14 Nov 2015

Kataklysm, Belphegor & co pour la dernière de BCI: critique et photos du spectacle de Montréal (2015)

Une soirée plus que forte en émotion se tenait au Théatre Corona en ce vendredi 13. Non seulement, cette soirée s'agissait de la dernière date de la tournée qui unissait Kataklysm et Belphegor, mais elle soulignait aussi le dernier spectacle à vie de la compagnie Brave Concerts International, mieux connue sous le nom BCI. En plus des deux têtes d'affiche, les groupes NecronomicoN, Urban Aliens et Ashes Of Eden étaient de la partie pour nous graver ce spectacle dans nos mémoires de façon indélébile.

Ashes Of Eden était la première formation à nous dédier sa présence. Armés de leur thrash métal avec une touche death, ils ont su ouvrir les hostilités de façon efficace. Un crescendo d'agitation a eu lieu tout au long de leur prestation pour se conclure avec un mosh pit des plus intenses. Leur musique était agressive et accrocheuse telles les belles années du Big Four. Chose certaine, la bonne ambiance ne pouvait que s'amplifier pour le restant de la soirée.

Une bonne dose de vulgarité à son état pur était alors au menu avec le groupe Urban Aliens. S'il y avait des personnes pudiques dans la salle, elles doivent surement être en train d'éplucher le bottin pour trouver un psychanalyste d'urgence. La formation Montréalais est sans l'ombre d'un doute une des plus agréables à voir jouer, car elle se fou littéralement de l'opinion d'autrui; tous les musiciens jouent dans le seul but d'avoir du plaisir. Le quintette jonglant entre de nombreux styles musicaux, il est assez difficile de ne pas trouver quelque chose qui nous plait. Urban Aliens est une des formations à voir et à revoir.

Une bonne dose de blackened death métal s'imposait donc avec NecronomicoN, les Behemoth Québécois. Il n'y a pas à dire : leur musique est assez puissante que même les enfers la trouveraient violente. Les quelques premières minutes furent par contre un peu difficiles, car des problèmes de son ont eu lieux, mais encore là, rien n'aurait pu calmer les adeptes. D'ailleurs, NecronomicoN fut les premiers à bénéficier d'un auditoire qui commençait à être imposant, le balcon dut même être ouvert afin d'allouer plus de place au rassemblement. La foule endiablée ne se gêna pas à montrer sa présence et son excitation en criant ou en donnant naissance à des mosh pit respectables. Décidément, le livre des morts nous a encore une fois charmés avec ses incantations ténébreuses.

Comme si la violence à sa souche n’avait pas encore été atteinte, c’était au tour des Autrichiens Belphegor de venir semer la dévastation. Si plusieurs se plaignaient de l’entracte qui ne faisait que s’étirait, d’autres profitaient de l’occasion pour contempler les nombreuses subtilités de l’imposante bannière qui servait de décor. La foule s’impatientant, elle commença alors à scander bruyamment le nom de la formation afin de souligner leur surexcitation. Après une longue attente, le groupe finit par se présenter au bureau sous un nuage d’encens dévoilant par la même occasion de magnifiques supports squelettiques.  Leur black métal à tendance death ne prit pas beaucoup de temps avant de faire effet sur l’auditoire; des mosh pit d’une violence extrême se formèrent rapidement tout cela agrémenter de plusieurs courageux qui avaient décidé de vogué sur la mer trouble de gens. Leur art apocalyptique n’a laissé personne de glace, mais je dois avouer que j’aurais bien aimé que la formation soit un peu plus éclairée pour nous laisser voir davantage leur magnifique ‘’corpse paint’’.

Un interlude bien spécial eux lieu entre les deux têtes d’affiche. L’équipe de BCI pris place sur scène pour nous faire un bref récapitulatif de tout ce qu’ils ont accompli au cours de ces 21 années, mais surtout, prendre le temps de souligner tout le travail colossal que l’homme derrière tout ça à fait et les apports qu’il a faits afin d’aider à forger la scène métal que nous avons aujourd’hui. Cet homme n’est nul autre que celui dont tout le monde connait sous le nom de Stéphane BCI. Un hommage émouvant qui a su toucher l’ensemble de la foule et qui se termina par un stage dive de notre hôte.

Le moment haut en émotion passé, c’était maintenant venu la dernière prestation organisée par BCI : celle de Kataklysm. Notre fierté québécoise réussit toujours à créer un sentiment spécial sur son auditoire à chacun de ces passages. Dès les retentissements de la musique d’introduction, une fébrilité mélangeant surexcitation et impatience était palpable. Le quatuor a choisi de commencer en force avec la pièce If I Was God… I’d Burn It All. Comme à l’habitude, des circles pit d’une violence digne d’un typhon prennent place instantanément ne laissant jamais aucun répit à personne. D’ailleurs, ces fameux pit n’ont jamais eu la chance de s’estomper un peu, car ils semblaient toujours renaitre de leurs derniers souffles. La foule étant totalement survoltée, on put même voir un homme tomber littéralement sur le côté de la scène après s’y être rendu en body surfing. Les événements qui sont survenus en France n’ont laissé personne de marbre, c’est pourquoi Maurizio Iacono pris le temps d’avoir une pensée pour nos cousins qui vivent actuellement un immense drame. Après ce petit moment de solidarité, la formation enchaina avec la chanson As I Slither, un classique qui ne semble aucunement être affecté par le temps. Un peu plus tard dans la soirée, nous avons eu la chance d’apprendre que le groupe a finalement acquis les droits pour pouvoir vendre la St. Tabarnak. Il sera donc possible bientôt de se procurer dans la province la boisson houblonnée. Par la même occasion, ils en profitèrent pour donner la première bière en sol québécois à un fan qui les suit depuis des années. Le connaissant, je peux confirmer que personne au monde ne la méritait plus que lui.

Finalement, c’était une soirée totalement incroyable qui ne sera jamais oubliée par tous ceux qui ont répondu présents. Personnellement, il s’agit du meilleur spectacle que j’ai vu dans l’année 2015. Brave Concerts International n’aurait pas pu trouver mieux afin de conclure un des plus gros chapitres

Merci infiniment pour toutes ces belles années. BCI 1994-2015

Critique: Olivier Marinoff

Photos: Nicolas Racine

Lu 3587 fois Dernière modification le samedi, 14 novembre 2015 17:31
Évaluer cet élément
(3 Votes)