05 Nov 2018

Behemoth / At The Gates : Critique et photos du spectacle de Montréal (2018) Spécial

Le MTelus ouvrait ses portes ce soir aux adeptes de metal extrême. Au menu, les groupes Wolves In The Throne Room, At The Gates et Behemoth. La foule était grande et les musiciens étaient enjoués.

Pour ouvrir la soirée, Wolves In The Throne Room est apparu sur scène avec de la bière et de l'encens. La performance n'a duré que 30 minutes, mais le groupe a savamment utilisé son temps pour préparer nos oreilles à ce qui allait suivre. Pendant cette première partie de spectacle, le public est resté immobile, ne bougeant la tête que rarement, semblant plutôt étudier le moment qu'il vivait (ou espérer que le groupe quitterait bientôt la scène...). Pour ma part, j'ai apprécié le fait que le groupe, qui tend à aborder majoritairement les thèmes de nature et de paganisme, se serve de ses thèmes pour effectuer les transitions entre les pièces. Les bruits de pluie et de forêt semblent toutefois avoir perturbé les gens qui m'entouraient...

Après les bruits de pluie projetés par WITTR, il s'est mis à pleuvoir dans le MTelus, lorsque At The Gates est monté sur scène avec son déluge de notes de musique. Le groupe de death metal mélodique a montré beaucoup d'énergie et d'enthousiasme durant toute sa performance. La foule était aussi bien plus active que lors de la prestation précédente : les gens chantaient, se bousculaient un peu, et certains ont même fait du crowd surfing, y perdant leurs souliers ! Le groupe a pu jouer plus d'une dizaine de chansons, incluant Slaughter Of The Soul, A Stare Bound In Stone, Death And The Labyrinth, Suicide Nation et The Night Eternal. Les fans du groupe semblaient ravis de la sélection de chansons. Le groupe était heureux d’être à Montréal et de jouer devant ses fans. Lorsque ses membres sont sortis de scène, la foule a brièvement tenté de les y ramener, mais le temps de scène était écoulé et l’impatience du grand public à voir Behemoth grandissait sans cesse.

Dès le départ de At The Gates, les paroles de Solve, de Behemoth, ont résonné dans la salle. Après les avoir entendues pendant ce qui m'a semblé trois éternités, les membres du groupe sont enfin apparus derrière un mince rideau noir translucide sur lequel se découpaient leurs ombres, alors que le reste de la première pièce se faisait entendre. Enfin, le rideau est tombé, dévoilant Behemoth, et une rafale de black metal a emporté toutes les âmes présentes vers un autre monde. C’est ainsi qu’a débuté le spectacle de Behemoth, constitué de 5 chansons issues du plus récent album et de 9 autres pièces. Après l’écoute de l’enregistrement de Solve, ce sont les riffs de Wolves ov Siberia qui ont attaqué nos oreilles. Déjà, la foule était en liesse, hurlant et sifflant très fort son approbation et son appréciation. Certes, il était prévisible que les fans soient aussi enthousiastes dès l’apparition du groupe, mais qui aurait pu deviner qu’ils seraient aussi énergiques jusqu’aux toutes dernières notes de la soirée ? Nergal était apparemment tout aussi heureux que nous de se retrouver au Metropolis, affirmant qu’il se sentait ici chez lui.

Lorsque le groupe a lancé les mélodies de Daimonos et de Ora Pro Nobis Lucifer, le public a montré sa joie en faisant du crowd surfing et en lançant des vêtements dans les airs. Puis, Nergal a hurlé les premières paroles de Bartzabel et la foule a scandé les mots suivants avec lui. Pendant toutes les autres chansons suivant Bartzabel, les fans chantaient très fort. Ces pièces incluent God = Dog, Decade Of Therion, Blow Your Trumpets Gabriel, Slaves Shall Serve et Lucifer.

Toutes les personnes réunies dans la salle, musiciens comme spectateurs, semblaient satisfaits de la soirée. Puis, soudainement, pour ajouter à l’effet de grandeur du groupe, des immenses jets de fumée ont jailli des deux côtés de la scène, prenant les spectateurs par surprise. Alors que tous semblaient captivés par la fumée explosive, j’étais fascinée par les jeux de lumière qui conféraient à la salle une atmosphère encore plus sombre et plus lourde. De plus, j’étais totalement stupéfaite d’assister au déferlement des coups sur les percussions d’Inferno : son ensemble de percussions en lui-même est impressionnant, et voir quelqu’un être capable de s’en servir avec autant de précision et d’efficacité est tout simplement incroyable.

Finalement, après une remarquable interprétation de Coagvla, pendant laquelle les quatre musiciens se sont réunis devant la scène pour frapper des percussions, Behemoth est brusquement sorti de scène. Le public ne savait pas comment réagir devant une telle sortie ; plusieurs personnes autour de moi croyaient que le groupe allait revenir sur scène, mais il n’est pas revenu. Behemoth a très peu parlé pendant la soirée, préférant nous bombarder de pièces.

Chaque fan de Behemoth a quitté les lieux avec le sourire. Il est pratiquement impossible d’être déçu d’une telle performance. Cette soirée restera définitivement gravée dans ma mémoire.

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