30 Aoû 2018

Deep Purple & Judas Priest : Compte-rendu et photos du spectacle de Montréal (2018) Spécial

Ce soir, le Centre Bell accueillait non pas une, mais deux légendes britanniques du Hard Rock et du Metal. De fait, Judas Priest et Deep Purple sont actuellement ensemble en tournée et c’est le groupe The Temperance Movement qui est chargé de la première partie.

Fait remarquable, Deep Purple fête son cinquantième anniversaire cette année et Judas Priest fêtera le sien l’année prochaine; ces deux groupes ensemble ont donc près d’un siècle d’expérience musicale.

Je ne connaissais pas The Temperance Movement avant ce soir et j’ai été agréablement surpris. Le groupe britannique (on sent comme un pattern, ici) fait du blues rock dans la plus pure tradition des groupes des années 1970. C'est devant un Centre Bell pas mal dégarni que le quintette britannique a entrepris son spectacle cinq minutes d'avance. Ce qui est bien dommage, car le groupe fait un blues rock bien ficelé et très efficace. Le chanteur très actif; il gesticule beaucoup et dans tous les sens. D’ailleurs, les autres musiciens lui laissent toute la place sur scène. Sur le plan musical, ils sont clairement influencés par les Rolling Stones; ça s’entend dans le son et dans le style musical. Les gars de The Temperance Movement étaient responsables de réchauffer la foule et c'est exactement ce qu'ils ont fait. Ils ont eu un accueil plutôt tiède, mais ils ont quitté la scène en surfant sur une bonne vague d'applaudissements. Les gens étaient fin prêts pour Judas Priest.

C’est avec la pièce titre de leur nouvel album que Judas Priest a ouvert les hostilités. Dès le départ, on sent que le groupe est en forme. Firepower est puissante, précise. Rob Halford arpente la scène comme un lion en cage, qui attend la moindre occasion pour libérer sa puissance. Et sa voix puissante, il ne se gêne pas pour s’en servir. Il rugit, pousse des cris dont lui seul a le secret.

Première surprise de la soirée, le groupe enchaîne avec Delivering the Goods, de l’album Killing Machine; une chanson qu’il n’a pas joué en spectacle depuis 1980. Les plus fans du groupe la reconnaissent, mais beaucoup ne l’ont jamais entendue.

La suite est un feu roulant de succès et de chansons du dernier album. Évidemment, Judas Priest joue les favorites de la foule, qui ne se gêne pas pour chanter à chaque occasion, avec Turbo Lover, Freewheel Burning, You’ve Got Another Thing Coming et Painkiller. Un spectacle de Judas Priest n’est pas complet sans Hell Bent For Leather et l’apparition de Rob sur sa moto. C’est donc sans surprise que le groupe a entrepris les premières notes dans la fumée et les bruits de moteur.

La surprise est plutôt venue lors du rappel : Glen Tipton, qui a dû se retirer de la scène pour des raisons de santé, est arrivé sur scène et a pris sa place devant Ian Hill. À son arrivée, la foule s’est déchaînée. Malheureusement, la maladie de Parkinson a fait des ravages; c’est un Glen Tipton très amoindri qui est monté sur scène le temps de jouer Metal Gods, No Surrender, Breaking the Law et Living After Midnight. Qu’importe; les gens étaient extrêmement heureux de le voir et lui ont fait comprendre assez rapidement. Il a participé aux chorégraphies avec Ritchie et Rob, s’est permis un solo ou deux et a semblé beaucoup apprécier son passage.

J’avais vu le spectacle de cette tournée à Ottawa, au début de l’année et j’ai surtout remarqué qu’Andy Sneap, qui remplace Glen Tipton pour la tournée, a pris beaucoup d’aisance sur scène. Il semble beaucoup mieux intégré au groupe.

Judas Priest nous a servi toute une performance. Avant d’entreprendre Painkiller, Scott Travis a mentionné que le Centre Bell était plein et il n’exagérait pas; on voyait très peu de sièges vides. Lorsque le groupe a quitté la scène, je me suis quand même demandé si beaucoup de gens étaient venus pour l’un ou l’autre des groupes. Est-ce que Deep Purple allait avoir un auditoire réduit par rapport à Priest?

Pas du tout. Il y avait bien quelques sièges vides de plus quand le groupe est arrivé sur scène, mais ils se sont remplis assez rapidement. Les vétérans n’y sont pas allés de main morte, ouvrant le spectacle avec Highway Star. Une belle façon de donner le ton pour le reste de la soirée. Le groupe va d’ailleurs jouer l’album Machine Head pratiquement au complet durant le spectacle. Outre la Highway Star, nous avons eu droit à Pictures of Home, Lazy, Space Truckin’ et, bien sûr, Smoke on the Water.

Ce sont évidemment les chansons les plus vieilles, comme Hush et Strange Kind of Woman, qui ont suscité les plus vives réactions. Knocking at Your Backdoor et Perfect Strangers ont aussi été très bien accueillies. C’est entre ces deux chansons que Don Airey a présenté son solo de claviers. Un vrai solo comme on en voit rarement de nos jours, avec des effets sonores, différentes sonorités; comme un collage de plusieurs petites pièces. Le musicien a inséré un extrait d’Hallelujah de Leonard Cohen dans son solo, ce que la foule a énormément apprécié.

Sur le plan musical, les vieux guerriers n’ont rien à envier à personne. Ils ont profité de chaque instant pour ajouter des solos et autres fioritures pour réinterpréter les chansons, mais sans jamais les dénaturer. Ian Gillan n’a pas perdu grand-chose de sa voix. Il pousse la note pratiquement aussi bien qu’à ses beaux jours; seules Knocking at Your Backdoor et Perfect Strangers ont été descendues d’un ton. Pour un type qui a fêté son 73e anniversaire il y a deux semaines, il est encore en bonne forme, tout comme ses comparses de la première heure, Roger Glover et Ian Paice. Quant au cadet du groupe Steve Morse, il manie sa guitare avec une aisance déconcertante. J’ai été étonné de constater que cela fera 25 ans l’année prochaine qu’il est avec Deep Purple; il y a donc passé beaucoup plus de temps que Ritchie Blackmore.

Côté mise en scène, le groupe a fait preuve de simplicité volontaire : trois écrans vidéo et de l’éclairage; c’est tout. L’éclairage était magnifique et très efficace et les écrans ont service à montrer des gros plans des musiciens et des images en lien avec les chansons. Malgré qu’ils soient cinq musiciens, la scène m’a semblée assez vide.

Il faut dire que personne dans Deep Purple n’est une bête de scène; le groupe mise sur sa musique plus que sur les effets visuels et les acrobaties… et on ne peut pas être contre. Je n’ai pas vu le temps passer; j’en aurais pris encore. À bien y penser, laisser le public en appétit n’est pas une mauvaise façon de finir un spectacle.

Lu 5530 fois Dernière modification le jeudi, 30 août 2018 02:40
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