25 Fév 2016

Nightwish : Entrevue exclusive avec Floor Jansen à Montréal (2016)

Entrevue exclusive avec Floor Jansen à Montréal : Musik Universe a été le seul média québécois à obtenir une entrevue avec Floor Janson, de Nightwish, lors du passage du groupe à Montréal. Elle nous a parlé du spectacle, du plus récent album, d’elle et du métal aux Pays-Bas.

 

Musik Universe : Pour commencer, j’aimerais te remercier de nous accorder cette entrevue et avant ma première question, je tiens à te souhaiter un bon anniversaire!

Floor Jansen : Merci!

MU : As-tu l’habitude de fêter plus souvent à la maison ou sur la route?

FJ : Probablement aussi souvent l’un que l’autre…

MU :Passons à votre tournée actuelle. Vous en êtes à la deuxième partie de votre tournée nord-américaine…

FJ : Oui

MU :J’ai assisté à votre spectacle à Québec… c’était vraiment excellent!

FJ : Merci!

MU : Est-ce que la liste des chansons que vous jouez a évolué depuis de temps?

FJ : Oui, il y a quelques chansons que nous tenons à jouer, pour faire la promotion de l’album, évidemment, et dans cette deuxième partie, nous jouons dans des villes différentes… Spécialement Montréal. Je sais que les gens de Montréal ont été particulièrement outrés que nous les ayons négligés lors de la première partie. C’est pourquoi nous nous sommes assurés d’annoncer le plus rapidement possible la date du spectacle ici. Nous sommes très contents de pouvoir jouer ici, enfin! Donc, nous avons quelques chansons que nous jouons chaque soir, pour promouvoir l’album et nous en avons d’autre que nous alternons.

MU : Donc, vous avez une « banque » de chansons parmi lesquelles vous pigez.

FJ : Exactement. C’est plus intéressant pour l’auditoire… et pour nous.

MU : Évidemment! Nous avons aussi appris que vous allez revenir nous voir cet été…

FJ : Oui!

MU : En format géant! En tête d’affiche de Heavy Montréal. À quoi pouvons-nous nous attendre? C’est votre grande scène, celle que vous utilisez dans les festivals en Europe?

FJ : Oui. Nous allons emporter quelques trucs pour rehausser le spectacle… Ce serait vraiment génial de pouvoir le faire plus souvent par ici. Une chose est sûre, ce sera gros!

MU :Nous voyons ici les vidéos que vous diffusez sur ces spectacles en Europe. Personnellement, j’ai toujours rêvé d’aller les voir. Maintenant, ce sera possible.

FJ : Oui! Nous essayons très fort de nous faire un nom ici (en Amérique du Nord) e c’est très bien parti.

MU : Les deux derniers spectacles à guichet fermé au Québec ont certainement joué un rôle dans votre décision?

FJ : Oui, et l’annonce aussi rapide du spectacle de ce soir aussi.

MU : J’ai vérifié ce matin et j’avais acheté mon billet le matin de l’annonce du spectacle… le 14 décembre 2014. Ça fait un bail!

FJ : Wow! Si longtemps? Hahaha.

MU : À propos du spectacle lui-même. Est-ce que la décision de jouer The Greatest Show on Earth (une pièce de 20 minutes) a été facile à prendre?

FJ : Oui. Déjà dans les répétitions, nous savions que nous allions la jouer. De fait, l’histoire est divisée en chapitres. Certains sont tout à fait appropriés pour la scène et d’autres, moins. Cela dépend aussi du genre de production que nous présentons, de l’atmosphère que nous pouvons installer sur scène. En Europe, à quelques reprises, nous avons même joué la chanson au complet.

MU : Avec les bruits d’animaux et tous les détails?

FJ : Cette partie-là, nous la jouons toujours, elle est intégrée au groupe. C’est le tout début, très doux, avec seulement le piano, c’est une LONGUE intro. Il faut établir la bonne atmosphère pour que ça fonctionne en spectacle. Dans les petites salles, nous jouons les chapitres 2, 3 et 4 et la fin de la chanson nous accompagne à la sortie de scène. Toute la partie avec les bruits d’animaux est jouée intégralement.

MU : C’est excellent! Maintenant j’aimerais parler de la réception des fans à votre plus récent album. Tuomas a toujours le don de nous surprendre avec de nouvelles choses d’un album à l’autre…

FJ : Vrai!

MU : Alors, cette fois-ci, de quelle façon vos fans ont-ils réagi à Endless Forms Most Beautiful?

FJ : Très, très bien. Évidemment, c’était aussi le premier album studio sur lequel je chante… C’est difficile d’affirmer à quoi les gens s’attendaient. Avec Nightwish, on ne sait jamais à quoi s’attendre et c’est la même chose pour moi : je ne me campe pas dans un style particulier. Je pense que nous avons réussi à combler les attentes de beaucoup de gens. J’utilise le chant lyrique, je fais des grognements, etc. Donc la réaction a été très positive de ce côté. Les réactions ont été un peu plus mitigées en ce qui concerne le contenu de l’album. C’est la première fois que Nightwish s’éloigne de thèmes plus fantastiques pour aborder des sujets très concrets, même si on traite plutôt de la magie de la réalité, et ce de façon très poétique. C’est une approche qui a plus énormément à certains fans et beaucoup moins à d’autres. Particulièrement les gens plus religieux. Ils n’ont pas apprécié que nous parlions de la biologie de l’évolution.

MU : Le simple fait de parler de science énonce une certaine position par rapport à votre vision du monde… même si cette position est énoncée en termes très vagues.

FJ : Absolument! Si certaines personnes s’offensent que nous parlions de science comme d’une réalité, et bien il n’y a pas grand-chose que nous pouvons y faire.

MU : Est-ce que ta présence sur la tournée précédent l’album a favorisé ton acceptation par les fans? Ils te connaissent un peu plus. Ils savent que tu peux chanter à peu près n’importe quoi sans problème.

FJ : Hahaha. Oui… peut-être. Le fait que cette aventure a commencé ici, en Amérique du Nord a pu aider, certainement. Ça s’est passé très soudainement. Une journée, nous avons dit « Allons-y! ». Il y a aussi certains fans de métal qui me connaissaient avant, qui m’avaient entendu dans mes projets précédents. Cela a probablement facilité la transition.

MU :Certainement. Personnellement je t’ai entendu pour la première fois avec Ayreon, il y a déjà un bout de temps. C’est vraiment du très bon matériel.

FJ : Merci!

MU : Ensuite, il a été annoncé que tu fais partie officiellement du groupe. Est-ce que ta présence et celle de Troy (Donockley) a eu une influence sur l’écriture de Tuomas?

FJ : Oui, définitivement. Troy avait déjà joué sur les albums précédents, alors le changement est moins apparent de son côté. En ce qui me concerne, il était possible de faire des choix. Tuomas a utilisé certaines possibilités qui s’offraient à lui.

MU : Maintenant, j’aimerais te poser une question plus personnelle… Je sais que tu as un horaire très chargé, alors je me demandais comment tu trouves le temps de donner des cours de chant.

FJ : Depuis un certain temps, je n’en donne plus.

MU : Je me demandais aussi comment c’était même possible.

FJ : Eh bien, durant la dernière tournée, j’ai donné une classe de maître et j’ai l’intention d’en donne une durant la présente tournée aussi. Mais seulement une, car, comme tu l’as dit, nous avons un horaire de tournée très chargé. Entre les tournées, j’essaie d’organiser quelque chose, mais je ne peux plus donner de leçons individuelles, comme j’avais l’habitude de le faire. Maintenant, quand le temps me le permet, j’organise des classes de maître et j’ai pu le faire dans plusieurs pays… ce qui me plaît beaucoup. C’est une méthode que je songe à développer davantage quand j’en aurai le temps… ça me garde en forme aussi!

MU : Évidemment! Donc c’est important pour toi de partager tes connaissances et, jusqu’à un certain point, de former les chanteurs de demain?

FJ : Ça l’est, même si une classe de maître ne permet jamais d’aller en profondeur. Je parviens quand même à toucher certaines personnes et à les conscientiser… ça me fait très plaisir. On touche les gens à différents niveaux et j’ai toujours été un peu « nerd » en ce qui concerne les techniques de chant, alors je l’apprécie vraiment.

MU : Les gens qui viennent te voir ont-ils des questions sur le chant métal ou sur le chant classique?

FJ : De fait, les questions auxquelles je réponds le plus souvent sont posées par des chanteurs rock qui veulent utiliser des techniques classiques et vice-versa.

MU : Ils veulent pouvoir alterner entre les deux styles…

FJ : Exactement.

MU : J’ai aussi remarqué ta participation au projet Power Of Love en décembre dernier…

FJ : C’était avant cela, je crois…

MU : J’ai probablement mélangé des dates. Comment as-tu été appelée à participer?

FJ : The Power of Love… c’était le projet… ah oui, c’est une initiative lancée par des amis au Pays-Bas. Des gens avec qui je travaille depuis longtemps et qui voulaient venir en aide à la Croix rouge, qui aide les femmes victimes d’agression sexuelle dans les zones de conflit. Il s’agit d’une station de radio qui, chaque année, organise un événement pour une bonne cause. Je me souviens qu’une fois, les animateurs se sont enfermés dans une espèce de maison en verre, sans nourriture, je crois, pendant une certaine période. Je ne l’ai jamais regardé parce que je pensais qu’il s’agissait d’une démonstration de flattage d’ego, « NOUS allons sauver la planète en nous enfermant »… vraiment pas mon genre. Mais j’ai beaucoup aimé ce projet parce qu’il ne s’agissait pas d’une ou de quelques personnes, mais d’un groupe désirant faire avancer une cause. Le fait de promouvoir le métal aux Pays-Bas était aussi important pour moi, parce que le métal hollandais est très populaire ailleurs dans le monde, mais pas aux Pays-Bas. Le temps d’antenne est très rare. Les animateurs de radio ont tendance à ne pas nous prendre au sérieux. Ils sont extrêmement étroits d’esprit, donc c’était également une raison de participer pour moi : dire aux Hollandais que nous existons, qu’il y a des musiciens extrêmement talentueux qui font le tour de la planète avec leur musique et que vous n’entendez pas, contrairement à ceux qui passent à la radio et qui ne dépassent jamais les frontières de ce tout petit pays.

MU : Je n’aurais jamais imaginé une telle situation. Est-ce que pour toi, le métal hollandais pourrait devenir un phénomène? Au même titre que le son de Seatle dans les années 90, par exemple.

FJ : Je ne sais pas… nous sommes là depuis la fin des années 90. Bon nombre des groupes avec une chanteuse proviennent des Pays-Bas… En Europe nous sommes beaucoup plus établis que nous pouvons l’être ici. Nous sommes en mesure de faire des tournées plus élaborées; les foules sont plus nombreuses. Ce serait un véritable honneur d’être considéré comme tel.

MU : J’ai commencé à écouter du Nightwish au début des années 2000. Tu sais comment ça fonctionne : j’ai beaucoup aimé le style, alors j’en ai voulu plus. J’ai cherché d’autres groupes du même genre pour me rendre compte un moment donné que la majorité de ces groupes viennent des Pays-Bas! Comment se fait-il qu’il n’y a plus de gens qui le savent?

FJ : Ici c’est comme ça, mais en Europe, c’est différent. Mon groupe, After Forever, a débuté en 1997. Nous avons commencé à peu près en même temps que Nightwish. Même chose pour Within Temptation et The Gathering. Ces deux groupes ont été parmi les premiers à connaître du succès aux Pays-Bas, probablement en raison de leur son plus « commercial ». After Forever avait un son plus lourd, qui ne plaisait pas vraiment aux radios là-bas. On nous étiquetait comme étant du « métal » ou du « métal gothique ». C’est le terme qu’ils utilisaient dans le temp… Je n’ai jamais compris d’où ça venait, cette étiquette de gothique, qui n’avait rien à voir avec nous. Ensuite ils ont inventé les « groupes à chanteuse », ce qui est encore plus stupide parce que ça ne dit absolument rien à propos de la musique. Maintenant, nous devions nous défaire d’un autre stigmate… Bref, de nos jours il y a plein de groupes hollandais qui font plein de musiques différentes et qui connaissent beaucoup de succès à l’étranger. Certains de ces groupes ont une chanteuse. Mais certainement qu’à la fin des années 90, c’était un phénomène assez nouveau. Il y avait eu Doro dans les années 80, et qui est encore très active aujourd’hui, mais elle était assez seule de son camp. Cette nouvelle vague, quand elle est apparue, semble avoir pris plus de temps à arriver en Amérique du Nord.

MU : Effectivement. Pour conclure, j’aimerais savoir si vous avez des nouvelles de Jukka, l’ancien batteur du groupe?

FJ : Il va bien. Tant qu’il ne fait pas de tournée, tout va bien. Le problème est que l’insomnie est un phénomène incontrôlable, qui survient quand on s’y attend le moins. Pour l’instant, l’important c’est qu’il va bien. Malheureusement, nous ne savons pas s’il pourra reprendre sa place au sein du groupe un jour ou ce que l’avenir nous réserve.

MU : J’aimerais te remercier pour le temps que tu m’as accordé. J’ai très hâte au spectacle de ce soir. J’ai l’impression que ce sera toute une soirée!

FJ : Merci!

Musik Universe a été le seul média québécois à obtenir une entrevue avec Floor Janson, de Nightwish, lors du passage du groupe à Montréal. Elle nous a parlé du spectacle, du plus récent album, d’elle et du métal aux Pays-Bas.

 

Musik Universe : Pour commencer, j’aimerais te remercier de nous accorder cette entrevue et avant ma première question, je tiens à te souhaiter un bon anniversaire!

Floor Jansen : Merci!

MU : As-tu l’habitude de fêter plus souvent à la maison ou sur la route?

FJ : Probablement aussi souvent l’un que l’autre…

MU :Passons à votre tournée actuelle. Vous en êtes à la deuxième partie de votre tournée nord-américaine…

FJ : Oui

MU :J’ai assisté à votre spectacle à Québec… c’était vraiment excellent!

FJ : Merci!

MU : Est-ce que la liste des chansons que vous jouez a évolué depuis de temps?

FJ : Oui, il y a quelques chansons que nous tenons à jouer, pour faire la promotion de l’album, évidemment, et dans cette deuxième partie, nous jouons dans des villes différentes… Spécialement Montréal. Je sais que les gens de Montréal ont été particulièrement outrés que nous les ayons négligés lors de la première partie. C’est pourquoi nous nous sommes assurés d’annoncer le plus rapidement possible la date du spectacle ici. Nous sommes très contents de pouvoir jouer ici, enfin! Donc, nous avons quelques chansons que nous jouons chaque soir, pour promouvoir l’album et nous en avons d’autre que nous alternons.

MU : Donc, vous avez une « banque » de chansons parmi lesquelles vous pigez.

FJ : Exactement. C’est plus intéressant pour l’auditoire… et pour nous.

MU : Évidemment! Nous avons aussi appris que vous allez revenir nous voir cet été…

FJ : Oui!

MU : En format géant! En tête d’affiche de Heavy Montréal. À quoi pouvons-nous nous attendre? C’est votre grande scène, celle que vous utilisez dans les festivals en Europe?

FJ : Oui. Nous allons emporter quelques trucs pour rehausser le spectacle… Ce serait vraiment génial de pouvoir le faire plus souvent par ici. Une chose est sûre, ce sera gros!

MU :Nous voyons ici les vidéos que vous diffusez sur ces spectacles en Europe. Personnellement, j’ai toujours rêvé d’aller les voir. Maintenant, ce sera possible.

FJ : Oui! Nous essayons très fort de nous faire un nom ici (en Amérique du Nord) e c’est très bien parti.

MU : Les deux derniers spectacles à guichet fermé au Québec ont certainement joué un rôle dans votre décision?

FJ : Oui, et l’annonce aussi rapide du spectacle de ce soir aussi.

MU : J’ai vérifié ce matin et j’avais acheté mon billet le matin de l’annonce du spectacle… le 14 décembre 2014. Ça fait un bail!

FJ : Wow! Si longtemps? Hahaha.

MU : À propos du spectacle lui-même. Est-ce que la décision de jouer The Greatest Show on Earth (une pièce de 20 minutes) a été facile à prendre?

FJ : Oui. Déjà dans les répétitions, nous savions que nous allions la jouer. De fait, l’histoire est divisée en chapitres. Certains sont tout à fait appropriés pour la scène et d’autres, moins. Cela dépend aussi du genre de production que nous présentons, de l’atmosphère que nous pouvons installer sur scène. En Europe, à quelques reprises, nous avons même joué la chanson au complet.

MU : Avec les bruits d’animaux et tous les détails?

FJ : Cette partie-là, nous la jouons toujours, elle est intégrée au groupe. C’est le tout début, très doux, avec seulement le piano, c’est une LONGUE intro. Il faut établir la bonne atmosphère pour que ça fonctionne en spectacle. Dans les petites salles, nous jouons les chapitres 2, 3 et 4 et la fin de la chanson nous accompagne à la sortie de scène. Toute la partie avec les bruits d’animaux est jouée intégralement.

MU : C’est excellent! Maintenant j’aimerais parler de la réception des fans à votre plus récent album. Tuomas a toujours le don de nous surprendre avec de nouvelles choses d’un album à l’autre…

FJ : Vrai!

MU : Alors, cette fois-ci, de quelle façon vos fans ont-ils réagi à Endless Forms Most Beautiful?

FJ : Très, très bien. Évidemment, c’était aussi le premier album studio sur lequel je chante… C’est difficile d’affirmer à quoi les gens s’attendaient. Avec Nightwish, on ne sait jamais à quoi s’attendre et c’est la même chose pour moi : je ne me campe pas dans un style particulier. Je pense que nous avons réussi à combler les attentes de beaucoup de gens. J’utilise le chant lyrique, je fais des grognements, etc. Donc la réaction a été très positive de ce côté. Les réactions ont été un peu plus mitigées en ce qui concerne le contenu de l’album. C’est la première fois que Nightwish s’éloigne de thèmes plus fantastiques pour aborder des sujets très concrets, même si on traite plutôt de la magie de la réalité, et ce de façon très poétique. C’est une approche qui a plus énormément à certains fans et beaucoup moins à d’autres. Particulièrement les gens plus religieux. Ils n’ont pas apprécié que nous parlions de la biologie de l’évolution.

MU : Le simple fait de parler de science énonce une certaine position par rapport à votre vision du monde… même si cette position est énoncée en termes très vagues.

FJ : Absolument! Si certaines personnes s’offensent que nous parlions de science comme d’une réalité, et bien il n’y a pas grand-chose que nous pouvons y faire.

MU : Est-ce que ta présence sur la tournée précédent l’album a favorisé ton acceptation par les fans? Ils te connaissent un peu plus. Ils savent que tu peux chanter à peu près n’importe quoi sans problème.

FJ : Hahaha. Oui… peut-être. Le fait que cette aventure a commencé ici, en Amérique du Nord a pu aider, certainement. Ça s’est passé très soudainement. Une journée, nous avons dit « Allons-y! ». Il y a aussi certains fans de métal qui me connaissaient avant, qui m’avaient entendu dans mes projets précédents. Cela a probablement facilité la transition.

MU :Certainement. Personnellement je t’ai entendu pour la première fois avec Ayreon, il y a déjà un bout de temps. C’est vraiment du très bon matériel.

FJ : Merci!

MU : Ensuite, il a été annoncé que tu fais partie officiellement du groupe. Est-ce que ta présence et celle de Troy (Donockley) a eu une influence sur l’écriture de Tuomas?

FJ : Oui, définitivement. Troy avait déjà joué sur les albums précédents, alors le changement est moins apparent de son côté. En ce qui me concerne, il était possible de faire des choix. Tuomas a utilisé certaines possibilités qui s’offraient à lui.

MU : Maintenant, j’aimerais te poser une question plus personnelle… Je sais que tu as un horaire très chargé, alors je me demandais comment tu trouves le temps de donner des cours de chant.

FJ : Depuis un certain temps, je n’en donne plus.

MU : Je me demandais aussi comment c’était même possible.

FJ : Eh bien, durant la dernière tournée, j’ai donné une classe de maître et j’ai l’intention d’en donne une durant la présente tournée aussi. Mais seulement une, car, comme tu l’as dit, nous avons un horaire de tournée très chargé. Entre les tournées, j’essaie d’organiser quelque chose, mais je ne peux plus donner de leçons individuelles, comme j’avais l’habitude de le faire. Maintenant, quand le temps me le permet, j’organise des classes de maître et j’ai pu le faire dans plusieurs pays… ce qui me plaît beaucoup. C’est une méthode que je songe à développer davantage quand j’en aurai le temps… ça me garde en forme aussi!

MU : Évidemment! Donc c’est important pour toi de partager tes connaissances et, jusqu’à un certain point, de former les chanteurs de demain?

FJ : Ça l’est, même si une classe de maître ne permet jamais d’aller en profondeur. Je parviens quand même à toucher certaines personnes et à les conscientiser… ça me fait très plaisir. On touche les gens à différents niveaux et j’ai toujours été un peu « nerd » en ce qui concerne les techniques de chant, alors je l’apprécie vraiment.

MU : Les gens qui viennent te voir ont-ils des questions sur le chant métal ou sur le chant classique?

FJ : De fait, les questions auxquelles je réponds le plus souvent sont posées par des chanteurs rock qui veulent utiliser des techniques classiques et vice-versa.

MU : Ils veulent pouvoir alterner entre les deux styles…

FJ : Exactement.

MU : J’ai aussi remarqué ta participation au projet Power Of Love en décembre dernier…

FJ : C’était avant cela, je crois…

MU : J’ai probablement mélangé des dates. Comment as-tu été appelée à participer?

FJ : The Power of Love… c’était le projet… ah oui, c’est une initiative lancée par des amis au Pays-Bas. Des gens avec qui je travaille depuis longtemps et qui voulaient venir en aide à la Croix rouge, qui aide les femmes victimes d’agression sexuelle dans les zones de conflit. Il s’agit d’une station de radio qui, chaque année, organise un événement pour une bonne cause. Je me souviens qu’une fois, les animateurs se sont enfermés dans une espèce de maison en verre, sans nourriture, je crois, pendant une certaine période. Je ne l’ai jamais regardé parce que je pensais qu’il s’agissait d’une démonstration de flattage d’ego, « NOUS allons sauver la planète en nous enfermant »… vraiment pas mon genre. Mais j’ai beaucoup aimé ce projet parce qu’il ne s’agissait pas d’une ou de quelques personnes, mais d’un groupe désirant faire avancer une cause. Le fait de promouvoir le métal aux Pays-Bas était aussi important pour moi, parce que le métal hollandais est très populaire ailleurs dans le monde, mais pas aux Pays-Bas. Le temps d’antenne est très rare. Les animateurs de radio ont tendance à ne pas nous prendre au sérieux. Ils sont extrêmement étroits d’esprit, donc c’était également une raison de participer pour moi : dire aux Hollandais que nous existons, qu’il y a des musiciens extrêmement talentueux qui font le tour de la planète avec leur musique et que vous n’entendez pas, contrairement à ceux qui passent à la radio et qui ne dépassent jamais les frontières de ce tout petit pays.

MU : Je n’aurais jamais imaginé une telle situation. Est-ce que pour toi, le métal hollandais pourrait devenir un phénomène? Au même titre que le son de Seatle dans les années 90, par exemple.

FJ : Je ne sais pas… nous sommes là depuis la fin des années 90. Bon nombre des groupes avec une chanteuse proviennent des Pays-Bas… En Europe nous sommes beaucoup plus établis que nous pouvons l’être ici. Nous sommes en mesure de faire des tournées plus élaborées; les foules sont plus nombreuses. Ce serait un véritable honneur d’être considéré comme tel.

MU : J’ai commencé à écouter du Nightwish au début des années 2000. Tu sais comment ça fonctionne : j’ai beaucoup aimé le style, alors j’en ai voulu plus. J’ai cherché d’autres groupes du même genre pour me rendre compte un moment donné que la majorité de ces groupes viennent des Pays-Bas! Comment se fait-il qu’il n’y a plus de gens qui le savent?

FJ : Ici c’est comme ça, mais en Europe, c’est différent. Mon groupe, After Forever, a débuté en 1997. Nous avons commencé à peu près en même temps que Nightwish. Même chose pour Within Temptation et The Gathering. Ces deux groupes ont été parmi les premiers à connaître du succès aux Pays-Bas, probablement en raison de leur son plus « commercial ». After Forever avait un son plus lourd, qui ne plaisait pas vraiment aux radios là-bas. On nous étiquetait comme étant du « métal » ou du « métal gothique ». C’est le terme qu’ils utilisaient dans le temp… Je n’ai jamais compris d’où ça venait, cette étiquette de gothique, qui n’avait rien à voir avec nous. Ensuite ils ont inventé les « groupes à chanteuse », ce qui est encore plus stupide parce que ça ne dit absolument rien à propos de la musique. Maintenant, nous devions nous défaire d’un autre stigmate… Bref, de nos jours il y a plein de groupes hollandais qui font plein de musiques différentes et qui connaissent beaucoup de succès à l’étranger. Certains de ces groupes ont une chanteuse. Mais certainement qu’à la fin des années 90, c’était un phénomène assez nouveau. Il y avait eu Doro dans les années 80, et qui est encore très active aujourd’hui, mais elle était assez seule de son camp. Cette nouvelle vague, quand elle est apparue, semble avoir pris plus de temps à arriver en Amérique du Nord.

MU : Effectivement. Pour conclure, j’aimerais savoir si vous avez des nouvelles de Jukka, l’ancien batteur du groupe?

FJ : Il va bien. Tant qu’il ne fait pas de tournée, tout va bien. Le problème est que l’insomnie est un phénomène incontrôlable, qui survient quand on s’y attend le moins. Pour l’instant, l’important c’est qu’il va bien. Malheureusement, nous ne savons pas s’il pourra reprendre sa place au sein du groupe un jour ou ce que l’avenir nous réserve.

MU : J’aimerais te remercier pour le temps que tu m’as accordé. J’ai très hâte au spectacle de ce soir. J’ai l’impression que ce sera toute une soirée!

FJ : Merci!

 

 

Lu 5864 fois Dernière modification le jeudi, 25 février 2016 01:09
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