23 Mar 2017

Green Day: Critique et photos du spectacle de Montréal (2017) Spécial

Aussitôt arrivé sur les lieux, un de mes amis qui travaille au Centre Bell m’apprend qu’il y a plus de 14 000 billets vendus ce soir, et cela ne compte pas les billets qui vont se vendre à la porte à la dernière minute. Pour une configuration où l’arrière de la scène n’est pas ouvert, c’est très bon. Assit au bar du restaurant 9 4 10, un verre de vin blanc à la main, je sens déjà l’électricité dans l’air. Une mère et sa fille qui y viennent se chercher des drinks sont toutes excitées à l’idée de voir Green Day. C’est une soirée qui promet !

Au moment où je demande l’addition, j’entends déjà le groupe Floridien Against Me! qui entame les premières notes de True Trans Soul Rebel. Ils ont commencé 5 minutes plus tôt que prévu. Je me dépêche à me rendre à ma place, car j’ai toujours trouvé qu’ils donnent un excellent show. Même si c’est loin d’être une de leur meilleure performance, ce n’est pas ce soir qu’ils m’ont déçu. La leader, chanteuse et guitariste Laura Jane Grace est vraiment un très bonne « Frontwoman », elle a de l’énergie à revendre et parle beaucoup à la foule. Malheureusement, celle-ci n’est pas vraiment réceptive et à part quelques fans dans la petite partie admission générale, il n’y a pas beaucoup de personnes qui bougent. Toute l’assistance reste assise et les gradins sont à moitié vides. Le guitariste James Bowman a beau s’activer à essayer de faire taper des mains tout ce beau monde pendant Pints of Guinness Make You Strong, rien n’y fait. Je pensais que le succès I Was a Teenage Anarchist aurait changé la donne, malheureusement non. C’est dommage, car le son est bon et l’éclairage intéressant pour une première partie. Voilà encore un autre bon show qui passe inaperçu, car presque tout le monde n’est là que pour la tête d’affiche.

Justement, cette tête d’affiche ne se fait pas attendre trop longtemps et à 20h30, Bohemian Rhapsody de Queen se fait entendre pour annoncer le début imminent du spectacle. L’introduction continue au son de Blitzkrieg Bop où un grand lapin rose vient exécuter des pirouettes avant de se faire sortir, tirée par les pieds, par un technicien. Et c’est finalement sur un air du film The Good, the Bad and the Ugly que les musiciens rentrent en scène. Dès qu’ils commencent avec Know Your Enemy, le Centre Bell se lève comme un seul homme et personne ne va se rassoir jusqu’à la toute fin. On sent que Green Day est en terrain conquis d’avance. Pourtant, et c’est toute à leur honneur, jamais ils ne prendront cela pour acquis et ils ne vont jamais cesser de nous surprendre. Ça commence déjà à la fin de la première pièce quand Billie Joe invite une fan à chanter avec lui. Celle-ci ne se gêne pas pour avancer avec assurance sur la passerelle et fait un très beau travail. Après quelques câlins, le chanteur l’invite à se lancer dans la foule pour faire un peu de body-surfing. Le groupe n’a pas fait de compromis du côté de la scène et les jeux de lumière sont dynamiques et servent bien la musique. Mais ce qui fait le plus d’effet, c'est sans contredit la pyrotechnie. Les colonnes de feu sont si intenses qu’on sent la chaleur jusque dans les gradins et l'on ne peut s’empêcher de faire un petit saut à chaque pétard tellement ils sont forts.

Dire que Billie Joe Armstrong est une bête de scène est un euphémisme tant celui-ci est volubile et ne cesse jamais un instant de bouger. Il a beau avoir 45 ans depuis peu, il a toujours une énergie juvénile qui va à merveille avec sa musique punk-rock. Si sa voix n’est plus ce qu’elle était, ce n’est rien de grave. De plus, les autres musiciens le soutiennent souvent en chantant en chœur avec lui.  Parmi tous les messages qu’il veut nous passer ce soir, dont le plaisir qu’il a d’être avec nous, à quel point la musique est ce qui rassemble les humains et qu’il est écœuré du négativisme dans le monde, il y a un qui est récurent : « Fuck Donald Trumps ». Il n’aime pas le président actuel (avec raison) et il veut le dire. La foule semble d’accord avec lui à chaque fois et elle le lui fait savoir bruyamment. Elle réagit aussi fortement au choix des chansons qui fait une belle part à l’album American Idot, qui reste sans contredit un des préférés du public. Six morceaux de leur dernier disque Revolutions Radio sont aussi au programme et ils se glissent parfaitement parmi les plus vieux. Le reste du setlist joue la carte des grands succès avec Boulevard of Broken Dreams, When I Come Around, Minority et Basket Case pour ne nommer que ceux-là. Un des moments les plus émouvants est sans contredit l’invitation à un jeune de 11 ans à venir sur le stage jouer de la guitare avec le band. Pour couronner le tout, Billie lui permet de garder la guitare avec laquelle il a joué. On peut appeler ça le souvenir ultime.

La fin du show est toute en force avec une version mémorable de King For A Day où tous les membres sont coiffés d’un chapeau différent, d’un medley de reprise (Shout / (I Can't Get No) Satisfaction / Always Look on the Bright Side of Life / Hey Jude) joué avec tout le groupe couché sur le sol et les émouvantes Still Breathing et Forever Now en guise de premier au revoir. Même après deux heures intenses de spectacle, le public est toujours énergique et en redemande encore. Ils seront comblés par un long rappel pendant lequel seront joué en premier temps des versions heavy de American Idiot et surtout de Jesus of Suburbia, une des plus endiablées de la soirée, et en deuxième temps, des versions acoustiques de Ordinary World et Good Riddance (Time of Your Life) avec Billie Joe seul à la guitare. Une belle façon de conclure ces deux heures trente de spectacle où l’énergie n’a jamais baissé d’un cran et la foule a été en délire jusqu’à la dernière minute.

Liste des chansons :

Know Your Enemy

Bang Bang

Revolution Radio

Holiday

Letterbomb

Boulevard of Broken Dreams

Longview

Youngblood

2000 Light Years Away

Hitchin' a Ride

When I Come Around

Burnout

Waiting

Nuclear Family

Minority

Are We the Waiting

St. Jimmy

Knowledge (Operation Ivy cover)

Basket Case

She

King for a Day

Shout / (I Can't Get No) Satisfaction / Always Look on the Bright Side of Life / Hey Jude

Still Breathing

Forever Now

Encore:

American Idiot

Jesus of Suburbia

Ordinary World

Good Riddance (Time of Your Life)

Lu 9105 fois Dernière modification le jeudi, 23 mars 2017 09:46
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