24 Sep 2018

The Cadillac Three : Compte-rendu et photos du spectacle à Montréal (2018)

Le power-trio Country rock de Nashville, The Cadillac Three, était à Montréal pour la première fois hier soir. Le groupe se produisait au Petit-Campus avec Black Mountain Whiskey Rebellion en première partie.

Black Mountain Whiskey Rebellion est un groupe canadien tout récent qui fait du Southern Rock dans la plus pure tradition de Lynyrd Skynyrd et, plus récemment, Blackberry Smoke et Whiskey Myers. Les six musiciens étaient un peu à l’étroit sur la petite scène du Petit Campus, mais cela ne les a pas empêchés de donner un spectacle mémorable à l’importante foule qui s’était déplacée pour assister à la soirée. Les gars du groupe ont une belle présence sur scène et leur musique est entraînante à souhait. Leur prestation d’une trentaine de minutes n’est pas passée inaperçue. Les gens ont beaucoup apprécié et ont bruyamment approuvé le spectacle. BMWR ont terminé leur spectacle avec leur simple Holy Smoke; un petit bijou de chanson qui s’écoute facilement en boucle. J’ai déjà très hâte de les revoir à Montréal et d’entendre l’album.

À 21h15, Jaren Johnson, Kelby Ray et Neil Mason sont montés sur scène sous les applaudissements nourris de la foule. The Cadillac Three ont réussi à attirer l’attention des amateurs de Country montréalais sans jamais offrir de prestation dans la métropole. Ils ont remédié à cela hier soir de belle façon. Le groupe qui se vante de jouer le plus fort (Loud and Proud!) a joué pendant presque deux heures, lançant vague après vague de leur Hard Rock Country dont eux seuls ont le secret. Ils étaient visiblement ravis de l’accueil des gens, qui ont démarré le party dès les premières notes.

Ils nous ont offert un bon mélange de leurs trois albums tout en mettant l’accent sur les deux premiers. Ils nous ont balancé un country rapide, entraînant et très LOURD. La guitare de Jaren rugissait dans les haut-parleurs tandis qu’il débitait les paroles à un rythme d’enfer et Neil tapait sur sa batterie comme s’il enfonçait des pieux avec une masse. Kelby, de son côté s’affairait à lier le tout avec sa guitare slide déjantée et distorsionnée.

Peace, Love & Dixie a ouvert le bal, suivi de Slide et de Soundtrack to a Six Pack; le ton était donné pour la soirée. Le groupe se permet des petites variantes dans l’arrangement des pièces, jouant certaines plus lentement ou avec une instrumentation ou une ligne mélodique un peu différente; Bury Me in My Boots est un bon exemple. Jaren interagit constamment avec les gens; vers la fin du spectacle, il s’est même payé une petite promenade dans la salle. Il s’est rendu jusqu’à l’arrière pour aller boire la bière du technicien de son et faire des yeux doux à la barmaid. Tout cela, sans jamais arrêter de jouer de la guitare. Il nous a aussi expliqué que leur prochain album est écrit et enregistré; il ne manque que la date de sortie. Ils nous ont alors joué trois nouvelles chansons qui semblent très prometteuses. La première, entre autres, comportait des harmonies entre les deux guitares qui sonnaient très bien dans la salle.

Une autre série de succès a suivi, puis, une surprise : Avant de commencer, Jaren a dit « J’espère que je ne vais pas la massacrer celle-là… » et il a entrepris de jouer Raise ‘Em Up, la chanson de Keith Urban et Eric Church. Lorsque la chanson s’est terminée, il s’est tourné vers Kelby en lançant un regard approbateur; j’ai eu l’impression qu’ils ne l’avaient pas jouée souvent celle-là.

Ensuite, le groupe nous a envoyé un dernier feu roulant de succès, en commençant avec I’m Southern (ils en ont profité pour dire que ce n’était certainement pas leur dernier passage à Montréal étant donné l’accueil qu’ils ont reçu), puis Whiskey Soaked Redemption, à la fin de laquelle Kyle nous a fait un solo de guitare slide. Enfin, après un très court arrêt, le groupe est revenu sur scène et Jaren nous a raconté qu’il était très fier de faire de la musique. Trois Rednecks du Tennessee qui pouvaient jouer un peu partout dans le monde et, partout où ils allaient, peu importe les différences, tout le monde chante les deux dernières chansons.

« She stole my heaaaart… » White Lightning a commencé et les gens ont chanté en chœur. Pour la finale, tout le monde l’attendait, The South. L’intensité a encore monté d’un cran. Tout le monde dansait au rythme de la musique et chantait, reprenant le refrain avec entrain.

Le Petit Campus était beaucoup plus plein que ce à quoi je m’attendais; ce fut une belle surprise. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Country a un public à Montréal. Les spectacles de Steve Earle et de The Cadillac Three me l’ont prouvé cette semaine. De plus, Evenko annonce de plus en plus d’artistes de ce genre pour les prochains mois. Les amateurs du genre ont de quoi se réjouir, particulièrement avec la qualité de spectacle à laquelle nous avons droit.

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