29 Juil 2016

Ne Obliviscaris / Black Crown Initiate / Starkill : Critique et photos du spectacle de Montréal (2016)

Rare sont les fois où j'ai vu une file d'attente devant le petit campus, à vrai dire ce n'est jamais arrivé. Pourtant, ce ne fut pas une surprise d’en voir une ce soir, car un concert de qualité était au menu. Les Australiens de Ne Obliviscaris étaient de passage avec les formations Black Crown Initiate, Starkill et Hands Of Despair, un spectacle qui s'annonçait plus que prometteur.

C'était la formation locale Hands Of Despair qui se devait d'ouvrir la soirée. Pour ma part, il s'agissait de la première fois que je voyais la formation et ce n'est certainement pas la dernière. Leur musique immersive nous permet tout simplement de nous évader dans un mode où la brutalité mélodique est l'ensemble de l'univers. Comme si ce n'était pas assez, la chanteuse de  Sanguine Glacialis est venue se joindre au groupe pour rajouter une touche charmante avec sa voix mielleuse lors du deuxième morceau. Les chansons sont longues, mais leurs qualités nous fait oublier leur durée. De plus, la complicité des musiciens est belle à voir. Ma seule déception est que j'en aurais pris davantage.

Dans une lancée plus mélodique que progressive, c'était Starkill qui orchestrait la deuxième partie. Difficile de s'ennuyer devant une prestation aussi énergique que celle de ces gars de Chicago. En plus d'être des musiciens avec une excellente maitrise de leurs instruments, ils savent manier une foule comme peu de groupes savent le faire. Même si leur musique est basée principalement sur des clichés, elle est efficace et sait convaincre une foule. Pour cette raison, ce ne fut pas une surprise de voir des mosh pit se former dès le début de leur prestation. Par contre, j'ai trouvé décevant que les partitions de clavier ne soient pas jouées par un musicien, mais qu'elles soient toutes enregistrées.

Rares sont ceux qui n'ont pas encore vu Black Crown Initiate à Montréal, car cette formation est devenue abonnée aux ouvertures d'autres groupes. Pour ma part, cela ne me dérange pas, car j'aime l'intensité et la diversité de leur musique. De plus, l'impressionnante maitrise de la théorie musicale des techniciens instrumentalistes me fascine à chaque fois. Cependant, je ne peux nier le fait que c'est une formation qui n'est pas la plus facile d'écoute; on aime ou on n’aime pas. J'ai trouvé dommage que les musiciens n'aient pas eu la chance de disposer d'une qualité sonore optimale, car leur musique peu abordable nécessite un bon son afin de pouvoir savourer toutes les subtilités dont elle regorge.

Ne quoi??? Ne Obliviscaris. Si lors de leur premier passage au Québec ils étaient quasi inconnus, ce n’est vraiment plus le cas, car le Petit Campus affichait complet ce soir pour voir ces musiciens venus de loin. D’ailleurs, il s'agissait de la première fois que cela arrivait pour la formation en dehors de sa terre natale. Dès l’instant où les artistes ont floué les planches de la scène, la prestation était déjà vouée à un succès total. Tous les musiciens ont une présence si sublime qu’il en est impossible de ne pas remarquer les sentiments qu’ils éprouvent autant pour la scène que pour leurs fans, qui d’ailleurs renvoient la pareille sans hésitation. Habituellement, une formation qui choisit d’orienter sa vocation musicale vers un aspect progressif se fait un peu boudé dû à la complexité de leurs compositions, mais ce n’est vraiment pas le cas de Ne Obliviscaris. Pour cette raison, personne dans la petite salle ne s’est pas retrouvé à un moment ou un autre en transe; absorbé par ces œuvres de génies. J’adore le fait que, pour une fois, le violon n’est pas utilisé dans le simple but de donner une couleur rigodon aux morceaux, mais vient davantage chercher un aspect mélodique se rapprochant étroitement de pièces classique et flamenco. De plus, il est extrêmement intéressant de voir l’orchestration qui est faite avec la basse qui ne se veut pas un instrument d’accompagnement, mais bien un principal, voire parfois soliste. La maitrise de la foule des artistes est tout simplement incroyable, créant même une complicité unique et efficace avec l’auditoire. L’énergie dans la salle était si puissante que même le guitariste de Starkill a embarqué sur la scène pour faire du body surfing, et ce, malgré les violents mosh pit qui grondaient sur le parterre. Ébahi par les réactions de la foule, la formation a tenu à souligner à quel point elle est la meilleure pour qui ils ont eu la chance de performer, ce qui était visiblement très sincère. Heureusement pour nous, comme de nombreuses caméras étaient visibles, nous devrions avoir la chance de pouvoir recontempler à plusieurs reprises cet excellent concert.

Finalement, pour une seconde fois dans leur histoire Ne Obliviscaris a su livrer de la qualité extrême en sol québécois. De plus, marqué par la foulle endiablée, les musiciens ont promis de revenir bientôt. Évidemment, les autres groupes ont tout autant été très bons, mais il est difficile de se démarquer dans l’ombre d’une étoile montante de l’envergure des Australiens.

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