23 Aoû 2017

Get The Shot : Entrevue avec le chanteur Jean-Philipe Lagacé (2017)

Musik Universe a eu la chance de s’entretenir par téléphone avec Jean-Philipe Lagacé, chanteur du groupe Get The Shot quelques jours après le lancement de leur nouvel album Infinite Punishment à Québec.

MU : Vous avez sorti votre nouvel album Infinite Punishment dernièrement. Que peux-tu nous dire sur celui-ci ?

J.P. : L’album a été enregistré il y a près d’un an, soit en octobre 2016, avec Chris Donaldson de Cryptopsy. Ça été quand même un long processus et on est extrêmement fier du résultat pis je pense que c’est du Get The Shot à son meilleur. Un son plus mature, plus assumé et surtout plus métal de ce qu’on a fait auparavant.

MU : Parlant de Chris Donaldson, vous n’avez pas pris le dernier venu ?

JP :  Veut veut pas quand tu cherches des bons producteurs au Québec il n’y en a pas tant que ça dans le hardcore en tant que tel. Il y a quelques personnes, des têtes fortes qui font toujours des sons extraordinaires, mais il n’y en a pas beaucoup dans ce type de musique très lichée avec une esthétique particulière. Donc, c’est sûr que sachant que l’on avait un son plus métal cette fois-là et qu’on voulait pousser la note dans ce sens, travailler avec quelqu’un comme Chris Donaldson, avec son bagage, ses expériences et ses qualités de producteur et de réalisateur, c’est un choix qui allait de soi et cela s’est fait de façon très naturelle. Ultimement, l’album a retiré beaucoup de ce partenariat-là.

Mu : Effectivement, la production est très bien et ça sonne comme une tonne de brique! :

Jp : C’est sûr que Chris a fait un excellent travail comme producteur, évidemment, le band on travaille conjointement avec lui. C’est-à-dire qu’on produit avec lui, on ne laisse jamais complètement nos chansons pis notre album dans les mains de quelqu’un. On s’assure qu’il y a des standards et des paramètres qui soient bien respectés dans l’esthétique pis ensemble je crois que l’on a fait un super beau travail de collaboration.

MU : Donc, vous produisez vous aussi en partie l’album? :

JP : Il y a des bands qui laisse complètement à l’ingénieur de son travaillé le son et l’esthétique et faire ce qu’il veut avec les chansons, mais, nous on est un band hardcore avec encore une étiquette DIY (do it yourself) . Pour nous autres c’est important d’avoir notre mot à dire dans l’esthétique que l’on veut avoir autant dans le son du drum que le son d’ensemble et on a travaillé de concert avec Chris et on a amené nos standards et nos paramètres pour que ça colle mieux avec notre son.

MU : C’est votre deuxième pochette qui arbore des signes antireligieux. As-tu un énoncé sur ce cela? :

 JP : C’est sûr, moi personnellement, j’ai été marqué par les écrits de Friedrich Nietzsche depuis que j’ai été à l’université, donc c’est sûr que moi j’ai des convictions anti-théistes à la base. Je suis donc quelqu’un d’athée et de très critique à l’égard du discours religieux dans son ensemble, pas de la spiritualité cependant, mais du discours religieux. Donc, ce sont des thématiques qui revienne souvent, exemple l’absence de père au sens spirituel du terme et au sens physique aussi, ce thème revienne beaucoup dans les textes de Get The Shot.  C’est sûr que l’esthétique du band colle beaucoup à ça, ce qui est anti-théiste, très revanchard et contestataire. Il faut comprendre aussi qu’on s’efforce d’être « Over the top », on exagère la patente. On n’est pas en train de dire mort à toutes les religions, on veut la critiquer, particulièrement notre culture judéo-chrétienne occidentale parce que l’on baigne dedans depuis qu’on est tout petit. Donc, c’est sûr que nos pochettes reflètent ces thématiques.

 De plus, ayant grandi dans le Thrash métal avec des groupes comme Slayer, Megadeth, Sepultura et Anthrax, ultimement l’esthétique de ces groupes-là te marque beaucoup. Quand j’étais jeune, les pochettes de Cannibal Corpse m’allumaient ben raide, mais c’était gore pour être gore et tout ce qui était plus extrême plus « over the top » ça m’a toujours parlé. Je me souviendrai toujours des mots de Tom Araya de Slayer qui disait en interview à propos de l’album God Hate Us All, qu’il n’était pas du tout satanique qu’il était même un bon croyant, mais qu’il faut avouer que God Hate Us All, ça sonne ben en tabarnak. C’est donc aussi notre mot d’ordre, dans le fond, il y a ce côté « over the top », qui exagère un peu le tout même si en arrière il y a certaines critiques sociales et philosophiques, et l’esthétique des pochettes est un peu le prolongement de cette critique-là.

MU : Sur la chanson Evil Rites, la finale se termine avec un extrait de Only The Lonely de Roy Obirson. Peux-tu nous dire comment vous en êtes venu à cela :

J.P. : Ha ha ha ha c’est sûr que l’on n’écoute pas juste du hardcore, du métal pis de la musique extrême dans la vie de tous les jours. On est aussi des fans de musique des années 50 et de musique crooners, moi le premier.  Pour Roy Obirson, il a toujours été un artiste qu’on aime beaucoup et dans Only The Lonely, il y a un message extrêmement grave dans cette chanson-là malgré son allure un peu plus fleur bleue. On trouvait cela intéressant, de mettre un classique qui vienne compléter une pièce super lourde, super heavy et on trouvait que ça collait bien avec le message de la pièce.

 MU :  Pour ce qui est de votre lancement à Québec, comment cela s’est passé? :

 J. P. : Ç’a été réellement incroyable, honnêtement en s’attendant vraiment pas à quelque chose d’aussi gros que cela. Quand on a parti le projet, on voulait faire un événement spécial, quelque chose qu’on n’avait jamais fait et comme on a souvent été « Sold Out » à L’anti dans la dernière année, on voulait passer au « next step ». On a essayé la salle Méduse, même si c’est quand même grand. On a monté un bon line-up et finalement il y avait 500 personnes au Méduse. C’était complètement « sold Out » et c’était hallucinant. Moi je n’avais pas vu ça pour des orchestres locaux Hardcore depuis le début des années 2000. C’était vraiment impressionnant quand on pense que c’est des bands comme Stray From The Path et Comeback Kid qui remplissent ce genre de salle et là on a réussi avec des bands locaux, c’était vraiment une soirée euphorisante. Ç’a été une belle soirée, une belle ambiance avec des sourires partout dans la salle et avec des gens de tous les horizons musicaux, des punks, des metalheads et des hardcorekids sans animosité ni bagarre. Donc, pour résumer, une réussite monumentale!

MU : Vous avez fait une tournée nord-américaine en début d’année et vous retournez tourner en Europe dans quelque mois.  Vous avez aussi continué à sillonner le Québec entre tous cela. Qu’est-ce qui vous pousse à continuer de jouer à de si nombreux endroits? :

Jp : Notre Québec, pour nous autres, c’est super important parce que veut, veut pas, c’est les petites villes aux quatre coins du Québec qui ont poussé ce band-là depuis 8 ans. Je me souviens des premières places qui ont vraiment poussé Get The Shot, ce sont des places comme Rimouski et Victoriaville ben avant Québec et Montréal. Donc, c’est sûr que le Québec, ça aura toujours une place super particulière pour nous autres. Les gens ont toujours été extrêmement attachés par cette musique-là, pis à ce band-là aussi pis pour nous autres ça va toujours rester notre maison première.

Après ça, c’est sûr que notre but c’était aussi de parcourir le monde. Pis je me souviens quand on commençait au Québec, on jouait dans des salles de 10 personnes, tout le monde en avait rien à battre pis un moment donné surtout à partir de 2012-2013, on a commencé à faire notre 1re tournée européenne, il y a eu un gros buzz pour Get The Shot en Europe, surtout en France, peut-être compte tenu de la parenté linguistique et culturelle et on s’est fait beaucoup d’amis là-bas. Ensuite, ça commencé à exploser en Allemagne, après en Belgique, en Suisse pis petit à petit, on a fait le tour de l’Europe ville par ville, stage par stage et on a gagné notre monde 1 à 1 comme ça. Ce qui fait qu’on a fait 9 tournées et que ça va être notre 10e à la fin de l’année. Faque c’est sûr que ça la grandit avec les années et étrangement quand on a commencé à être plus connu en Europe et qu’on soit revenu au Québec, ben là les têtes ont commencé se virer vers nous autres. On était pus juste considérer comme un band local, on avait quelque chose de plus et là les gens qui ne gravitaient pas nécessairement dans le hardcore ont commencé à s’intéresser à ce qu’on faisait et il y a des gens du milieu punk et du métal qui ont commencé à ce greffé à notre « crowd ». Faque aujourd’hui on vit des shows extraordinaires comme notre lancement au Méduse et comme un peu partout au Québec.

MU : Avez-vous un album fétiche qui accompagne le groupe pendant vos nombreuses heures de route? :

JP : Il y en a pomale! C’est sûr que Slayer joue tout le temps, que ce soit Raining Blood ou Season In The Abyss, ça roule constamment dans van. Sinon, c’est sûr que Megadeth, Metallica et Anthrax, les grands du thrash sont aussi toujours là. Sinon Dr. Living Dead! tourne beaucoup et dans un tout autre registre, ce qui roule pomale c’est Joe Dassin. Un bon vieux Greatest hits de Joe Dassin et on sait que le groupe est parti pour une longue longue route.

Joe Dassin est sans doute le plus nostalgique des chansonniers français. C’est dramatique Joe Dassin. Cet homme-là a mal et en plus il a une haleine de café extraordinaire. Ça sent le café pis ça fait mal, donc c’est comme le meilleur des deux mondes.

MU : Dans la nouvelle sortie, est-ce qu’il y a quelques choses qui t’a particulièrement accroché? :

JP : C’est sûr que le dernier album de Pallbearer. Ça été quelque chose qui a spinné non-stop chez nous. Je suis un gros Fan de Doom et ce band-là m’a marqué énormément. Je les ai d’ailleurs découverts quand on était en tournée européenne. Étrangement, il y a beaucoup de trucs qui ne sont pas pantoute hardcore ou métal. Je suis aussi un gros fan de Rap et j’ai bien aimé un bonhomme comme Larry Kid qui a sorti son nouvel album Contrôle, moi ça m’a fait vibrer au boute!d

MU : Le nom Get The Shot ça vient d’où?

JP : Le nom est directement tiré d’une chanson du groupe Hardcore attitude de Syracuse. La chanson Get the shot parle justement de garder son esprit critique. De ne pas avaler ou prendre pour acquis tout ce qu’on essaie de nous imposer dans les médias ou dans nos environnements sociaux. Donc, de rester à l’affût, de rester critique par rapport à ce qu’on cherche à nous imposer. Le nom du band est tiré directement de cette chanson-là.

MU : Y a-t-il un lien à faire entre ton emploi comme professeur de philosophie et ta place comme chanteur de Hardcore? :

JP : Mes textes n’ont pas la prétention d’être philosophiques. Cependant, s’il y a un parallèle à faire entre ma job d’enseignant et la musique, je te dirais que c’est le même combat, mais mené sur des fronts différents. Pour ce qui m’a d’abord accroché dans la hardcore, c’est tout d’abord une musique qui te permet d’être ce que tu veux être, mais aussi de réfléchir. Je me rappelle quand j’étais jeune, j’écoutais Trial et Warzone, c’était des bands par la thématique qu’il abordait qui te forçait à réfléchir, qui te forçait à te poser des questions et moi avec ma musique et avec le band c’est un peu ce qu’on essaie de faire. Parallèlement à ça, l’enseignement ça me permet de donner aux autres des outils intellectuels pour essayer de trouver des réponses et pour leur donner un semblant de sens, c’est donc un peu le même combat, mais sur deux fronts, soit faire des gens qui ont un esprit critique et qui sont capables d’être ce qu’ils veulent vraiment être.

Mu : Que répondrais-tu as ceux qui jugent la violence déployée par votre groupe autant dans la musique que dans les paroles? :

JP : À la base pour moi le hardcore c’est une histoire, c’est aussi canalisé tes pulsions négatives, tes pulsions de mort, donc ça permet te donner une forme constructive à tout ce que tu as de négatif en dedans de toi. Cela devient quelque chose de positif en tant que tel, sans sombrer dans l’optimisme à outrance, mais quelque chose qui te permet de créer. Pis pour moi, utiliser ce sentiment négatif là pour créer c’est fondamental. Pour moi, c’est essentiel que la culture de Hardcore reste essentiellement agressive, car c’est une musique qui répond à la violence du système. Donc, on ne peut faire autrement que lui répondre par la violence artistique et esthétique. Ça va donc de soi qu’il y a de la violence en tant que telle. Si les gens dansent fort autour de toi en spectacle, c’est correct, tant que cette violence-là reste éclairée. C’est-à-dire que cette violence là, ça reste un exutoire qui permet de donner un sens de notre souffrance, mais les gens qui sont à tes côtés et qui dansent avec toi, ce n’est pas eux les ennemis. Ce ne sont pas eux la source du problème ni de la barbarie. C’est donc pour ça que je dis que c’est une violence contrôlée et éclairée. C’est sûr qu’on ne fera jamais l’apologie du pacifiste, au contraire, je crois que la révolte est nécessaire, particulièrement quand on se sent opprimé et que la critique est nécessaire face au joug des plus fort sur les plus faibles. C’est donc important de rester révolté, mais il faut savoir contre qui et contre quoi.

MU : Tu as une très belle verve et tu parles très bien, as-tu déjà pensé écrire une chanson en français? :

JP : Je l’ai déjà fait dans un autre registre, dans la musique rock ou folk, mais étrangement, je ne sais pas si je serais à l’aise d’écrire une chanson hardcore en français. Je sais que Alex Erian le fait très bien, mais il faudrait peut-être que je me mette à l’épreuve. J’ai toujours trouvé que le français est une langue extrêmement lyrique, c’est donc difficile de la rendre agressive. Je trouve que ceux qui ont le mieux réussi, c’est Vulgaires Machins, mais je n’ai pas la prétention d’être aussi bon que Guillaume Beauregard à l’écriture. Mais on ne sait jamais, peut-être qu’on essayera et que Get The Shot mettra la main à la pâte!

MU : En terminant, as-tu quelques mots à dire à vos fans qui vont lire notre entrevue? :

JP : Simplement que pour les fans qui veulent voir le band, on a été au DesBouleaux fest dernièrement, on va être aussi au Déluge au Saguenay en septembre et watcher ben Get The Shot va faire le tour du Québec au mois d’octobre. On va vraiment passer par toute les petites villes donc vous allez entendre beaucoup parler de nous autres avant que l’on s’envole pour l’Europe.

 

 

 

Musik Universe a eu la chance de s’entretenir par téléphone avec Jean-Philipe Lagacé, chanteur du groupe Get The Shot quelques jours après le lancement de leur nouvel album Infinite Punishment à Québec.

MU : Vous avez sorti votre nouvel album Infinite Punishment dernièrement. Que peux-tu nous dire sur celui-ci ?

J.P. : L’album a été enregistré il y a près d’un an, soit en octobre 2016, avec Chris Donaldson de Cryptopsy. Ça été quand même un long processus et on est extrêmement fier du résultat pis je pense que c’est du Get The Shot à son meilleur. Un son plus mature, plus assumé et surtout plus métal de ce qu’on a fait auparavant.

MU : Parlant de Chris Donaldson, vous n’avez pas pris le dernier venu ?

JP :  Veut veut pas quand tu cherches des bons producteurs au Québec il n’y en a pas tant que ça dans le hardcore en tant que tel. Il y a quelques personnes, des têtes fortes qui font toujours des sons extraordinaires, mais il n’y en a pas beaucoup dans ce type de musique très lichée avec une esthétique particulière. Donc, c’est sûr que sachant que l’on avait un son plus métal cette fois-là et qu’on voulait pousser la note dans ce sens, travailler avec quelqu’un comme Chris Donaldson, avec son bagage, ses expériences et ses qualités de producteur et de réalisateur, c’est un choix qui allait de soi et cela s’est fait de façon très naturelle. Ultimement, l’album a retiré beaucoup de ce partenariat-là.

Mu : Effectivement, la production est très bien et ça sonne comme une tonne de brique! :

Jp : C’est sûr que Chris a fait un excellent travail comme producteur, évidemment, le band on travaille conjointement avec lui. C’est-à-dire qu’on produit avec lui, on ne laisse jamais complètement nos chansons pis notre album dans les mains de quelqu’un. On s’assure qu’il y a des standards et des paramètres qui soient bien respectés dans l’esthétique pis ensemble je crois que l’on a fait un super beau travail de collaboration.

MU : Donc, vous produisez vous aussi en partie l’album? :

JP : Il y a des bands qui laisse complètement à l’ingénieur de son travaillé le son et l’esthétique et faire ce qu’il veut avec les chansons, mais, nous on est un band hardcore avec encore une étiquette DIY (do it yourself) . Pour nous autres c’est important d’avoir notre mot à dire dans l’esthétique que l’on veut avoir autant dans le son du drum que le son d’ensemble et on a travaillé de concert avec Chris et on a amené nos standards et nos paramètres pour que ça colle mieux avec notre son.

MU : C’est votre deuxième pochette qui arbore des signes antireligieux. As-tu un énoncé sur ce cela? :

 JP : C’est sûr, moi personnellement, j’ai été marqué par les écrits de Friedrich Nietzsche depuis que j’ai été à l’université, donc c’est sûr que moi j’ai des convictions anti-théistes à la base. Je suis donc quelqu’un d’athée et de très critique à l’égard du discours religieux dans son ensemble, pas de la spiritualité cependant, mais du discours religieux. Donc, ce sont des thématiques qui revienne souvent, exemple l’absence de père au sens spirituel du terme et au sens physique aussi, ce thème revienne beaucoup dans les textes de Get The Shot.  C’est sûr que l’esthétique du band colle beaucoup à ça, ce qui est anti-théiste, très revanchard et contestataire. Il faut comprendre aussi qu’on s’efforce d’être « Over the top », on exagère la patente. On n’est pas en train de dire mort à toutes les religions, on veut la critiquer, particulièrement notre culture judéo-chrétienne occidentale parce que l’on baigne dedans depuis qu’on est tout petit. Donc, c’est sûr que nos pochettes reflètent ces thématiques.

 De plus, ayant grandi dans le Thrash métal avec des groupes comme Slayer, Megadeth, Sepultura et Anthrax, ultimement l’esthétique de ces groupes-là te marque beaucoup. Quand j’étais jeune, les pochettes de Cannibal Corpse m’allumaient ben raide, mais c’était gore pour être gore et tout ce qui était plus extrême plus « over the top » ça m’a toujours parlé. Je me souviendrai toujours des mots de Tom Araya de Slayer qui disait en interview à propos de l’album God Hate Us All, qu’il n’était pas du tout satanique qu’il était même un bon croyant, mais qu’il faut avouer que God Hate Us All, ça sonne ben en tabarnak. C’est donc aussi notre mot d’ordre, dans le fond, il y a ce côté « over the top », qui exagère un peu le tout même si en arrière il y a certaines critiques sociales et philosophiques, et l’esthétique des pochettes est un peu le prolongement de cette critique-là.

MU : Sur la chanson Evil Rites, la finale se termine avec un extrait de Only The Lonely de Roy Obirson. Peux-tu nous dire comment vous en êtes venu à cela :

J.P. : Ha ha ha ha c’est sûr que l’on n’écoute pas juste du hardcore, du métal pis de la musique extrême dans la vie de tous les jours. On est aussi des fans de musique des années 50 et de musique crooners, moi le premier.  Pour Roy Obirson, il a toujours été un artiste qu’on aime beaucoup et dans Only The Lonely, il y a un message extrêmement grave dans cette chanson-là malgré son allure un peu plus fleur bleue. On trouvait cela intéressant, de mettre un classique qui vienne compléter une pièce super lourde, super heavy et on trouvait que ça collait bien avec le message de la pièce.

 MU :  Pour ce qui est de votre lancement à Québec, comment cela s’est passé? :

 J. P. : Ç’a été réellement incroyable, honnêtement en s’attendant vraiment pas à quelque chose d’aussi gros que cela. Quand on a parti le projet, on voulait faire un événement spécial, quelque chose qu’on n’avait jamais fait et comme on a souvent été « Sold Out » à L’anti dans la dernière année, on voulait passer au « next step ». On a essayé la salle Méduse, même si c’est quand même grand. On a monté un bon line-up et finalement il y avait 500 personnes au Méduse. C’était complètement « sold Out » et c’était hallucinant. Moi je n’avais pas vu ça pour des orchestres locaux Hardcore depuis le début des années 2000. C’était vraiment impressionnant quand on pense que c’est des bands comme Stray From The Path et Comeback Kid qui remplissent ce genre de salle et là on a réussi avec des bands locaux, c’était vraiment une soirée euphorisante. Ç’a été une belle soirée, une belle ambiance avec des sourires partout dans la salle et avec des gens de tous les horizons musicaux, des punks, des metalheads et des hardcorekids sans animosité ni bagarre. Donc, pour résumer, une réussite monumentale!

MU : Vous avez fait une tournée nord-américaine en début d’année et vous retournez tourner en Europe dans quelque mois.  Vous avez aussi continué à sillonner le Québec entre tous cela. Qu’est-ce qui vous pousse à continuer de jouer à de si nombreux endroits? :

Jp : Notre Québec, pour nous autres, c’est super important parce que veut, veut pas, c’est les petites villes aux quatre coins du Québec qui ont poussé ce band-là depuis 8 ans. Je me souviens des premières places qui ont vraiment poussé Get The Shot, ce sont des places comme Rimouski et Victoriaville ben avant Québec et Montréal. Donc, c’est sûr que le Québec, ça aura toujours une place super particulière pour nous autres. Les gens ont toujours été extrêmement attachés par cette musique-là, pis à ce band-là aussi pis pour nous autres ça va toujours rester notre maison première.

Après ça, c’est sûr que notre but c’était aussi de parcourir le monde. Pis je me souviens quand on commençait au Québec, on jouait dans des salles de 10 personnes, tout le monde en avait rien à battre pis un moment donné surtout à partir de 2012-2013, on a commencé à faire notre 1re tournée européenne, il y a eu un gros buzz pour Get The Shot en Europe, surtout en France, peut-être compte tenu de la parenté linguistique et culturelle et on s’est fait beaucoup d’amis là-bas. Ensuite, ça commencé à exploser en Allemagne, après en Belgique, en Suisse pis petit à petit, on a fait le tour de l’Europe ville par ville, stage par stage et on a gagné notre monde 1 à 1 comme ça. Ce qui fait qu’on a fait 9 tournées et que ça va être notre 10e à la fin de l’année. Faque c’est sûr que ça la grandit avec les années et étrangement quand on a commencé à être plus connu en Europe et qu’on soit revenu au Québec, ben là les têtes ont commencé se virer vers nous autres. On était pus juste considérer comme un band local, on avait quelque chose de plus et là les gens qui ne gravitaient pas nécessairement dans le hardcore ont commencé à s’intéresser à ce qu’on faisait et il y a des gens du milieu punk et du métal qui ont commencé à ce greffé à notre « crowd ». Faque aujourd’hui on vit des shows extraordinaires comme notre lancement au Méduse et comme un peu partout au Québec.

MU : Avez-vous un album fétiche qui accompagne le groupe pendant vos nombreuses heures de route? :

JP : Il y en a pomale! C’est sûr que Slayer joue tout le temps, que ce soit Raining Blood ou Season In The Abyss, ça roule constamment dans van. Sinon, c’est sûr que Megadeth, Metallica et Anthrax, les grands du thrash sont aussi toujours là. Sinon Dr. Living Dead! tourne beaucoup et dans un tout autre registre, ce qui roule pomale c’est Joe Dassin. Un bon vieux Greatest hits de Joe Dassin et on sait que le groupe est parti pour une longue longue route.

Joe Dassin est sans doute le plus nostalgique des chansonniers français. C’est dramatique Joe Dassin. Cet homme-là a mal et en plus il a une haleine de café extraordinaire. Ça sent le café pis ça fait mal, donc c’est comme le meilleur des deux mondes.

MU : Dans la nouvelle sortie, est-ce qu’il y a quelques choses qui t’a particulièrement accroché? :

JP : C’est sûr que le dernier album de Pallbearer. Ça été quelque chose qui a spinné non-stop chez nous. Je suis un gros Fan de Doom et ce band-là m’a marqué énormément. Je les ai d’ailleurs découverts quand on était en tournée européenne. Étrangement, il y a beaucoup de trucs qui ne sont pas pantoute hardcore ou métal. Je suis aussi un gros fan de Rap et j’ai bien aimé un bonhomme comme Larry Kid qui a sorti son nouvel album Contrôle, moi ça m’a fait vibrer au boute!d

MU : Le nom Get The Shot ça vient d’où?

JP : Le nom est directement tiré d’une chanson du groupe Hardcore attitude de Syracuse. La chanson Get the shot parle justement de garder son esprit critique. De ne pas avaler ou prendre pour acquis tout ce qu’on essaie de nous imposer dans les médias ou dans nos environnements sociaux. Donc, de rester à l’affût, de rester critique par rapport à ce qu’on cherche à nous imposer. Le nom du band est tiré directement de cette chanson-là.

MU : Y a-t-il un lien à faire entre ton emploi comme professeur de philosophie et ta place comme chanteur de Hardcore? :

JP : Mes textes n’ont pas la prétention d’être philosophiques. Cependant, s’il y a un parallèle à faire entre ma job d’enseignant et la musique, je te dirais que c’est le même combat, mais mené sur des fronts différents. Pour ce qui m’a d’abord accroché dans la hardcore, c’est tout d’abord une musique qui te permet d’être ce que tu veux être, mais aussi de réfléchir. Je me rappelle quand j’étais jeune, j’écoutais Trial et Warzone, c’était des bands par la thématique qu’il abordait qui te forçait à réfléchir, qui te forçait à te poser des questions et moi avec ma musique et avec le band c’est un peu ce qu’on essaie de faire. Parallèlement à ça, l’enseignement ça me permet de donner aux autres des outils intellectuels pour essayer de trouver des réponses et pour leur donner un semblant de sens, c’est donc un peu le même combat, mais sur deux fronts, soit faire des gens qui ont un esprit critique et qui sont capables d’être ce qu’ils veulent vraiment être.

Mu : Que répondrais-tu as ceux qui jugent la violence déployée par votre groupe autant dans la musique que dans les paroles? :

JP : À la base pour moi le hardcore c’est une histoire, c’est aussi canalisé tes pulsions négatives, tes pulsions de mort, donc ça permet te donner une forme constructive à tout ce que tu as de négatif en dedans de toi. Cela devient quelque chose de positif en tant que tel, sans sombrer dans l’optimisme à outrance, mais quelque chose qui te permet de créer. Pis pour moi, utiliser ce sentiment négatif là pour créer c’est fondamental. Pour moi, c’est essentiel que la culture de Hardcore reste essentiellement agressive, car c’est une musique qui répond à la violence du système. Donc, on ne peut faire autrement que lui répondre par la violence artistique et esthétique. Ça va donc de soi qu’il y a de la violence en tant que telle. Si les gens dansent fort autour de toi en spectacle, c’est correct, tant que cette violence-là reste éclairée. C’est-à-dire que cette violence là, ça reste un exutoire qui permet de donner un sens de notre souffrance, mais les gens qui sont à tes côtés et qui dansent avec toi, ce n’est pas eux les ennemis. Ce ne sont pas eux la source du problème ni de la barbarie. C’est donc pour ça que je dis que c’est une violence contrôlée et éclairée. C’est sûr qu’on ne fera jamais l’apologie du pacifiste, au contraire, je crois que la révolte est nécessaire, particulièrement quand on se sent opprimé et que la critique est nécessaire face au joug des plus fort sur les plus faibles. C’est donc important de rester révolté, mais il faut savoir contre qui et contre quoi.

MU : Tu as une très belle verve et tu parles très bien, as-tu déjà pensé écrire une chanson en français? :

JP : Je l’ai déjà fait dans un autre registre, dans la musique rock ou folk, mais étrangement, je ne sais pas si je serais à l’aise d’écrire une chanson hardcore en français. Je sais que Alex Erian le fait très bien, mais il faudrait peut-être que je me mette à l’épreuve. J’ai toujours trouvé que le français est une langue extrêmement lyrique, c’est donc difficile de la rendre agressive. Je trouve que ceux qui ont le mieux réussi, c’est Vulgaires Machins, mais je n’ai pas la prétention d’être aussi bon que Guillaume Beauregard à l’écriture. Mais on ne sait jamais, peut-être qu’on essayera et que Get The Shot mettra la main à la pâte!

MU : En terminant, as-tu quelques mots à dire à vos fans qui vont lire notre entrevue? :

JP : Simplement que pour les fans qui veulent voir le band, on a été au DesBouleaux fest dernièrement, on va être aussi au Déluge au Saguenay en septembre et watcher ben Get The Shot va faire le tour du Québec au mois d’octobre. On va vraiment passer par toute les petites villes donc vous allez entendre beaucoup parler de nous autres avant que l’on s’envole pour l’Europe.

 

 

Lu 877 fois Dernière modification le mercredi, 23 août 2017 00:31
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