29 Sep 2017

Comeback Kid : Entrevue (2017)

Musik Universe a eu l'occasion de bavarder un peu avec Stu Ross de la formation Comeback Kid à propos des spectacles à venir et du nouvel album, Outsider, paru dernièrement sur New Damage Records au Canada et Nuclear Blast Records ailleurs dans le monde.

Musik Universe: Merci de nous accorder du temps pour cette entrevue.

Stu Ross: Le plaisir est tout le mien.

MU: Juste avant que votre tournée commence, vous avez joué à Blainville aux alentours de Montréal pour le DesBouleaux Fest. Comment s'est passée la prestation?

SR: C'était bien! Super plaisant.  On est rentrés à la maison directement après parce qu'on avait beaucoup de trucs à faire., mais oui, le spectacle a bien été. Notre batteur habituel, Loren (Legare) a été opéré au dos en juillet dernier et il ne joue toujours pas pour bien récupérer, alors le frère du chanteur, Joel, a joué à sa place. C'était bien! C'était fun.

MU: Comment vous trouvez ça de jouer dans des événements plus petits comme ceux-ci comparé à des gros festival extérieurs ou des salles.

SR:  Ils ont chacun des qualités différentes.  Il y a quelque chose de spécial à propos des spectacles intérieurs et des gros festivals.  DesBouleaux était bien. C'était à l'extérieur ce qui est bien et il y avait assez de monde pour ne pas qu'on se sente étrange. C'était un bon spectacle avec beaucoup d'énergie donc c'était plaisant.

MU: Vous partez en tournée pour la deuxième moitié de septembre débutant à Québec.  Pour ceux qui vous ont vus lors de votre spectacle à Blainville peuvent-ils s'attendre à une grosse différence dans la sélection des chansons qui seront jouées pendant la tournée?

SR: Définitivement. Il y aura sûrement 3 ou 4 pièces de Outsider. Comme je l'ai dit, on avait un batteur remplaçant lors du spectacle de Blainville donc beaucoup de chansons plus vieilles.  Spécialement lorsque l'album sortira, le 8 septembre prochain, quand les gens l'auront entre les mains, on jouera plus de nouvelles pièces que les gens voudront entendre.

MU: Comme tu viens de le mentionner, l'album Outsider sort le 8 septembre. J'ai eu la chance d'écouter l'album. Bien lourd avec des bons riffs et forts accords. Très pesant. Comme c'est votre premier avec Nuclear Blast, est-ce que ça a changé moindrement votre approche lors de la composition de l'album?

SR:  Honnêtement, pas du tout. C'est assez drôle parce que j'essaie de ne pas trop me lancer dans ce genre de trucs mais je lis les commentaires sur les vidéos, et c'est assez marrant parce qu'il y a quelques personnes qui disent: "Oh, ils sont sur Nuclear Blast Records maintenant, ils essaient d'avoir des pièces avec plus d'Éléments trash." C'est drôle parce que l'étiquette de disque n'a jamais dicté comment cet album devait sonner ou quoi que ce soit du genre. Il y a plusieurs trucs mélodiques sur l'album aussi. On ne vise vraiment pas un son particulier à cause du label.

Si on écoute le catalogue de Comeback Kid depuis Broadcasting, il y a souvent eu des riffs en double picking rapide et autres trucs du genre un peu trash. C'est rien de nouveau. Ça faisait définitivement partie des derniers albums, ça fait partie du son du groupe. Avec Nuclear Blast, c'est tellement une étiquette incroyable. Ils font partie de l'industrie depuis 30 ans avec une liste de groupe tellement impressionnante. Ils ont plein de groupes hardcore, plein de groupes métal.  Il y avait un véritable intérêt de leur part vis-à-vis du groupe.  Ils aiment le groupe et veulent travailler avec.

MU: Ils sont reconnus pour laisser les artistes faire leur truc sans intervenir.

SR: Aucune intervention de leur part, la balle était dans notre camp tout le long.

MU: Ils connaissent les groupes qu'ils signent et savent à quoi s'attendre.

Vous avez eu l'occasion de travailler avec Devin Townsend pour cet album. Comment c'était? Comment est-ce que c'est arrivé? Comment êtes-vous entrés en contact avec lui?

SR:  On avait ce riff, qui grandissait tranquillement, un truc bien lourd et on en parlait. Mon ancien groupe Misery Signals a fait quelques albums avec Devin. Pendant qu'on jouait cette partie, quelqu'un a dit que ça sonnait comme une partie qui serait vraiment bonne joue par Devin. Ça sonnait comme une partie d'un album de Mystic (Production) ou quelque chose du genre. L'autre band de Andrew (Neufeld, voix/guitare), Sights And Sounds, a aussi fait un album avec Devin. On était tous ensemble en train d'en parler quand on s'est dit: "...et si on demandait à Devin s’il serait intéressé à le faire? Ça pourrait être cool!" Ça ne ressort pas comme était une histoire aussi cool que je l'espérais. En fait, on a simplement texté Devin en lui demandant s’il voulait chanter à cet endroit et il nous a répondu que oui de lui envoyer pour qu'il puisse se faire une idée. C'est-ce qu'on a fait et il a répondu qu'il enregistrerait ça et nous le renverrait. Il nous a envoyé tellement de trucs! C'était excellent! Il nous a dit d'utiliser ce qu'on voulait. Il avait vraiment rempli toute la partie alors on a juste eu à choisir ce qu'on voulait. J'aurais bien aimé que ça soit une histoire plus intéressante comme il serait venu nous rejoindre et on aurait travaillé ensemble et tout. Il a tout fait par lui-même et on a juste pris ce dont on avait besoin.

MU: Ce n'est quand même pas banal. C'est loin d'être tout le monde qui peut juste texter Devin pour lui demander de jouer sur son album.

SR: Oui mais comme j'ai mentionné, Andrew et moi le connaissons depuis longtemps et avons déjà travaillé avec. C'est quelqu'un de tellement gentil. Il est évidemment incroyablement créatif. Collectivement, dans le groupe, on admire vraiment tout ce qu'il fait. C'est cool d'avoir sa petite touche là-dessus. Il aime ça quand c'est un peu à l'extérieur des normes.

MU: Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre avec qui t'aimerais travailler si jamais la chance se présentait?

SR: Bonne question. Ici aussi, c'est un scénario ou je ne sais pas si ça aurait du sens. Probablement Lars (Frederiksen) de Rancid, peut-être Chino (Moreno) des Deftones. C'est les 2 seuls qui me viennent en tête pour une collaboration ou peut-être produire une pièce ou quelque chose.

MU: Intéressant! Pour ce qu'on sait, tout peut arriver, vous avez joué avec ces gars dans des évènements autant grands et massifs que des plus petits.  Je n'ai aucun problème à vous imaginer jouer dans le même festival.

SR: On ne sait jamais. Le monde est petit et spécialement en vieillissant, en faisant ce qu'on fait, les personnes qu'on rencontre, les contacts qu'on entretient. C'est plutôt cool.

MU: Comment était l'énergie dans le studio pendant la création de l'album? Comment est-ce que vous travailliez?

SR: Ça a très bien été en fait! On a fait une session d'écriture à Winnipeg, ensuite une à Vancouver pour retourner à Winnipeg pour une autre session. On a enregistré à Vancouver donc l'énergie était vraiment bonne. Notre ami Stu McKillop a un studio qui s'appelle Rain City Recorders, lui et Jesse Gander. C'est notre ami et ça avait du sens d'utiliser ce superbe studio. Eux, ils veulent enregistrer des albums alors on s'est dit que ça serait excellent d'aller enregistrer avec Stu. J'ai fait quelques albums avec Stu alors ça prenait tout son sens des retravailler avec lui parce qu'il est relax et décontracté et que c'est un ami. On savait à peu près ce qu'on voulait faire donc on voulait quelqu'un qui pourrait nous offrir un environnement relax ou on pourrait faire justement ça. C'était bien ça a bien été.

MU: Vous avez participé à des festivals à peu près partout à travers le monde. Est-ce qu'il y a quelque chose qui place le Canada à part?

SR: Oui surtout pour Comeback Kid, le Canada c'est notre pays d'origine donc il y a toutes ces villes comme Toronto, Vancouver, Montréal, Edmonton, Regina et toutes ces autres grandes villes ou jouer ressemble à des spectacles dans notre propre ville. S’il y a quoi que ce soit, je crois que c'est qu'il y a un grand support pour Comeback Kid depuis le tout début. Il y a une mentalité d'autonomie ici... des tournées organisées soi-même dans des petites salles, ensuite les salles de plus en plus grandes toujours en grandissant. Donc le Canada a définitivement toute cette histoire avec le groupe depuis ses débuts. Ça, ça met le Canada à part des autres.

MU: Le futur vous voit parcourir le Canada pour la fin septembre, est-ce que vous avez des plans pour plus tard?

SR: Oui, on essaye de garder un peu d'avance sur ces choses-là.  On fait le Canada avec Stray From The Path et Counterparts en septembre. Ensuite,  octobre nous voit pour une petite tournée aux États-Unis avec Burn et Jesus Piece. On retourne après en Europe pour une tournée en partenariat avec Every Time I Die et Knocked Loose. Après bien c'est la nouvelle année et on planifie quelque chose pour janvier en Europe. On se garde occupés!

MU: Vous avez déjà 3 singles pour promouvoir l'album. Qu'est-ce qui va dans la sélection des pièces?

SR: C'est une bonne question parce que c'est assez subjectif. Une pièce que j'aimerais particulièrement et que je trouve intéressante pour telle ou telle raison, peut-être que toi en l'écoutant, tu trouverais que ce n'est pas la meilleure de l'album ou quelque chose du genre. C'est drôle comment ça peut fonctionner des fois. Tout le monde donne son avis: "Évidemment cette chanson là!" "On doit sortir celle-ci!" "Faut qu'on sorte celle-là!"  Le tout revient aux goûts personnels de chacun et ensuite de s'entendre tout le monde ensemble. Bien sûr les 2 étiquettes de disques (Nuclear Blast et New Damage) donnent aussi leur avis mais en bout de ligne, c'est le groupe qui avait le dernier mot sur quelles pièces allaient être sorties en tant que single. Pour Absolute, on voulait quelque chose qui était évident. Cette pièce sonne comme du pur Comeback Kid. C'est une chanson agressive, lourde rapide. On ne voulait pas que personne ne soit confus quant à nos intensions. Donc ça a été notre premier choix. Pour Somewhere Somehow, on trouvait qu'elle sonnait comme du Comeback Kid classique aussi, peut-être avec un refrain un peu pus mélodique. Pareil pour Surrender Control, c'était comme cette pièce avec un refrain qui ferait un super anthem. On s'est dit que peut-être que les gens vont l'aimer, alors on l'a essayée.  Il y a tellement de pièces sur l'album où on se disait que ça ferait une bonne pièce à sortir. C'est difficile de trouver du matériel qui va plaire à tout le monde. Ça peut être un défi de sélectionner ces singles oui.

MU: Est-ce que vous avez un plan préétabli en débutant la création de l'album? Une thématique de base, une idée du nombre de pièces, etc. Ou est-ce que vous vous dites: "Créons le plus possible et on choisira ensuite ce qu'on va mettre sur l'album."

SR: Totalement oui. Je crois que certains groupes donnent des missions en disant: "Oh, ça nous prend 10 pièces, etc." Mais comme c'était la première fois qu'on travaillait tous les 5 ensemble... En gros, c'est la première fois que le groupe compose un album avec les 5 gars ensemble dans la même pièce depuis des années. Ça a toujours été Jeremy (Hiebert, guitare lead et chœurs), Andrew et notre ancien drummer Kyle (Profeta) qui écrivaient les albums. Ensuite ça a été Andrew, Jeremy, Kyle et moi-même pour Die Knowing. Pour Outsiders, on a essayé avec tous les membres pour essayer de recréer une dynamique différente. On n'avait pas de quota à remplir, pas vraiment de plan défini. On a simplement écrit et écrit et écrit et écrit. On s'envoyait des démos et tout. Quand on a débuté l'écriture, on avait environ 32 idées ou démos parmi lesquels choisir. Ça fait beaucoup pour débuter! Alors on a choisi un cœur solide de 10 chansons. On était super content de ça! Puis il y avait cette idée que je voulais, et cette autre idée que Andrew voulait essayer, etc. Je crois qu'on en est arrivés à 16 chansons au final. Ça m'a surpris parce que croyais qu'on mettrait 10 chansons sur l'Album. On en a mis 13 au final.

MU: Quelque part, il y a 3 chansons qui ne sont pas sorties donc...

SR: Oui il y a 2 de ces pièces qui sortiront c'est certain. Une reprise et une autre pièce.

MU: Une reprise que quoi si je peux me permettre?

SR: Beds Are Burning de Midnight Oil.

MU: Oh wow!!

SR: Oui le résultat est assez cool. On était tous un peu sceptiques. Mais on a joué avec, au bout, ça donne quelque chose de vraiment bien. On verra. Ça devrait voir la lumière du jour sous peu on l'espère.

MU: Merci beaucoup pour tout ce temps que tu m'as accordé. Ça a été un honneur de m'entretenir avec toi. Bonne chance pour la tournée et à bientôt.

SR: Merci à toi. Bonne fin de journée. À la prochaine

Musik Universe tiens à remercier Stu Ross pour sa générosité lors de cet entretien. N'oubliez pas, Outsiders est disponible sur New Damage au Canada et Nuclear Blast pour le reste du monde.

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