07 Oct 2015

Atreyu / Wovenwar : Critique et photos du spectacle de Montréal (2015)

Je dois l’avouer, j’ai une totale aversion pour tout ce qui se ressemble de près ou de loin au metalcore. Il s’agit bien sûr d’une opinion personnelle, et en revanche, on pourrait aisément critiquer ma passion douteuse pour l’eurodisco ou pour Madonna. Donc, tous les goûts sont dans la nature.

Par contre, je ne m’attendais pas à y prendre plaisir. Je ne m’attendais pas à m’émerveiller devant la foule compacte et complètement déjantée en admiration pour les trois groupes ayant performé hier soir au Théâtre Corona. Wovenwar, Beartooth et Atreyu en tête d’affiche ont tous livré des performances époustouflantes et à plusieurs reprises me suis-je surprise à sourire franchement et  joyeusement devant ce spectacle. 

Déjà avant l’arrivé de Wovenwar, formé en 2013 par des ex-membres de As I Lay Dying, la salle était bondée. Rarement ai-je vu la foule présente pour une première partie aussi paquetée et enjouée. Et cela se comprend puisque Wovenwar, originaire de San Diego, avec ses gros refrains catchy, son énergie folle et son metalcore hyper mélodique a tout pour plaire et provoquer une envie insurmontable d’entonner les chansons en choeur avec le groupe. Un savant mélange de heavy metal, de hard rock et de metalcore qui défia toute la hargne que j’aurais pu sentir pour des représentants d’une musique qui ne m’amuse habituellement pas. De plus, les gens étaient si impliqués et enjoués, qu’on ne pouvait que s’émouvoir devant cette scène chaleureuse.

La salle accueillit ensuite les américains de Beartooth, qui enflammèrent le théâtre au rythme des moshpits et du body surfing incessants. Les lumières stroboscopiques, la présence incroyable du chanteur et la puissance musicale du groupe m’ont fait frissonner tant l’énergie était palpable. Le chanteur Caleb Shomo, ex-Attack Attack! (heureusement), est un homme particulièrement charismatique qui, avec son groupe, nous a offert une sorte de heavy rock, très inspiré du metalcore, mais teinté de hardcore punk, ce qui donnait une saveur particulières aux chansons et les distinguaient des autres formations présentes. Shomo s’adressait souvent à la foule pour lui indiquer comment se comporter. Et cela donna lieu à des scènes impressionnantes où le public ne formait qu’un tout prêt à se foncer dedans sur commande. J’étais fascinée par la dévotion de laquelle faisait preuve la foule envers le groupe. Et avec raison car Beartooth n’a rien à envier à personne. Son style musical unique et sa présence envoûtante ne laissent pas indifférent.

Ensuite, vint la tête-d’affiche, Atreyu, qui se faisait grandement attendre. Groupe Californien actif depuis 1998, ils reviennent sur scène après une brève séparation en 2011. Leur nouvel album Long Live (2015) est leur sixième opus en carrière. Une longue attente pour les fans puisque leur disque précédent, Congregation on the Damned, sorti en 2004. Donc, à ce point, la foule était si enthousiaste et en adoration, que la parterre ne formait qu’une vague ondulante de laquelle s’échappaient les gens pour monter sur scène et s’y lancer. Il s’agissait ici de pur metalcore, mais en direct, il est vrai que les mélodies accrocheuses, le mélange des voix et leur qualité d’instrumentistes, tout ça en harmonie avec la foule extasiée, m’ont assez souvent émus. De part leur générosité envers le public et grâce à leur musique hyper lourde mais à la fois hyper pop, j’avoue que j’en suis sortie agréablement surprise. Les performances étaient impeccables, tout le monde était déchaîné et joyeux. Mon expédition aux confins des contrées metalcore m’a permis d’apprécier un univers où les fans sont vivants et assoiffés de plaisir et d’intensité, où il fait bon afficher son amour pour tel ou tel groupe, et surtout, où il fait bon se réjouir d’un peu de pop dans son metal.  

Lu 4781 fois Dernière modification le jeudi, 08 octobre 2015 14:53
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