03 Déc 2015

Kamelot : Entrevue avec Oliver Palotai à Québec (2015)

Musik Universe s’est entretenu avec Oliver Palotai, claviériste de la formation de power symphonique Kamelot, lors de son passage dans la Vieille Capitale le 22 novembre dernier. Vous êtes curieux de connaître les ingrédients secrets de la recette Kamelot? La raison du choix de Tommy Karevik comme nouveau chanteur? Ou encore la chanson à faire jouer aux funérailles d’Oliver? Écoutez l’entrevue! Bon visionnement!

 

MU : Salut et bienvenue à Québec. Nous sommes heureux de vous accueillir de nouveau, après une longue absence de 4 ans. C’est bien ça?

Oliver : Ouais! Je ne me souviens pas, en fait…

MU : Vous voyagez tellement!

Oliver : Oui!

MU : Vous venez de terminer votre tournée européenne, il y a environ un mois. Quelle a été la réaction des fans là-bas envers le nouveau matériel?

Oliver : Super! C’est surprenant de constater que le nouveau matériel est plus demandé que les vieilles chansons. Dans le passé, j’ai joué dans d’autres groupes qui survivaient uniquement avec leurs vieux succès. C’est devenu incroyablement lassant après un certain temps. De notre point de vue sur scène, nous avons remarqué quelles chansons les fans chantent le plus, celles qu’ils connaissent et celles qu’ils ne connaissent pas. De toute évidence, les morceaux de Silverthorn et de Haven sont mieux connus que le vieux matériel.

MU : Vous avez une nouvelle génération de fans, peut-être?

Oliver : Oui, clairement. Nos fans sont plus jeunes. Moi, ça ne me dérange pas qu’ils aient 17 ans ou 77 ans… Mais oui, notre public a rajeuni, et c’est une bonne chose.

MU : Je suis un peu jalouse de vos fans en Europe, parce qu’ils ont toujours doit à la totale durant vos spectacles, avec la pyrotechnie et les flammes et tout. Peut-on s’attendre à voir ça ici un jour, ou c’est trop compliqué? Je crois que c’est légal au Canada, mais je ne sais pas pour les États-Unis.

Oliver : Sur le plan légal, je n’en sais rien. Mais en Europe, nous pouvons faire ça dans les grandes salles. Il faut toujours communiquer avec les pompiers, et c’est assez dispendieux. Mais il faut que ça soit un concert d’une grande envergure, avec au moins 1000 personnes. Aux États-Unis, ça va très bien en ce moment. C’est notre deuxième tournée américaine en un an, ce qui est une première pour nous. Mais nous n’avons pas encore ce genre de gros concerts ici. C’est aussi une question de coût. J’adorerais pouvoir le faire tout le temps!

MU : J’adorerais aussi voir ça une fois! Ça doit être majestueux!

Pour la deuxième partie de votre tournée nord-américaine, vous visitez des villes qui n’avaient pas été incluses lors de la tournée de Silverthorn (y compris Québec). Prévoyez-vous présenter un programme un peu différent et inclure plus de chansons de cet album?

Oliver : Notre setlist a changé, oui. Nous avons ajouté beaucoup de chansons de Silverthorn et de Haven.

MU : Par rapport à votre dernier passage en mai (à Montréal)?

Oliver : Oui, tout à fait. C'est différent.

MU : Comme c’est votre premier concert à Québec avec Tommy à la voix, faisons comme s’il s’agissait encore du « nouveau chanteur » pour un moment. La transition s’est faite incroyablement bien. À ma connaissance, vous l’avez choisi sans processus de sélection…

Oliver : Oh non non, nous avons fait des auditions avec 200 chanteurs!

MU : Oh vraiment! Je ne savais pas!

Oliver : Oui, de partout dans le monde!

MU : Donc il a participé à l’audition?

Oliver : Oui, il a participé. Je ne me souviens pas comment il est entré dans le processus, si nous avons écouté Seventh Wonder ou s’il nous a fait parvenir des démos… Nous avons envoyé la première chanson que j’avais écrite pour Silverthorn, qui était Song for Jolee. Lorsque nous avons rétréci la sélection à cinq ou six chanteurs, nous leur avons envoyé cette chanson pour qu’ils s’enregistrent. La version de Tommy est essentiellement la version qu’on entend chaque soir en concert. C’était vraiment bon.

MU : Et pourquoi l’avoir choisi lui, plutôt que de rester avec Fabio, qui remplaçait Roy à l’époque?

Oliver : Fabio est un chanteur fantastique, il a une énergie incroyable! Il boit, il fume, il fait le party, il ne dort pas beaucoup! Mais il est très stable chaque soir. Je n’ai jamais vu ça chez aucun autre chanteur! En définitive, Tommy avait un petit quelque chose qui ressemblait plus à Kamelot. Fabio aurait été un excellent choix aussi, mais Tommy représente l’essence de Kamelot. C’est lui que nous avons choisi.

MU : C’est comment de travailler avec des membres qui vivent dans différents pays? Trois d’entre vous habitent en Floride, tu habites en Allemagne et Tommy est en Suède. Est-ce que c’est compliqué sur le plan de la composition, de l’enregistrement, des répétitions?

Oliver : Cette situation a aussi des avantages. Quand les membres du groupe habitent en Europe et en Amérique, et que nous faisons des tournées en Europe et en Amérique, ça nous permet d’avoir un « chez nous » aux deux endroits, notamment pour des trucs simples comme l’entreposage. Les coûts sont pas mal les mêmes. Nous devons prendre l’avion pour aller en Amérique, et ils doivent la prendre pour venir en Europe. Ça s’équilibre. En ce qui concerne la composition et les rencontres, ce n’est pas un problème grâce à Internet.

MU : Mais pour les répétitions?

Oliver : En fait, on ne répète pas vraiment! Haha! Honnêtement, pour certaines tournées, on se rencontre uniquement au moment du test de son du premier spectacle! Il n’y a pas vraiment de répétition. Tout le monde doit bien se préparer.

MU : Vraiment! Mais comment faites-vous pour jouer aussi « serré »?!

Oliver : Nous sommes tous des musiciens d’expérience! Mais lorsque nous sortons un nouvel album, nous prenons habituellement deux jours pour répéter. Un peu. Haha!

MU : Votre nouvel album est sorti il y a quelques mois, et les critiques sont excellentes, encore une fois. Quel est le secret de votre succès?

Oliver : Je ne sais pas… Sur le plan de la composition… Je suis quelqu’un qui entre au studio à 8 h et qui repart à 18 h. Je compose, je compose. Il n’y a pas vraiment… Évidemment, il y a une certaine méthodologie, et ça se résume à l’expérience, aux compétences acquises. Et il a aussi cette petite chose appelée l’inspiration. Et ça, ça coule vraiment bien. On a également besoin d’un certain son, un son sombre, tout en conservant cet aspect léger caractéristique à Kamelot. Et ça fonctionne. Nous avons une équipe de compositeurs : Thomas Youngblood, moi-même, Sascha Paeth, et maintenant, Tommy Karevik. Nous travaillons vraiment bien ensemble. En fin de compte, les chansons ont cette atmosphère propre à Kamelot. Parfois, ce processus de création me surprend moi-même!

MU : Parlant d’atmosphère propre à Kamelot, le style des chansons du nouvel album est très varié. Il y a du power métal pur, du métal symphonique, du métal gothique plus sombre et même de douces ballades. Parmi tous ces styles de Kamelot, quel est ton favori?

Oliver : J’aime les chansons moyennement rapides, comme My Therapy. Ma chanson favorite du nouvel album est Here’s To The Fall, par contre. Elle est très spéciale. Pour une fois, on entend vraiment bien mon orchestration! Habituellement, c’est tellement enterré avec tout le reste. Là, il y a seulement l’orchestration et Tommy. C’est tellement une chanson intime et personnelle pour moi. Quand j’ai envoyé l’orchestration à Tommy, l’idée qu’il a présentée était parfaite dès le début. Cette chanson est très importante pour moi. Si j’avais à choisir une chanson pour mes funérailles, ça serait celle-là! Haha!

MU : J’espère qu’on n’aura pas besoin de la faire jouer!

Oliver : Un jour, oui! Haha!

MU : Sur Haven, j’ai l’impression que Tommy utilise davantage son registre aigu, tandis qu’il avait conservé un ton plus sombre sur Silverthorn. Est-ce que c’était une décision prise consciemment de votre part, ou c’est venu naturellement?

Oliver : La majorité des chansons de Silverthorn avaient été écrites avant que Tommy se joigne au groupe. Lorsqu’il est arrivé, nous les avons adaptées un peu, mais c’est surtout lui qui a dû s’adapter à elles. Ça devrait être le contraire. Pour Haven, il a été impliqué dès les premières démos, donc les chansons correspondent mieux à sa voix.

MU : Il a pu apporter sa touche personnelle.

Oliver : Oui.

MU : Pour ce nouvel album, vous avez encore une fois collaboré avec notre Alissa, et aussi avec Charlotte de Delain. Vous avez des voix féminines sur pratiquement tous vos albums. Selon toi, est-ce que c’est quelque chose que Kamelot doit absolument avoir, cette touche féminine?

Oliver : C’est un ingrédient de notre recette, oui. La voix de Tommy, et celle de Roy auparavant, cadre très bien avec certains styles de vocal féminin. Par exemple, Simone Simons autrefois, puis maintenant Charlotte et Alissa. Ça se mélange vraiment bien. Oui, c’est une partie de Kamelot. Pas la plus grosse partie, mais une partie importante de notre son.

MU : Comme tu as mentionné, vous avez fait des tournées avec Simone, puis Elize, Alissa, Linéa, et cette fois c’est Kobra Paige. Ça doit être compliqué de trouver quelqu’un de nouveau chaque fois. Avez-vous déjà pensé à avoir une chanteuse féminine permanente?

Oliver : Oui, mais… C’est Thomas. Je ne sais pas comment il fait, mais on dirait qu’il a le don de toujours trouver d’excellentes chanteuses avant qu’elles ne deviennent vraiment populaires. C’est toujours la même histoire. C’est ce qui est arrivé avec Simone, Elize… c’était un peu différent avec Charlotte puisqu’elle n’était pas vraiment en tournée « avec » nous. C’est une bénédiction et une malédiction en même temps! Voyons comment les choses vont aller avec Kobra cette fois-ci!

MU : Vous avez sorti deux vidéoclips pour Haven jusqu’à maintenant, excluant le lyric vidéo : un pour Insomnia et l’autre pour Liar Liar. Certaines personnes disent que vous devriez faire une trilogie avec Revolution. Ça cadrerait vraiment bien! Est-ce que c’est ce que vous comptez faire?

Oliver : Nous n’avons pas encore décidé à 100 % quel sera le troisième vidéoclip, si on en fait un troisième, mais Revolution serait clairement mon choix aussi.

MU : Ces vidéoclips sont incroyables, on dirait un film. Peux-tu nous parler du processus de production? Qui a trouvé le concept? Vous avez affirmé que Haven n’est pas un album concept, mais ces vidéoclips vous font mentir un peu, on dirait vraiment un concept!

Oliver : La partie la plus importante est que nous avons beaucoup travaillé sur le script au départ, et nous avons communiqué avec l’équipe cinématographique, qui est en Serbie. Je crois qu’ils s’appellent iCode ou quelque chose du genre, j’oublie toujours. Ça, c’était notre chanteur qui passait! Il y a beaucoup de va-et-vient. Nous faisons corriger beaucoup de choses, ce n’est pas facile de travailler avec nous! Nous nous plaignons beaucoup, jusqu’à ce que ça soit fini! Cette équipe est vraiment excellente, surtout avec les effets spéciaux. Donc on s’est envolé là-bas, en Serbie. Puis il y a l’étape de la production, ils nous présentent la première version, nous chialons, puis la deuxième version, puis la troisième, et ça continue. Et à un moment donné, on arrive au produit fini. Mais le plus important est que nous étudions vraiment le script en détail. Ce n’est pas juste une idée qui nous vient en tête tout d’un coup.

MU : Pour terminer, peux-tu nous parler de vos plans après cette tournée? Il n’y a encore rien d'annoncé.

Oliver : Nous allons faire une autre tournée en Europe. Puis en 2016, nous allons lentement commencer à recueillir des idées pour le prochain album. Nous allons aller au Japon, puis faire des festivals… Quelques plans de prévus, mais rien de coulé dans le béton.

MU : Donc pas de troisième tournée en Amérique du Nord l’an prochain?

Oliver : On en a déjà fait deux, je ne pense pas qu’on va revenir.

MU : Pour le prochain album!

Oliver : Oui!

MU : Merci énormément pour ton temps! J’espère que vous allez vous amuser ce soir; nous, c’est certain!

Oliver : Je l’espère!

 

Entrevue : Amélie Giguère Morin

Caméra : Marie-Hélène Carrier

 

Musik Universe s’est entretenu avec Oliver Palotai, claviériste de la formation de power symphonique Kamelot, lors de son passage dans la Vieille Capitale le 22 novembre dernier. Vous êtes curieux de connaître les ingrédients secrets de la recette Kamelot? La raison du choix de Tommy Karevik comme nouveau chanteur? Ou encore la chanson à faire jouer aux funérailles d’Oliver? Écoutez l’entrevue! Bon visionnement!

 

MU : Salut et bienvenu à Québec. Nous sommes heureux de vous accueillir de nouveau, après une longue absence de 4 ans. C’est bien ça?

Oliver : Ouais! Je ne me souviens pas, en fait…

MU : Vous voyagez tellement!

Oliver : Oui!

MU : Vous venez de terminer votre tournée européenne, il y a environ un mois. Quelle a été la réaction des fans là-bas envers le nouveau matériel?

Oliver : Super! C’est surprenant de constater que le nouveau matériel est plus demandé que les vieilles chansons. Dans le passé, j’ai joué dans d’autres groupes qui survivaient uniquement avec leurs vieux succès. C’est devenu incroyablement lassant après un certain temps. De notre point de vue sur scène, nous avons remarqué quelles chansons les fans chantent le plus, celles qu’ils connaissent et celles qu’ils ne connaissent pas. De toute évidence, les morceaux de Silverthorn et de Haven sont mieux connus que le vieux matériel.

MU : Vous avez une nouvelle génération de fans, peut-être?

Oliver : Oui, clairement. Nos fans sont plus jeunes. Moi, ça ne me dérange pas qu’ils aient 17 ans ou 77 ans… Mais oui, notre public a rajeuni, et c’est une bonne chose.

MU : Je suis un peu jalouse de vos fans en Europe, parce qu’ils ont toujours doit à la totale durant vos spectacles, avec la pyrotechnie et les flammes et tout. Peut-on s’attendre à voir ça ici un jour, ou c’est trop compliqué? Je crois que c’est légal au Canada, mais je ne sais pas pour les États-Unis.

Oliver : Sur le plan légal, je n’en sais rien. Mais en Europe, nous pouvons faire ça dans les grandes salles. Il faut toujours communiquer avec les pompiers, et c’est assez dispendieux. Mais il faut que ça soit un concert d’une grande envergure, avec au moins 1000 personnes. Aux États-Unis, ça va très bien en ce moment. C’est notre deuxième tournée américaine en un an, ce qui est une première pour nous. Mais nous n’avons pas encore ce genre de gros concerts ici. C’est aussi une question de coût. J’adorerais pouvoir le faire tout le temps!

MU : J’adorerais aussi voir ça une fois! Ça doit être majestueux!

Pour la deuxième partie de votre tournée nord-américaine, vous visitez des villes qui n’avaient pas été incluses lors de la tournée de Silverthorn (y compris Québec). Prévoyez-vous présenter un programme un peu différent et inclure plus de chansons de cet album?

Oliver : Notre setlist a changé, oui. Nous avons ajouté beaucoup de chansons de Silverthorn et de Haven.

MU : Par rapport à votre dernier passage en mai (à Montréal)?

Oliver : Oui, tout à fait. C'est différent.

MU : Comme c’est votre premier concert à Québec avec Tommy à la voix, faisons comme s’il s’agissait encore du « nouveau chanteur » pour un moment. La transition s’est faite incroyablement bien. À ma connaissance, vous l’avez choisi sans processus de sélection…

Oliver : Oh non non, nous avons fait des auditions avec 200 chanteurs!

MU : Oh vraiment! Je ne savais pas!

Oliver : Oui, de partout dans le monde!

MU : Donc il a participé à l’audition?

Oliver : Oui, il a participé. Je ne me souviens pas comment il est entré dans le processus, si nous avons écouté Seventh Wonder ou s’il nous a fait parvenir des démos… Nous avons envoyé la première chanson que j’avais écrite pour Silverthorn, qui était Song for Jolee. Lorsque nous avons rétréci la sélection à cinq ou six chanteurs, nous leur avons envoyé cette chanson pour qu’ils s’enregistrent. La version de Tommy est essentiellement la version qu’on entend chaque soir en concert. C’était vraiment bon.

MU : Et pourquoi l’avoir choisi lui, plutôt que de rester avec Fabio, qui remplaçait Roy à l’époque?

Oliver : Fabio est un chanteur fantastique, il a une énergie incroyable! Il boit, il fume, il fait le party, il ne dort pas beaucoup! Mais il est très stable chaque soir. Je n’ai jamais vu ça chez aucun autre chanteur! En définitive, Tommy avait un petit quelque chose qui ressemblait plus à Kamelot. Fabio aurait été un excellent choix aussi, mais Tommy représente l’essence de Kamelot. C’est lui que nous avons choisi.

MU : C’est comment de travailler avec des membres qui vivent dans différents pays? Trois d’entre vous habitent en Floride, tu habites en Allemagne et Tommy est en Suède. Est-ce que c’est compliqué sur le plan de la composition, de l’enregistrement, des répétitions?

Oliver : Cette situation a aussi des avantages. Quand les membres du groupe habitent en Europe et en Amérique, et que nous faisons des tournées en Europe et en Amérique, ça nous permet d’avoir un « chez nous » aux deux endroits, notamment pour des trucs simples comme l’entreposage. Les coûts sont pas mal les mêmes. Nous devons prendre l’avion pour aller en Amérique, et ils doivent la prendre pour venir en Europe. Ça s’équilibre. En ce qui concerne la composition et les rencontres, ce n’est pas un problème grâce à Internet.

MU : Mais pour les répétitions?

Oliver : En fait, on ne répète pas vraiment! Haha! Honnêtement, pour certaines tournées, on se rencontre uniquement au moment du test de son du premier spectacle! Il n’y a pas vraiment de répétition. Tout le monde doit bien se préparer.

MU : Vraiment! Mais comment faites-vous pour jouer aussi « serré »?!

Oliver : Nous sommes tous des musiciens d’expérience! Mais lorsque nous sortons un nouvel album, nous prenons habituellement deux jours pour répéter. Un peu. Haha!

MU : Votre nouvel album est sorti il y a quelques mois, et les critiques sont excellentes, encore une fois. Quel est le secret de votre succès?

Oliver : Je ne sais pas… Sur le plan de la composition… Je suis quelqu’un qui entre au studio à 8 h et qui repart à 18 h. Je compose, je compose. Il n’y a pas vraiment… Évidemment, il y a une certaine méthodologie, et ça se résume à l’expérience, aux compétences acquises. Et il a aussi cette petite chose appelée l’inspiration. Et ça, ça coule vraiment bien. On a également besoin d’un certain son, un son sombre, tout en conservant cet aspect léger caractéristique à Kamelot. Et ça fonctionne. Nous avons une équipe de compositeurs : Thomas Youngblood, moi-même, Sascha Paeth, et maintenant, Tommy Karevik. Nous travaillons vraiment bien ensemble. En fin de compte, les chansons ont cette atmosphère propre à Kamelot. Parfois, ce processus de création me surprend moi-même!

MU : Parlant d’atmosphère propre à Kamelot, le style des chansons du nouvel album est très varié. Il y a du power métal pur, du métal symphonique, du métal gothique plus sombre et même de douces ballades. Parmi tous ces styles de Kamelot, quel est ton favori?

Oliver : J’aime les chansons moyennement rapides, comme My Therapy. Ma chanson favorite du nouvel album est Here’s To The Fall, par contre. Elle est très spéciale. Pour une fois, on entend vraiment bien mon orchestration! Habituellement, c’est tellement enterré avec tout le reste. Là, il y a seulement l’orchestration et Tommy. C’est tellement une chanson intime et personnelle pour moi. Quand j’ai envoyé l’orchestration à Tommy, l’idée qu’il a présentée était parfaite dès le début. Cette chanson est très importante pour moi. Si j’avais à choisir une chanson pour mes funérailles, ça serait celle-là! Haha!

MU : J’espère qu’on n’aura pas besoin de la faire jouer!

Oliver : Un jour, oui! Haha!

MU : Sur Haven, j’ai l’impression que Tommy utilise davantage son registre aigu, tandis qu’il avait conservé un ton plus sombre sur Silverthorn. Est-ce que c’était une décision prise consciemment de votre part, ou c’est venu naturellement?

Oliver : La majorité des chansons de Silverthorn avaient été écrites avant que Tommy se joigne au groupe. Lorsqu’il est arrivé, nous les avons adaptées un peu, mais c’est surtout lui qui a dû s’adapter à elles. Ça devrait être le contraire. Pour Haven, il a été impliqué dès les premières démos, donc les chansons correspondent mieux à sa voix.

MU : Il a pu apporter sa touche personnelle.

Oliver : Oui.

MU : Pour ce nouvel album, vous avez encore une fois collaboré avec notre Alissa, et aussi avec Charlotte de Delain. Vous avez des voix féminines sur pratiquement tous vos albums. Selon toi, est-ce que c’est quelque chose que Kamelot doit absolument avoir, cette touche féminine?

Oliver : C’est un ingrédient de notre recette, oui. La voix de Tommy, et celle de Roy auparavant, cadre très bien avec certains styles de vocal féminin. Par exemple, Simone Simons autrefois, puis maintenant Charlotte et Alissa. Ça se mélange vraiment bien. Oui, c’est une partie de Kamelot. Pas la plus grosse partie, mais une partie importante de notre son.

MU : Comme tu as mentionné, vous avez fait des tournées avec Simone, puis Elize, Alissa, Linéa, et cette fois c’est Kobra Paige. Ça doit être compliqué de trouver quelqu’un de nouveau chaque fois. Avez-vous déjà pensé à avoir une chanteuse féminine permanente?

Oliver : Oui, mais… C’est Thomas. Je ne sais pas comment il fait, mais on dirait qu’il a le don de toujours trouver d’excellentes chanteuses avant qu’elles ne deviennent vraiment populaires. C’est toujours la même histoire. C’est ce qui est arrivé avec Simone, Elize… c’était un peu différent avec Charlotte puisqu’elle n’était pas vraiment en tournée « avec » nous. C’est une bénédiction et une malédiction en même temps! Voyons comment les choses vont aller avec Kobra cette fois-ci!

MU : Vous avez sorti deux vidéoclips pour Haven jusqu’à maintenant, excluant le lyric vidéo : un pour Insomnia et l’autre pour Liar Liar. Certaines personnes disent que vous devriez faire une trilogie avec Revolution. Ça cadrerait vraiment bien! Est-ce que c’est ce que vous comptez faire?

Oliver : Nous n’avons pas encore décidé à 100 % quel sera le troisième vidéoclip, si on en fait un troisième, mais Revolution serait clairement mon choix aussi.

MU : Ces vidéoclips sont incroyables, on dirait un film. Peux-tu nous parler du processus de production? Qui a trouvé le concept? Vous avez affirmé que Haven n’est pas un album concept, mais ces vidéoclips vous font mentir un peu, on dirait vraiment un concept!

Oliver : La partie la plus importante est que nous avons beaucoup travaillé sur le script au départ, et nous avons communiqué avec l’équipe cinématographique, qui est en Serbie. Je crois qu’ils s’appellent iCode ou quelque chose du genre, j’oublie toujours. Ça, c’était notre chanteur qui passait! Il y a beaucoup de va-et-vient. Nous faisons corriger beaucoup de choses, ce n’est pas facile de travailler avec nous! Nous nous plaignons beaucoup, jusqu’à ce que ça soit fini! Cette équipe est vraiment excellente, surtout avec les effets spéciaux. Donc on s’est envolé là-bas, en Serbie. Puis il y a l’étape de la production, ils nous présentent la première version, nous chialons, puis la deuxième version, puis la troisième, et ça continue. Et à un moment donné, on arrive au produit fini. Mais le plus important est que nous étudions vraiment le script en détail. Ce n’est pas juste une idée qui nous vient en tête tout d’un coup.

MU : Pour terminer, peux-tu nous parler de vos plans après cette tournée? Il n’y a encore rien d'annoncé.

Oliver : Nous allons faire une autre tournée en Europe. Puis en 2016, nous allons lentement commencer à recueillir des idées pour le prochain album. Nous allons aller au Japon, puis faire des festivals… Quelques plans de prévus, mais rien de coulé dans le béton.

MU : Donc pas de troisième tournée en Amérique du Nord l’an prochain?

Oliver : On en a déjà fait deux, je ne pense pas qu’on va revenir.

MU : Pour le prochain album!

Oliver : Oui!

MU : Merci énormément pour ton temps! J’espère que vous allez vous amuser ce soir; nous, c’est certain!

Oliver : Je l’espère!

 

 

 Entrevue : Amélie Giguère Morin

Caméra : Marie-Hélène Carrier

Lu 5062 fois Dernière modification le jeudi, 03 décembre 2015 14:25
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