22 Jui 2014

Amnesia Rockfest 2014 - Jour: 1 (Critique et photos) Spécial

 AMNESIA ROCKFEST : 20 juin 2014
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Prisonniers du trafic, des multiples redirections routières forcées par la Sureté du Québec et débats de stationnement, c’est sur les dernières notes de Truth of my Youth de New Found Glory que nous avons mis les pieds sur le terrain du Rockfest 2014. Nos critiques seront parsemées d’impressions et de commentaires sur notre expérience très positive du festival. Mais en gros, rien à voir avec les déboires de l’an dernier! (Yannick et Sophie)

Vous pourrez voir à la fin de chaque paragraphe qui, entre moi et eux, a écrit chaque critique ou chaque commentaire. Pour compléter ce que mes collègues ont dit, je dois lever mon chapeau à l’organisation qui a accueilli une foule aussi grosse que l’année passée mais de façon cent fois mieux organisée. Rien ne peut être parfait dans un festival extérieur de cette envergure, mais celui-ci était dans les meilleurs standards du genre. J’encourage tous ceux qui n’y sont pas allés cette année de peur de revivre les déboires de l’an passé, d’envisager leur présence l’an prochain. (Sébastien)

            Côté spectacle, mon Rockfest commence avec Between The Buried And Me sur la scène Jagermeister . Le groupe de la Caroline du Nord est en pleine action. Un groupe restreint de fans forme un petit mosh pit devant eux. Le reste du public est surtout constitué d’amateurs occasionnels et de curieux. Il faut dire qu’à l’origine ils devaient jouer plus d’une heure plus tôt et que les horaires remis par l’organisation ne faisaient pas office de ce changement qui avait eu lieu avec Veil Of Maya. Seuls ceux qui suivaient le festival sur Facebook étaient au courant. Sûrement que plusieurs personnes les ont manqués. Ma grande surprise est à quel point le son est bon sur ce stage, même pour des compositions aussi complexes qu’Astral Body. Toute la bande se donne à fond même sous le soleil de plomb et aussi tôt dans la journée. Ils finissent en beauté avec Fossil Genera - A Feed from Cloud Mountain tiré de mon album préféré The Great Misdirect. Bonne mise en bouche! (Sébastien)

Faisant notre chemin au travers le sol déjà jonché de quelques corps morts ayant commencé le party la veille et de bien des verres en plastique, nous nous sommes rendus à la scène Loto-Québec pour The Gaslight Anthem. Le groupe rock alternatif originaire du New-Jersey a joué seulement six pièces, pour une prestation d’à peine 40 minutes. C’était cela dit une bonne sélection de chansons, parfaites pour réchauffer la foule sous le soleil. De l’énergique The ‘59th Sound à l’entraînante American Slang pendant laquelle le public présent a religieusement suivi le rythme en frappant des mains et en criant, le quatuor a visiblement réussi à conquérir plus d’un festivalier. Les membres étaient de toute évidence, très reconnaissants de cet accueil et de faire partie d’un événement avec une liste d’invités aussi prestigieux. Le chanteur Brian Fallon a confié qu’ils allaient ensuite se diriger directement dans le mosh pit de NOFX. Ce qui semblait être une excellente idée, mais avant, il fallait se rendre à la scène Jagermeister pour August Burns Red et ensuite aller se dandiner sur The Planet Smashers! (Yannick et Sophie)

                  L’édition 2014 du Amnesia Rockfest était sans aucun doute la plus diversifiée et notre passage radical de The Gaslight Anthem à August Burns Red en a été la première preuve de la journée. Nous y reviendrons plus tard, mais cette dualité était constamment présente pendant les deux jours, au plaisir des uns comme à la grogne des autres. Le premier couplet d’Internal Canon était à peine entamé qu’un souffle puissant d’énergie a soulevé la foule. Des bières volaient dans les airs et le public trashait dans tous les sens. La sonorité parfois en montagnes russes a cependant affecté la voix imposante de Jack Luhrs. Cela n’a par contre pas affecté sa performance ni celle de ses acolytes. Le chanteur profitait de chaque occasion pour faire virevolter son micro et courir d’un bout à l’autre de la scène. Les quatre autres musiciens dont l’excellent guitariste JB Brubaker ont offert une prestation irréprochable. Avant d’entamer Empire, Luhrs a remercié tout le monde d’être présent pour leur première expérience au Rockfest et il n’a pas oublié de remercier les gens de la sécurité qui visiblement allaient passer un weekend chargé aux abords de la scène Jagermeister. Puis il s’est exclamé : « Ceci est un océan et vous êtes la vague, faites travailler ces agents de sécurité! » Et les fans ne se sont pas fait prier, la vague a monté bien vite! Ils ont terminé leur court passage sur scène avec la très appréciée White Washed. Les mordus en auraient voulu un peu plus évidemment, alors espérons qu’ils reviennent au Québec bientôt. (Yannick et Sophie)

S’il y a une formation que je ne voulais vraiment pas manquer sur la scène Tony Sly c’est bien Fishbone. La dernière fois que je les ai vus date du 19 août 2000, quand ils avaient réchauffé la salle au Centre Molson et ils m’avaient laissé une super bonne impression. Je n’ai pas été déçu cette fois non plus. Ce groupe est une boule d’énergie positive et festive et quoi de mieux que Party At Ground Zero pour commencer les festivités. Pour une fois pendant le Rockfest, on a le goût de danser. L’ambiance est euphorique jusqu’au-devant du stage et les vrais admirateurs se sont donné rendez-vous. C’est sûr que sept musiciens sur cette petite scène c’est un peu juste, ils trouvent malgré tout le moyen de bouger et grimper partout comme c’est leur marque de commerce. Le son est balancé pour les cuivres, soit le centre d’intérêt et c’est parfait comme ça. Je ne connais pas toute leur discographie (loin de là!), mais j’ai pu aussi reconnaître Whipper Snapper. Ce show a mis de la joie dans ma journée et j’en aurais pris bien plus. Vivement qu’ils viennent en tête d’affiche à Montréal. (Sébastien)

Un groupe dont la popularité grandissante n’arrête pas de me surprendre est A Day To Remember. Il faut dire que je ne les avais jamais vus en show et j’ai vite compris que ce sont des bêtes de scène, surtout le chanteur Jeremy McKinnon. L’image au fond de la scène est bien pensée. Nous y voyons l’ombre de la pochette de Homesick, mais la forêt lugubre est remplacée par un parterre rempli d’une foule de spectateurs. Comme c’est cas toute la journée, le son du stage Loto-Québec n’est pas terrible. Les jeunes, car il ne faut pas se le cacher leur style pop-punk aux accents hardcore plait à un public plus jeune, n’ont pas l’air de s’en faire outre mesure. Ils ont tellement de refrains facilement mémorisables que c’est facile pour les fans de chanter en chœur. Tous les musiciens bougent sans arrêt pour mettre de la vie sur les planches. Vers la fin du spectacle, Jeremy va se promener sur la foule dans une bulle géante. À partir de ce moment, l’intensité monte encore d’un cran et on voit des rouleaux de papier de toilette être lancés dans les airs. Si leur musique ne me convient toujours pas, chapeau à leur performance live. (Sébastien)

Si j’ai trouvé mon précédent show trop pop bonbon, voilà ma chance d’avoir du death métal old school plein les oreilles avec nul autre que Cannibal Corpse. S’il y a un groupe qui est fidèle à lui-même, c’est bien eux. Ils ne changent pas d’un album à l’autre et ne changent pas plus d’un show à l’autre, et c’est bien comme ça. George Fisher a toujours l’air aussi imposant et possède l’une des meilleures voix death métal en spectacle. L’âge ne semble avoir aucun effet sur celle-ci. Les musiciens sont toujours aussi précis et techniquement irréprochables, mais ne changent jamais de place sur scène. Mais comme toujours, ils «headbang» sans arrêt. Le son du stage Jagermeister nous en donne encore plein la gueule. En cette première journée, c’est vraiment le meilleur des cinq côté sonorité. Les chansons favorites du public sont encore les classiques aux titres gentils que sont A Skull Full of Maggots, Stripped, Raped, and Strangled et Hammer Smashed Face. (Sébastien)

Direction scène Budweiser pour The Planet Smashers, un spectacle qui s’annonçait rafraîchissant. Alors quoi de mieux pour nous accompagner qu’une bonne barbotine Slush Puppie. Quelle déception! L’ingrédient principal de la dites « slush » manquait à l’appel : la glace. C’est donc avec nos jus de fruits chimiques que nous nous sommes accoudés à la clôture en attendant l’arrivée du sextet montréalais. Le groupe était déjà sur scène, prêt à jouer à 16h25, erreur d’horaire? Qui sait? Les jolies demoiselles Budweiser ont lancé des t-shirts du Rockfest à la foule impatiente pendant les 20 minutes suivantes. À 16h45 tapant, on a pu entendre les dernières notes de A Day to Remember au loin sur la scène Loto-Québec et quelques minutes plus tard, Matt Collyer et sa joyeuse bande se sont lancés sur Fabricated. La première pièce de l’album No Self Control paru en 2001 a tout de suite mis l’ambiance à la fête. Il est évident que The Planet Smashers a conservé son groupe d’admirateurs québécois depuis le début de leur carrière il y a déjà vingt ans. La foule massive connaissait bien toutes les paroles des 13 chansons que le groupe a choisi de jouer au Rockfest. De Life of the Party, J’aime ta Femme (I Like Your Girl), Surfin’ in Tofino à Skate or Die, il n’y avait pas de repos possible. Même ceux qui semblaient moins connaître la formation ska ne pouvaient s’empêcher de sautiller sur leurs rythmes contagieux. Il y avait même des fans qui se lançaient un toutou hippopotame violet sur les notes de The Hippopotamus. Le groupe a aussi lancé une grosse banane rasta en toutou dans la foule qui n’a malheureusement pas survécu, au désarroi de Collyer. (Yannick et Sophie)

Tout en continuant de danser sur Super Orgy Porno Party, nous avons fait notre chemin à travers la foule déjà très dense devant la grande scène centrale pour NOFX. C’était sans aucun doute l’une des prestations les plus attendues de la journée. Tout le monde était là pour entendre le légendaire quatuor californien qui a fait ses débuts il y a déjà plus de 30 ans. Le chanteur et leader charismatique Fat Mike, accoutré de son chandail de Dead To Me avec son mohawk rose et de ses fantastiques lunettes en cœur a bien diverti la foule tout au long de leur spectacle. Malgré quelques commentaires douteux, peut-être sarcastiques (on ne le saura jamais), sur la musique métal et sur le fait qu’ils sont possiblement le deuxième meilleur groupe de tout le festival (on se demande qui est le premier à ses yeux), le public sur place n’en a pas moins apprécié la présence de NOFX au Rockfest. Les nombreux mosh pit à travers la foule massive étaient vraiment impressionnants à voir, incluant le body surfer en chaise roulante! L’enthousiasme était palpable pendant Murder The Government, Fuck Da Kids et The Seperation of Church and Skate. Malheureusement le clin d’œil de Fat Mike à ses admirateurs francophones est un peu tombé à plat, puisque leur célèbre reprise de Champs Élysées était plutôt ratée. C’était néanmoins beau de voir tout le monde fredonner la chanson en cœur alors que l’on se dirigeait à nouveau vers la scène Jagermeister pour Taking Back Sunday. (Yannick et Sophie)

Le quintet originaire de Long Island dans l’état de New-York avait définitivement beaucoup de fans présents à Montebello. Plusieurs chantaient à tue-tête et connaissaient les paroles du bout des doigts. Taking Back Sunday qui a fait ses débuts à la fin des années 90 a su attirer une foule impressionnante. Certains arboraient des chandails à l’effigie de The Used (en prestation le lendemain) avec qui ils sont en tournée pour une bonne partie de 2014. Le son semblait encore fautif à la scène Jagermeister. Des baisses et fortes remontées de son ne rendaient pas justice à la performance solide du groupe. Le chanteur Adam Lazzara a eu quelques petites difficultés de voix, mais il était difficile de dire si c’était vraiment lui ou les problèmes techniques. On a tout de même pu fortement apprécier le simple Flicker, Fade de leur tout dernier album Happiness Is, une ballade rock aux riffs puissants et la classique MakeDamnSure parue en 2006. (Yannick et Sophie)

Un groupe qui est en train de devenir un habitué des festivals estivaux (après deux présences au Heavy Mtl) c’est Five Finger Death Punch. Après le punk des deux formations précédentes, 5FDP ramènent le métal à l’avant-plan. Je comprends parfaitement les critiques qui peuvent être accordées à ce band et elles sont sans contredit fondées. C’est plein de clichés, ils se donnent une allure violente, mais ils ont pleine de tounes mielleuses et j’en passe. Mais il faut être aveugle et sourd pour ne pas voir que ça marche en spectacle. Ils commencent fort avec Under and Over It. Le band est en forme, le chanteur est en voix et la foule chante à l’unisson. À part Bad Company dont je me passerais à chaque show et The Bleeding qui est mal chanté, le reste est parfait et les admirateurs n’en ont que faire de ceux qui n’aiment pas ce band. Ils soufflent une vague d’énergie à l’évènement. Le chanteur revient sur le fait que Fat Mike de NOFX ait dit «fuck metal». Moody considère ça comme une insulte à ceux qui sont là pour ça aujourd’hui et malgré qu’il dise aimer NOFX depuis des années, il lui dédit Burn MF (pour Mother Fucker) qui est selon moi la meilleure du show. Moi et des amis l’avions encore en tête le lendemain soir. (Sébastien)

Nous voici arrivés à un des nombreux retours de formations québécoises. Despised Icon s’est réuni pour quelques dates cet été et n’avait pas joué ensemble depuis 2010. Cela crée un évènement festif à la scène Budweiser. Tous les membres ont l’air heureux d’être ensemble, particulièrement les deux chanteurs qui ne sont pas avares de commentaires. Ils entament avec Furtive Monologue, ce qui donne le ton pour la suite, car l’album The Ills Of Modern Man aura la plus grosse part du setlist. Il n’y a que le premier disque qui ne sera pas représenté. Comme c’est le cas toute la fin de semaine, le son de cette scène est puissant et bien balancé et les groupes québécois ne bénéficient pas d’un moins bon traitement sonore que le reste des groupes. Même si tout le show est intense, c’est pendant In The Arms of Perdition qu’il y a le plus d’action, autant sur que devant le stage. C’est sur cette lancée qu’ils y vont avec Les Temps Changent. Avec MPV qui conclut leur set, on peut affirmer qu’ils ont fini en lions. (Sébastien)

Après un excellent burger au porc effiloché accompagné de succulentes frites du Smoking BBQ, séparation du duo infernal pour couvrir d’une part Alkaline Trio sur la petite scène Mitch Lucker et le retour de la formation Reset sur la scène Budweiser. Tranquillement mais surement, les admirateurs d’Alkaline Trio se sont amassés devant la scène pendant les dernières chansons de Strife qui jouaient juste à côté sur la scène Tony Sly. Lorsque Matt Skiba, Dan Adriano et Derek Grant ont fait leur entrée, ma première pensée en regardant la foule a été de me dire qu’il y avait assez de monde pour qu’on les laisse jouer sur la plus grosse scène Budweiser. Encore une fois, des admirateurs dévoués qui avaient toutes les paroles sur le bout des lèvres. La formation pop-punk emo de l’Illinois n’avait que 35 courtes minutes pour nous impressionner, mais ça n’a pas été très difficile. Leurs chansons très efficaces et les voix uniques et accrocheuses de Skiba et Adriano étaient tout ce qu’il nous fallait. Le trio a pigé un peu partout dans son répertoire des 18 dernières années en passant par Every Thug Needs a Lady de l’album Good Mourning (2003), l’excellente Jaked on Green Beers sur la compilation Remains (2007) et l’incontournable Radio de leur deuxième album Maybe I’ll Catch Fire (2000). J’en aurais pris un peu plus, mais bon, leur passage était vraiment des plus apprécié, on ne se plaindra pas trop. (Sophie)

Voici une des grosses pointures de l’univers métal qui est à sa première apparition au Rockfest. J’ai nommé Megadeth. Ils partent en grande avec Hangar 18 et la foule est euphorique. L’album Rust In Peace reste un des préférés du public. Si le son de cette scène est la pire des cinq, la voix de Dave Mustaine est presque inaudible. Je ne sais pas si c’est le son du micro qui n’est pas assez fort ou Mustaine qui n’est pas en voix ce soir (ça lui arrive souvent), mais c’est pire que jamais. Sinon, pour le reste, ses comparses sont toujours d’excellents musiciens et tous, particulièrement Dave, semblent être d’agréable humeur, ils bougent plus que jamais et sont souriants. Ceux qui ne jurent que par le vieux matériel sont servis, car à part Kingmaker, ce n’est que des classiques. On peut trouver le setlist un peu conventionnel, mais formule festival oblige, on y va avec des valeurs sûres et ça marche. L’ambiance est survoltée et on est sans contredit dans un des gros shows de la journée. Ce n’est pas un moment pour les vrais fans, on a tous déjà vu de meilleures performances, mais c’est le trip de tous ceux qui ne connaissent que les gros canons et ne les ont pas vus souvent. Fort d’un bon accueil, ils reviennent nous jouer Holy War en rappel, mais ils sont malheureusement coupés avant d’avoir fini la chanson. Un peu bizarre pour un groupe de leur notoriété. Dave a rapidement perdu sa bonne humeur et je ne suis pas sûr qu’il veuille revenir au Rockfest de sitôt. (Sébastien)

Justement, comme je suis resté à Megadeth jusqu’à la dernière minute de son, quand j’arrive à la scène Jagermeister, Meshuggah est déjà en pleine action. Ils sont en train de jouer Gods Of Rapture et ça sonne comme une tonne de brique. La basse est profonde et tous les instruments sont bien balancés. Ce n’est peut-être pas une musique de party, mais avec le soleil qui vient de se coucher, on peut partir en transe avec ce métal extrême à la fois progressif et psychédélique. L’interprétation est impeccable et même la voix de Jens Kidman est sans fausse note. Une chance qu’ils jouent sur cette scène, les vrais fans peuvent profiter pleinement du talent de ces Suédois. Il y a sûrement quelques curieux qui tombent sur le cul devant quelque chose d’aussi imposant. Leur prestation de Straws Pulled At Random, qui fini le show est tout simplement magistrale. Avec un bon sens de la répartie, ils ne jouent pas deux morceaux du même album. Même si j’ai adoré, je peux facilement concevoir que de nombreux spectateurs n’ont pas dû embarquer, ce n’est pas pour toutes les oreilles. (Sébastien)

Il aura bien fallu attendre 10 ans, sinon 15, et les maintes tournées internationales de Simple Plan avant de retrouver la formation originale de Reset en spectacle. Pierre Bouvier, Philippe Jolicoeur, David Desrosiers et Chuck Comeau sont donc entrés sur scène vers 21h15, au grand plaisir des fans réunis devant la scène Budweiser. Après une brève salutation, le chanteur Pierre Bouvier a entamé la chanson Why, grand classique du groupe. Il faut se le dire, c'était un cadeau pour les amateurs de punk québécois de voir ce lineup légendaire de nouveau réuni. La voix plutôt ordinaire de Pierre Bouvier et les quelques accrochages musicaux n'ont pas refroidi la foule ni l'énergie du groupe. La chimie des membres originaux semblait toujours présente. Le meilleur exemple était clairement le guitariste Philippe Jolicoeur, visiblement très heureux de la tournure des évènements. Et c'était contagieux. Il s'avançait souvent sur le bord de la scène, souriant et hochant la tête, surtout lorsque la sécurité avait de la difficulté à contenir la foule. Et oui, ça brassait à Reset ! Notamment sur Pollution, autre classique du répertoire de la formation montréalaise.On se sentait un peu comme dans un party de secondaire un vendredi soir et c'était exactement ce à quoi on s'attendait. Un gros rassemblement d'amis sans prétention. (Yannick)

En parlant de party de secondaire, nous nous sommes ensuite retrouvés à la scène Loto-Québec question de rajeunir d’une quinzaine d’années l’espace d’une heure. My Name is Jonas, Hash Pipe, Perfect Situation, Trouble Maker, Island In The Sun, Beverly Hills, Dope Nose, Surf Wax in America, Say it Ain’t So, I Want You To, Pork and Beans, Photograph, Song 2 (reprise de Blur), Undone (The Sweater Song) et Buddy Holly ; pas très loin d’un setlist parfait ! No One Else et El Scorcho en plus, ça aurait été le paradis, mais pour l’heure qu’ils avaient devant eux, on ne pouvait demander mieux. Comme on le dit au Québec, « ça sonnait comme une tonne de briques » de la première note de My Name Is Jonas aux derniers coups de cymbales de Buddy Holly. Malgré le retard de près d’une demi-heure causé semble-t-il par le débordement de Megadeth, les fans de Weezer ont eu tôt fait d’oublier cette attente un peu interminable, surtout en fin de journée. En guise d’introduction à Island in the Sun, Rivers Cuomo a improvisé des paroles humoristiques sur la célèbre mélodie, rêvassant que nous étions des milliers de Canadiens réunis sur une île déserte avec Weezer et Megadeth et plusieurs autres groupes. La folie s’est déclenchée lorsqu’il a commencé à jouer les premières vraies notes de la chanson. Pour Photograph, Cuomo et le batteur Patrick Wilson ont échangé les rôles et Wilson a chanté la chanson à la guitare pendant que Cuomo se laissait aller à la batterie. La pièce était jouée en medley avec Song 2 de Blur qui a eu un effet explosif sur la foule. Pour la grande finale sur la légendaire Buddy Holly, tous les membres de Weezer se sont réunis derrière la batterie de Wilson. Belle surprise, Darrin Pfeiffer, le batteur de Goldfinger, s’est joint à eux pour ce moment unique. Le musicien devait être de passage au Rockfest pour voir ses amis de Cannibal Corpse. Un spectacle réussi sur toute la ligne et qui nous a bien préparés pour la venue de Blink-182. (Yannick et Sophie)

Me voilà revenu à la scène Tony Sly pour un autre classique des classiques. Devant une foule compacte de vrais punks et de beaucoup de curieux. Comme beaucoup ici, je suis vraiment content de voir enfin Misfits. Danzig a beau être le chanteur original, le groupe s’est fondé une super bonne réputation avec Jerry Only qui a pris le rôle de frontman. On peut même dire qu’ils ont un line-up de superstars avec Dez Gadena (ex-Black Flag) et Eric Arce (ex-Murphy’s Law). Ils ont du look, ils ont de l’attitude et ils ont les classiques. Comme la grande majorité, et malgré le froid qui s’est installé, j’ai passé du bon temps. Only n’a peut-être pas une voix très puissante, mais Danzig non plus, tout comme les chanteurs de punk classique et tout est dans la performance scénique. Et pour ça, Jerry est passé maître. J’ai chanté à pleins poumons sur Die Die My Darling (merci Metallica), j’ai trippé sur l’incontournable Halloween et même «headbangner» sur le nouveau classique qu’est Descending Angel. Même s’ils ont encore un air de jeunes nouveaux, ils sont quand même des musiciens d’expériences et sans êtres des virtuoses, ils sont solides. (Sébastien)

               

Autre groupe qui monte les échelons de la popularité un à un et qui s’est taillé une place d’exception dans le cœur des métalleux, c’est bien Mastodon. Je vous avoue que je suis plus un admirateur du virage plus progressif pris avec Crack The Sky et j’ai été servi ce soir-là. Ils ont entamé avec l’excellente Black Tongue du non moins excellent The Hunter. Ils interprètent le tout à la perfection. Ce ne sont pas des amuseurs publics, mais bien des musiciens hors pair. Divinations enfonce le clou pour garantir que nous allons passer une très bonne heure de show. Comme tous les autres bands avant eux, ils sont appuyés sur une très bonne sonorité pour une scène extérieure et ça ne nuit pas pour que quelques néophytes soient convertis. Le jeu des lumières est particulièrement approprié et c’est vraiment un avantage pour eux de jouer en pleine nuit (il approche minuit). Leur musique reste quelque chose d’assez cérébral et ce n’est pas le moment où le« mosh pit» est à son comble. Seule fausse note, la voix du batteur Brann Dailor, qui joue en même temps qu’il chante, n’est pas à son top pendant The Sparrow qui nous sert de finale. (Sébastien)

Vers minuit trente, lorsque Blink-182 a pris d'assaut la scène principale, la fatigue de la foule commençait drôlement à se faire sentir. Même un des gardes de sécurité somnolait près de la console centrale et plusieurs s'impatientaient sous le froid qui s'était installé depuis la tombée de la nuit. Qu'à cela ne tienne, parce que la tête d'affiche de la première journée du Rockfest avait de l'énergie à revendre. Mark Hoppus a immédiatement conquis la foule avec Dumpweed, tirée de leur album Enema Of The State. Tout au long du spectacle, il n'a pas perdu une seule occasion d'interagir avec la foule en mentionnant plusieurs autres groupes participant au Rockfest (NoFX, Misfits, H20). Il a aussi couvert d'éloges le batteur Travis Barker. C'est un peu devenu une coutume lors d'un spectacle de Blink-182. Côté choix de chansons, personne n'est demeuré en reste. De What's My Age Again à Always en passant par Down, Carousel, First Date, All The Small Things et I Miss You, c’était assez complet. Cette dernière a particulièrement bien résonné avec le public, tirant plus d'un sourire honnête sur les visages de Mark Hoppus et Tom DeLonge. Sans compter les hurlements et les couples qui s'embrassaient entre deux « Miss You, Miss You ». C’était un très beau moment alors que tous chantaient à l’unisson. Ils ont aussi rendu un bel hommage aux Misfits en reprenant Hybrid Moments. DeLonge semblait particulièrement de bonne humeur avec ses multiples blagues grivoises et en insistant qu’il allait s’inviter dans les tentes des gens après le spectacle. Nous allons nous abstenir de vous faire un dessin des mots utilisés par Tom, mais vous avez assez d’imagination. Juste avant de se lancer dans Josie, Hoppus a blagué un peu en expliquant le principe du rappel : «  Nous allons jouer une autre chanson pour ensuite prétendre que le spectacle est terminé, pour ensuite revenir et en jouer deux autres. » C'est d'ailleurs avec une finale un peu chaotique de Dammit/Family Reunion que le trio californien a quitté la scène. Il était de toute façon bien temps pour tout le monde de retrouver son camping ou sa voiture car il était alors passé 1h30 du matin. Quelques courageux iront voir Suicidal Tendencies et le Punk Rock Karaoké. (Yannick et Sophie)

L’horaire ayant pris du retard, il fait un froid sibérien et il est 1h30 quand Suicidal Tendencies nous fait l’honneur de sa présence. Il y a quand même une bonne foule pour les accueillir, leur réputation (pas surfaite) les ayant précédés. Mike Muir est encore aujourd’hui un frontman d’exception et il ne se gêne pas pour nous parler. Vu l’heure tardive et le fait que je n’avais pas prévu cette température, je ne reste que pour quelques chansons. J’ai quand même le temps de les voir jouer quelques incontournables comme You Can’t Break Me Down, Institutionalized et I Saw Your Mommy et ceux qui sont encore là à cette heure, sont là parce qu’ils veulent tripper et il y a de l’action en masse. Mike trouve même que cette heure tardive est parfaite pour commencer un spectacle quand on est un vrai «party annimal». Une fin de (longue) journée toute en intensité! (Sébastien)

Points forts : Les stations d’eau Amnesia où l’on pouvait rapidement donner sa bouteille vide à une gentille fille qui nous remplissait ça en deux temps trois mouvements. Vraiment parfait. Les nombreuses toilettes facilement accessibles qui ma foi sont restées plus propres que nous avions osé l’imaginer. Celles près de la scène Budweiser étaient devenues trop pleines le premier soir et c’était une aventure périlleuse d’y entrer, mais celles entre la scène Loto-Québec et Jagermeister n’avaient pratiquement jamais plus de 5 minutes d’attente et n’ont jamais manqué de papier de toilette. Elles n’étaient jamais pleines et ça ne sentait jamais plus mauvais qu’il ne le fallait. À plusieurs reprises nous avons remarqué des camions avec des gens qui sont venus vidanger les toilettes chimiques. Des équipes sanitaires vidaient régulièrement les poubelles elles n’étaient jamais pleines non plus. Il n’y avait pas de raison de tout jeter par terre, cela a été par contre désolant de voir autant de gens laisser leur bouffe par terre quand une poubelle vide se trouvait juste à côté. Mais bon personne n’est parfait. De la bouffe végétarienne, des poutines, du Pizza Pizza, des dizaines de sortes de limonades, des fruits frais, des grilled cheese, du smoked meat, du porc effiloché, du macaroni au fromage, hot-dogs, nachos et j’en passe, on avait l’embarras du choix. La pizza fraîche et chaude à 1h30 du matin était parfaite ! (Sophie)

Points faibles : Le stationnement manquant et chaotique pour certains. Beaucoup se sont stationnés sur les voies d’accotement à plus de deux kilomètres de marche. L’ouverture trop tardive des portes le matin. Les frais de 4$ aux guichets pour retirer de l’argent c’est un peu abusé. Les estrades VIP qui ne semblaient pas à la hauteur de leur prix, elles auraient dû être placées plus près. Les scènes Jagermeister et Budweiser auraient dû être un peu plus éloignées, ça devenait très cacophonique par moments. Peut-être ajouter des aires de repos un peu plus délimitées au lieu de s’asseoir un peu partout entre les gens qui circulent pour un meilleur roulement de foule entre les scènes. (Yannick et Sophie)

 

Spectacle: Le 20 juin 2014 à Montebello
Organisateur: Amnesia Rockfest
Photographes: Helene Dickey
Compte-rendu: Sébastien Léonard, Yannick Wolfe et Sophie Ferrandino

 

Lu 8623 fois Dernière modification le mercredi, 25 juin 2014 22:16
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