30 Juil 2018

Heavy Montréal 2018: Critique et photos

Après une année de répit, Evenko remettait sur pied le Heavy Montréal au grand plaisir des adeptes du style. Musik Universe était sur les lieux afin de couvrir ce festival qui fait tant rager du côté de Saint-Lambert.

Voici le travail colossal de notre équipe!

JOUR 1

Olivier Marinoff :

Pallbearer

Malgré que la journée était encore jeune, une foule plutôt respective s'était amassée devant la scène Heavy afin de savourer la musique bien vaseuse de Pallbearer. Personnellement, j'ai trouvé qu'il manquait un petit quelque chose à cette prestation; les musiciens étaient plutôt statiques (bien qu'énergiques) et interagissaient très peu avec son auditoire. De plus, les personnes présentes étaient plus attentives qu’actives. Cependant, j'ai bien aimé en général et trouvé que ce fut un réchauffement pour le reste de la journée.

Sword

Ce qui est plaisant avec Sword, c'est que les gars se sont réunis pour les bonnes raisons: le plaisir et l'amour de la musique. Et ça parait! C'est donc des musiciens bien en forme qui nous ont offert une prestation qui rappelle leur réputation de jadis. De plus, c'est une bonne leçon de métal "old school" que Rick Hughes et sa troupe nous ont offert. D'ailleurs, la voix de Hughes ne semble pas avoir été affectée par le temps, car encore aujourd'hui les notes hautes ne sont pas celles qui l'effraient. Aussi, la qualité du son était exquise, ce qui nous a permis de ne perdre aucune note de toute la performance. Nous avons eu droit entre autres à Outta Control, The End Of The Night, Stoned Again et la classique F.T.W. Comme si ce n'était pas assez, nous avons eu la chance d'entendre pour la première fois la nouvelle pièce I'm In Command, qui a semblé en charmer plusieurs.

Baroness

Direction la scène de l'Apocalypse pour Baroness. Tout d'abord, c'était la première fois que je voyais la formation en concert et, bien que j'aime bien leur musique, je ne m'attendais pas à ce que j'apprécie autant la prestation de la troupe; une bien belle surprise pour moi. Les musiciens nous ont desservi une excellente prestation gratifiée par une très bonne présence scénique. Ce qui a semblé ravir la foule plutôt imposante qui avait pris place devant la scène. De plus, la musique est peut-être bien vaseuse, mais très mélodique et grâce à la bonne sonorisation, rien ne nous échappait. Pour ma part, il y a une seule chose que j'ai trouvé décevante et c'est le fait qu'il n'y a pas vraiment eu d'interaction entre les pièces afin d'envenimer l'ambiance, mais ça n'a pas vraiment terni la prestation.

Witchcraft

Il fallait donc se diriger vers la scène de la forêt afin d'apercevoir Witchcraft. Il faut se l'avouer, ce n'était peut-être pas la meilleure décision de placer une scène à côté du ring de la Heavy Mania, car à plusieurs occasions l'animateur de la lutte ou la cloche se mixait avec la musique de la formation suédoise. D'ailleurs, même le chanteur a pris le temps de se moquer un peu de la situation. Cela dit, c'est un voyage au coeur des années 70 que la troupe nous a offert avec son rock à saveur psychédélique. La musique crée une ambiance si évasive qu'on a l'impression d'avoir immolé un bâtonnet d'herbe médicinal. De plus, les musiciens offrent une bonne prestation de leurs compositions efficaces. Aussi, les solos étaient tout simplement délectables et hypnotisant. Bien que j'ai plutôt apprécié la prestation, j'aurais bien aimé avoir un peu plus de "snare" dans le mix sonore. Sinon, ce fut une belle petite découverte pour moi.

Alestorm

C'est donc sur la scène de l'Apocalypse que Alestorm avait l'opportunité de lancer l'abordage du Heavy Montréal avec son gigantesque Canard en plastique. Avec ces écossait, on ne peut pas être déçu et ce n'est décidément pas aujourd'hui qu'ils comptaient aller à l'encontre de leurs habitudes. Au grand plaisir de l'imposante foule réuni, c'est avec le classique Keelhauled que la formation a choisi de débuter. Dès cet instant, les mosh pit, le body surfing et l'action en général s'est amorcé devant la scène. Les musiciens étaient tous aussi énergiques les uns que les autres et avaient visiblement comme but de profiter au maximum du moment présent. Bien sûr, Christopher Bowes s'est encore une fois chargé d'amuser la foule avec ses répliques les plus excentriques comme celle d'utiliser son système digestif dans le sens inverse afin de savourer de la pizza. Au final, nous avons même eu la chance d'apercevoir le gigantesque Canard en plastique virevolter partout sur la foule tel un ballon de plage. Encore une fois, c'est une excellente prestation que ces musiciens nous ont servie, et ce, avec un très bon choix de chanson où nous avons pu entendre Alestorm, Drink, Nancy The Tavern Wench, The Sunk'n Norwegian, bref des morceaux de toutes les époques de la carrière du groupe.

Napalm Death

Il fallait faire un détour vers la scène de la forêt pour voir les vétérans du grindcore Napalm Death. Si on ne devait décrire qu'en 2 mots la formation, j'irais avec vitesse et intensité. Non, mais comment font-ils pour être aussi rapide sur leurs instruments? Il est vrai que la musique du groupe peut sonner un peu brouillon pour une oreille non initiée, mais c'est là la beauté de la chose. Côté intensité, il suffit de regarder le chanteur Mark Greenway. Ce gars-là n'arrête jamais. Il est partout et ne prend jamais de pause. Pour cette raison, il a même effectué une chute sur les planches tellement il court sans cesse. En le regardant, j'en suis même venu à douter de ma condition physique, mais bon, même un Olympien envierait ce dernier. De plus, ce n'était pas juste sur la scène qu'il y avait de l'action, car même devant les planches les fans étaient déchainés; on pouvait voir de loin les crinières se laisser aller, et ce, malgré les nuages de poussière qui couvraient les fans. En somme, c'était une performance extrême qui en a ravi plus d'un.

Red Fang

Tandis que Marilyn Manson était sur la scène Heavy, Red Fang était sur celle de la forêt au grand plaisir de ceux qui ne voulaient pas voir l'artiste controversé. Bien sûr, ce n'était vraiment pas la plus grosse foule de la journée, et ce, même à cette scène. Œuvrant dans un sludge métal, nous avons donc pu savourer leur musique lourde et bien vaseuse. Le tout avec une bonne qualité de son et un jeu de lumière assez intéressant. Les musiciens avaient tous une bonne présence très énergique, ce qui a su donner une ambiance bien intéressante au concert. Comme je disais, c'était loin d'être le plus gros rassemblement métalloïde de l'événement, mais ceux rassemblé étaient très réceptif à la bonne prestation qu'ils ont eue droit. Personnellement, j'ai déjà vu mieux de la part de Red Fang, mais ils ont quand même su exceller dans leur art. Sinon, les musiciens ont terminé juste à temps pour ne pas être interrompus par le violent orage

Emperor

Emperor était sans l'ombre d'un doute l'événement "underground" le attendu de la fin de semaine. C'était donc la première troupe à prendre place sur scène à la suite du violent, mais bref, orage dont nous avons été victimes. D'ailleurs, Ihsahn a pris la peine de rire un peu de la chose en s'excusant pour la température puisque ce ne pouvait être une coïncidence que dame nature se soit déchainée tout juste avant que le groupe de black métal ait mis les pieds sur scène. Cela dit, c'est les pieds dans l'eau que les nombreux fans ont finalement eu la chance de faire face à la troupe norvégienne. Un mélange de violence et de virtuosité était au menu avec ces musiciens venus de loin, car il faut se l'avouer, les compositions du groupe sont en quelque sorte un recueil de théorie musicale. Ne nous faisons pas de cachette, le black métal n'est vraiment pas le style le plus facile à bien faire sonner, mais grâce au talent des musiciens et celui du technicien à la console nous avons eu droit à une sonorisation supérieure. Grâce à cette efficace combinaison, nous avons pu savourer à la perfection plusieurs bons morceaux de la discographie du groupe dont Thus Spake The Nightspirit, Ensorcelled By Khaos, The Loss And Curse Of Reverence, I Am The Black Wizards et Inno O Satana. Seule chose que j'ai trouvé un peu dommage, c'est que beaucoup de gens sont partis avant la fin, mais cela c'était parce que Rob Zombie commençait à temps puisque Emperor avait été retardé par la pluie. Pour conclure, ce fut un excellent concert, je dirais même que c'est mon coup de coeur du festival.

Élodie Ouellet :

Born Of Osiris

Mon weekend métal commençait en force avec Born Of Osiris. Si la formation ne donnait presque pas de concerts dans la province auparavant, il faut s’avouer que les passages dans les deux dernières années ont été plutôt nombreux. Cependant, je n’étais pas déçue de les voir sur la programmation du festival, sachant que les membres donnent toujours un bon spectacle. Celui-ci ne faisait pas exception à la règle, le groupe a enchaîné ses meilleurs morceaux dont « Bow Down » et « Throw Me In The Jungle » avant de terminer sur « Silence The Echo » paru tout récemment. C’était bien d’entendre ce nouveau morceau, qui déroge légèrement de leur style habituel. Bref, la formation a su bien utilisé le temps qu’elle s’était fait accordé.

Veil Of Maya

Veil Of Maya inaugurait la scène de la forêt et une bonne foule s’était amassée pour leur arrivée. Fidèle à son habitude, le groupe exécute parfaitement ses morceaux. Le chanteur, Lukas Magyar, impressionne particulièrement, avec sa grande capacité vocale, il scream avec autant de facilité qu’il va chercher des notes plus hautes. J’ai franchement apprécié le choix des chansons, passant des anciens albums à l’excellent « False Idol » paru l’an dernier. À l’évidence, je n’étais pas la seule à aimer l’offrande du groupe, les gens présents entretenaient très bien les pits à l’avant de la scène. Finalement, il s’agissait d’un concert à la hauteur des attentes.

Lee Aaron

On faisait tout un saut en arrière, plus précisément dans les années 80, avec Lee Aaron. Cette dernière n’y a pas été de mains mortes avec l’un de ses plus grands succès « Metal Queen ». Il était difficile de résister à l’envie de se dandiner au rythme des pièces, récentes ou plus connues, que nous offrait la talentueuse chanteuse et guitariste. Le groupe a terminé de la même façon qu’il a commencé, avec un classique, « Whatcha Do To My Body ». Je dois avouer que ce n’est pas vraiment mon genre, mais j’ai bien apprécié le moment passé en compagnie du groupe, tout comme les quelques curieux qui étaient présents.

I Prevail

Le groupe I Prevail et ses chansons catchy étaient très attendu sur la scène Heavy. Le chanteur est monté sur scène et a joué un petit peu de flûte avant que ses compagnons viennent le rejoindre. J’étais déçue de ne pas voir Brian Burkheiser, l’autre chanteur, monter sur scène, mais heureusement Dylan Bowman, le guitariste, s’est grandement amélioré au chant depuis la dernière fois que je les ai vu. Ça ne prend jamais beaucoup de temps à la bande avant de conquérir la foule et aujourd’hui n’a pas fait exception à la règle malgré les petits problèmes de son au début de la prestation. Cette dernière est l’endroit parfait pour chanter et se laisser aller. Même si j’aurais apprécié entendre la reprise de Blank Space de Taylor Swift, j’ai aimé le choix des chansons qui étaient très équilibré. Bref, c’était une bonne prestation malgré le fait qu’il manquait encore Burkheiser.

Underoath

Underoath est arrivé sur scène armé de leurs instruments de la même couleur que la pochette du dernier album, « Erase Me ». Spencer Chamberlain, le leader de la formation était particulièrement agité et inarrêtable. Je dois avouer que même son énergie n’a pas su se propager bien loin dans la foule, qui ne s’agitait que très près de la scène. Je dois avouer que ce n’était pas le spectacle le plus intéressant de la fin de semaine. Cependant, le choix des chansons était judicieux, jouant plusieurs morceaux du dernier opus, mais également quelques pièces moins récente comme « A Boy Brushed Red Living In Black And White » et « Writing On The Walls » Bref, c’était une performance juste et précise, mais plus ou moins intéressante selon moi.

Marilyn Manson

Après qu’il ait annulé son spectacle à Toronto il y a deux jours, mes attentes envers Marilyn Manson n’étaient pas très élevées. Évidemment, il est monté sur scène 10 minutes en retard, mais au moins il s’est présenté.Après la chanson « Disposable Teens », il a lancé son micro et plusieurs ont pensé que c’était le début d’une autre crise de l’artiste, mais non, il s’est mis un chapeau et un manteau pour jouer « Mobscene ». Lentement, il a joué ses morceaux en changeant de costumes entre ceux-ci, pour « The Dope Show » il est apparu vêtu de plumes. Le moment fort de sa prestation était clairement « Sweet Dreams (Are Made Of These) » sur laquelle tout le monde chantait. Pour une fois qu’il était plutôt en forme, c’est un orage qui a mis fin à son spectacle plus tôt que prévu. Il tentait même de continuer avec « The Beautiful People » quand un éclair s’est abattu. Malgré ses 10 minutes de retard, Manson a su offrir un bon spectacle.

Between The Buried And Me

La première journée du festival prenait fin avec Between The Buried And Me sur la scène de la forêt. Le style de métal progressif n’est pas fait pour tout le monde, mais BTBAM sait comment transporter les gens dans son univers. Il est impressionnant de voir à quel point tout est exécuté avec précision malgré la technicité des morceaux. Évidemment, en terme de foule, le groupe n’arrive pas du tout à la cheville de Rob Zombie qui joue en même temps sur la scène principale, mais ceux qui sont présents sont intéressés. J’ai aimé le fait que la bande choisissent des morceaux dans tout leur répertoire, malgré le fait qu’elle a sorti un album double tout récemment. Bref, ce sont des musiciens talentueux et il s’agissait d’une façon parfaite de clore cette journée.

Caroline St-Hilaire Paquet :

Burning the oppressor

Burning The Oppressor, le gagnant du concours En route vers le Heavy, a donné une performance énergique malgré la chaleur. La foule est restée tranquille pendant sa performance mais a tout de même parue contente d’assister à ce spectacle.

Jungle Rot

Jungle Rot était un groupe attendu. La foule était grande, les gens avaient hâte d'entendre le groupe. Dès la première chanson, un mosh pit s'est formé : les musiciens s'en sont montrés ravis. Le chanteur a indiqué être très heureux de se retrouver à Montréal, puisqu'il considère la ville comme sa deuxième maison. Jungle Rot avait peu de temps pour séduire son public, mais il y est facilement parvenu avec ses pièces ‘‘old school’’.

The Black Dahlia Murder

Dès le début de la performance de The Black Dahlia Murders, la foule était en feu. Les réglages du son auraient pu être meilleurs, mais les musiciens sont assez expérimentés pour donner un show incroyable malgré ce détail technique. D'ailleurs, ils avaient 45 minutes pour satisfaire la foule et ils y sont facilement arrivés. Ils ont, entre autres, interprété Widowmaker, Nightbringers, What a Horrible Night to Have a Curse, Everything Went Black et Deathmask Divine. À la fin du spectacle, la majorité des festivaliers s'est éloignée de la scène avec un air satisfait.

Tech N9ne

Tech N9ne était très attendu. Une grande foule s'est réunie devant la scène Heavy Black Label pour sa performance. J'ai écouté le rap du chanteur avec émerveillement, découvrant un artiste dont j'avais souvent entendu parler mais auquel je ne m'étais jamais intéressée. Autour de moi étaient massés de très nombreux fans de Tech N9ne. À mon grand étonnement, les mosh pits étaient intenses et fréquents. Les gens étaient contents de voir l'artiste, et l'artiste était ravi de voir un gros public aussi enthousiaste. Il s’est montré encore plus heureux lorsqu’une demoiselle, grimpée sur les épaules de son compagnon, s’est dévêtue à moitié pour lui montrer sa poitrine. À la fin du spectacle, les fans de Tech N9ne étaient clairement satisfaits de l’expérience qu’ils venaient de vivre… même s’ils auraient voulu qu’elle dure plus longtemps.

Allegaeon

Lorsque le groupe Allegaeon est apparu sur la scène du Jardin, l’espace devant la scène était complètement rempli de gens. Les membres ont, une fois de plus, montré leur incroyable talent et leur amour de la musique au public, faisant preuve de beaucoup d’aisance sur scène et laissant paraître leur joie de s’y trouver. Tristement, le groupe n’est resté sur scène que 25 minutes. Il semble toutefois avoir séduit les gens qui ne le connaissaient pas encore.

Jinjer

Le spectacle de Jinjer s’annonçait excellent. De très nombreux fans étaient réunis devant la scène du Jardin et tous attendaient le groupe avec impatience. Lorsque les musiciens et la chanteuse sont apparus sur scène et ont lancé leurs premières notes, la foule a explosé de joie. Les mosh pits semblaient ne jamais se terminer. Le groupe était en feu autant que le public. Puis, le déluge a commencé. Le ciel nous est tombé sur la tête. Malgré la pluie battante, le groupe a poursuivi son spectacle et la foule est demeurée devant la scène… Jusqu’à ce que l’équipe technique coupe le son, forçant les musiciens à s’interrompre. Les fans, par contre, ne voulaient pas que la pluie sonne la fin du spectacle : tous sont donc restés, attendant que cesse le déluge et hurlant ‘‘JINJER ! JINJER ! JINJER !’’. Finalement, aussi soudainement qu’elle a commencé, l’averse s’est arrêtée et le groupe est revenu sur scène pour nous lancer 4 dernières pièces. Le groupe a semblé assez étonné de voir que la foule restait devant la scène pendant que le ciel déversait ses torrents d’eau sur nos têtes. Ce fut, à mon avis, l’un des meilleurs spectacles de la fin de semaine.

Rob Zombie

Le spectacle de Rob Zombie a eu lieu juste après le déluge. La foule était beaucoup moins nombreuse que ce à quoi je m’attendais, probablement parce que de nombreuses personnes ont quitté le site lors de l’averse. Les gens qui sont restés ont toutefois eu droit à un magnifique spectacle. Dès le départ, Rob Zombie était en feu, bougeant et utilisant la scène pour en mettre plein les yeux aux festivaliers. Rapidement, il nous a présenté E.T., un extraterrestre gonflable vert qui devait faire le tour de la foule rapidement. Quelqu’un s’est toutefois sauvé avec E.T. et on ne les a revus qu’une dizaine de minutes plus tard… Après la pluie qui nous a transpercé les os, entendre et voir Rob Zombie s’amuser sur la scène était réconfortant. L’éclairage était génial, le son était parfait, les gens étaient heureux et Rob profitait de chaque moment pour amuser son public. Il a aussi établi un bon contact avec la foule, prenant le temps de serrer la main des gens se trouvant le plus près de la scène. Pendant la performance du groupe, des personnes dansaient dans la fontaine devant la scène, et, derrière le public, les grands feux Loto-Québec ont commencé à exploser, colorant et illuminant le ciel. Le tout a rendu le spectacle magique.

JOUR 2

Olivier Marinoff :

Helix

C'était Helix qui avait la chance de baptiser la scène heavy pour cette deuxième journée. Roulant sa bosse depuis plusieurs décennies, ce n'était donc pas une surprise de voir autant de fan réuni à l'avant-scène malgré l'heure. Les gars ne sont peut-être plus jeunes, mais ils en ont encore à donner, car c'est une véritable leçon de rock que nous avons eu. Les solos étaient excellents et bien interprétés à l’exception de la première chanson où un des guitaristes l'a visiblement échappé. De plus, même si les artistes ne courent pas partout, ils ont été en mesure de bien s'approprier les planches. Au final, que de la qualité était au menu puisque nous avons pu entendre Wild In The Street, Deep Cuts The Knife, Heavy Metal Love et Rock You.

Voivod

Un brin de nostalgie et de fierté s'imposait à la scène Heavy alors que Voivod prenait place. Même si la formation a fait ses débuts il y a 35 ans, elle attire encore les foules et les musiciens ne semblent pas prêts à tirer leur révérence. C'est une prestation de feu qui nous a été offerte par les vétérans d'ici. Les musiciens se sont accaparé la scène avec aisance afin de nous en mettre plein la vue. C'est bien sûr Snake qui s'est le plus démarqué avec sa présence unique qui le classe dans une catégorie à part. Une autre chose qui est agréable de voir avec cette formation, c'est la complicité qui est établie entre les musiciens; on a vraiment l'impression de faire face à une famille. Sinon, que dire du talent de ces artistes? Surtout le virtuose Dan "Chewy" Mongrain qui s'amuse avec sa six cordes comme si c'était un jouet. La foule a donc eu la chance de savourer des classiques comme Ravenous Medicine, Order Of The Blackguards et l'excellent The Prow. Aussi, nous avons eu droit à la nouvelle pièce Obsolete Beings qui a semblé faire l'unanimité au sein des admirateurs.

Havok

C'est en force que Havok avait choisi de débuter sa prestation alors que le groupe a demandé aux fans réunis de se placer pour un Wall Of Death afin de faire un énorme Circle pit. Seule chose que j'ai trouvé dommage par rapport à cela, c'est que le son n'était pas très bon et il fut quelque minute d'ajustement avant que nous puissions profiter du talent des musiciens. Cela dit, le groupe a livré une performance solide et intense comme à son habitude au grand plaisir de tous. Cependant, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai trouvé que David Sanchez ne semblait pas trop vouloir être là. Au moins, cela n'a aucunement affecté la prestation puisqu'il a quand même donné son meilleur. Sinon, les gars ont donné un très bon show qui fut assaisonné par les nombreux violents mosh pit qui démontraient bien l'enthousiasme des adeptes.

Gloryhammer

Christopher Bowes effectuait son deuxième arrêt de la fin de semaine, mais cette fois-ci avec sa formation Gloryhammer. De plus, si Alestorm n'en est pas à ses premiers déboires avec la métropole, c'était la première fois pour la troupe de power metal. Pendant près d'une heure, le groupe nous a introduits dans son monde fantastique qui fusionne médiéval et galactique. Ce qui est attirant avec Gloryhammer, c'est que la troupe ne fait pas que jouer de la musique, c'est aussi théâtral. Nous avons donc pu apercevoir un combat qui opposait le chanteur à une sorte d'orc, un fan envoyé en mission intergalactique afin de rapporter de la bière et le couronnement de James Cartwright. Sinon, il y avait toujours une mise en situation afin de nous apporter le prochain titre. Aussi, le groupe est peut-être à caractère humoristique, mais côté interprétation on ne ''gnaise'' pas. Que ce soit au niveau des solos ou bien du chanteur qui atteignait des notes beaucoup trop hautes pour le commun des mortels, tout était impeccable. Les musiciens sont talentueux et nous ont offert des compositions de qualité comme Legend Of The Astral Hammer, Victorious Eagle Warfare, Universe On Fire, Angus McFife et The Unicorn Invasion Of Dundee.

Necrotic Mutation

Les fans de death métal undeground étaient choyés pour le spectacle de clôture de la scène Jardin puisque c'était à la formation de Rimouski Necrotic Mutation que cette tâche avait été confié. C'est donc après 11 ans d'absence que la troupe regagnait les planches du monde métallique. Tout d'abord, si plusieurs n'étaient même pas au courant que la formation existait jadis, il y en avait beaucoup qui, eux, avait passé les années 90 avec la musique du groupe. D'ailleurs, le chanteur a profité de la première occasion pour nous dire que la tribune qui lui était offerte serait son vaisseau temporel de la soirée puisque l'orchestre allait explorer plusieurs époques de son histoire. On eut donc la chance de voir des membres fondateurs reprendrent leurs instruments afin d'interpréter quelques morceaux. Sinon, j'ai aussi adoré voir la chanteuse Marie-Hélène Landry d' Obselete Mankind qui est venu le temps d'une pièce. Sa prestation était tout simplement impressionnante. Selon moi, le retour de Necrotic Mutation fut un succès total.

Perturbator

La fin de semaine venait alors à terme sur la scène de la Forêt avec Perturbator. Ne connaissant pas la formation, j'ai eu tout un choc lorsqu'elle est arrivée sur les planches. Le duo oeuvre dans la musique électronique, un domaine qui n'est pas ma tasse de thé. J'ai trouvé intéressant de voir que ce n'était pas juste un ordinateur qui se chargeait de tout, mais celle-ci appuyait le claviériste et le batteur qui interprétaient les titres. De plus, j'ai bien aimé que la musique fût mise en avant-plan et non les musiciens. Aussi, cette dernière se complétait à merveille avec l'éclairage, car il faut se l'avouer, sans jeu de lumière ce n'aurait vraiment pas été la même chose. Le style de musique différent de ce que nous avons eu droit toute la fin de semaine n'a pas sembler déranger la petite foule puisqu’en regardant rapidement on pouvait immédiatement constater que la majorité des festivaliers présents s'étaient laissé entrainer par le rythme et dansaient activement. Personnellement, Perturbator a été une surprise pour moi, mais pas un coup de coeur. J'ai trouvé qu’après un certain moment on avait fait le tour de la formule.

Élodie Ouellet :

Emmure

Une bonne foule attendait le début d’Emmure. Le chanteur, Frankie Palmeri, s’adresse à plusieurs reprises à son public entre ses morceaux. Personnellement, ce n’est pas ma prestation préférée de la fin de semaine, trouvant le style du groupe trop décousu, mais je peux comprendre l’intérêt des fans pour ce groupe. J’étais contente d’entendre « Flag Of The Beast », qui est l’une des meilleures chansons de la formation. Bref, cette dernière nous a offert une performance énergique du début à la fin avec ses morceaux aux nombreux changements de rythmes.

Ultra Vomit

Le groupe parodique Ultra Vomit s’est présenté sur scène et tout de suite, on pouvait voir que cette prestation serait plutôt comique. De fait, il était absolument impossible de ne pas sourire en écoutant les paroles absurdes des chansons et les interventions du sympathique chanteur. Outre le fait que les paroles soient comiques, la mélodique des chansons est très plaisante à écouter. Le clin d’oeil à Gojira qui jouera plus tard dans la journée était parfait avec la pièce « Calojira ». Un moment cocasse du concert était le double wall of death du team pipi vs le team caca pour lesquels les festivaliers se sont donné à fond. Ce spectacle était une partie de plaisir du début à la fin, personne n’a pu résister à l’humour de nos cousins français. Il s’agit d’un de mes coups de coeur de la fin de semaine.

The Agonist

La formation québécoise The Agonist se produisait sur la scène du jardin et dire que l’endroit était plein n’est peu dire. La talentueuse Vicky Psarakis s’est déchaînée sur les planches en effectuant ses prouesses vocales sans effort. Il était intéressant de voir une femme à l’avant-plan, l’une des rares fois de la fin de semaine. J’ai particulièrement apprécié entendre les morceaux « A Necessary Evil » et « Disconnect Me » qui balancent les screams et les clean vocals à la perfection. Malheureusement, à quelques moments, le son n’est pas au top et on perd la chanteuse et ses screams, mais c’était peut-être simplement l’endroit où l’on se trouvait qui donnait cette impression. Bref, il s’agissait d’une performance égale et intéressante que The Agonist nous a offert.

Asking Alexandria

Une chose est certaine, c’est qu’Asking Alexandria est grandement apprécié dans la métropole. L’accueil qui leur est réservé est toujours chaleureux et le groupe sait très bien comment utiliser cette chimie. Malgré le fait que la formation ait joué une majorité de nouveaux morceaux, Danny Worsnop nous a démontré qu’il était toujours capable de nous lâcher quelques cris, cependant, les vieux fans auront été déçus de sa performance sur « Final Episode » sur laquelle il a été incapable de screamer comme avant. Je dois avouer que j’ai un petit faible pour sa voix claire avec laquelle il a plus de facilité. De fait, mon moment favori fut l’interprétation de « Someone, Somewhere » en acoustique. Finalement, ce moment avec la troupe fut agréable même si le choix des chansons m’a laissé sur ma faim.

Khemmis

Je ne connaissais absolument pas la formation avant de venir la voir jouer et je dois avouer que je ne suis vraiment pas convaincue. Je m’explique, le rythme est excellent, malheureusement je n’apprécie pas du tout la voix de Phil Pendergast. Je crois que j’aurais mieux aimé si la prestation avait été instrumentale ou encore seulement avec la voix gutturale de Ben Hutcherson. Une chose est évidente, c’est que ce sont des musiciens talentueux et j’ai particulièrement apprécié les solos de guitare d’Hutcherson durant la prestation. Bref, c’était une nouvelle découverte pour moi et personnellement, je n’ai pas été emballée.

Limp Bizkit

Avenged Sevenfold ayant été forcé d’annuler tous leurs spectacles à cause d’une maladie se sont fait remplacer par Limp Bizkit. C’était donc un tout autre concert qui nous attendait à la scène Heavy. On doit se le dire, les membres de cette formation sont tous des personnages et rien ne semble pouvoir les arrêter, je pense notamment au guitariste Wes Borland, qui durant la chanson « Break Stuff », s’est rendu dans le pit parmi les fans. Fred Durst est un vrai entertainer accumulant les interventions entre ses morceaux et à mon avis, c’est beaucoup trop long entre ceux-ci. Un de mes moments préférés est lorsque la groupe a entamé une reprise de « Killing In The Name » de Rage Against The Machine sur laquelle tout s’est mis à chanter. Un fan plutôt chanceux a pu monter sur scène le temps d’interpréter « Eat You Alive » en duo avec Durst. Je dois avouer que j’ai de la difficulté avec le fait que ce dernier parle beaucoup. Cependant, j’ai bien aimé les différents covers dont « Behind Blue Eyes », qui fut un moment magique. Selon moi, il aurait fallu échanger Gojira et Limp Bizkit dans l’horaire, car ces derniers n’avaient pas tout à fait ce qu’il fallait pour clore le festival. Toutefois, Limp Bizkit a su transformer le parterre en vrai party. Finalement, c’était un bon remplacement pour Avenged Sevenfold, malgré les longueurs.

Caroline St-Hilaire Paquet :

Intervals

Le metal progressif d'Intervals, un groupe de Toronto, a attiré une moyenne foule qui a rapidement pris de l'ampleur. Les musiciens, pas très bavards vue la courte durée de leur set (30 minutes), semblaient très à l'aise sur scène. Ils ont profité de leur temps sur scène pour interpréter 5 pièces instrumentales intenses. Le chanteur a affirmé adorer Montréal et son public génial.

Blind Witness

Blind Witness, un groupe de Granby, a commencé sa performance avec beaucoup d'énergie et d'intensité. La foule, assez nombreuse dès le début, a accueilli le groupe avec enthousiasme, mais est restée, en général, relativement calme jusqu'à ce que le chanteur demande (exige) un circle pit.

Get The Shot

Une très grande foule s'est massée autour de la scène du Jardin pour voir Get The Shot. Le groupe a livré une performance très énergique, bombardant ses fans de pièces plus intenses les unes que les autres. La voix du chanteur était claire et portait loin, permettant même aux gens les plus éloignés de la scène d’entendre chaque parole.

Demon Hunter

Une grande foule immobile s'est massée devant la scène Heavy Black Label pour écouter le metalcore chrétien de Demon Hunter. Malgré les tentatives du chanteur pour faire lever la foule, celle-ci n'a pas vraiment bougé, sauf pour lever le poing dans les airs de temps en temps. Le groupe a tout de même semblé apprécier son public et il lui a donné une belle performance.

Sleep

Sleep a commencé sa performance sur la scène de l'Apocalypse avec l'énergie du stoner metal. Quelques problèmes techniques avec la basse ont forcé le groupe à interrompre son spectacle pendant un court instant, mais tout s'est réglé rapidement. Les douces mélodies de Sleep ont calmé la foule. Les fans ont semblé beaucoup apprécier le choix de chansons du groupe. Toutefois, la foule en général m'a parue ennuyée. Le groupe, pas très mobile puisque son style musical ne donne pas très envie de bouger, n'a donné qu'une prestation musicale. Aucun effet visuel n'est venu améliorer le spectacle. Ce ne fut, en somme, qu'une interprétation de pièces interminables.

Trivium

Matt Heafy, visiblement en pleine forme, est apparu sur scène - en courant - pour donner une incroyable performance avec Trivium. Le groupe avait presqu'une heure pour impressionner la très grande foule massée devant la scène de l'Apocalypse. Le public a semblé ravi du choix de chansons du groupe, qui incluait Betrayer, Sever The Hand, Until the World Goes Cold et Down From The Sky. Le crowd surfing s'est invité au spectacle : une bonne dizaine de personnes ont flotté au-dessus des têtes des spectateurs. Un intense circle pit a rapidement pris forme et il m’a semblé qu’il invoquait des mosh pits. Les musiciens montraient autant de joie que le public, qui a d’ailleurs été nommé meilleur public de la tournée (nous sommes même meilleurs que la Caroline du Nord) ! Ce fut un excellent spectacle.

Hollywood Undead

Hollywood Undead est un groupe qui n’est pas assez souvent de passage au Québec. Ainsi, en cette dernière journée du Heavy MTL, il a donné son 110% afin de s’assurer de combler ses fans. Un chanceux du nom d’Antoine a même pu monter sur scène pour interpréter Comin’ In Hot avec le groupe. Par ailleurs, avec la sortie de l’album V (Five), Da Kurlzz a quitté le band un nouveau batteur a pris sa place auprès du groupe dans la tournée : il s’agit de Matt Oloffson. Pendant le spectacle, il a eu son petit moment de gloire : on lui a demandé de chanter Livin’ On A Prayer de Bon Jovi et il en a chanté un extrait. Les gens autour de moi étaient visiblement des fans du groupe : tous chantaient et bougeaient au rythme des chansons. D’ailleurs, le groupe a entre autres interprété Whatever It Takes, Undead, Been To Hell, California Dreamin’, Renegade, War Child, Bullet et Riot. Il a également interprété une partie d’Enter Sandman, classique de Metallica, ainsi qu’une partie de Du Hast, classique de Rammstein. L’immense foule compacte autour de moi était hystérique. Hollywood Undead est un groupe qui fait lever la foule à chacun de ses spectacles. Il a, une fois de plus, réussi à séduire son public.

Gojira

La puissance dévastatrice de Gojira a frappé la scène de l'Apocalypse ainsi que l'énorme public massé devant. Pour s'assurer d'impressionner tous ces gens, le groupe a même utilisé des flammes et des vidéos d'éclairs. De plus, il s'est servi des lumières de manière brillante. Toutefois, vu le talent musical du groupe, la foule était gagnée d'avance. Des musiciens heureux et des fans heureux, tout le monde aime ça.

Pour conclure, une chose qui a su faire jaser est le changement temporaire de site. Celui-ci n'a pas semblé faire l'unanimité en raison de son étendue; il fallait souvent marcher un bon moment avant d'arriver à destination. Cependant, les organisateurs avaient pensé à cela puisqu'il y avait souvent un petit décalage entre les groupes afin de ne pas trop manquer. Aussi, l'emplacement des toilettes, surtout celles au bord de la scène du Jardin qui était beaucoup trop à proximité des prestations. Encore une fois, la lutte Heavy Mania en a satisfait plusieurs, mais elle en a fait rager aussi étant donné que parfois ça enterrait la scène de la forêt. Sinon, l'installation de nombreuses fontaines d'eau fut une brillante idée qui en a accommodé plus d'un. 

Au final, ce n'était peut-être pas parfait, mais c'était un bon retour de la part du Heavy Montréal. Les annulations de dernières minutes ont peut-être frustré plusieurs adeptes, mais malheureusement cela fait partie de la "game".

En espérant se revoir l'an prochain Heavy Montréal.

Lu 6353 fois Dernière modification le lundi, 30 juillet 2018 13:18
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