14 Aoû 2016

Sabaton : Entrevue avec Joakim et Chris à Heavy Montréal 2016

Musik Universe a réalisé une entrevue avec Joakim et Chris de la formation Sabaton lors du Heavy Montréal 2016! Les gars avaient pas mal de choses à dire!

TRADUCTION FRANÇAISE APRÈS LA VIDÉO :


MU : Bonjour! Je suis avec Joakim et Chris de Sabaton! Bienvenue et merci de votre présence au Heavy Montréal. Les fans aiment vraiment vous voir ici et à Québec. Venez-vous juste d’arriver?

Joakim : Non, ça fait deux jours qu’on est arrivé. On prend ça relax et on s’amuse ici. Il fait vraiment beau. Nous avons même réussi à apporter notre gros équipement de scène de ce côté-ci de l’océan pour la toute première fois. On aura donc des lance-flammes, des bombes et un char d’assaut sur la scène aujourd’hui!

MU : Un char d’assaut! Wow! De taille réelle?

Joakim : Oui!

Chris : Qui lance de la pyrotechnie en plus!

MU : On a hâte de voir ça!

Vous allez bientôt sortir un nouvel album intitulé The Last Stand. On a déjà pu écouter deux singles jusqu’à maintenant. Certains fans semblent inquiets de la direction un peu plus douce de ces chansons, mais évidemment d’autres fans aiment vraiment. Que pouvez-vous nous dire sur ce nouvel album?

Chris : Le nouvel album botte des culs! Nous avons certaines chansons vraiment différentes, un peu plus étranges, et ce sont celles-là que nous avons sorties comme singles. Les gens sont comme « Mais c’est quoi ça?! »… mais je vous jure que le reste de l’album va vous donner le goût de danser!

Joakim : Comme Chris a dit, on a choisi des chansons différentes comme singles pour une raison. On voulait piquer la curiosité des gens. Notre groupe a plusieurs facettes. Je suis pas mal certain que lorsque vous écouterez l’album du début à la fin, vous allez immédiatement reconnaître le style de Sabaton. Mais oui, nous avons apporté des nouveautés, et j’en suis heureux. J’espère que les fans vont aimer ces nouveautés… nous allons le savoir bientôt!

MU : Vous avez de plus en plus de fans ici en Amérique du Nord. Pensez-vous refaire une tournée en tête d’affiche bientôt, comme vous l’avez fait il y a quelques années?

Chris : On l’espère! J’aimerais revenir pour faire une grosse tournée en tête d’affiche avec tout notre équipement de scène. Être ici aujourd’hui est un petit pas dans la bonne direction. Bientôt, j’espère!

MU : Avec les chars d’assaut aussi, évidemment!

Joakim : C’est possible. Tout dépend de vous! Si vous venez aux spectacles, nous pourrons apporter le char. Mais si personne ne vient, la scène sera trop petite et il n’y aura pas de place. Évidemment, notre rêve serait d’offrir le même calibre spectacle à tous les fans du monde. Mais dans les faits, si nous jouons devant 10 000 personnes en Europe et 1000 personnes ici, ce n’est pas vraiment possible d’offrir le même spectacle. On travaille là-dessus. Et vous allez nous voir pas mal plus souvent ici.

MU : Récemment, votre guitariste Thobbe a annoncé son départ du groupe. Il a dit vouloir une vie plus rangée. Est-ce que vous et les autres membres du groupe trouvez ça parfois difficile de mener ce train de vie?

Chris : C’est un train de vie difficile. L’an dernier, nous avons fait 170 spectacles, sans compter les jours de repos sur la route. En tout, ça fait environ 280 ou 290 jours pendant lesquels nous sommes absents. C’est difficile, surtout si tu as une copine, une femme, des enfants… Thobbe et moi avons joint le groupe il y a 4 ans, on fait ça depuis 4 ans. C’était devenu difficile pour lui. Mais je suis certain qu’il va faire plein d’autres choses. Je lui souhaite la meilleure des chances. C’est comme un frère pour moi. Je suis triste qu’il parte.

MU : Et toi, Joakim, comment survis-tu à ce rythme de vie?

Joakim : Je me le demande encore! Haha! En fait, 9 fois sur 10, j’adore chaque seconde. Mais il y a des soirées où on trouve ça difficile et pénible. En général, monter sur scène est un plaisir. Être sur la route et en tournée est un peu comme des montagnes russes. Quand tu t’amuses, c’est vraiment une partie de plaisir, mais quand les choses vont mal, c’est l’enfer sur terre. Il y a eu des soirs où je faisais 42 degrés de fièvre, où j’avais la salmonelle… Il faut monter sur scène et faire comme si de rien était. Même si tu te forces vraiment, tu ne peux pas toujours être au meilleur de toi-même. Ces soirées-là ne sont pas amusantes. Mais heureusement, nous avons plus de bons moments que de mauvais. Chaque fois où c’est difficile, je me mets à penser à toutes les fois où c’était vraiment super. Tant qu’il y aura plus de bon que de mauvaise, je vais continuer de faire ce que je fais.

MU : C’est une bonne façon de voir les choses!

Il est évident que Sabaton s’intéresse à l’histoire. Vos chansons parlent des guerres mondiales, des guerres européennes, des héros de guerre de partout dans le monde… Y a-t-il des sujets que vous n’avez pas encore abordés, mais que vous aimeriez inclure dans vos chansons?

Joakim : Il y en a beaucoup. Malheureusement, même s’il n’y avait plus aucune guerre et que plus personne ne mourrait au combat à partir de maintenant, on aurait encore assez de matériel pour faire 200 autres albums de Sabaton. De Alexandre le Grand jusqu’à Napoléon, en passant par la guerre civile américaine… Il y a tellement d’histoire à raconter. Iced Earth a très bien couvert la guerre civile américaine, par contre. On va leur laisser ce sujet! Haha! Chaque nation a sa propre histoire. Ce qui est considéré comme de la culture populaire en Espagne, par exemple, nous est probablement totalement inconnu. Il y a tellement d’histoires remarquables du passé qui sont oubliées… pourquoi en créer de nouvelles?

MU : Donc les thèmes fantastiques ne sont pas envisagés avec votre musique épique?

Joakim : On a beaucoup d’idées, mais il ne faut pas vendre la mèche, sinon ce ne sera plus une surprise! Haha!

MU : Donc c’est une possibilité?

Chris : Oui.

MU : Super! Vous intéressez-vous à la politique actuelle, à ce qui se passe de nos jours, ou seulement à ce qui a déjà été écrit?

Joakim : Je ne m’intéresse pas du tout à la politique. De toute façon, je ne suis jamais dans le même pays assez longtemps pour me préoccuper de ça! Haha! On est toujours sur la route. Comme nos chansons parlent d’histoire, d’histoire militaire en particulier, on est déjà assez controversé comme ça, sans avoir à toucher à la politique ou à la religion. Nous avons décidé de mettre ces deux sujets de côté, de laisser la propagande à d’autres. On veut que les gens se souviennent des sacrifices qui ont été faits, on veut raconter des histoires extraordinaires, peu importe le point de vue du récit. C’est frustrant lorsque les gens nous utilisent pour de la propagande politique ou religieuse, ou nous jugent. La musique a toujours été utilisée à des fins politiques. Personne n’a demandé à Steven Spielberg s’il était nazi lorsqu’il a fait La Liste de Schindler, n’est-ce pas? Haha!

MU : Nous sommes au Heavy Montréal aujourd’hui. Vous avez fait pas mal tous les festivals dans le monde…

Joakim : On a vu notre lot de festivals européens, en effet. Mais sur le continent nord-américain, pas tant que ça! C’est une belle expérience. Honnêtement – et je ne dis pas ça pour être un lèche-cul –, d’après ce qu’on a vu jusqu’à maintenant, ce festival se compare très bien aux meilleurs festivals européens. Même Graspop ou Wacken. C’est très bien organisé ici.

MU : On est content de l’entendre! Quel est votre festival préféré jusqu’à maintenant? Et pas le droit de répondre Sabaton Open Air!

Chris : Sabaton Open Air! Haha! Je blague! C’est difficile de choisir… Si je devais choisir l’expérience la plus grandiose… Je dirais Woodstock en Pologne, en 2012. Il y avait un demi-million de spectateurs. C’est de loin la plus grosse chose que j’ai faite dans ma vie. Je suis vraiment heureux d’avoir pu le vivre.

MU : Vous avez votre propre festival, Sabaton Open Air, et votre propre croisière, en Suède. Avez-vous pensé à exporter ces événements en dehors de votre pays d’origine?

Chris : On a des idées, mais je ne peux pas en parler! Haha! Mais on veut rendre ces événements plus gros.

Joakim : L’empire suédois doit s’étendre! Haha! Mais oui, nous essayons. Nous avons organisé le festival Noch Ein Bier (Une Autre Bière) en Allemagne l’été dernier. C’était bien! Si c’est possible, nous allons continuer de proposer des événements du genre. Ça nous donne la possibilité de faire des trucs qu’on ne ferait pas normalement durant un festival. Avec la croisière et notre propre festival, nous avons remarqué que la plupart des spectateurs sont de grands fans qui ont vu Sabaton entre 3 et 30 fois! Ce public aime donc qu’on fasse quelque chose de différent. Ça nous permet de jouer des chansons moins connues, des chansons de vieux albums. Ça garde les choses intéressantes pour nous, et ça justifie le voyage d’une personne qui viendrait d’Allemagne pour nous voir, par exemple. Les fans ont droit à un programme qu’ils ne verraient pas lors d’une tournée normale. Évidemment, si nous allons à Wacken, en Allemagne, nous allons jouer nos plus grands succès. Mais à notre propre festival, la majorité des fans sont là pour Sabaton – pas tout le monde, évidemment, parce qu’il y a d’autres excellents groupes –, mais la majorité. Et la majorité nous a déjà vus plusieurs fois en spectacle. C’est notre chance de les surprendre et de jouer des chansons qu’ils aimeraient entendre, mais qu’on ne peut pas jouer en tournée normale parce que le public ne les connait pas nécessairement.

MU : Avec tout ce que vous avez accompli jusqu’à maintenant, que vous reste-t-il? Qu’aimeriez-vous faire de plus?

Joakim : Dominer le monde? Haha! En fait, je ne me fixe jamais d’objectif précis. Personnellement, si je me fixe un objectif, je me sens vide une fois qu’il est atteint. Pas dépressif, mais vide. Une fois l’objectif établi, tu fais quoi? Tu commences à penser à un autre objectif, et en définitive, tu ne concentres pas sur les bonnes choses. Par exemple, tu veux être en tête d’affiche à tel festival, ensuite, tu veux faire tant d’argent, ensuite… quoi? Peu importe ton objectif, il va y avoir une limite. C’est pourquoi on a simplement décidé d’essayer d’être toujours plus gros, toujours meilleur, simplement. Ce sont les deux choses sur lesquelles on se concentre; tout le reste vient avec. Nous voulons être un groupe de musique plus gros, meilleur. Les deux vont ensemble. Tout ce que nous voulons d’autre viendra si nous faisons les choses comme il faut.

MU : Et si vous vous amusez en les faisant!

Joakim! Oui, oui! Je n’ai pas eu beaucoup de mauvais moments jusqu’à maintenant. Évidemment, il y a aussi quand tu as la salmonelle et que tu ne sais pas si tu vas chier dans tes culottes en montant sur scène… ça, c’est un peu moins plaisant! Mais 9 fois sur 10, heureusement, on s’amuse!

MU : Qu’en dis-tu, Chris?

Chris : Il a pas mal tout dit… Tu ne m’as rien laissé! Haha!

MU : Voudriez-vous dire un petit quelque chose à vos fans de Montréal, du Québec, du Canada?

Chris : J’espère vraiment que vous allez venir en grand nombre parce que le spectacle d’aujourd’hui va être incroyable! Avec le char d’assaut et tout, on va donner le meilleur de nous-mêmes! On espère que vous serez nombreux à le voir… et sinon, on se voit la prochaine fois!

Joakim : Merci beaucoup pour tous les bons moments. Notre premier spectacle à Montréal remonte à 2011. Je me souviens de pas mal tous nos concerts ici, que ce soit en tête d’affiche ou comme groupe de soutien, et c’était super chaque fois. Merci pour les bons souvenirs.

MU : Merci beaucoup les gars! 


TRADUCTION : AMÉLIE GIGUÈRE-MORIN



Lu 4288 fois Dernière modification le dimanche, 14 août 2016 23:54
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