03 Juil 2018

Styx / Joan Jett / Tesla: Critique et photos du spectacle de Laval (2018) Spécial

C’est en ce mardi soir de canicule que les légendes du rock Styx, Joan Jett et Tesla ont foulé les planches de la Place Bell à Laval. C’est dans une ambiance de fête qu’ils ont donné un spectacle à la hauteur des attentes. Les deux groupes ayant connu la gloire principalement dans les années ’80, le public variait peu en âge, sauf quelques exceptions.

De gros noms pour cette salle qui n’a même pas encore célébré ses 1 an. Tout d’abord, il fallait s’armer de patience pour circuler en voiture aux abords de la Place Bell. Si vous croyez que Montréal est le roi du bouchon de circulation, Laval lui a volé la palme en ce début juillet.

C’est peut-être ce qui explique le parterre semi-rempli qui a accueilli Tesla, groupe qui nous provient également des années ’80. Le chanteur Jeff Keith, qui de loin rappelle Mick Jagger par sa ligne svelte et ses cheveux longs, est énergique mais convenu.

Les rockeurs de Tesla célèbrent leurs 30 ans de carrière, et sont sur la route depuis 2016 pour commémorer l’évènement. Bien que moins connus que les headliners pour qui ils assurent la première partie, la foule était participative et les a bien accueillis.

Quoique les trois écrans derrière eux nous indiquent qu’ils sont « still kicking ass », la foule semble garder son énergie pour Joan Jett et Styx. Tesla a offert ses titres les plus connus comme Love Song, Little Suzi, et termine sur Modern Day Cowboy, avant de nous souhaiter un bon restant de soirée.

Après 15 minutes de pause bien précises, Joan Jett (qui a refusée les photographes) entre sur scène sans préambule et vient réveiller la foule. Elle entre telle qu’on l’imagine, avec ses cheveux noirs coupés courts et vêtue d’un blouson de cuir. Probablement identique à l’imaginaire de milliers d’adolescents ayant grandi dans les années 80, et avec une attitude encore et toujours badass. Comme le dit Bad Reputation, avec laquelle elle a entamé la soirée, « I don’t give a damn ‘bout my reputation! ».

Accompagnée de vidéos et images d’archives en arrière-plan, l’énergique femme de près de 60 ans a offert à ses fans les plus connues des Blackhearts et aussi quelques chansons de son temps avec The Runaways. S’enchaînent Cherry Bomb et Do You Want to Touch Me (oh yeah) sur lesquelles le public participe avec enthousiasme.

Vers le milieu du set, le groupe nous interprète Light of Day, de Bruce Springsteen. Chanson qui fût interprétée dans le film du même nom en 1987 par Joan Jett et Michael J. Fox. Kenny Laguna, avec qui Jett a fondé les Blackhearts, prend la parole pour nous expliquer les débuts du groupe. Il mentionne qu’à l’époque, tout le monde trouvait étrange de voir une fille jouer de la guitare rock accompagnée de garçons, et devant la difficulté de se faire signer, ils ont décidé de créer leur propre maison de disque, Blackhearts. Ils enchaînent ensuite avec la très appropriée Fake Friends.

On apprend également qu’un documentaire sortira en septembre sur l’histoire de Joan Jett & the Blackhearts. Ils nous proposent le single qui sortira à l’occasion du documentaire, Fresh Start. Mais c’est avec I Love Rock’n’Roll que la foule se soulève véritablement et se dégourdi les pieds. La reine du rock n’ roll termine en force avec les populaires Real Wild Child (Wild One), I Hate Myself for Loving You et Everyday People.

Bien qu’elle bouge peu sur scène, Joan Jett n’a rien perdu de sa voix ni de son attitude. Celle qui a annoncé une tournée australienne dans les dernières semaines s’en est donné à coeur joie sur scène, et a tenu à prendre la pose avec ses musiciens pour saluer ses fans à la toute fin. Mon seul regret est que les écrans n’ont servi qu’à nous proposer des images d’anthologie de Jett, alors qu’il aurait été plaisant de pouvoir l’admirer dans toute sa fougue actuelle.

Vers 21h30 l’hôte très attendu de la soirée, Styx, fait son entrée sur scène dans un décor rappelant l’espace, en lien avec leur dernier album, The Mission. Ils débutent avec une pièce de cet album, Gone Gone Gone, au travers des cris de la foule. Les 5 musiciens sur scène ramènent avec eux les années ’80, de la coupe de cheveux aux vestes de paillettes. Si leur look a peut-être mal passé le test du temps, il en est tout autrement de leur présence sur scène et de leurs capacités vocales et musicales.

Lawrence Gowan au clavier et à la voix est en vedette sur la plupart des choix musicaux, mais le groupe se partage l’espace équitablement. Styx offre à ses fans les classiques comme Grand Illusion et Lady dès le départ. Bien que Lady ait pris de l’âge, il n’y a aucun doute que les fans sont encore et toujours charmées par cette ballade chantée par Gowan, comme en témoignait les cris. Radio Silence suivra, autre pièce plus récente du groupe, puis Rockin’ the Paradise.

Gowan offre ensuite un moment plus touchant avec A Criminal Mind, chanson qui a changé sa vie dit-il. Parions qu’elle a également changé la vie de plus d’un admirateur de Styx, à en juger par la réponse positive de la foule. Suite Madame Blue, Too Much Time on my Hands, Come Sail Away et bien sûr Mr Roboto ont également trouvé leur place dans ce concert, au plaisir de tous.

C’est sur Bohemian Rhapsody que Gowan démontre ses prouesses tant au clavier que vocalement. Bien que ce soit presque prétentieux, sa joie apparente et son talent nous le fait oublier. Styx incarne sur scène une parfaite définition de « groupe », laissant la place à chacun pour se faire valoir, et surtout offrant une belle symbiose au public. Il est évident que les années d’expérience les ont laissés maître en matière de spectacle. On sent le tout bien préparé, au quart de tour même, mais leur attitude laisse tout de même transparaître la spontanéité et le plaisir d’être sur scène. Leur aisance et leur charisme sont définitivement à l’épreuve du temps.

Lu 3350 fois Dernière modification le mercredi, 04 juillet 2018 01:22
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