01 Avr 2019

Mortiis: compte-rendu et photos du spectacle à Montréal (2019)

Hier soir, Graveren et Mortiis sont venus nous en mettre plein la vue au Petit Campus. Nous avons eu droit à un spectacle intime unique. Ceux qui ont manqué le passage de Mortiis à la Messe des Morts en 2017 ont eu de la chance : il s’agit d’une visite assez rare.

 

Graveren a ouvert la soirée. C’est une découverte locale fort intéressante et l’artiste a été très bien choisi. Bien qu’il soit question d’un projet récent, Graveren nous ramène dans les années 90, époque où le dungeon synth a connu ses origines et à laquelle la Era I de Mortiis a connu une belle popularité. En même temps, l’artiste incorpore un symbolisme médiéval tant dans sa présentation que dans sa musique. La mise en scène était minimaliste, tout comme les pièces jouées par l’artiste. Cependant, minimaliste ne veut pas dire sans profondeur. Au contraire, Graveren nous a impressionnés avec son originalité derrière son clavier décoré par son nom. Sa musique nous a emportés complètement ailleurs. C’est fort agréable de découvrir un artiste actuel qui rend si bien hommage à un style particulier comme le dungeon synth. La prestation d’hier soir a piqué ma curiosité et j’ai bien hâte de voir ce que Graveren pourra nous présenter prochainement.

Après l’entracte, Mortiis est monté sur scène ! Il arborait son look de scène des dernières années, un classique. Avec son masque, ses oreilles pointues, ses dreadlocks et sa tenue, il transcendait sa signature et nous savions instantanément que nous aurions droit à un spectacle hors de l’ordinaire. La petite foule de fans attendait l’artiste avec impatience. La mise en scène était superbe. Malgré les éléments élaborés, nous avions l’impression de nous retrouver devant une scène épurée en raison de l’utilisation de l’espace. Mortiis s’y trouvait seul au milieu, avec son clavier aux couleurs de Era I. Il était entouré d’une forêt d’arbres sans feuilles et de deux banderoles noires à l’effigie de son projet musical — une de chaque côté. Derrière lui se trouvait une toile de fond qui venait ajouter la touche finale. Le tout nous emportait dans l’univers de l’artiste et nous n’avions plus l’impression d’être au Petit Campus. Il était facile de se laisser bercer par la musique. Parlant de musique, nous avons eu droit à une sélection de pièces intéressante. Mortiis est un artiste qui a touché à une grande diversité de styles et qui n’a pas peur de l’expérimentation. J’ai donc grandement apprécié que sa tournée nord-américaine se concentre sur Era I et le dungeon synth. Le clavier était mis en vedette ! S’il avait offert une variété de toutes les Era, je crois que les pièces ne se seraient pas bien enchaînées et l’ambiance aurait été brisée rapidement. Il était intéressant de voir un retour aux sources. Mortiis a joué des chansons de plus de 20 ans juste pour nous et a été en mesure de nous ramener dans le passé. De plus, je crois que cette tournée nous laisse entrevoir ce qui nous attend. Il a notamment joué Visions of an Ancient Future, chanson datant de 1994 et qui vient d’être réenregistrée et assortie d’un nouveau vidéoclip. Cela veut-il dire que Mortiis veut retourner vers ce style pour de bon ? À suivre !

Même si la soirée s’est terminée relativement tôt, elle était somme toute agréable. Ceux qui voulaient voir Mortiis ont pu le faire, tout en découvrant Graveren, s’ils ne connaissaient pas déjà. Ma seule déception, c’était de voir un petit public. Même si c’était un dimanche soir, j’aurais espéré que Mortiis attire une plus grande foule.

Lu 1683 fois Dernière modification le lundi, 01 avril 2019 15:16
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