02 Oct 2015

Good Riddance: critique et photos du spectacle de Montreal (2015)

«Thank you guys for singing along so loud.» 

C’est ce que le chanteur, Russ Rankin, répétait souvent à la foule déchaînée, hier soir au Théâtre Corona à l’occasion du spectacle de Good Riddance. À la suite de leur séparation en 2007, les membres du groupe s’occupèrent avec différents projets musicaux jusqu’à l’annonce d’une timide reformation en 2012 qui, en 2015, mena à la sortie de leur huitième album intitulé «Peace In Our Time». Il est donc clair que les fansétaient ravis de revoir ces gentils punks remonter sur scène. 


Les éternels membres de Good Riddance ont donné un spectacle assez sobre et réservée. Les gens dans la foule qui ne cessaient de chanter en coeur et de monter sur scène pour se lancer dans le public ne reflétaient pas la faible intensité de leur performance. Très doux et foccusé, le chanteur ne s’affairait pas des nombreux fans qui bondissaient sur scène et semblait en mission pour donner un spectacle concis et sans interruption. Quelques fois avons-nous eu droit à des interventions aimables de sa part et des remerciements envers un public aussi engagé et reconnaissant. Il a d’ailleurs souhaité bonne chance à tous ceux et celles présents dans la salle puisque les élections fédérales canadiennes arrivent à grands pas. 


De «Shit Taliking Capitalist» à «Running on Fumes» en passant par l’excellente «Weight of The World» et l’émouvante «Letters Home», le groupe joua à la perfection leur hardcore punk mélodique quasiment sans interruption. Le batteur, Sean Sellers, qui joignît le groupe en 1996 pour le quitter en 1999, fit un retour de 2006 à 2007, puis revient en 2012 lors de leur réformation. Tout ceci pour notre plus grand bonheur puisqu’il contient une énergie fantastique qui déteint sur son jeu aiguisé, rapide et sans plis. 
Nous avons évidement eu droit à un rappel des moins subtiles où ils jouèrent la sentimentale «Always», accompagnée de quelques autres morceaux. 


Loin d’être une performance mémorable, ce qui rentint principalement l’attention fut la justesse et la droiture de leur jeu. La voix de Rankin était impeccable même après toutes ces années. Le bassiste Chuck Platt, à l’énergie câline et Luke Pabich à la guitare, qui interprétait sans faute les morceaux du groupe, jouaient sobrement et avec affection pour la foule déjantée. On perçut une grande maturité, une réserve et une simplicité dans leur présence. Ces musiciens très politisés ne sont évidement plus là pour casser la baraque. Mais leur venue est toujours aussi pertinente surtout en ces temps politiques troubles.

Critique: Alexandra Perazzelli

Photos: Eric Brisson

Lu 4750 fois Dernière modification le lundi, 05 octobre 2015 13:56
Évaluer cet élément
(1 Vote)