17 Mai 2016

Pierce The Veil : Entrevue avec Mike Fuentes (2016)

Cette semaine, Musik Universe a eu la chance de bavarder un peu avec Mike Fuentes, batteur et fondateur de Pierce The Veil qui sortent aujourd’hui leur quatrième album Misadventures.

Musik Universe : Merci beaucoup Mike de prendre le temps de nous parler.

Mike Fuentes : C’est mon plaisir!

MU : Débutons tout de suite si tu le veux bien. Votre album Misadventures sort aujourd’hui. Ça fait presque 2 ans qu’il est dû, comment se sent-on de savoir qu’enfin les fans vont pouvoir l’entendre?

MF : C’est tout un soulagement! C’est une célébration pour nous de le voir enfin sortir et de pouvoir le partager avec les fans. Il y a eu tellement de moments durant tout le procédé où deux ans auraient pu s’ajouter encore. On cherchait tous ces éléments pour terminer l’album. On a eu droit à tellement de mésaventures, d’obstacles à franchir pour terminer cet album. Mais tout a fini par se mettre en place et on a pu terminer!

MU : L’album est bien travaillé, et démontre un grand travail et une originalité de la part de tous.

MF : Merci! On a vraiment hâte que les fans puissent enfin l’entendre, ils ont été très patients avec nous!

MU : Outre les 3 extraits que vous avez sortis, est0ce que vous en avez joué durant vos spectacles?

MF : En fait, on n’a joué qu’une seule fois depuis le Reading and Leeds Festival l’an dernier et c’était à Londres dans un magasin de disques il y a quelques semaines. On joue cependant vendredi pour la sortie de l’album donc nous allons pouvoir les tester comme il faut!

MU : C’était en fait ma prochaine question! Vous êtes en spectacle à Mexico vendredi prochain pour la sortie de Misadventures. Est-ce que c’était prévu depuis le début ou est-ce que c’est juste le fruit du hasard?

MF : On voulait faire un truc assez massif pour la journée de la sortie de l’album et Mexico a été un des endroits où on a fait notre plus gros spectacle. On y reçoit tellement d’amour. On voulait célébrer en grand!

MU : Oui! Ils semblent aimer leur rock au Mexique et en Amérique latine avec souvent des foules de dizaines voire des centaines de milliers de personnes pour des évènements!

MF : Oh oui! Ils adorent la musique là-bas! Le fait aussi qu’on soit tous hispaniques, ils aiment ça aussi!

MU : C’est certain! Est-ce que tu te considères plus une personne de studio ou une personne de spectacle? Je sais que les 2 ont une énergie distincte et que différentes personnes aiment mieux certains aspects de cette vie que d’autres.

MF : J’aime bien les deux, mais on doit se placer dans une « zone » différente pour chaque environnement. Personnellement, j’ai tendance à jouer un peu différemment en studio. En spectacle, je donne toute l’Énergie que j’ai, bat le tout à pleine puissance, aussi fort que je le peux. En studio, tu veux mettre toute ton énergie aussi, mais en même temps, tu veux laisser de la place aux autres parties, que le tout puisse faire un mélange cohérent. Des fois il y aura un moment plus tranquille dans la pièce qui nécessitera une approche plus tranquille et relaxe et non une énergie à tout rompre. J’aime vraiment les deux, mais les spectacles c’est ce que j’ai toujours préféré. J’adore jouer des spectacles!

MU : Ça fait maintenant 9 ans que votre premier album est sorti. Comme trouves0tu que le groupe a évolué depuis ce temps?

MF : Wow ça fait déjà si longtemps?! Ça a été un long apprentissage pour nous tous durant tout ce temps. On apprend, on écrit et on essaie de s’améliorer au fil tes années. Je pense que ce qui est bien avec nous c’est qu’on ne nous a jamais rien donné, on a dû travailler fort pour en arriver où on est. On n’a pas été propulsé au top par une machine. On a dû se battre et s’améliorer. On était en tourne autant que possible, et c’est-ce qu’on fait toujours et on est toujours en train d’apprendre. Je pense qu’on a eu droit à une ascension lente et on a amassé nos fans au fil des 10 dernières années juste en faisant de notre mieux, en travaillant fort et en étant de bonnes personnes.

MU : Je suppose que tout ce dur labeur vous fait apprécier davantage votre situation actuelle? Comme vous avez mis le temps, le travail, les miles nécessaires pour vos retrouver où vous êtes par opposition à quelqu’un qui aurait tout eu tout prêt pour lui et juste envoyé au sommet par la voie rapide.

MF : Oui exactement, on a toujours su garder le contrôle sur ce qui se passait. On n’a jamais laissé personne nous dicter quoi faire. On a toujours eu le dernier mot pour toutes les décisions. On a toujours gardé l’accent sur la longévité et resté aussi longtemps que possible et je crois que nos fans nous ont aidés à ce niveau-là aussi.

MU : parfait! Vous avez une utilisation intelligente de l’électronique dans votre musique. Est-ce que ça a toujours été le plan?

MF : Oui! On aime beaucoup la production et la création d’éléments qu’on peut incorporer dans nos pièces tant en studio qu’en spectacle. On veut explorer autant que possible, aussi loin que possible, et en ramener les éléments qui nous plaisent et qui vont avec ce que nous voulons faire. En spectacle, on joue tout ce qui est possible pour nous, mais, évidemment, nous n’avons pas de claviériste avec nous sur scène. Peut-être que ça serait une option éventuellement.

MU : C’est très bien incorporé dans le reste de votre musique : pas trop en avant-plan, mais pas trop loin pour que ça perde toute sa raison d’être.

MF : Merci! Nous aimons toutes sortes de musique différente et je crois que ce sont les influences qui viennent de tous les groupes différents que nous écoutons.

MU : Est-ce que tu as une pièce préférée sur l’album?

MF : Ouf! C’est dur! J’suis sorti du studio en adorant chaque pièce sur cet album! Surtout lorsqu’on recevait les mix finaux ou les « masters », je trouvais chaque pièce excellente en elle-même. J’étais très fier du travail que nous avions accompli. Dès que je rentrais du studio, pendant que Vic (Fuentes, chanteur) travaillait toujours sur les paroles, j’allais m’amuser à improviser et « jammer » sur ce qu’on venait d’enregistrer parce que j’aimais tant les jouer. C’est ce que je fais depuis! J’aime particulièrement celles qui sont un peu différentes comme Floral & Fading qui en est une qui surprendra plusieurs personnes, je crois. Elle est différente de ce qu’on a toujours fait. Elle n’est pas nécessairement aussi agressive que d’habitude, elle est plus relaxe et légèrement dansante.

MU : Oui oui! Je me rappelle, elle est intéressante! Définitivement différente du reste. Personnellement, ma préférée était Dive In.

MF : Cette pièce représente tout ce que Pierce The Veil a accompli en une seule pièce, selon moi.

MU : Il y avait aussi Gold Medal Ribbon qui semblait avoir une note de nostalgie des années 80-90? Surtout durant l’intro de la pièce.

MF : C’est exactement ce qu’on voulait. L’inspiration pour cette chanson vient de notre père. Ce qu’il écoutait dans le temps, lorsqu’on grandissait, nous a grandement influencés.

MU : Par rapport à la création de cet album, est-ce que votre approche a été la même si on compare aux albums précédents?

MF : Non pas vraiment, on a fait tournées après tournées pour ensuite se dire : « ok, c’est assez, c’est le temps d’écrire. ». On passe d’habitude beaucoup de temps sur l’écriture jusqu’à ce qu’on se dise qu’on est prêts pour enfin rentrer en studio. On a débuté avec 11 pièces. On est allés avec Dan Korneff à Long Island. Il a toujours été très honnête avec nous et nous avions 2 pièces qui n’allaient pas avec le reste de l’album. On a dû couper ces 2 pièces et en réécrire deux autres pour combler le manque alors qu’on était en studio; qui est quelque chose qu’on fait rarement parce qu’on normalement, on passe des mois et des mois sur une seule chanson alors en écrire 2 en quelques semaines pendant qu’on était en studio était vraiment un défi pour nous. On est tous assis en cercle avec nos instruments et on a joué pendant 12 heures par jour jusqu’à ce qu’on arrive à des pièces qui nous satisfaisaient tous. C’est comme ça qu’on a créé les 2 dernières pièces de l’album Misadventures : Sambuka et Song For Isabelle. Sambuka est probablement la pièce la plus courte qu’on a jamais faite et pourtant, c’est la longueur normale pour une pièce, je pense.

MU : Quand vous écrivez un album, est-ce que quelqu’un prend la direction? Est-ce que c’est ton frère et toi? Est-ce qu’un membre est plus orienté vers la composition des chansons que les autres? Est-ce que vous faites tout ensemble? Comment cela marche-t-il?

MF : Vic écrit presque tout. Il va me contacter me disant qu’il a quelque chose sur lequel il est en train de travailler, l’ébauche d’une chanson. Il vient à la maison pour voir ce que je ferais avec une partie ou une autre et j’essaie de complimenter ce qu’il a déjà fait et on va avancer à partir de là. Souvent Jaime (Preciado, bass) va arriver avec des idées de productions, un synthé ici, de l’orgue ici, etc. Tony (Perry, guitare) est vraiment bon avec l’aspect plus lourd des chansons dû à ses antécédents dans des groupes de métal hardcore. Vic et moi sommes plus orientés vers les trucs plus punks, « so-cal » mélangé avec des influences de partout, du jazz, etc. On se regroupe et se complète bien avec toutes nos influences différentes.

MU : Est-ce difficile de trouver de l’inspiration? Est-ce que vous avez un truc quand ça n’arrive pas?

MF : Habituellement, on a toute l’inspiration dont on a besoin musicalement. Pour cet album, je crois que ce qui a été le plus difficile a été de trouver les voix et les paroles. Toutes les mélodies y étaient, mais, mon frère ne va pas seulement écrire des mots au hasard sur une pièce de papier, ces mots doivent avoir un sens. Ça a nécessité quelques petits voyages pour aider à trouver cela. Il a visité plusieurs endroits comme une cabine à Big Bear en Californie, un studio à Santa Monica pendant un moment ce qui l’a grandement inspiré, car il y avait beaucoup d’artistes qui allaient et venaient, beaucoup de musique s’y créait. Il a terminé à Seattle où il est allé pour essayer d’écrire la dernière chanson. Il l’a écrite en une seule journée, tant il était inspiré par la musique là-bas. Musicalement, on essaie d’être le plus créatifs possible et d’écrire les trucs les plus originaux qu’on peut. Des trucs qu’on aime. La chanson Texas Is Forever en est un exemple; on aime les trucs « punk rock » rapide et on aime les trucs plus complexes. On a voulu faire une pièce qui joue avec ces deux éléments. On est fier du résultat final.

MU : Vous partez en tournée aux États-Unis en juin avec un bon break de quelques mois pour ensuite repartir pour l’Europe en novembre jusqu’au début décembre. Où est-ce que vous avez le plus hâte de retourner?

MF : Je ne suis pas certain, mais je crois que ce break entre les 2 tournées sera rempli, mais nous n’avons rien annoncé encore donc je n’en suis pas sûr. On ne veut pas de pause trop longue donc on va sûrement trouver quelque chose pour remplir ce « break ». En fait j’ai vraiment hâte à la tournée de juin, car c’est la tournée Misadventures où on jouera l’album au complet du début à la fin. On était dans le studio à faire le mix des chansons et on entendait tout ça prendre vie tranquillement. Le producteur nous a alors proposé de jouer le tout en concert. On lui a répondu que personne ne faisait ça! L’idée est quand même restée en arrière-plan et au fur et à mesure que les chansons prenaient forme, le concept de jouer l’album du début à la fin a commencé à avoir de plus en plus de sens. Donc c’est ce qu’on fera pour la première tournée pour l’album aux États-Unis. On fera un truc plus traditionnel ensuite avec un mélange de neuf et de vieux.

MU : excellent! Des plans de passer au Canada? J’imagine que c’est une possibilité pendant cette pause entre juin et novembre?

MF : Je l’espère! On va essayer d’y aller quand ça ne sera pas trop froid! Non sérieusement, on adore monter vous voir. Je me rappelle avoir fait une tournée qui s’appelait A Taste Of Chaos où on avait traversé le Canada de l’ouest jusqu’à l’est en motorisé. On a conduit tout le trajet en hiver. Je crois qu’on avait presque frappé un ours à un certain moment! C’était complètement fou, mais ça en a valu la peine!

MU : Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à nos questions!

MF : Ça m’a fait plaisir! J’espère vous voir lorsqu’on sera à Montréal!

MU : On y sera pour en parler à nos lecteurs! Merci encore et bonne fin de journée!

MF : Merci! Vous aussi!

Lu 1891 fois Dernière modification le mardi, 17 mai 2016 23:53
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