10 Aoû 2015

Heavy Montréal 2015 : Critique et photos (jour 3) Spécial

Ça y est : la septième édition du festival HEAVY MONTRÉAL est maintenant terminée. La formule étalée sur trois jours nous aura permis d’assister à encore plus de spectacles de groupes de plus en plus variés. Contrairement à ce que disaient les prophètes de malheur, les festivaliers ont été plutôt nombreux à répondre présent et chaque style musical a attiré ses adeptes ainsi que plusieurs curieux.

L’ambiance était à la fête pour les métalleux, les amateurs de punk et les mélomanes en tout genre. Les problèmes techniques ont été encore plus rares que par les années précédentes et le nouvel emplacement de la scène de la Forêt a semblé faire l’unanimité, rendant du même coup le coin lutte plus facile à trouver. Comme d’habitude, l’organisation a veillé au bien-être des festivaliers : chacun pouvait aisément trouver à manger ou à boire, des lieux de détente étaient aménagés à l’ombre, des tapis de faux gazon et des tables de pique-nique permettaient de ne rien manquer aux spectacles des grandes scènes tout en reprenant son souffle, les gars de sécurité étaient courtois et le personnel de nettoyage était efficace. Merci aux employés, aux artistes et surtout aux spectateurs pour ces trois jours sous le signe de la musique lourde!

** Cliquez ici pour voir notre entrevue vidéo avec Corey Taylor de Slipknot. **

Gros début de journée pour les amateurs de death métal mélodique alors qu’OMNIUM GATHERUM prend d’assaut la scène de l’Apocalypse. Les Scandinaves réchauffent rapidement la foule, le charisme de Jukka Pelkonen aidant grandement. Ce dernier interagit à de nombreuses reprises avec la foule, remerciant les fans d’être aussi dynamiques aussi tôt dans l’après-midi. C’est une prestation sans faille que nous offrent les Finlandais, y allant de leur classiques, en plus d’ajouter au setlist un morceau de leur prochain album. Dès le départ, Omnium Gatherum s’inscrit dans les meilleurs spectacles que nous offrira la journée du dimanche au Heavy Montréal. (Sylvain)

Mal dans le cou, mal au dos, mal aux pieds et avec un peu de fatigue dans le corps, nous sommes fin prêts pour cette troisième et dernière journée du Heavy Montréal 2015. C’est au groupe FOZZY, formation de l’ancien lutteur Chris Jericho, de débuter sur la scène Molson Canadian. Il n’y a pas à dire, Chris et sa bande sont là pour en découdre avec le public et leur en donner plein la vue, comme s’ils étaient un des groupes principaux de l’affiche. Le chanteur saute, marche, bouge et encourage les fans à chanter les paroles à tout moment. On peut penser qu’il n’est qu’un lutteur qui s’est improvisé rockstar, mais il est évident que monsieur sait chanter et qu’il a le sens du spectacle en lui. Et si c’était l’inverse, que c’était un chanteur qui s’était improvisé lutteur? Il y a bien sûr une petite foule pour les accueillir, mais celle-ci est définitivement plus réveillée que moi et est là pour se faire entendre et n’hésite pas à s’exprimer autant sur les vieilles chansons comme God Pounds His Nails que sur les nouvelles comme Do You Wanna Start A War. (Sébastien)

Voilà un groupe que j’ai découvert par pur hasard l’an passé et depuis, je me confesse, c’est un de mes petits plaisirs coupables. Pourquoi un plaisir coupable? Premièrement, à cause de leur look un peu emo avec leurs maquillages et leurs coupes de cheveux. Deuxièmement, le métal où des cris aigus se mélangent à des refrains super accrocheurs chantés « clean » et des rythmes électros à la Marilyn Manson, ça fait un peu cliché. Même si MOTIONLESS IN WHITE reprend tous ces clichés sur scène, le résultat en est un show aussi divertissant à regarder qu’à entendre, surtout que le son est très bon et l’on entend bien les subtilités de chaque chanson. Leurs vrais fans se sont déplacés pour l’occasion et la petite foule est tassée serré et obéit au doigt et à l’œil aux demandes du chanteur Chris «Motionless». Imaginez deux « walls of death »; un pendant la très appropriée Death March en début de prestation et l’autre sur Dead As Fuck vers la fin. Pour rendre ça encore plus intéressant pour ceux qui ne les connaissent pas, ils jouent une très réussie reprise de Mother de Danzig, juste avant de finir en force avec Reincarnate, une des meilleures pièces de l’album du même nom. (Sébastien)

Une bonne petite foule surexcitée s’était présentée pour la présence du groupe finlandais INSOMNIUM. Décidément, une sorte de malédiction s’est abattue sur l’édition 2015 du Heavy Montréal, car suite aux nombreuses annulations, voilà que deux des membres de la formation ne pouvaient pas être là. Le guitariste ne pouvant pas être là, c’est Nick Cordle qui le remplaçait, et le chanteur Niilo Sevanen ayant été dans l'obligation de partir d’urgence rejoindre ses proches dû à des problèmes graves de santé dans son entourage, c’est le chanteur et bassiste Mike Bear, des formations Artisan et Prototype, qui se chargea de prendre les rênes. C’est aidé d’un iPad que Bear chanta toutes les chansons prévues au programme. Même s’il n’était pas à la hauteur de Niilo, il faut s’avouer que Mike a su parfaitement combler le poste, surtout avec le peu de temps qu’il a eu pour se préparer, à peine cinq jours. Si on met de côté les petites lacunes, nous avons eu la chance d’assister à un excellent spectacle qui a rassasié les amateurs de death métal mélodique. (Olivier)

Pour ceux qui ont vécu la vague nu-métal de la fin des années 90, la reformation de COAL CHAMBER était une bonne nouvelle et leur présence au Heavy Montréal, un beau cadeau. Pour la jeune génération, c’est le premier groupe du chanteur de DevilDriver, Dez Fafara. En plus de Dez, la nouvelle mouture est composée du guitariste original Meegs Rascón, du batteur Mike Cox et de la bassiste Nadja Peulen, qui avait déjà remplacé le bassiste original Rayna Frost lors de son départ en 2002. Si Meegs et Nadja semblent un peu perdus dans leur petit monde, le batteur frappe son drum comme s’il lui en voulait et Dez est comme il l’a toujours été, un super bon frontman. Ils commencent fort avec Loco, de leur album éponyme de 1997. La fibre nostalgique est instantanément touchée et ça saute sur le parterre. Le son est énergique et pesant comme il se doit pour ce genre de musique. Dez ne manque pas nous demander si nous étions là il y a un peu plus de 15 ans et si nous sommes familiers avec leur musique juste avant de jouer Big Truck, ce à quoi la foule répond par l’affirmative. Ils n’oublieront pas leur nouveau disque Rivals avec l’énergique I.O.U Nothing et Another Nail In The Coffin. Pour finir de façon à ce qu’on se souvienne d’eux et sûrement pour faire plaisir aux festivaliers qui ne les connaissent pas tous, ils finissent avec Sway, qui commence avec les paroles de The Roof Is On Fire de Rock Master Scott & The Dynamic Three. Voilà un show retour parfait pour ce genre d’évènement! (Sébastien)

SANDVEISS nous arrive directement de Québec, mais pourrait tout aussi bien débarquer d'un vortex temporel entre les années 70 et aujourd'hui. Le son est vintage à souhait, les riffs sont pesants et accrocheurs, les effets « reverb/vibrato » sont bien dosés et la voix est parfaitement en accord avec le style musical. Ajoutez à ça quelques effluves de pétard dans la foule et on est réellement plongés dans cette époque mythique. Les pièces sont exécutées de façon très convaincante, le quatuor étant complètement immergé dans son rock stoner/classique aux accents doom. Les spectateurs ont également eu droit à une reprise d'un groupe qui devait être de cette édition du festival et que Sandveiss aime bien jouer en live : Pentagram. Une prestation bien sentie qui a clairement fait son effet sur les festivaliers présents. (Sophie)

Le métal des années 80 sera désormais à l’affiche pour les deux prochaines heures sur les scènes principales. WARRANT ouvre la marche en nous proposant ses classiques extra-fromage qui ne sont pas sans rappeler les bons vieux hits de Def Leppard. De Mr Rainmaker à Heaven, le groupe soulève la foule, qui est d’ailleurs fort réceptive à leur prestation. C’est évidemment avec la fameuse Cherry Pie que se termine le spectacle, sous les applaudissements marqués de la foule. (Sylvain)

Ceux qui veulent de l’énergie hardcore à revendre se sont donné rendez-vous à la scène de l’Apocalypse pour la performance de Jamey Jasta. JASTA est l’incarnation solo du chanteur de Hatebreed. Ceux qui l’ont déjà vu en show savent que ce dernier s'y connaît en prestation scénique et ce n’est pas aujourd’hui qu’il a failli à la règle. La foule est assez tassée pour l’endroit et elle a vraiment le goût de sauter et de thrasher. Un mosh pit se forme dès les premières notes de Walk That Path Alone. Jamey ne manque pas de nous rappeler que les fans de punk, de métal et de hardcore font tous partie d’une grande famille et qu’il faut qu’on se soutienne les uns les autres. Comme pour prouver son point, il invite Randy Blythe de Lamb Of God à chanter Enslaved, Dead Or Depraved avec lui. La foule devient complètement folle et c’est sans contredit un moment fort du show. Hatebreed reste le groupe le plus populaire du chanteur et on le voit quand il entame I Will Be Heard et que des centaines de personnes chantent en chœur avec lui. Quelle belle façon de finir un 45 minutes bien rempli! (Sébastien)

Quand tu vois un chanteur arriver sur scène avec sa glacière, tu sais que le groupe est là pour avoir du plaisir. DEAD TIRED s'est donc présenté devant une bonne foule qui semblait être formée de curieux ou de personnes cherchant de l'ombre. La formation y va d'un hardcore possédant un très gros fond de punk au grand plaisir des adeptes. Ce ne fut pas le groupe qui fit susciter le plus d'action dans la foule, mais les Jet Li de ce monde se sont livrés à une séance de démonstration de kata dans les petits mosh pit qui ont pris place. Le chanteur se déchira les cordes vocales pendant les 30 minutes qui lui étaient allouées, au grand plaisir de ses sympathisants, mais après une quinzaine de minutes on put remarquer que plusieurs préféraient se déplacer vers d'autres scènes. (Olivier)

Vient ensuite la bande américaine DOKKEN, forte d’un peu plus d’une dizaine d’albums à son actif. Premier fait marquant de ce spectacle : aucun visuel n’est présenté par le groupe, à l’exception des rideaux noirs standards du Heavy Montréal. Le groupe nous offre une prestation un peu terne, enchaînant les pièces sans grand enthousiasme. On parle d’un spectacle qui ne passera pas à l’histoire du festival malgré quelques riffs intéressants soulignant le talent évident du groupe, mais qui aura sans doute tout de même plu aux fans les plus avides de la troupe des États-Unis. (Sylvain)

La formation que je désirais vraiment voir et entendre en cette fin de semaine était PIG DESTROYER. Je suis un fanatique du groupe depuis des années et l’absence du circuit des tournées fait que le groupe ne joue pratiquement jamais sur scène. Il est rare que tu puisses être témoin de la tuerie musicale du groupe. Avec une attitude hyperactive, le groupe a su nous plonger dans une source insondable de violence musicale avec des chansons comme Sis, Deathtripper, Rotten Yellow, Pretty in Casts et Trojan Whore. L’intensité de Scott Hull à la guitare en fusion avec la folie de JR Hayes au chant nous donnait l’impression de participer à une série de coups sur la gueule tandis que les percussions d’Adam Jarvis se voulaient si rapides que le bas du pantalon nous retroussait jusqu’au genou. J’en aurais pris pour 20 minutes additionnelles! Il était amusant de voir Blake Harrison, le responsable des sonorités et des portions électroniques, se gaver de bière, de Jack Daniels à même la bouteille tout en venant fredonner les paroles devant la foule. De plus, un gros pouce vers le haut à la famille devant moi avec les deux enfants qui portaient le t-shirt de Pig Destroyer, en plus du papa! (Yanick)

Pour les amoureux du punk et/ou les nostalgiques, un spectacle se voyait comme étant un incontournable : MARKY RAMONE’S BLITZKRIEG avec ANDREW W.K. Marky Ramone arrivait à Montréal avec Andrew W.K. pour nous jouer des chansons des pères du punk, les Ramones. Ce fut une anthologie en concert à laquelle nous avons eu droit. Les titres se succédèrent sans arrêt avec très rarement de minuscules interactions. Une chose qui frappe est comment Andrew a exactement la même voix que ce cher Joey; en fermant les yeux, on pouvait presque croire qu'il séjournait dans un cimetière vivant et était revenu pour donner une autre prestation. Marky, toujours en aussi bonne forme, maintenait le rythme tel un métronome, peu importe la vitesse. Par contre, j'ai trouvé un peu décevant que tous les musiciens donnaient l'impression d'avoir les pieds dans un bloc de ciment, ne bougeant que dans de très rares occasions. Bien sûr, les « one, two, three, four » furent au menu ainsi que les coups de plectres de la même façon que Johnny faisait. Comme il serait trop long de nommer tous les morceaux joués, mieux vaut énumérer ceux qui ont été les plus appréciés : I Wanna Sniff Some Glue, Pinehead, R.A.M.O.N.E.S, Judy Is A Punk, Pet Sematary, The KKK Took My Baby Away, I Wanna Be Sedated et, celle qu'on ne nomme plus, Blitzkrieg Bop. Ce ne fut pas une surprise lorsque la foule, qui s'était faite tranquille, devint totalement hors d'elle en criant de gros « HEY HO LET'S GO » lors de la dernière pièce : un moment mémorable de la fin de semaine. (Olivier)

J’ai pu entendre quelques chansons de SMALL BROWN BIKE au détour d’une poutine japonaise. Je n’étais pas la seule à avoir choisi ce moment pour me remplir un peu la panse et il n’y avait pas énormément de monde devant la scène de la Forêt. Le groupe du Michigan n’en est pourtant pas à ses débuts et offre un rock un peu punk, hardcore et alternatif à la fois qui s’écoute très bien. Plusieurs festivaliers s’étaient d’ailleurs installés plus ou moins confortablement par terre, contre un arbre ou sur un morceau de tissu, pour savourer la prestation avec ses passages plus atmosphériques. (Sophie)

C’est une foule nombreuse qui est au rendez-vous pour la populaire troupe anglaise ASKING ALEXANDRIA, dont on entend de plus en plus parler, et ce, pour les bonnes raisons! C’est une prestation inspirée que nous offre le groupe, faisant sautiller le public à de nombreuses reprises avec son metalcore fort efficace. C’est avec des passages tantôt très pesants, tantôt très cleans qu’Asking Alexandria séduit ses fans, qui d’ailleurs en redemandent. Sans doute un des spectacles marquants de la fin de semaine pour les amateurs de musique au rendez-vous. (Sylvain)

C'est au sanctuaire de l'Apocalypse que plusieurs paroissiens s'étaient réunis pour se recueillir avec la formation SANCTUARY. Voilà trente ans que les vétérans ont commencé à jouer de la musique ensemble, ce qui fit en sorte que la moyenne d'âge de l'auditoire était de 35 ans. Décidément, ce Nick Cordle est partout. Je ne savais pas que, suite à son départ d'Arch Enemy, il s'était joint à Sanctuary. La prestation du groupe fut impeccable; sans faille ni problème technique. La foule était totalement sous le charme du chanteur Warrel Dane, qui n'a rien perdu de sa voix d'antan, atteignant les notes aiguës à la Rob Halford sans aucune difficulté. Dane se présenta sur scène avec une camisole de force, ce qui lui va très bien dû à son tempérament excentrique, dans le sens positif du terme. Le son était incroyablement bon, nous permettant de savourer chacune des notes sans avoir à se démener pour les discerner. En bref, suite à cette prestation, j'ai réalisé que de ne pas connaître cette formation manque grandement à ma culture, je me dois de m'y pencher au courant des semaines à venir. (Olivier)

Les amateurs de métal mélodique ne sont pas en reste en fin de semaine, pouvant se mettre sous la dent l’excellente troupe néerlandaise WITHIN TEMPTATION. C’est une Sharon Del Adel absolument ravissante qui ouvre avec Paradise, au grand plaisir des fans qui sont par ailleurs nombreux et bruyants. C’est une performance brillante nous offrant l’ensemble du répertoire du groupe qui nous est présentée, en passant par la très populaire Stand My Ground, Faster et explorant bien évidemment leurs débuts avec l’inspirante Mother Earth. Encore une fois, c’est clairement un franc succès pour la troupe des Pays-Bas et vivement leur prochain passage dans la province! (Sylvain)

Je n’avais pas encore vu autant de spectateurs à la scène de la Forêt et Sanctuary n’avait même pas encore fini du côté de l’Apocalypse. Tout ce beau monde était là pour UPON A BURNING BODY, même si c’est sûr que l’ombre des arbres était particulièrement invitante à ce moment de la journée. En voyant Danny Leal prendre les planches d’assaut, on peut facilement comprendre pourquoi. Le chanteur est une véritable boule d’énergie, il a belle gueule et il est particulièrement charismatique. La foule lui répond au doigt et à l’œil et ce pouvoir semble l’enivrer et le remplir encore plus d’énergie, dont il ne manquera absolument pas pendant les trente minutes allouées au quatuor texan. Les musiciens savent ce qu’ils font, le batteur est droit même si on le perd un peu de vue dans le fond peu éclairé, le bassiste ne donne pas sa place et produit des graves hallucinantes pendant les breakdowns et le guitariste apporte en plus des harmonies vocales qui sonnent multipliées, auxquelles s’ajoutent les voix des nombreux amateurs présents. La pièce Sin City a créé un tel soulèvement, mais le grand moment fort de la prestation a été Texas Blood Money et ses circle pits autour d’à peu près tous les arbres devant la scène, à la demande du chanteur. Si vous cherchiez le party à ce moment-là, c’est à la Forêt qu’il était! Un excellent show qui réchauffe l’atmosphère pour les quelques groupes qui clôtureront le festival. (Sophie)

Voilà un artiste qui ne vient pas nous rendre visite souvent. IHSAHN, de son vrai nom Vegard Sverre Tveitan, est un ex-membre fondateur du groupe black métal norvégien Emperor et n’avait pas mis les pieds au Québec depuis 16 ans. Il ne manque pas de nous le faire remarquer. C’était vraiment le rendez-vous de ceux qui voulaient entendre des prodiges de la musique s’exécuter sur du métal atmosphérique aux accents jazz. Le vétéran a su s’entourer de jeunes musiciens au talent certain. Toute la formation est impeccable. Si sa présence avait attiré beaucoup de curieux au départ, cette séance de musique hyper cérébrale n’est pas pour tout le monde. Encore plus sur une scène extérieure pendant un festival. Pourtant  toutes leurs compositions méritent d’être écoutées tant c’est subtil et recherché. Je ne veux pas me faire trop d’espoirs, mais j’aimerais vraiment les revoir en salle avec plein de gens qui se sont déplacés pour les voir. L’expérience en serait sûrement grandie. (Sébastien)

Voilà le sprint final du Heavy Montréal qui se lançait avec la prestation des Britanniques BULLET FOR MY VALENTINE. Il n'y a pas à dire, la formation était très attendue et le rassemblement ne se gêna pas de le faire savoir en dévidant tout l'air disponible dans les poumons de chacun afin de hurler « Bullet ». C’est devant une immense bannière à l'effigie de leur prochain album, Venom, et un mur d'amplificateurs que le groupe s'est lancé dans le maniement de vibrations mélodiques. Dès le début, les body-surfeurs de toutes sortes se sont lancés dans leur art : des bananes, des chevaux, des « on ne sait trop quoi » se sont mis à naviguer sur les gens pour le plaisir du rock. Il n'y a que Denis Coderre que je n'ai pas eu la chance de voir. Un gros pit s'est formé aussi rapidement que le reste en ne s'arrêtant qu'à de rares occasions. La formation profitait de l'immense espace qui lui était offert en se déplaçant de gauche à droite pour rejoindre le plus de fans possible. Le chanteur profite de l'amour qui lui est porté pour faire faire aux admirateurs ce qu'il veut : il les fait frapper des mains et sauter au rythme de la musique ou demande le silence et l'obtient immédiatement. Bien que Bullet For My Valentine était très attendu, Lamb Of God l'était encore plus et les fans de l'autre formation le firent clairement entendre durant les 15 dernières minutes, mais ils ne se laissèrent pas déranger et conclurent avec leurs pièces Tears Don't Fall et Waking The Demon. (Olivier)

Il était évident que la foule allait être plus menue pour la prestation de NUCLEAR ASSAULT. D’avoir le groupe sur la scène de l’Apocalypse, en même temps que Lamb of God, on s’entend que l’on ne visait pas un rassemblement qui se voulait jeune et fringant. Ce sont les types de la vieille école, en plus de quelques jeunes jouvenceaux, qui se sont amassés devant ce groupe légendaire. Oui, le groupe n’a jamais eu les élans de carrière d’un Slayer, Anthrax ou Metallica. Même si le groupe vient de la même époque, les efforts déployés par Nuclear Assault n’ont jamais donné les mêmes résultats. Après une longue période où le groupe se voulait absent de la scène métallique mondiale, il était évident que de nombreux nostalgiques allaient se masser devant Nuclear Assault pour leur dernier tour de table car le groupe devrait tirer sa révérence par la suite. Il est certain que la finesse des beaux jours se voulait manquante mais le désir face à l’agression était bel et bien palpable tout au long de la prestation du groupe. Non, ce n’est pas la formation originale qui se produisait sur scène, ce ne sont que les trois quarts du groupe qui y étaient. C’est Erik Burke (de Sulaco, ex-Brutal Truth et ex-Lethargy) qui tenait la guitare à la place d’Anthony Bramante. La vieille école a pu se délecter face aux classiques comme Survive, Brainwashed et Critical Mass. Personnellement, je ne regrette aucunement mon choix face à ma présence devant Nuclear Assault à la place de Lamb of God étant donné que je chérissais ce moment! Lamb of God risque de revenir, Nuclear Assault… non! (Yanick)

Une des plus grosses foules de cette édition du festival attendait impatiemment LAMB OF GOD en scandant son nom et ce fut l’euphorie dès les premiers accords de Walk With Me In Hell. Et il y a de quoi : le groupe donne une performance exemplaire, une toute petite coche au-dessus de ce à quoi on se serait attendus, avec un mix qui permet de distinguer chaque note et chaque coup. Randy Blythe est particulièrement déchaîné, même s’il nous parle d’un ton très posé entre les pièces. Les spectateurs s’imprègnent de l’intensité de la musique, crient, chantent, lèvent le poing et se font aller à leur manière et l’ambiance est franchement agréable. Comme la tournée en cours a commencé avant la sortie du nouvel album, le groupe joue un peu de tous ses albums, dont seulement deux nouvelles, Still Echoes et 512. D’ailleurs, ces chansons sonnent extrêmement bien en live et, entre les deux, Randy a remercié chaleureusement tous les Canadiens d’avoir fait de VII : Sturm und Drang l’album le plus vendu au pays dès sa sortie et les festivaliers n’étaient pas peu fiers d’avoir participé à un tel succès. Willie Adler nous avait dit en entrevue il y a quelques jours qu’ils joueraient plus longtemps qu’aux autres dates de la tournée Summer's Last Stand et qu’ils essaieraient de préparer une autre nouvelle chanson à inclure au programme. Finalement, nous n’aurons eu droit qu’à deux pièces supplémentaires, soit Set to Fail et Black Label. Cette dernière a donné lieu au classique « wall of death », sans que les spectateurs ne se soient fait prier. La prestation aurait été vraiment parfaite si ce n’est que tout le monde s’attendait à ce que le groupe joue 15 minutes de plus. Nous sommes donc restés un peu sur notre faim et il ne reste qu’à espérer qu’ils reviendront bientôt pour faire la promotion de leur excellent nouvel album. (Sophie)

L’honneur de terminer l’édition 2015 du Heavy Montréal fut réservé au groupe américain SLIPKNOT. Cette présence fit le bonheur de tous, car il s’agissait de la première depuis le Heavy MTL 2012, donc première depuis la sortie du dernier album. L’excitation était déjà à son apogée tandis que la scène était cachée par deux immenses rideaux rouges de théâtre arborant deux gigantesques « S » tribaux propres à la formation. C’est sous la chanson Sarcastrophe que les rideaux se sont écartés afin de nous laisser contempler un extraordinaire décor inspiré tout droit des spectacles de monstres avec une tête de démon gargantuesque. La foule, évidemment la plus grande de cette édition, s’étendait à perte de vue, même Corey Taylor lui-même le fit remarquer à de maintes reprises. Il était bon de constater que tous les membres étaient présents et en excellente forme, prêts à tout détruire sur leur passage. Il était impressionnant d’admirer les percussionnistes Shawn Crahan et Chris Fehn ainsi que le DJ Sid Wilson être élevés à plusieurs mètres dans les airs sur des plateformes avec leurs instruments. La pièce suivante, The Heretic Anthem, fut sûrement celle qui fit gronder le plus les habitants de Saint-Lambert, car l’imposante foule s’époumonait à chaque refrain comme s’il n’y avait pas de lendemain. En plus de la complicité de l’auditoire avec les artistes, le visuel était magnifique, avec les fontaines de feu qui ne cessaient de cracher des flammes de plusieurs mètres de haut. Même si All Hope Is Gone est l’album le moins apprécié de la formation, la réaction a été explosive quand les premières notes de Psychosocial se sont mises à déferler des nombreux haut-parleurs. Même les musiciens furent contaminés par cette excitation; Sid courait et dansait partout sur la scène et Shawn et Chris en plus de se déplacer partout et abuser de leurs tambours, se sont équipés de leur caisse de petit soldat pour jouer plus près des gens. Corey se mit alors à parler avec ses sympathisants afin de savoir si Montréal s’était autant ennuyé de Slipknot que le groupe s’est ennuyé de la ville. La réponse positive fut unanime, ce qui nous mena au plus grand succès du dernier disque, The Devil In I. Par la suite, le chanteur aimé de tous se remit à discuter avec ses interlocuteurs et leur dit à quel il est toujours étonné de la passion que Montréal entretient pour le métal. Dites que je suis naïf, mais personnellement je le crois, il semble être totalement sincère dans ses propos et penser profondément ce qu’il dit; que ce n’est pas une chose qu’il répète soir après soir! Corey est sans l’ombre d’un doute un des plus grands leaders charismatiques de la scène métal et il l’a très bien démontré lors de la chanson Spit It Out, où il a demandé comme à son habitude à toute la foule de s’accroupir, ce qu’il n’eut pas à répéter pour être accompli, pour que tout le monde se mette à sauter à son signal, ce qui fait un tremblement de terre de magnitude 12 sur l’échelle de Richter. Nous eûmes droit à un excellent rappel constitué des chansons (Sic), People=Shit et Surfacing. Lors de cet « encore », le feu jaillissait de partout, c’était tout à fait incroyable. Outre les chansons déjà nommées, Slipknot nous a choyés avec que des bonnes pièces : AOV, Vermillion, Wait And Bleed, Killpop, Before I Forget, Duality et Custer. Finalement, c’est avec une prestation incroyable que Slipknot a mis un terme à une autre édition tout aussi incroyable du Heavy Montréal. Il ne reste plus qu’à s’armer de patience et préparer son coup pour l’an prochain, ou des Tylenols et un Gatorade pour certains demain. (Olivier)

 

 

CRITIQUES : Olivier Marinoff, Sébastien Léonard, Sylvain Carrier, Sophie LeMay, Yanick Tremblay
PHOTOS : Nicolas Racine, Eric Brisson, Patryk Pigeon

Lu 5820 fois Dernière modification le jeudi, 13 août 2015 22:30
Évaluer cet élément
(5 Votes)