08 Aoû 2019

IRON MAIDEN : Compte-rendu et photos du spectacle de Québec (2019) Spécial

Je l’avoue d’emblée, je suis un puceau. Je n’ai jamais vu Iron Maiden en spectacle. Oui je sais quel affront pour tout amateur de métal qui se respecte. Mais que voulez-vous, je n’ai jamais été un grand fan de Maiden, dont je ne connais que quelques titres d’ailleurs. Pourtant, comme le dit souvent un ami à moi : « Si y’a autant de monde qui aime ça, il doit bien y avoir une bonne raison. » C’est pourquoi quand j’ai eu la chance d’assister au spectacle de ce soir, je n’ai pas hésité une seconde. Il fallait absolument que je découvre par moi-même pourquoi Iron Maiden est un des groupes les plus populaires de la planète, tous styles confondus.

En arrivant sur place, je constate que le système de billets électroniques choisi par la gérance de Maiden connaît quelques ratés. Deux gars déjà complètement saouls en avant de moi dans la file à la billetterie se demandent pourquoi on leur a refusé l’entrée. Ils me montrent leurs billets papier et je m’aperçois immédiatement qu’ils sont mal découpés. Il manque la moitié du code électronique. La soirée va être longue pour eux je pense. Je leur souhaite bonne chance et je m’éclipse.

Après une petite erreur de porte, j’entre finalement dans l’édifice de 400 millions de dollars et je constate que le groupe du fils de Steve Harris, The Raven Age, est en train de jouer. Je me ramasse rapidement un breuvage et je cours attraper les dernières pièces de ce groupe londonien désigné comme métalcore mélodique, ce qui leur va plutôt bien. Leur style moderne agrémenté de refrains accrocheurs est efficace, mais c’est trop peu pour empêcher la foule de ne pas les écouter. En effet, plusieurs spectateurs ont choisi d’attendre à l’extérieur de l’enceinte, préférant tirer sur des joints ou siffler des bières au rabais, en attendant le « vrai spectacle. »

Force est de constater que Iron Maiden attire un public très large et bigarré, allant de 7 à 77 ans. Apparemment, tout le monde est bienvenue chez Eddie. Quand on a su séduire autant de monde, on doit bien faire quelque chose de bien. Dans le show-business, la pérennité est habituellement réservée aux légendes. Au fils des ans – depuis 1975 – Eddie a laissé sa marque. Comme pour Metallica, quand on est fan de Maiden on ne le cache pas. Au contraire, on arbore fièrement son vieux t-shirt du show qu’on a vu en 82.

Aussi, rarement vu autant de membres de la gent féminine à un show métal. En 2019, Maiden c’est devenu une sortie de couple. Ce n’est pas une remarque ironique, mais le constat d’un succès qui dépasse l’entendement. Attention, le show commence.

Que dire d’un spectacle dont tous les spectateurs connaissent toutes les paroles de toutes les chansons par cœur? À la première note de chaque pièce, c’est le délire total. Que dire de plus? Honnêtement, je ne me rappelle pas avoir vu autant de gens heureux, au même endroit au même moment, de toute ma vie. C’est aussi simple que ça!

La tournée Legacy Of The Beast, c’est comme le cirque qui débarque en ville. Il y a très peu de temps morts. Très peu d’occasions de reprendre son souffle. Tout au long de la performance, on a l’impression qu’on va manquer quelque chose si on a l’audace de regarder ailleurs. Attaque de mascotte géante, feux d’artifice, jets de flammes foncées, lances-flammes montés sur les bras du chanteur, nombreux changements de décor, un avion qui survole la scène, un tête géante qui apparaît derrière la scène : rien n’est laissé au hasard afin de garantir aux spectateurs une expérience mémorable. Assurément, la production la plus spectaculaire qu’il m’ait été donnée de voir.

En plus, la sélection des chansons est judicieuse. Impossible de satisfaire tout le monde, mais très peu de chansons récentes. Après tout c’est la tournée Legacy. On fait le tour des premières années Dickinson. (Je vous laisse un lien vers la playlist complète à la fin de cet article.)

Bruce Dickinson s’adresse à la foule dans un excellent français tout au long du spectacle. Il connaît son public. Il est aussi très en voix. Il bouge constamment et change de costume pratiquement à chaque chanson. Il harangue la foule pour qu’elle crie plus fort. Il fait l’acteur. Il chante en manipulant des accessoires scéniques. Le tout sans perdre ses marques ni le rythme. C’est ce qu’on appelle un pro. Les autres musiciens ne nous laissent pas indifférents pour autant. Toujours au devant de la scène, les trois guitaristes, Murray, Smith et Gers, se relaient sans cesse pour garder l’attention des milliers de yeux qui les observent. Le bassiste, Steve Harris, un pied sur les moniteurs, connaît le tabac et ne se prive pas pour se faire aller, avec la fougue adolescente qu’on lui connaît. Caché derrière une immense batterie parsemée de cymbales noires, McBrain, se montre la binette de temps à autre pour saluer la foule en liesse.

Dans le désordre, mes moments forts de la soirée : les solos de guitare et les steppettes de Janick Ger, le début du spectacle avec Aces High, le riff de guitare bien gras sur 2 Minutes To Midnight, The Trooper, les effets scéniques très réussis pendant et à la fin de Flight Of Icarus, Dickinson qui sort un drapeau du Canada sous un tonerre d’applaudissements, le jeu de McBrain sur Hallowed Be Thy Name, la foule qui chante bonne fête pour célébrer le 61e anniversaire de Dickinson.

Visiblement, Iron Maiden aime faire plaisir à ses supporters et ces derniers ne se gênent pas pour leur rendre l’appareil. C’est ce qu’on appelle une relation gagnant-gagnant. Oui Iron Maiden mérite le respect (dont le mien). Difficile de trouver une plus belle soirée pour perdre ma virginité.

Le lien vers la playlist complète :https://www.setlist.fm/setlist/iron-maiden/2019/centre-videotron-quebec-city-qc-canada-2b9fb092.html

 

Lu 3043 fois Dernière modification le jeudi, 08 août 2019 02:19
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