23 Nov 2015

Protest The Hero,Mandroid Echostar, Sandveiss: critique et photos du spectacle de Montréal (2015)

Les ontariens de Protest The Hero sont venus faire un tour à Montréal hier soir aux Foufounes Électriques après plus d’un an d’absence dans notre coin. Le groupe parcourt présentement le Canada à l’occasion d’une tournée spéciale soulignant les 10 ans de parution de l’album Kezia. Pour les fans de métal progressif décapant, c’est un disque incontournable qui en a visiblement marqué plus d’un étant donné que le spectacle affiche complet à l’entrée. Le spectacle est d’autant plus alléchant étant donné que cet opus est joué de façon intégrale durant la soirée!

La soirée commence avec  Sandveiss et son hard rock puissant. J’ai maintes fois entendu dire que cette formation de Québec décoiffe en spectacle; eh bien c’est confirmé et pas à peu près! Avec des monuments comme Do You Really Know et Untie Me, on a droit à un festin de sonorités aux accents stoner très pesantes, mais qui savent demeurer toujours mélodiques et bien groovy. La grande majorité du public hoche d’ailleurs vivement de la tête au rythme de la musique en signe d’approbation. Le groupe n’est pas très bavard sur scène, mais ça ne semble pas importuner qui que ce soit vraiment; les gars se concentrent sur la qualité de leur interprétation et c’est parfait ainsi. À découvrir si vous cherchez une bonne formation locale ayant quelques traits de famille avec Black Sabbath, Pentagram et les Melvins!

On poursuit dans une veine totalement différente avec Mandroid Echostar. Originaire d’Ontario, ce groupe se situe plutôt dans le métal progressif. Dès qu’on entend des pièces comme The Arrow ou leur plus récent single Paladin, on constate des envolées musicales très harmonieuses et complexes qui peuvent facilement rappeler Dream Theater et même Coheed & Cambria. La voix aiguë du chanteur principal a justement une ressemblance frappante avec celle de Claudio Sanchez. Malgré tout, leur musique réussit à demeurer originale et intéressante. Tous les membres du groupe sont de sacrés musiciens qui maîtrisent très bien leurs instruments respectifs. Fait anodin, un de leurs trois guitaristes, James Krul, n’était pas présent pour performer avec ses compatriotes. Ceux-ci ont donc souligné son absence en invitant gentiment la foule à crier avec eux ‘’Fuck you, Jimmy!’’, ce qui en a fait rire plus d’un.

La salle est désormais très compacte afin d’accueillir en bonne et due forme Protest The Hero. Dès que la pièce d’ouverture No Stars Over Bethlehem est lancée, c’est la folie furieuse à l’avant de la scène. De nombreuses personnes se bousculent vigoureusement et prennent part à des sessions intensives de stage-diving tout le long du spectacle. Les membres du groupe, qui sont d’ailleurs ceux de la première heure, sont en grande forme et exécutent avec une grande précision chacune des pièces qui se retrouvent sur l’album Kezia. Étant le premier album studio de la formation, les fans de longue date sont visiblement très ravis de pouvoir entendre au grand complet cette œuvre conceptuelle. Cet opus, fortement adulé par la critique, a lancé officiellement la carrière du groupe et a insufflé un grand vent de fraicheur dans l’univers de la musique progressive à sa sortie. Comme à l’habitude, Rody Walker impressionne avec son spectre vocal qui semble parfois presque infini et occupe sa place d’éternel boute-en-train en faisant rire la galerie à chacune de ses interventions. Les morceaux s’enfilent les uns après les autres, et déjà l’interprétation de l’album passe comme un coup de vent. Heureusement, le quatuor réussit à conclure le tout de façon merveilleuse en alignant Mist, Hair-Trigger et la très complexe Blood Meat en rappel.

En somme, c’est un spectacle des plus réussis pour Protest The Hero, un de nos joyaux canadiens de la nouvelle vague de musique métal progressive. Le fait d’avoir joué en entier ce premier album est un beau cadeau pour leurs nombreux adeptes qui les suivent avidement depuis leurs débuts. Déjà, 10 ans ont passé, et on espère que la carrière déjà fort bien entamée de ce groupe se poursuivra encore pours plusieurs décennies autant que possible!

Critique: Charles de Villers

Photos: Eric Brisson

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