23 Jui 2014

Amnesia Rockfest 2014 - Jour: 2 (Critique et photos) Spécial

AMNESIA ROCKFEST : 21 juin 2014

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Nous venions à peine de mettre les pieds sur le site du Rockfest que Me First and The Gimme Gimmes ont entamé l'une des performances les plus divertissantes de tout le week-end! La beauté des Gimmes, mise à part leurs vêtements tous droits tirés d'un épisode de Miami Vice, c'est qu'ils ne font que des reprises. De Gloria Gaynor à Elton John, en passant par Boys II Men et Paula Abdul. C'était le choix idéal pour mettre en branle la deuxième journée du festival et réveiller certains fêtards encore un peu endormis. Malgré la performance en dent de scie du groupe, et le « viol » avoué de Take Me Home de John Denver, la foule a apprécié chanter en cœur, d'une voix parfois fatiguée, les nombreux classiques interprétés par Fat Mike et sa bande. (Yannick)

Sous un soleil frappant, à 14h40 pile, le chanteur Bert McCracken et sa bande ont fait leur entrée sur la    grande scène centrale. The Used n’ont pas eu à convaincre qui que ce soit, les festivaliers étaient conquis dès le premier sourire contagieux de McCracken. La formation américaine n’en est pas à ses débuts. Forts de six albums studios en plus de 13 ans de carrière, le quatuor maîtrise parfaitement sa performance. C’est avec l’accrocheuse Cry que le groupe a commencé son setlist. Il n’a même pas fallu une minute pour que tout le monde frappe des mains au rythme de la batterie de Dan Whitesides. Le frontman qui est normalement reconnu pour ses fréquentes sautes d’humeurs lors de leurs spectacles, semblait étonnamment jovial ce jour-là. The Used n’y sont pas allés de main morte avec Take it Away, Revolution et aussi The Taste of Ink. McCracken a aussi louangé ses admirateurs en leur révélant que la seule raison pour laquelle ils étaient toujours là après toutes ses années était grâce à eux, les meilleurs fans du monde. Autre moment fort de cette prestation, la rapide mais efficace demande en mariage d’un fan sur scène. Elle a dit oui bien évidemment ! Le cœur réchauffé, The Used ont conclu avec un énergique medley de Smells Like Teen Spirit de Nirvana, A Box Full of Sharp Objects et Killing in the Name Of de Rage Against The Machine. Une sortie de scène des plus puissantes pendant laquelle la foule n’a pas su tenir en place du début à la fin. (Sophie)

           

J’ai besoin d’un remontant après une nuit à faire la fête et c’est exactement l’effet que va me faire Obey The Brave. Fort de son show sur cette même scène hier, le chanteur Alex Erin (Despised Icon) est en feu et est prêt à challenger la foule au maximum. J’ai connu ce groupe ici même il y a deux ans et j’avais hautement été impressionné, tant par leur présence scénique que par leurs compositions qui te rentrent dans le corps. Le coup d’envoi est donné avec Get Real. Le son est excellent et les gars donnent une super bonne performance. Si l’assistance présente répond, elle n’est pas assez réceptive aux yeux d’Alex qui n’arrête pas de nous rappeler qu’on est là pour s’amuser. Ils en profitent pour nous annoncer qu’ils sont en studio pour un nouveau disque et qu’ils ont de nouvelles chansons à nous proposer. Raise Your Voice et Short Fuse, si j’ai bien compris les titres. Ces deux chansons sont dignes de leur catalogue et annonce bien pour la suite du groupe. Pour finir en beauté, ils jouent leur titre francophone Garde la Tête Froide. (Sébastien)

Un des rares ratés du lineup du Rockfest était peut-être Henry Rollins. Non pas par sa présence, ni sa pertinence, mais plutôt dans l'exécution entourant sa prestation. Seul au micro de la scène Tony Sly, Rollins a pris la parole pendant près de quarante minutes. Malheureusement, sa voix n'était pas suffisamment amplifiée rendant plutôt difficile pour les spectateurs de bien apprécier sa narration. Sans compter que la scène TS se trouvait entre les deux entrées, une rangée de marchands et un îlot de toilettes chimiques. Trop bruyant et côté ambiance sonore, on repassera. Dommage, car plusieurs curieux se sont retrouvés déçus et ont rapidement quitté pour Lagwagon. Nous ne saurons donc jamais la fin de l’histoire que Rollins racontait. Les bribes que nous avons pu percevoir parlaient d’un vieil homme triste qui venait de perdre sa femme et racontait qu’ils écoutaient toujours le film Jack Frost ensemble. Rollins disait que le studio où ce film a été produit se trouvait à quelques rues de là où l’homme attristé se confiait à lui. Pour la suite, malheureusement il faudra possiblement la trouver quelque part sur la toile. (Yannick et Sophie)

S’il y a bien un groupe de punk rock que j’aime (en plus de Bad Religion), c’est bien Lagwagon. N’ayant jamais pu les trouver l’an passé, à cause des changements d’horaires, je me suis promis d’être au rendez-vous cette année et je n’ai pas été déçu. Dès les premières notes d’Alien 8 la fête commence pour la généreuse foule qui s’est massée devant la scène Loto-Québec. Force est de constater que le son est vraiment meilleur sur cette scène qu’il ne l’était hier (du moins pour les shows que j’ai vu). Le chanteur Joey Cape est particulièrement volubile et semble extrêmement heureux d’être là. L’album Hoss est hautement représenté au grand plaisir des fans qui veulent se mettre du vieux stock sous la dent. Pour ma part, il faut que j’attende au septième morceau pour entendre Coffee & Cigarette du disque Thrashed, mon album fétiche du band. Il n’y aura qu’Island of Shame qui viendra s’y ajouter vers la fin du spectacle. Quand Razor Burn termine la marche, j’ai vraiment l’impression que c’est parti pour les gros shows de la journée sur la scène principale. (Sébastien)

           

Je suis vraiment déçu de voir qu’il n’y a pas une plus grosse foule que ça amassée devant le stage Budweiser. Il y a quand même plus qu’une dizaine d’années qu’Oblivion ne joue plus ensemble régulièrement. Je me rappelle encore être allé les voir au Foufounes Électriques dans la deuxième moitié des années ’90. C’est un retour dans le temps plus que bienvenu. Et, au moins, ceux qui assistent au show sont là à 100%. L’emphase est surtout mise sur 1995 en particulier, car c’est l’album Cybervoid qui est à l’honneur, comme nous annonce le chanteur Bruno Bernier. Dès qu’on entend la pièce titre du disque, on sait qu’on va passer un bon moment. Le son est au rendez-vous, chaque membre est encore au top de son art et maudit que leur musique n’a pas vieilli d’une ride. Il n’y a que peut-être que Biomécanique dont les paroles en français peuvent sonner un peu cul-cul pour un néophyte. C’est surement de là que vient la faible assistance, trop de participants au Rockfest n’écoutaient pas de musique métal quand le band québécois a pris officiellement sa retraite en 2002. (Sébastien)

Encore une fois, la diversité du festival sautait aux yeux alors que les membres de Cypress Hill prenaient place sur la scène Loto-Québec après les prestations de The Used et Lagwagon quelques heures auparavant. Le mythique groupe hip-hop avec lequel plusieurs d’entre nous ont grandi était vraisemblablement très attendu. La foule présente était certainement l’une des plus massives du Rockfest. C’est sur les notes de Hand on the Pump que la fête a commencé. Des émanations de fumée ont immédiatement envahi l’air ambiant au grand plaisir des deux rappeurs B-Real et Sen Dog. Les succès se sont enfilés aussi rapidement que les joints des deux frontmans s’évaporaient. Insane in The Brain, Tequila Sunrise et I Wanna Get High ont enivré la foule qui chantait à tue-tête entre deux bouffées printanières. Le party a continué avec d’autres incontournables tels Hits From the Bong et When the Shit Goes Down. Avant de terminer en beauté avec Rock Superstar, DJ Muggs et Eric Bobo ont épaté la galerie avec un jam table tournante et percussions. Tous ses effluves nous ont drôlement creusé l’appétit et nous avons pris notre pause poutine sur les notes tonitruantes de Barf. (Sophie)

La foule de Cypress Hill était tellement dense qu’il nous a fallu bien du temps pour en sortir et malheureusement il nous était impossible de se creuser un passage plus près du légendaire groupe québécois sur la scène Budweiser déjà innondée de spectateurs. Cela dit, la voix de Marc Vaillancourt a très bien su accompagner notre délicieux repas et le trash métal du groupe montréalais a semblé autant satisfaire les oreilles des fans présents que la poutine a comblé nos estomacs ! (Yannick et Sophie)

Je dois dire qu’il faut un temps d’adaptation pour voir et entendre Cradle Of Filth en plein jour, ils sont tous habillés en cuir noir, comme d’habitude, avec leur face maquillée en blanc. De plus, leur son n’est pas le meilleur entendu sur la scène Jagermeister cette fin de semaine. Pas grave, Dani et sa bande possèdent du charisme et surtout ils ont de l’attitude à revendre. Ils ont la chance de le prouver à la fin de leur performance, après un très apprécié Cruelty Brought Thee Orchids, ils entreprennent de jouer Her Ghost In The Fog sous les applaudissements nourris du public. Il n’y a pas deux minutes qu’ils ont commencé que leur son est coupé, car Primus prend place sur la grande scène. Bien, croyez-le ou non, ils ont terminé les quatre minutes restantes sans broncher. On n’entendait que le claquement de la batterie et la foule qui scandait «Cradle» à pleins poumons. C’était frustrant de les voir se faire couper, mais en même temps cela a créé un moment magique qui a réuni toute la foule à une même cause. (Sébastien)

Si Cypress Hill était le seul groupe « hors contexte » du Rockfest, Primus était certainement l'une des plus belles surprises de la fin de semaine. Le trio californien s'est rapidement lancé sur scène avec Those Damned Blue-Collar Tweekers, au grand plaisir de la foule. Malheureusement, l'un des micros du bassiste et chanteur Les Claypool était mal calibré, rendant les premières chansons du groupe plutôt difficiles à entendre. Rien pour enthousiasmer la foule déjà un peu perplexe devant la voix unique de Claypool. Le guitariste Larry Lalonde et l'excellent batteur Tim Alexander ont cependant sauvé les meubles avec des performances du tonnerre, le temps d'ajuster la sono. C'était déjà beaucoup mieux sur Wynona's Big Brown Beaver, même si plusieurs spectateurs sont restés sidérés devant les prouesses de Les Claypool, qui est tout simplement l'un des meilleurs bassistes au monde. Southbound Pachyderm en a d'ailleurs impressionné plus d'un. Les projections des musiciens sur les écrans géants de chaque côté de la scène Loto-Québec ont grandement aidé à mettre en valeur les compositions de Primus. On pouvait souvent y voir l’impressionnante guitare basse à 7 cordes que le chanteur affectionne particulièrement. C’est réellement une œuvre d’art sculptée dans du bois de diverses teintes qui fait honneur à son propriétaire. Claypool a d'ailleurs eu l'occasion de souligner le talent de ses musiciens, avec raison, en plus du prévisible clin d'oeil à la performance emboucanée de Cypress Hill. C'est sur deux de leurs plus grands succès, My name is Mud et Jerry Was A Race Car Driver, que la (trop) courte prestation de Primus s'est terminée, même si plusieurs hurlaient « Primus sucks, Primus sucks ! » à plein poumons. Dommage, puisque la foule et les membres du groupe en voulaient clairement plus. Surtout que le dernier spectacle de Primus au Métropolis de Montréal en 2011 a duré un peu plus de trois heures. (Yannick et Sophie)

C'est une foule plutôt dense qui attendait Joan Jett & The Blackhearts au pied de la scène Jagermeister. La rockeuse américaine, armée de près de 40 ans de carrière et d'une tonne de succès a rapidement soulevé la foule avec Bad Reputation et sa reprise de Cherry Bomb. La chanteuse a d'ailleurs profité de l'hystérie de la foule pour échanger quelques mots avec les spectateurs, question de prendre le pouls de la soirée. Défi relevé pour Joan Jett et ses musiciens qui ont toujours autant d'assurance. Un aplomb que la foule a particulièrement apprécié pendant les trois dernières chansons: les reprises de Crimson & Clover, I Love Rock N' Roll et leur hit I Hate Myself For Loving you. Seul bémol, les back vocals étaient plutôt ordinaires. (Yannick)

            Il n’y a seulement qu’un show où je m’étais promis de thrasher, sauter et crier comme quand j’avais vingt ans, c’est celui d’Anonymus. Dans mes jeunes années, je ne manquais jamais au grand jamais une de leurs performances. Et le fait que Marco Calliari se joigne à eux pour l’occasion rend ce moment encore plus nostalgique pour moi. Je tiens à préciser que Jef Fortin, qui a remplacé Marco, était aussi de la partie. Les fans de la première heure ont été servis, car, comme on pouvait s’en douter, ils nous ont ressorti plusieurs vieux morceaux comme un medley de chansons de leur premier disque Ni Vu Ni Connu. Sous Pression et Un Poing c’est tout de l’album Stress ouvraient la marche. Comme le dit si bien Oscar, ils sont un groupe de métal qui chante en français et ils ont priorisé la langue de Molière dans leur choix de chanson. Il n’y a que Why Be The Judge qui a fait une entorse à cette règle. Leurs deux derniers disques (ceux sans Marco) ne sont pas oubliés avec Enragé et Fonce Ou Crève. Moi et tous ceux qui s’étaient déplacés avons passé un bon moment. Et à regarder jouer Oscar, Marco, Daniel, Carlos et Jef, je crois qu'eux aussi. Je me suis même mis à rêver un moment qu’Anonymus puisse rester un orchestre à cinq joueurs. (Sébastien)

Le quatuor ontarien Billy Talent était un autre des groupes très attendu de l’édition 2014 du Rockfest. Les fans se sont très rapidement entassés devant la scène Loto-Québec pour profiter de Ben Kowalewicz, Ian D’sa, Jonathan Gallant et Aaron Solowoniuk. Jusqu’ici, tout le monde semblait bien fatigué de la veille et les mosh pits étaient moins fréquents et moins violents que ceux du vendredi. Mais Billy Tallent a su faire oublier cet épuisement et ramener la fougue pendant toute l’heure qui leur était allouée. Il y existe peu de mots pour décrire l’énergie que dégage ce groupe unique. This is How it Goes a soulevé la foule de façon spectaculaire. Des mosh pits se sont formés partout jusqu’à la tente de son centrale et possiblement même plus loin. Il n’y avait pas de répit alors que les fameuses notes de Devil in a Midnight Mass ont résonné jusqu’aux confins du site du Rockfest. Kowalewicz est réellement une bête de scène, ses expressions faciales et son dynamisme pendant le spectacle sont toujours marquants. Le guitariste Ian D’sa et sa coiffure mythique ne cessent jamais d’impressionner avec ses riffs de guitares inégalés. Le groupe enchaîne succès par-dessus succès avec Try Honesty, This Suffering, Rusted From The Rain et Devil on My Shoulder. Ben et ses comparses en donnent toujours pour tous les goûts. Le chanteur a aussi fait mention de la diversité du Rockfest en nommant plusieurs groupes sans lesquels Billy Talent n’aurait jamais été créé, tels que : Misfits, Nofx et Dead Kennedys. Il a bien sûr tenu à les remercier pour l’héritage musical laissé par ces derniers. Red Flag en a ensuite fait hurler plusieurs à gorge déployée. Les paroles puissantes et libératrices y étaient sans doute pour beaucoup. Lorsque Fallen Leaves a débuté, l’énergie a encore monté d’un cran, comme si c’était possible. Surprise, Suprise et Viking Death March ont terminé le set trop court pour tous les gens présents. Nous avons quand même eu droit à un peu de pyrotechnie, qui semble-t-il a donné du fil à retordre à l’agent de sécurité qui était mandaté d’allumer les feux d’artifices dans l’allée centrale au bon moment. Contre toute attente, tout s’est passé dans les règles de l’art, faisant de la prestation de Billy Talent l’un des plus grand succès du Rockfest. (Sophie)

           

Tout fan de métal extrême qui se respecte connait au moins Venom de nom. Comme le groupe anglais ne vient pratiquement jamais nous voir, beaucoup de curieux se sont déplacés pour l’occasion. Qu’on se le tienne pour dit, Cronos et sa bande nous garrochent en pleine face Black Metal, leur plus gros hit, d’entrée de jeux. Mais je me suis vite rendu compte que le trio avait d’autres atouts dans sa manche avec des titres comme Antechrist ou Hammerhead. Les paroles de ces classiques peuvent sembler un peu cliché en 2014, mais il faut se mettre en contexte et se dire que Venom ont commencé vers la fin des années ’70, avant que le métal extrême comme on le connait ne soit né. Le chanteur est souriant à souhait et est très heureux d’être parmi nous. Il en profite pour nous jouer une nouvelle pièce intitulée simplement Rise. Celle-ci se fond dans le setlist tellement elle garde le même esprit que ce à quoi nous a toujours habitué Venom. Comme tous les bands métal de cette scène (c’est autre chose pour le punk), le son est bien balancé et nous permet de bien apprécier même les titres que nous connaissons moins. La formation a été à la hauteur de leur statut de groupe culte. (Sébastien)

           

Je commence par un commentaire purement personnel, mais voici enfin arrivé LE SHOW du Rockfest. Si ce n’est déjà plus nouveau de voir Alice In Chains performer avec William Duval, le plaisir est renouvelé à part entière à chaque fois. Ils sont un des rares bands qui ont su se créer une identité propre même avec la mort d’un membre aussi important que le chanteur. À voir l’énorme foule qui s’est massée devant la scène, il y a sûrement un grand nombre de spectateurs qui profite de la formule d’un gros festival pour les voir et les entendre pour la première fois. Ils commencent fort avec Them Bones et Dam That River tirés tout droit de l’album culte Dirt. La foule est déjà en délire et j’en vois un grand nombre chanter autour de moi. Comme c’est le cas toute la journée aujourd’hui, le son est impeccable pour un show extérieur et c’est parfait pour rendre le moment magique. Je m’en confesse, je suis totalement vendu et je suis le plus proche du stage que la clôture VIP me permet d’aller. Je manque peut-être d’un peu de recul, mais j’ai l’impression que tous tripent autant que moi. L’euphorie créée par les premières notes de Nutshell est assez pour me rappeler que Jar Of Flies, malgré qu’il soit un EP acoustique, est leur disque le plus vendu. Jerry Cantrell exprime clairement qu’il aurait aimé que le show dure plus longtemps, mais toute bonne chose ne dure pas éternellement. Après une très intense Would? le groupe de Seattle nous laisse tranquillement sur Rooster. Comme beaucoup ici présent, j’aurais bien pris un rappel. (Sébastien)

C'est une foule un peu fatiguée qui attendait avec impatience Danzig, dernière tête d'affiche à se produire sur la scène Jagermeister. Un peu passé 23h, bière à la main, la foule a chaudement accueilli sur scène le guitariste Tommy Victor et le bassiste Steve Zing. Dès que les premières notes ont retentis, l’imposant Glenn Danzig s'est élancé sur scène. De bonne augure jusqu'au moment où Danzig s'est mis à chanter les premiers mots de ce qui me semblait être Skin Carver . Malheureusement, impossible de discerner quoi que ce soit. Sa voix était tout simplement exécrable. Les inconditionnels du groupe ont reconnu leurs chansons préférées sans trop de difficulté, merci aux musiciens qui ont rendu justice aux enregistrements studio du quatuor. Mais pour les néophytes et autres festivaliers curieux, c'était déconcertant. Plusieurs ont d'ailleurs quitté rapidement le spectacle pour se diriger vers Grimskunk. Malgré les lacunes, la performance du groupe était bonne. Glenn Danzig a fait de son mieux pour compenser ses vocalises par une bonne présence sur scène et une excellente chimie avec ses musiciens, notamment pendant Astro Zombies (des Misfits) et Mother. Autre point faible, le setlist du groupe ressemblait comme deux gouttes d'eau à celui joué à Heavy MTL 2013. Relativement décevant, même pour les vrais fans. (Yannick)

           

Voici le groupe le plus habitué du Rockfest et dernier band québécois de cette édition 2014 : Grimskunk. Fidèles à eux-mêmes, ils ont prouvé plus d’une fois qu’ils peuvent gérer une grande foule avec brio et cette fois ne fait pas exception. Ils sont accompagnés du meilleur jeu de lumière que la scène Budweiser nous ait donné cette fin de semaine. Fière de leurs racines, mais ne surfant pas sur une vague nostalgique, ils alternent facilement entre des titres de leur dernier disque Set Fire! et des classiques de l’alternatif made in Québec qu’ils ont composé pendant les années ’90. C’est sûr que le public est plus réceptif à Gotta Find The Way, Le Gouvernement songe, La Vache ou Don’t Hide qu’à Fuck Shit Up, Set Fire To The Nation ou America Sucks, mais le «body surfing» et les ballons de plage qui virevoltent dans les airs ne prennent pas de pause. C’est drôle de voir qu’il y a presque autant de monde devant Grimskunk que devant la scène Loto-Québec pour bien se positionner pour Mötley Crüe. En vrai fan que je suis, je quitte mes Québécois préférés (avec Anonymus) pour moi aussi avoir une bonne place pour le prochain spectacle. De mon nouvel emplacement, je peux voir et entendre de loin le band finir leur show avec Rooftop Killer. (Sébastien)

           

Il est important de rappeler à ceux qui ne le savent peut-être pas, mais ce spectacle de Mötley Crüe est le premier de la tournée d’adieu de ceux-ci. Moi je tiens à vous aviser que je suis aussi vendu à Mötley que je l’étais à Alice In Chains précédemment, mais contrairement à ces derniers, tout n’a pas été aussi rose, même pour moi. Sans intro, la formation américaine se lance sur la scène pour entamer Saint Of Los Angeles. Il faudra pratiquement la toune au complet à l’équipe de son pour balancer le tout. La puissance du son passe son temps à monter et descendre. Heureusement, ça s’est replacé pour Wild Side. Celle-ci plait beaucoup plus à la foule qui est sans contredit là pour entendre les plus grands succès du groupe. Même avec le problème de la puissance des micros réglés, il faut se rentre à l’évidence que Vince Neil n’est plus capable de chanter comme avant. Il n’a jamais été un virtuose du chant, mais je ne peux m’empêcher de me dire que c’est une bonne chose pour lui que ça soit sa dernière tournée, car c’est pire que jamais. Par contre, il y a une chose qu’on ne peut pas lui enlever, il sait parler à une foule et est un bon «frontman», de plus, lui est ses acolytes ont une liste sans fin d’hymnes rock pour faire chanter le public. Same Ol’ Situation (S.O.S.), Look That Kill, Shout At The Devil, Dr Feelgood et Girls, Girls, Girls pour ne nommer que ceux-là. Si Mick Mars ne peut plus trop bouger dû à une maladie dégénérative, ses doigts sont encore fluides sur son manche de guitare et Nikki Sixx est assurément l’autre amuseur public du lot et semble en parfaite forme. Je suis seulement surpris de voir que Tommy Lee ne prend presque pas le micro pour faire le bouffon ou dire ses commentaires. Quand Vince nous annonce un nouveau morceau, je rêve pendant un instant à Sex qui aurait été une agréable surprise. C’est finalement MutherFucker of The Year tirée de leur dernier disque. À ma grande surprise, c’est Live Wire mon moment fort du show. En excluant la voix, elle est super bien interprétée et la foule est en délire. Le show fini sans tambour ni trompette avec Home Sweet Home. En prenant en ligne de compte que c’est la dernière fois que Mötley Crüe joue au Québec, j’aurais fini sur une note plus rock «bad ass» qu’une balade, aussi intemporelle soit-elle. Dans le même ordre d’idée, j’aurais pris un peu plus d’effet, de wow ou n’importe quoi d’autre, que ce soit pour nous rappeler que c’est censé être une tournée d’adieu. C’était un bon show format festival, mais certainement pas un au revoir digne de ce nom. (Sébastien)

Tout au long du Rockfest, de nombreux groupes ont mentionné l'impact des Dead Kennedys sur leur carrière, en plus de souligner leur présence au festival. Bizarrement, le quatuor punk rock californien était l'un des derniers groupes à se produire sur l’une des plus petites scènes et à la tombée de la nuit en plus. Plusieurs étaient étonnés de l'heure tardive de la prestation et quand on pense à l'impact du groupe sur la scène punk mondiale, on se pose aussi quelques questions. Certains fans parlaient d'eux comme les Faux Dead Kennedys, étant donné l'absence du membre fondateur Jello Biafra. Il faut aussi souligner le conflit qui avait été créé avec la venue (et l'annulation) du nouveau groupe de ce dernier, Guantanamo School Of Medecine. Cela expliquerait possiblement l’heure tardive de ce spectacle tant attendu. Qu'importe! Vers minuit trente, les membres actuels des Dead Kennedys ont finalement pris d'assaut la foule éclectique amassée près du stage Mitch Lucker. Cette dernière manquait de toute évidence d'énergie et il a fallu attendre les premiers accords de Too Drunk To Fuck avant de sentir un petit regain d'enthousiasme. Comme quoi la fougue des DK n'a pas trop perdu de son mordant! Somme toute une bonne performance du groupe, massivement axée sur leurs plus grands succès. Kill The Poor, California Uber Alles et Nazi Punks Fuck Off ont su tenir les festivaliers en haleine alors que la fameuse reprise du classique d'Elvis Presley, Viva Las Vegas, en a fait dandiner plus d'un. C'est à ce moment que j'ai décidé de quitter le Rockfest. Pour ma part, terminer un festival rock sur un classique du genre interprété par un groupe culte bouclait parfaitement la boucle. (Yannick)

Spectacle: Le 21 juin 2014 à Montebello
Organisateur: Amnesia Rockfest
Photographes: Helene Dickey
Compte-rendu: Sébastien Léonard, Yannick Wolfe et Sophie Ferrandino

 

Lu 9391 fois Dernière modification le mardi, 24 juin 2014 00:27
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