19 Sep 2018

Steve Earle & The Dukes: Critique et photos du spectacle à Montréal (2018)

Le Country rocker Steve Earle et son groupe, The Dukes, étaient en ville hier soir pour célébrer le 30e anniversaire de l’album Copperhead Road; un album-phare du chanteur. Le duo The Mastersons, qui font aussi partie des Dukes, assuraient la première partie.

Eleanor Withman et Chris Masterson sont un duo mari et femme. Ils chantent tous les deux et lui joue de la guitare et elle joue principalement du violon. J’avais écouté leur dernier album avant de me rendre au spectacle et j’avais trouvé ça plutôt ordinaire. J’ai donc été très agréablement surpris quand je les ai entendus. Les arrangements intimistes et acoustiques font des merveilles pour leurs compositions. Je serais très curieux d’entendre un album enregistré de cette manière. Ils ont eu 6 chansons pour nous convaincre et ç’a été amplement suffisant à en juger des réactions de la foule. Ils ont quitté la scène en nous disant « À la prochaine! » et je serai au rendez-vous.

Steve Earle est monté sur scène à 21h et a commencé, comme prévu, avec Copperhead Road. Il va nous jouer tout l’album, puis nous présenter d’autres chansons, dont plusieurs tirées de son plus récent album, So You Want To Be an Outlaw.

Les chansons sonnent merveilleusement bien; le son est excellent. Steve est de très bonne humeur : il sourit avec la foule et les musiciens, il nous raconte des anecdotes. Nous avons droit à un espèce de « making of », une version commentée de l’album. Il a, entre autres, pris cinq minutes pour raconter qu’il a invité Larry Crane chez lui pour composer une chanson (Once You Love) et qu’ils se sont retrouvés à acheter une voiture et de la bière. Il conclut en disant « La chanson que nous avons écrite n’a rien à voir avec l’histoire, mais bon… »

Il semble également assez au fait de la politique canadienne, car il y fait référence à quelques reprises. Entre autres. Pour introduire The Devil’s Right Hand, il explique qu’aux États-Unis, il a préparé tout un discours, mais qu’il n’est pas nécessaire au Canada (la chanson parle des armes). Il mentionne également plus tard que le Canada est tellement mieux que les États-Unis politiquement, sauf en Ontario, où il se passe de sales choses (fucked-up things). Il conclut en disant : faites-nous à tous une faveur et soyez canadiens! Vous êtes une lueur d’espoir dans le monde.

J’ai vu le MTELUS beaucoup plus plein, mais la foule est en forme et réserve un accueil extrêmement chaleureux au chanteur. Les gens dansent, tapent du pied, chantent avec cœur; l’avant de la scène est un vrai party et le responsable est sur scène. Le country-rock teinté de folk irlandais de Steve Earle est extrêmement contagieux. Sa voix est rauque et expressive et il sait raconter des histoires. Il ne faut pas négliger les musiciens non plus. Ils font sonner les chansons comme elles doivent être entendues : lourdes par moment (Earle a inventé le bluegrass-heavy metal), douces ou mélancoliques.

Il a aussi pris la peine de dire à ses fans qu’il a un album hommage à Guy Clark qui sortira très bientôt et qu’il prépare un album politiquement chargé qui sortira en 2020, juste à temps pour les élections américaines.

J’ai adoré ma soirée. The Mastersons ont été une très belle surprise et les chansons de Steve Earle prennent une toute autre dimension en spectacle. Earle n’est pas un showman, mais il est très charismatique et ses chansons viennent chercher les gens à tout coup. Il n’y a aucun doute, Copperhead Road a peut-être 30 ans, mais l’album a extrêmement bien vieilli.

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