12 Aoû 2012

HEAVY MTL 2012 - Jour 2

Spectacle: Le 12 août 2012, au parc Jean-Drapeau
Organisateur: evenko
Photographe: Patryk Pigeon et Mihaela Petrescu (collaboration spéciale)
Compte-rendu: Yanick "Klimbo" Tremblay, Sophie LeMay, Sébastien Léonard et Patryk Pigeon


Voici le compte rendu du Jour 2 du festival Heavy MTL 2012.


Les festivaliers étaient déjà assez nombreux à occuper le parterre devant la scène Heavy MTL (qui est aujourd'hui celle de gauche) pour accueillir Dance Laury Dance. Encore une fois, les organisateurs ont misé sur une ouverture un peu plus "légère" mais sûre de mettre de l'ambiance. Et c'est ce que le groupe de Québec a livré, avec son gros rock gras plein d'énergie et bien exécuté. La chimie entre les musiciens et l'humour de leurs chansons ont aussi contribué à l'ambiance festive. (Sophie)

Soleil radieux qui entrait en contraste avec ce qu’offre la formation Hollow, l’un des groupes qui a participé à la bataille des groupes. Sans avoir gagné ce concours, ce groupe s’en est sorti… gagnant, car il est important de spécifier que Hollow a été choisi par Voïvod eux-mêmes pour ouvrir les festivités sur la scène de l’Apocalypse. Avec une sonorité black métal symphonique truffée d’autres genres, ce que le groupe propose a plu à bien des gens, moi le premier ! Sonorité impeccable, justesse de la part des musiciens et des maquillages à te péter le péteu par terre, surtout celui du guitariste qui arborait une simulation squelettique mangeouillée par des zombies, sur son propre corps. Théâtrale, la prestation du groupe se mérite d’être vue mais aussi, entendue! (Klimbo)

La deuxième formation à jouer sur les grandes scènes est aussi bien de chez nous, mais c'est là que s'arrête toute comparaison. Les gars de Blind Witness débarquent devant leurs fans avec toute leur agressivité et leur technicalité. Ceux qui scandaient le nom du groupe avant son arrivée ne se sont pas fait prier pour se lancer dans le premier "circle pit" de ce second jour de festivités. Une prestation solide qui marque malheureusement la fin de ce projet, mais qui laissera de bons souvenirs aux fans qui se sont déplacés tôt. (Sophie)

En raison d'un imprévu, nous n'avons malheureusement pas pu couvrir la prestation de Protest the Hero. Vous pouvez toutefois voir les photos en cliquant ci-dessus.

Quelle belle surprise ai-je quand j’arrive sur le site de la scène de l’Apocalypse, l’endroit est presque plein et il est difficile de circuler pour se trouver une place. Pourquoi est-ce si bon? C’est que c’est un groupe de Montréal qui attire autant d’admirateurs en ce début de journée et c’est pour moi la plus grosse foule que je verrai à cet endroit. La chanteuse Alissa White-Gluz y est sûrement pour beaucoup. Elle est belle et talentueuse à la fois. De quoi attirer autant les gars que les filles. Mais ce n’est pas seulement ça, car avec trois albums parus jusqu'à maintenant, si la musique de The Agonist n’était pas à la hauteur les curieux auraient décroché. Et j’ose espérer que leur superbe dernier disque Prisoners y est pour quelque chose. Les musiciens sont heureux de leur succès et ça s’entend et ça se voit. Ils sont pleins d’énergie et bougent avec assurance sur le stage. Alissa est comme toujours une excellente « frontwoman ». Certains pourraient lui reprocher que son français n'est pas parfait, mais sachant qu’elle est anglophone, je suis plus qu’heureux de l’entendre parler dans la langue de Molière. Et je rajouterais même que son français est cent fois meilleur que l’anglais de la grande majorité des francophones que je connais. Le son est bon, mais la voix est un peu enterrée dans le mix. Rien pour déranger vraiment. Tout le groupe est habillé en blanc taché de fausses traces de sang. Danny Marino prouve encore une fois qu’il est un des très bons guitaristes de sa génération. Une belle demi-heure très vite passée. (Seb)

Avec quelques minutes de retard, en relation avec le fait que mon entrevue avec Trivium allait trop bien, j’ai manqué quelques notes de la part d’Overkill. Je ne dis pas ça pour me plaindre, loin de là mais Corey Beaulieu est un sacré jaseux en entrevue, surtout lorsque je lui ai parlé de son modèle de guitare personnalisé… la passion dans ses yeux, c’est à voir très bientôt sur MU ! Avec Overkill, je savais à quoi m’attendre avec un thrash de la vieille école maîtrisé à merveille par cette troupe de vétérans. DD Verni impressionne encore avec sa basse pimpante et Blitz semble en forme incroyable. Avec un tour de taille de guêpe, nul ne pourrait penser que ce propriétaire d’une chocolaterie s’empiffre comme un goret de produits à base de cacao ! Mais c’est avec Elimination et Hello from the Gutter que la formation est allée nous chercher au plus lointain de nos tripes, et de nos souvenirs ! (Klimbo)

Iwrestledabearonce n'est décidément pas fait pour les puristes d'un genre comme de l'autre. S'évertuant à défier toute catégorisation, les musiciens passent par toute la gamme des "-core" et y ajoutent par-ci par-là des touches d'électro, de mélodies à la Mario Bros et de style bayou. La nouvelle chanteuse, Courtney LaPlante, semble n'être qu'un petit bout de femme, mais elle montre assez vite qu'elle en a là-dedans et on commence à croire qu'elle pourrait en effet se mesurer à un ours à coup de "growls". Par contre, ses parties chantées, sans être mauvaises, m'ont semblées identiques dans toutes les pièces. Côté visuel, ça se promène sur scène au gré des changements de tempo pendant que le batteur fait des poids avec son "hi-hat", comme si ce n'était pas assez de tapocher sur un drum par un temps pareil. (Sophie)

C’est un autre groupe francophone qui prend d’assaut la scène Heavy Mtl, mais pour la première fois aujourd’hui, ils ne sont pas Québécois, mais bien Français. Gojira jouit maintenant d’une bonne notoriété au Québec comme le prouve la réaction de la foule dès les premières notes d'Oroborus. C’est ce stage qui a aujourd’hui le meilleur son et c’est nous qui en profitons. Nous avons droit à des musiciens beaucoup plus en possession de leurs moyens que la dernière fois en première partie de Metallica. Que ce soit de plus vieux morceaux comme The Heaviest Matter Of The Universe ou des titres de leur dernier disque comme Explosia et L’Enfant Sauvage, ils font mouche dans l’assistance. Le chanteur Joseph Duplantier n’en manque pas une pour nous rappeler l’amour qui unit Gojira et le Québec et il est visiblement heureux de parler dans sa langue natale. Il n’hésite pas à descendre où il y a la sécurité pour venir taper dans les mains de plusieurs fans en première rangée. Même le drummer Mario Duplantier vient au micro pour nous encourager à mettre l’endroit sens dessus dessous. Une de mes performances préférées de la journée. (Seb)

Retour réussi que celui de BARF. Les gens chantaient pratiquement tous les mots vociférés par Marc Vaillancourt avant qu’ils ne sortent de sa bouche. Avec une section rythmique surpuissante qui comprend le bassiste Dominic « Forrest » et Carlos Araya aux percussions, le BARF 2.0 est très solide ! C’était chaud et humide pendant leur prestation mais lors du P’Tit Poisson, l’atmosphère s’est envenimée au grand plaisir de Vaillancourt qui tirait la langue mais pas par dégoût, mais plutôt par approbation. (Klimbo)

Même si le groupe en est à sa deuxième participation au festival en deux ans, Trivium ne perd pas de sa popularité auprès du public montréalais. Se lançant dans In Waves, le quatuor floridien accroche tout de suite les spectateurs et ne les laissera pas démordre avant la fin, avec une prestation sans faille et sans temps mort. Les trois préposés aux cordes et aux voix occupent bien la scène et sont soutenus par un batteur au jeu assez intéressant quand on y prête un peu d'attention. Entre les chansons, c'est un Matt Heafy bien déterminé à faire bouger son monde qui s'adresse à la foule assez dense devant lui. Il va même jusqu'à lancer une petite compétition avec Heavy TO, ce qui est sûr d'aviver la flamme des Québécois! Grâce à tous ces éléments réunis, les amateurs de bodysurfing et de thrash en tout genre s'en donnent à cœur joie tandis que les autres ont les bras dans les airs et le cou en mouvement. (Sophie)

Toujours difficile pour un groupe comme The Dillinger Escape Plan de faire sa place dans un gros festival. Leur style, si original et génial soit-il, est difficile à comprendre en live quand on ne les connaît pas sur CD. Comble de malheur, le son d’une des guitares et de la voix n’est pas au niveau au début du spectacle. Le chanteur Greg Puciato ne manque pas de montrer son mécontentement en lançant son micro, du haut d’une des structures de la scène sur laquelle il a grimpé, sur un des techniciens. Si les problèmes s’améliorent par la suite, le son ne sera jamais parfait. Qu'à cela ne tienne, rien ne les empêchera d’être les fous qu’ils sont toujours sur stage. Le guitariste Ben Weinman n’hésite pas une seconde pour aller jouer un solo debout sur la foule, juste avant de se lancer dans celle-ci pour un petit peu de « body surfing ». Tout le monde se lance de tous les côtés, le bass drum sert de tremplin pour sauter dans les airs et quelques instruments sont détruits au passage. Pour le néophyte, l’ensemble peut ressembler à une grosse cacophonie. Pourtant, les pièces de The Dillinger Escape Plan sont calculées au quart de tour. Je reste bouche bée devant tant de précision qui semble tout droit sortie d’un pur chaos. Le batteur Billy Rymer est impressionnant à voir jouer aussi technique sur un drum hyper minimaliste. Si j’aime tout ce que fait le groupe, j’ai retenu les deux excellents titres Gold Teeth On A Bum et Sunshine The Werewolf. (Seb)

De retour à la scène de l'Apocalypse, c'est au tour d'Emmure, qui amène l'attitude du Queens new-yorkais en sol montréalais. Les amateurs de "breakdowns" et de saut sur place sont au rendez-vous, et ça saute tout autant sur scène. Le chanteur Frankie Palmeri me donne l'impression qu'il fait encore plus chaud juste à le regarder avec sa veste qui ne le quittera pas et qui deviendra de plus en plus imbibée de sueur. Il faut dire qu'en plus de s'élancer et de s'époumonner pour nous, il gesticule comme un "gangsta rapper", invitant le public à former un fusil avec les doigts plutôt que les cornes de diable habituelles. Mais la foule n'en demande pas moins et il est difficile de rester immobile devant des rythmes aussi bien sentis. Mention spéciale au batteur, qui continuait de jouer pendant qu'un technicien lui replaçait des morceaux. Le tout s'est terminé sur un clin d'œil de New York, New York. (Sophie)

Moment d’intensité de la journée qu’est la présence de Suicidal Tendencies. De mémoire, je crois que la dernière visite du groupe en sol québécois remonte au concert avec Metallica à l’hippodrome de Québec dans les années 90 ! Mike Muir, leader du groupe, tient les rennes serrés et son groupe assure. Avec un bassiste funky et un batteur très soul, le groupe a surtout pigé dans ses anciens hits pour tenir la foule en extase. Les souvenirs se brassaient dans la caboche de certains. Avec You Can’t Bring me Down en ouverture, le tout était parfait. La présence de titres comme Institutionalized et Pledge you Allegiance ont foutu le feu aux poudres mais l’extase a été atteinte grâce à la présence de nombreux fans sur la scène pour chanter avec le groupe à la toute fin. (Klimbo)

En raison d'un autre imprévu, nous n'avons malheureusement pas pu couvrir la prestation de Cancer Bats. Vous pouvez toutefois voir les photos en cliquant ci-dessus.

Vous le savez, normalement, il aurait dû y avoir ici quelques lignes sur Lamb of God, mais la justice tchèque en ayant décidé autrement, c'est In Flames qui joue les substituts. Anders Fridén nous explique justement qu'il était bien tranquille en vacances avec son barbecue et sa petite bière quand on lui a proposé de remplacer LOG. Sa réaction? "Fuck yeah!" Ça explique un peu l'impression que j'ai eue en regardant les musiciens aujourd'hui : ils avaient l'air de gars bien reposés qui sont là pour avoir du fun, sachant qu'ils retourneront très bientôt dans leur patelin. Par contre, Anders Fridén ne chôme pas sur la jasette, au point où ça devient parfois des platitudes et qu'il s'étonne que la foule soit tout à coup devenue silencieuse. Pour remettre de l'ambiance, il nous dit qu'il veut voir le plus possible de gens "dans les airs" et il n'en faut pas plus pour que des dizaines de festivaliers se laissent porter par les bras de leurs congénères. Côté musique, ça rentre au poste et ça plaît au public. C'est bien sûr le matériel plus récent qui prime, mais si d'autres comme moi ont un faible pour les compositions d'In Flames de la fin des années 90, ils seront restés sur leur appétit, car la pièce la plus vieille que j'ai pu identifier est Only for the Weak. Le festival Heavy MTL/TO aura peut-être coupé leurs vacances, mais à voir l'accueil que leur a réservé le public ici, je ne peux pas imaginer qu'ils regrettent ce petit voyage impromptu. (Sophie)

Dans la mode des retours, celui de Sword était fortement attendu. La bande de Rick Hugues n’a rien perdu de son charme hard rock et ce qui s’est réalisé musicalement sur scène hier était sans faille. Adroit et solide, le groupe semble avoir été gelé dans la carbonite, comme Han Solo dans l’Empire contre-attaque, pour ensuite être réanimé hier soir sur scène. Il a fallu attendre quelques titres avant de recevoir des classiques comme Trouble Is ou FTW mais l’attente en valait la peine… tout en se clanchant quelques Bud’s ! Un nouvel album ? Il semblerait que OUI. (Klimbo)

Qui ne connaît pas le personnage qu'est Marilyn Manson? Il fait évidemment partie de la culture populaire contemporaine, mais c'est ce soir que je me rends compte que je ne connais pas tellement la musique à part les gros succès. Et malheureusement, je n'ai pas l'intention d'approfondir mes connaissances là-dessus dans un avenir rapproché, car ce n'est pas venu m'accrocher. Par contre, il y avait de nombreux fans aguerris qui ont semblé ravis du choix de chansons, parmi lesquelles chacun a tout de même pu reconnaître The Dope Show, Personal Jesus, Sweet Dreams et The Beautiful People. Je dois aussi avouer que je m'attendais à un aspect scénique beaucoup plus provoquant ou spectaculaire que ce qui nous a été présenté. Mis à part quelques accessoires, comme un paquet de ballounes ou un lance-boucane à lumière intégrée, le plus intéressant a été le podium duquel il a chanté vers la fin, après un changement de costume et un ajout de maquillage. Au moins, je n'ai rien à redire sur l'exécution des chansons, qui m'a parue sans faille. Ne cherchez cependant pas les photos, car l'accès au "pit" a été refusé aux webzines. (Sophie)

Avec la présence de Slipknot sur la même case horaire, il y avait tout de même foule pour Voivod. Le groupe québécois était chauffé à blanc et Dan Mongrain semblait encore plus en feu que d’habitude. Avec les classiques interprétés en communion avec des images choisies minutieusement pour les accompagner, la scène était parfaite car le groupe semblait imbriqué dans les images en arrière-scène. Voivod a offert deux nouvelles pièces qui se retrouveront sur le prochain album disponible en janvier 2013 pour les 30 ans du groupe. Il est facile d’utiliser tous les préjugés du métal comme quoi les amateurs et musiciens du genre sont de véritables brutes mais les yeux se sont illuminés pendant quelques instants hier lorsque les membres du groupe ont accueilli sur scène le jeune Alexis Huard, un garçon atteint de la paralysie cérébrale et fanatique inconditionnel de Voivod. Tu sais, quand tu te dis que certains souvenirs peuvent te marquer, que quelques moments resteront figés dans le temps… et ce autant pour Alexis que pour les gens témoins de ce moment privilégié qui, encore une fois, resserre les liens de tous les membres de la communauté métallique qui se sentent encore plus forts malgré certaines différences ! Une larme au coin de certains yeux, oui c’était visible… (Klimbo)

Véritable événement de la journée, la troupe de Slipknot était tout aussi attendue que System of a Down l'était la veille, sinon davantage. C'est dans une explosion assourdissante et aveuglante que les musiciens masqués ont fait leur entrée devant la foule survoltée. On remarque dès le début quelques modifications apportées à ces fameux masques, dont la plus réussie est probablement celui de Clown, qui ressemble maintenant encore plus à ces clowns démoniaques qui tiennent la vedette de certains films d'horreur. Évidemment, le masque de Paul Gray manque cruellement à l'appel, mais son héritage est transcendé dans l'énergie du groupe, qui a choisi de ne pas baisser les bras. C'est bien sûr Corey Taylor qui s'impose comme figure de proue de ce joyeux équipage tordu, avec sa voix puissante et son charisme amplifié par son aspect un peu dérangé. La marée humaine entassée devant lui ne peut que répondre à ses appels, comme hypnotisée. Le groupe a interprété des chansons de styles très variés et a su confondre les sceptiques tout en comblant les fans conquis d'avance, en particulier avec des pièces comme Gently, Vermilion ou Snuff, qui sont plus calmes et mélodieuses que le reste du répertoire, sans oublier de mettre le feu au parc Jean-Drapeau avec des classiques aux allures épiques, comme Before I Forget, Pulse of the Maggots, Duality, The Heretic Anthem ou encore People = Shit. Durant la prestation, les musiciens ont semblé parfois surpris de la violence et de la réaction ultrapositive du public montréalais. Seul petit bémol de cette soirée, le batteur Joey Jordison, qui est réputé pour être un des grands du métal, ne semblait pas être au sommet de sa forme par moments, avec certains passages qui ont semblé lui donner un peu plus de fil à retordre, car en temps normal tout semble si facile pour lui. Cette première visite ici depuis 2009 va assurément avoir marqué les festivaliers et le groupe a su prouver de main de maîtres qu'il n'est pas qu'un simple cirque ambulant sans intérêt. (Pat et Sophie)

 

Lu 7669 fois Dernière modification le mercredi, 11 juin 2014 01:06
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