06 Avr 2019

Dream Theater : compte-rendu et photos du spectacle à Montréal (2019)

J’attendais avec beaucoup d’impatience ce spectacle du quintette new-yorkais, car il marquait le 20e anniversaire de MON album préféré du groupe : Metropolis Pt. 2: Scenes from a Memory. Je ne ferai pas la critique de l’album; je pense que c’est acquis que les amateurs du groupe le connaissent en long et en large.

C’est une salle Wilfrid-Pelleter pleine à craquer qui attendait les musiciens avec beaucoup d’impatience. Ceux-ci sont montés sur scène sur le coup de 20h et, d’un bond, le parterre s’est levé pour ne plus se rasseoir de la soirée. Quiconque va voir Dream Theater en spectacle ne s’attend pas à une orgie d’effets spéciaux et d’explosions. Le groupe est reconnu pour jouer du métal progressif à haute voltige et il se concentre sur ce qu’il fait de mieux. La scène est sobrement organisée : de l’éclairage, quelques plateformes, une passerelle derrière la batterie, un immense écran au fond de la scène et c’est à peu près tout.

Comme leur mise en scène, les musiciens sont relativement statiques sur scène. Il est difficile de manquer l’immense « cage » de Mike Mangini; sa batterie est en plein centre de la scène et les musiciens évoluent autour de lui. John Myung, le bassiste est à sa droite et y demeurera durant toute la soirée. Comme à son habitude, Jordan Rudess joue des claviers sur un socle mobile, qui lui permet de pivoter et d’incliner son instrument à gauche et à droite. Il se permet aussi quelques sorties avec une Keytar; sorties fort appréciées d’ailleurs. À l’autre bout de la scène trône John Petrucci. Le maître guitariste est relativement tranquille dans son coin. Il faut dire qu’il a fort à faire; en plus de jouer des partitions extrêmement compliquées, il doit jongler avec toutes sortes d’effets et chanter les chœurs. Il reste James LaBrie pour animer un peu la foule, qu’il fait très bien.

J’ai trouvé James beaucoup plus en forme qu’au dernier spectacle du groupe; ceux qui s’inquiètent pour sa voix peuvent se rassurer : j’ai été impressionné par sa performance. Il a su trouver toutes les intonations, toute la hargne dont il est capable à travers les diverses chansons de la soirée.

Comme à son habitude, le groupe a divisé le spectacle en deux parties, la première rassemblait quelques chansons du nouvel album et d’autres opus plus anciens. J’ai trouvé intéressant que le groupe choisisse des chansons des albums qui, selon moi, sont parmi les plus « lourds » de son répertoire : Systematic Chaos et Black Clouds and Silver Linings. Donc, le premier acte a mis en vedette de longues chansons; le groupe en a joué 6 pour une heure de spectacle. La deuxième partie, elle était consacrée à Scenes From a Memory, que le groupe a joué intégralement.

Pour un groupe de la renommée de Dream Theater, c’est toujours un peu « casse-gueule » de reprendre un album aussi marquant. Les fans qui viennent voir le spectacle connaissent l’album par cœur; la moindre divergence, la moindre faute, sera remarquée.

Le groupe s’est acquitté de la tâche avec brio. De la première note à la dernière, de Regression à Finally Free, ce fut un bonheur d’entendre le groupe interpréter cet album. Beaucoup de gens, donc moi, ont chanté avec James LaBrie toutes les paroles de l’album, se sont régalés des parties instrumentales mélodieuses, acrobatiques et tellement ingénieuses. L’écran derrière ajoutait une nouvelle dimension, illustrant chaque chapitre de l’histoire. Puis, comme pour nous montrer que le groupe n’a rien perdu de sa verve au fil des ans, le spectacle s’est terminé avec Pull Me Under.

Beaucoup de facteurs font ou défont la réussite d’un spectacle et le choix de la salle en est un. La décision de présenter Dream Theater à la salle Wilfrid-Pelleter en est une très heureuse. C’est probablement la salle idéale pour ce groupe. L’acoustique est excellente; le son est majestueux et équilibré; il ne manque qu’un espace libre à l’avant du parterre. La salle a un côté intime que le Centre Bell ne peut pas offrir, même en format théâtre.

La foule était très diversifiée; j’ai vu des gens de tous les âges; ceux qui, comme moi, suivent le groupe depuis ses débuts et ceux qui n’étaient pas nés à la sortie Scenes from a Memory; contrairement à beaucoup de spectacles de Prog, la gent féminine était très présente et a fort apprécié le spectacle.

C’est une soirée très mémorable du début à la fin que nous a offerte Dream Theater hier soir. La réaction des gens à la sortie de la salle témoigne de la qualité de prestation qu’ils ont donnée. Les expressions de ravissement fusaient d’un peu partout et les sourires étaient larges et sincères. Personnellement, cette prestation m’a réconcilié totalement avec le groupe.

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