03 Jan 2015

Les Archives Rock/Métal : Megadeth avec Suicidal Tendencies à L’Auditorium de Verdun- Le 15 novembre 1992

Ton premier prêt étudiant, tu capotes et tu vires fou avec ! Moi, je venais de recevoir une belle grosse galette pour mes études au Cegep. Le hic : J’avais déjà deux autres emplois en plus d’en avoir un plus stable pendant les vacances d’été. Qu’est-ce que l’on fait dans ce genre de moment où ton compte de banque explose de bidous ?

Tu flambes et tu te paies des trips hors de l’ordinaire. Comme je te le disais lors d’autres billets en ce qui concerne les archives, quand tu habitais Chicoutimi, tu devais t’arranger pour te déplacer lorsque tu voulais aller voir des concerts métal. L’Agence Supersonic s’occupait de nous en nous proposant des voyages aller-retour vers Québec ou Montréal.

En 1992, Megadeth est au pinacle de sa popularité avec son album Countdown to Extinction. Les gens ont tous craqué pour Symphony of Destruction, tellement que la chanson joue même dans les bars où la musique populaire est servie en grandes quantités.

Pour 80$, je peux me permettre d’aller voir ce concert en autocar de luxe. J’ai un ami qui m’accompagne et nous serons présents. Étant donné le prix exorbitant pour certains, notre délégation de métalloïdes sera moins intense que lorsque nous allons à Québec.

Je dois avouer que la raison majeure de notre déplacement est plutôt la présence de Suicidal Tendencies. Ayant toujours eu du respect pour la troupe à Mustaine, je dois te confier que je suis plus un amateur de Suicidal Tendencies, même encore aujourd’hui.

Le 15 novembre étant donc un dimanche, pas besoin de manquer d’école ou quoi que ce soit sauf que la veille, je travaillais. Un travail de nuit, qui s’est terminé vers 6h00 du matin avec un départ de Chicoutimi, vers Montréal, à 10h00 du matin. Peu de sommeil, il n’était pas question de piquer un roupillon dans le bus. Des Chicoutimiens, en mode autocar vers un concert, c’est le houblon blond qui te coule du plafond !

Sur place, le rituel commence avec un arrêt au kiosque d’articles promotionnels. Un t-shirt de Suicidal Tendencies plus tard, le second arrêt se veut celui vers la table de rafraichissements. À l’époque, lorsqu’il y avait des concerts à Verdun, il y avait des tentes sur le parterre où l’on y vendait de la bière.

Verre en main, il ne restait plus qu’à s’approcher de la scène, question de recevoir l’onde sonique offerte par Suicidal Tendencies. Lorsque les lumières se sont éteintes, c’était l’introduction de You Can’t Bring me Down qui jouait. L’excitation était à son comble, la joie se lisait probablement sur nos visages surtout lorsque Mike Muir est apparu sur scène en lâchant son « What the Hell is Going on Around Here ? »

C’est à ce moment que j’ai perdu mon ami Dave dans l’immense mosh pit. Mon verre de bière a fait un triple salto avant pour ensuite se retrouver sur une tête quelconque.

L’énergie dégagée par le groupe était hors du commun. Suicidal Tendencies était aussi à son summum à cette époque avec l’album The Art of Rebellion. Pour les plus jeunes, tu dois comprendre que c’est Robert Trujillo qui était à la basse pour le groupe. Son côté funky était bien exploité avec Suicidal, c’est pourquoi nous attendions tous impatiemment son popping sur Send me Your Money !

Le groupe avait surtout pigé dans le matériel provenant des deux derniers albums du groupe à l’époque. C’est pourquoi Monopoly on Sorrow, Nobody Hears, Accept my Sacrifice et Alone se sont retrouvées sur scène. À la toute fin, les amateurs de la vieille école se sont délectés avec I Saw your Mommy et Pledge your Allegiance.

Et c’est à l’ouverture des lumières que j’ai retrouvé mon comparse Dave qui avait, malheureusement, perdu ses lunettes!

Nous avons eu le temps de reprendre nos esprits, juste avant Megadeth. Sachant que nous n’étions pas de grands fervents de la troupe à Mustaine, nous avons pu nous reculer un brin pour nous permettre d’apprécier ce que Megadeth avait à nous offrir.

Tu dois comprendre que la formation qu’était Megadeth à l’époque était encore plus  rapide, plus vive et très technique. En plus de Mustaine et Ellefson, tu avais Marty Friedman à la guitare et Nick Menza aux percussions.

Musclée, tu dis?

Quand tu peux te permettre d’ouvrir ton concert avec Holy Wars, ça veut dire que ton mosh pit sera intense du début à la fin. Ce qui nous impressionnait le plus était la finesse des musiciens, la précision et la rapidité en plus de la cage pour la batterie de Menza qui ressemblait à un immense diamant.

De l’agressivité, il y en a eu par la suite avec Skin O’ my Teeth, Wake Up Dead et Hangar 18. Le premier moment de répit a été pendant Foreclosure of a Dream. Par la suite, la hargne s’est poursuivie avec Sweating Bullets, The Conjuring, Tornado of Souls, Symphony of Destruction et Peace Sells.

En rappel, Anarchy in the UK a été servie au grand plaisir des amateurs qui ont, pour une dernière fois, répondu à l’appel de la valse toxique!

De retour dans le bus, le sommeil en a gagné quelques-uns mais les autres Saguenéens ont continué les festivités!  

Il n'y a pas de vidéo de ce concert mais en voici un qui représente bien l'époque:

Lu 4451 fois Dernière modification le lundi, 05 janvier 2015 05:53
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