autre simple?

Ian : Nous pourrions le faire, mais alors il faut continuer de pousser l’album. Mais, oui, c’est très possible. Nous n’avons pas eu le temps de préparer tout ça encore, mais ça regarde bien. Il y a deux-trois autres chansons que nous pourrions sortir et qui pourraient jouer à la radio.

MU : Je ne sais pas si je peux parler de renaissance pour Judas Priest avec ce nouvel album, mais pour moi c’en est une, alors est-ce que ça pourrait se traduire par un DVD/Blu-ray enregistré durant la tournée?

Ian : Je crois que c’est très possible. Nous venons de faire plusieurs festivals européens et la plupart filment les spectacles de toute façon, alors nous pourrions nous tourner vers eux. Notre ingénieur de son enregistre aussi la plupart de nos spectacles. Nous aurions donc assez de son et d’images pour que quelqu’un puisse en faire quelque chose.

MU : Après toutes ces années de tournée, est-ce qu’il y a une chanson que vous aimez toujours jouer ou bien peut-être une que vous seriez heureux de mettre de côté?

Ian : Je crois que Breaking the Law reste une des préférées de tout le monde. Nous la jouons depuis une quarantaine d’années et chaque fois la réaction des fans est phénoménale. Alors c’est une chanson que nous ne pourrions jamais mettre de côté. Sinon, il n’y a aucune pièce qui ne m’allume pas quand je la joue. Nous essayons d’en intégrer des plus vieilles que nous n’avions pas jouées depuis longtemps ou que nous n’avions même jamais jouées. En faisant ça, nous devons enlever quelques chansons populaires, ce qui n’est pas évident, mais il n’y a rien dans notre matériel dont nous voudrions nous débarrasser.

MU : Je m’attendais à quelque chose du genre, mais j’ai essayé! *rire*

Ian : *rire*

MU : Avec les changements dans l’industrie de la musique et les fans qui préfèrent de plus en plus écouter leur musique avec les services en ligne, croyez-vous que c’est enfin bon pour les groupes ou que ça n’aide pas du tout?

Ian : Ce n’est pas évident, tu sais. L’internet en général a du bon et du mauvais à parts égales. Dès qu’on a quelque chose à offrir et qu’on le met sur internet, n’importe qui au monde peut y accéder avec un ordinateur. D’un autre côté, n’importe qui peut faire des fuites de contenu! Les téléchargements illégaux et tout ça, c’est mauvais. Ç’a eu un impact massif sur l’industrie du disque. Pas tellement sur des groupes comme le nôtre, parce que nous sommes là depuis longtemps et nous avons déjà nos supporters qui viennent nous voir en spectacle. Ce sont surtout les groupes émergents qui ont de la difficulté, parce que la source de financement principale a toujours été la maison de disques. Ce n’est pas seulement de leur prendre un peu d’argent, c’est tout leur travail! Ils sont là pour nous emmener en studio et pour vendre nos albums. Et si les albums ne se vendent pas, ils ne peuvent plus réinvestir. Donc, pour ces groupes, c’est un saut dans l’inconnu. Il y en a qui essaient depuis près de vingt ans et qui ne réussissent pas. Leur matériel se fait télécharger et personne n’est arrêté. Ça pourrait changer, mais pas dans l’immédiat. Avec les téléchargements illégaux, la musique perd sa valeur si les gens s’habituent à l’avoir sans payer. Et même si la musique ne devrait pas être chère, elle ne devrait pas être gratuite non plus.

MU : Et pour ce qui est des redevances provenant des services officiels de musique en ligne, comme Spotify ou Google Music, est-ce que ça s’améliore pour les artistes ou c’est toujours aussi peu qu’avant?

Ian : Ça peut l’être, mais ça ne donne qu’une fraction de sou, contrairement à un album. Il y a eu une petite remontée, parce que ça reste un objet tangible, contrairement à une chanson qu’on achète sur iTunes, qui n’a ni pochette ni renseignements sur qui a joué sur quelle pièce, qui a réalisé le tout et où ç’a été enregistré, on a juste un fichier qu’on met dans un petit morceau de plastique. Un album, on peut le tenir dans nos mains et je crois que les gens recommencent à apprécier cet aspect.

MU : C’est peut-être pour ça que les vinyles sont redevenus populaires dans les dernières années.

Ian : Le vinyle, c’est l’œuvre artistique par excellence. On voit la pochette comme elle doit être vue, on a des insérés, parfois la pochette se déplie, et on a toute l’information. C’est grandeur nature, on en a plein la vue.

MU : À part la musique, quand vous n’êtes pas en enregistrement ou en tournée, qu’est-ce que vous aimez faire qui pourrait nous surprendre?

Ian : Prendre des vacances, c’est quelque chose que j’aime! Spécialement cette année, nous n’en aurons pas beaucoup l’occasion. J’aime piloter de temps en temps, autant dans les airs qu’en voiture. J’essaie de jouer au golf; ça fait un bout que j’essaie et je continue.

MU : Avez-vous des souvenirs particuliers d’un spectacle à Montréal ou à Québec ou encore d’une de ces villes?

Ian : Nous adorons jouer au Canada. Montréal est un endroit super! La dernière fois que nous y étions, nous en avons viré une à l’hôtel parce qu’il y avait un bar à whisky et nous avons décidé d’en goûter autant que possible. Nous avons toujours beaucoup de plaisir quand nous sommes au Canada!

MU : Whisky est synonyme de plaisir!

Ian : C’est aussi synonyme d’être malade le lendemain matin!

MU : Merci beaucoup de nous avoir accordé de votre précieux temps, Ian! Je rappelle que vous allez jouer au Centre Bell de Montréal le 29 août et au Centre Vidéotron de Québec le 30 août, avec Deep Purple. Bonne chance pour la tournée en cours et vos projets futurs, et j’espère que Glenn va se rétablir et pouvoir jouer avec vous.

Ian : Merci, Patryk, c’est bien gentil!

MU : On se voit à Montréal!

 


Musik Universe : Je suis avec Ian [Hill], du légendaire groupe Judas Priest. Alors, Ian, où êtes-vous en ce moment?

Ian Hill : Je suis à la maison, dans la campagne du Staffordshire, en Angleterre.

MU : Super! Vous avez pris quelques vacances?

Ian : Oui, un peu de temps pour recharger les batteries entre deux étapes de la tournée. Nous avons terminé le tour de l’Europe l’autre jour et nous partirons pour les États-Unis et le Canada ce dimanche. Nous avons bien hâte!

MU : Le dernier album, Firepower, a été très bien reçu par tous les fans. Comment la foule réagit-elle quand vous jouez ces nouvelles chansons en spectacle?

Ian : C’est super, vraiment, ç’a dépassé nos attentes. Et encore plus depuis que certaines stations de radio ont commencé à jouer deux-trois chansons du nouvel album assez souvent. Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui connaît nos chansons, mais quand nous les jouons en spectacle, les gens ont l’air de les connaître, ce qui est une bonne nouvelle. De façon générale, après qu’on ait joué une nouvelle chanson, c’est assez silencieux et la foule ne sait pas trop c’était quoi. Mais cette fois, tout le monde les reconnaît et les chante. Ça dépasse vraiment nos attentes!

MU : Vous allez jouer au Centre Bell de Montréal le 29 août et au Centre Vidéotron de Québec le 30 août. Allez-vous donner le même spectacle aux deux endroits ou aimez-vous varier les chansons de temps en temps?

Ian : Ce sera peut-être différent. Nous avons commencé à intégrer quelques pièces en rotation pour rafraîchir le setlist, si tu vois ce que je veux dire. Alors, oui, il se peut qu’il y ait une ou deux chansons différentes.

MU : Pouvons-nous parler un peu de l’état de Glenn [Tipton]?

Ian : Oui, bien sûr! Ouf, quelle maladie… Aucun de nous ne peut imaginer ce qu’il vit. Et ce n’est pas comme s’il avait couru après en faisant quelque chose de stupide parce qu’il aurait pris de la drogue, par exemple. C’est plutôt son corps qui s’est reviré contre lui et qui l’empêche de faire ce qu’il aime dans la vie. Ça doit être une véritable agonie pour lui. Cela étant dit, si quelqu’un peut passer au travers de ça, c’est bien lui. Glenn est un battant, un vrai dur. Mais qui sait, les avancées médicales n’arrêtent pas, alors peut-être que ça se rendra assez loin pour attaquer la maladie. Cela étant dit, il se sent assez bien pour reprendre la guitare et monter sur scène pour jouer autant de chansons qu’il le peut. Évidemment, il n’y a aucune garantie, alors n’achetez pas un billet en vous attendant à voir Glenn sur scène. Ça arrivera seulement à l’occasion et alors c’est vraiment super. Glenn nous manque beaucoup, et pas juste sa façon de jouer, c’est tout un personnage aussi, un bon ami! Et les fans sont très heureux de le voir. Pour lui aussi, ça doit avoir quelque chose de thérapeutique, alors plus souvent il pourra être là, mieux ce sera.

MU : Même s’il ne joue pas, est-ce qu’il vous suit en tournée de ville en ville?

Ian : Quand il le peut, oui. Il doit passer du temps à la maison pour toutes sortes de raisons, mais quand il a la possibilité de sortir, il le fait. Tous ses préparatifs de voyage ont déjà été faits et il a une chambre d’hôtel réservée à chaque endroit où nous jouons. Alors il vient quand il peut, quand il se sent assez bien.

MU : Donc, s’il va bien, il pourrait se joindre à vous sur scène à Montréal ou à Québec. On ne sait jamais.

Ian : C’est possible. Ne soyez pas trop enthousiastes, mais c’est possible! *rire*

MU : Pendant l’enregistrement de Firepower, est-ce que c’était déjà clair que la maladie de Glenn l’empêcherait de faire la tournée au complet?

Ian : Je pense que le reste du groupe le voyait bien. Il a reçu le diagnostic de la maladie de Parkinson avant la dernière tournée. Quand nous avons commencé les répétitions, ça n’allait pas très bien pour lui, mais il s’est mis à aller de mieux en mieux. Nous espérions qu’il allait encore pouvoir y arriver, mais ça n’a pas été le cas. Je crois que c’était trop d’efforts, il n’avait plus d’énergie. Il est bon pour jouer trois-quatre chansons, mais après il n’a plus de force. Mais comme je le disais, il y a de bonnes journées et des mauvaises, alors il fait ce qu’il peut.

MU : Si sa santé ne s’améliore pas, peut-on dire que Firepower aura été le dernier album pour Judas Priest ou même la dernière tournée?

Ian : Nous n’avons rien prévu de tel. Il n’y a aucune raison d’arrêter de faire ces choses-là. Comme je le disais, Glenn peut jouer pendant un certain temps, même pendant une mauvaise journée. C’est juste qu’il ne peut pas jouer pendant tout un spectacle pour l’instant. Et ça pourrait changer si jamais il y a certaines interventions qui peuvent l’aider. Alors il n’y a aucune raison de s’empêcher d’écrire de nouvelles chansons, il est tout à fait capable de composer des riffs et de jouer pendant un certain temps pour enregistrer un album. Donc, nous ne prévoyons pas que Firepower sera le dernier album. Et la tournée Firepower se poursuit jusqu’à l’été prochain, je crois, et à ce moment-là nous prendrons un peu de recul pour réfléchir à tout ça et voir si nous continuons de tourner pour Firepower ou si nous faisons autre chose.

MU : Vous venez de sortir un vidéoclip pour le nouveau simple No Surrender. Prévoyez-vous faire d’autres vidéoclips pour Firepower? Ou sortir un autre simple?

Ian : Nous pourrions le faire, mais alors il faut continuer de pousser l’album. Mais, oui, c’est très possible. Nous n’avons pas eu le temps de préparer tout ça encore, mais ça regarde bien. Il y a deux-trois autres chansons que nous pourrions sortir et qui pourraient jouer à la radio.

MU : Je ne sais pas si je peux parler de renaissance pour Judas Priest avec ce nouvel album, mais pour moi c’en est une, alors est-ce que ça pourrait se traduire par un DVD/Blu-ray enregistré durant la tournée?

Ian : Je crois que c’est très possible. Nous venons de faire plusieurs festivals européens et la plupart filment les spectacles de toute façon, alors nous pourrions nous tourner vers eux. Notre ingénieur de son enregistre aussi la plupart de nos spectacles. Nous aurions donc assez de son et d’images pour que quelqu’un puisse en faire quelque chose.

MU : Après toutes ces années de tournée, est-ce qu’il y a une chanson que vous aimez toujours jouer ou bien peut-être une que vous seriez heureux de mettre de côté?

Ian : Je crois que Breaking the Law reste une des préférées de tout le monde. Nous la jouons depuis une quarantaine d’années et chaque fois la réaction des fans est phénoménale. Alors c’est une chanson que nous ne pourrions jamais mettre de côté. Sinon, il n’y a aucune pièce qui ne m’allume pas quand je la joue. Nous essayons d’en intégrer des plus vieilles que nous n’avions pas jouées depuis longtemps ou que nous n’avions même jamais jouées. En faisant ça, nous devons enlever quelques chansons populaires, ce qui n’est pas évident, mais il n’y a rien dans notre matériel dont nous voudrions nous débarrasser.

MU : Je m’attendais à quelque chose du genre, mais j’ai essayé! *rire*

Ian : *rire*

MU : Avec les changements dans l’industrie de la musique et les fans qui préfèrent de plus en plus écouter leur musique avec les services en ligne, croyez-vous que c’est enfin bon pour les groupes ou que ça n’aide pas du tout?

Ian : Ce n’est pas évident, tu sais. L’internet en général a du bon et du mauvais à parts égales. Dès qu’on a quelque chose à offrir et qu’on le met sur internet, n’importe qui au monde peut y accéder avec un ordinateur. D’un autre côté, n’importe qui peut faire des fuites de contenu! Les téléchargements illégaux et tout ça, c’est mauvais. Ç’a eu un impact massif sur l’industrie du disque. Pas tellement sur des groupes comme le nôtre, parce que nous sommes là depuis longtemps et nous avons déjà nos supporters qui viennent nous voir en spectacle. Ce sont surtout les groupes émergents qui ont de la difficulté, parce que la source de financement principale a toujours été la maison de disques. Ce n’est pas seulement de leur prendre un peu d’argent, c’est tout leur travail! Ils sont là pour nous emmener en studio et pour vendre nos albums. Et si les albums ne se vendent pas, ils ne peuvent plus réinvestir. Donc, pour ces groupes, c’est un saut dans l’inconnu. Il y en a qui essaient depuis près de vingt ans et qui ne réussissent pas. Leur matériel se fait télécharger et personne n’est arrêté. Ça pourrait changer, mais pas dans l’immédiat. Avec les téléchargements illégaux, la musique perd sa valeur si les gens s’habituent à l’avoir sans payer. Et même si la musique ne devrait pas être chère, elle ne devrait pas être gratuite non plus.

MU : Et pour ce qui est des redevances provenant des services officiels de musique en ligne, comme Spotify ou Google Music, est-ce que ça s’améliore pour les artistes ou c’est toujours aussi peu qu’avant?

Ian : Ça peut l’être, mais ça ne donne qu’une fraction de sou, contrairement à un album. Il y a eu une petite remontée, parce que ça reste un objet tangible, contrairement à une chanson qu’on achète sur iTunes, qui n’a ni pochette ni renseignements sur qui a joué sur quelle pièce, qui a réalisé le tout et où ç’a été enregistré, on a juste un fichier qu’on met dans un petit morceau de plastique. Un album, on peut le tenir dans nos mains et je crois que les gens recommencent à apprécier cet aspect.

MU : C’est peut-être pour ça que les vinyles sont redevenus populaires dans les dernières années.

Ian : Le vinyle, c’est l’œuvre artistique par excellence. On voit la pochette comme elle doit être vue, on a des insérés, parfois la pochette se déplie, et on a toute l’information. C’est grandeur nature, on en a plein la vue.

MU : À part la musique, quand vous n’êtes pas en enregistrement ou en tournée, qu’est-ce que vous aimez faire qui pourrait nous surprendre?

Ian : Prendre des vacances, c’est quelque chose que j’aime! Spécialement cette année, nous n’en aurons pas beaucoup l’occasion. J’aime piloter de temps en temps, autant dans les airs qu’en voiture. J’essaie de jouer au golf; ça fait un bout que j’essaie et je continue.

MU : Avez-vous des souvenirs particuliers d’un spectacle à Montréal ou à Québec ou encore d’une de ces villes?

Ian : Nous adorons jouer au Canada. Montréal est un endroit super! La dernière fois que nous y étions, nous en avons viré une à l’hôtel parce qu’il y avait un bar à whisky et nous avons décidé d’en goûter autant que possible. Nous avons toujours beaucoup de plaisir quand nous sommes au Canada!

MU : Whisky est synonyme de plaisir!

Ian : C’est aussi synonyme d’être malade le lendemain matin!

MU : Merci beaucoup de nous avoir accordé de votre précieux temps, Ian! Je rappelle que vous allez jouer au Centre Bell de Montréal le 29 août et au Centre Vidéotron de Québec le 30 août, avec Deep Purple. Bonne chance pour la tournée en cours et vos projets futurs, et j’espère que Glenn va se rétablir et pouvoir jouer avec vous.

Ian : Merci, Patryk, c’est bien gentil!

MU : On se voit à Montréal!

 

Lu 5500 fois Dernière modification le lundi, 20 août 2018 00:51
Évaluer cet élément
(4 Votes)
Plus dans cette catégorie : « Entrevue avec Greta Van Fleet (2018)