30 Jui 2017

Annihilator: Critique et photos du spectacle de Montréal (2017)

En cette soirée pluvieuse, il y a vraiment un nuage noir de thrash métal qui flotte par-dessus le Café Campus. Pas moins de trois groupes qui joue du métal ouvertement inspiré de la Bay Area de Californie des années 80’ et 90’ y sont présentés. 

Malheureusement, dû au fait qu'ils ont devancé le show (ou l’heure de l’évènement Facebook n’était pas bonne), le groupe australien Mason a déjà fini de jouer quand j’arrive sur place. Heureusement, je suis là pour voir et vous parler du groupe de chez nous Mutank. Le band de Montréal n’est pas là pour être original et ne fait pas non plus dans la dentelle. Clairement dans la lignée des groupes comme Exodus, Overkill, Testament ou Municipal Waste, ils sont rapides, violents et mélodiques. Ils sont nostalgiques d’une époque et ils nous la font revivre autant en musique qu’en attitude et en look. Et pour quiconque aime cette période de la musique métal, il est difficile de ne pas hocher la tête ou ne pas taper du pied. Combien de temps se fait-il que vous n’avez pas entendu une nouvelle pièce instrumentale de pur métal classique? À mon avis le meilleur moment de leur show. Mission réussit pour ces quatre gars et la table est mise pour l’attrait principal.

Dire qu’Annihilator ne vient pas nous voir souvent est un euphémisme. La dernière fois qu’ils sont venus à Montréal c’est au Heavy Mtl de 2011. Et avant ça, c’était au défunt bar le Backstreet le 20 août 1993, si ça peut vous donner une idée. Si j’étais là à ces deux shows (non, non, ne calculez pas mon âge), il y a des chanceux qui ont pu les voir au Fouf en 1990 ou en première partie de Testament en 1989. Pourtant, comme le dit si bien Jeff Waters, il vient d’Ottawa, près de la rivière de l'Outaouais, qui le sépare de Gatineau!!! La preuve que nul n’est prophète dans son pays, ils sont des habitués des gros festivals européens et font immanquablement des tournées en Asie à chaque sortie d’album. C’est donc pourquoi je suis surpris de ne pas voir la salle plus pleine pour l’occasion. Ce n’est pas vide ni gênant, mais il est facile de circuler et le deuxième étage n’est pas ouvert. Il ne faut pas se demander pourquoi il ne traverse pas souvent la rivière pour venir nous voir.

Qu’importe, le groupe est visiblement heureux d’être ici et la foule l’est tout autant. Dès que la toune titre de leur dernier album Suicide Society se fait attendre, le party est pogné pour la soirée. Si l’énergie ne manque pas sur scène, le son n’est pas à la hauteur des attentes et les trois premiers titres joués ne sont pas aussi bon qu’ils auraient dû l’être. Les sons des guitares est mous, la bass pas assez forte et les « back vocals » presque inaudibles. Pourtant, les fans se délectent de King of The Kill et Creepin’ Again est une des très bonnes chansons de leur dernier disque. Rendu à l’excellente No Way Out, miracle, le son prend du gallon. Et pas juste un peu, ça fait un 180 degrés pour devenir le meilleur son que je n’ai jamais entendu de leur part. Meilleur qu’a l’Impérial de Québec dans le cadre du FEQ 2011. Le son des guitares devient fort et pesant et surtout et la bass revient en force. On l’entend à merveille pour en saisir toutes les subtilités. Elle mise de l’avant et c’est parfait pour un show d’Annihilator.

Si l'on peut s’ennuyer de la voix d’or de leur ancien chanteur Dave Padden, il était plus que temps que Jeff Waters reprenne sa place de « frontman » sans la partager avec qui que ce soit. Il est drôle, expressif, volubile et le groupe c’est lui. Paradoxalement, les trois musiciens qui le suivent sont surement la formation la plus efficace et la plus soudée qu’il a eu depuis longtemps. Ils ont tellement l’air de s’amuser et de s’approprier les compositions qui ne sont pas les leurs, que la chimie entre eux est palpable et ils bougent sans cesse sur la petite scène. S’il y quelque chose qui n’a pas toujours été le cas dans ce band, c’est bien ça. Espérons que la formation reste stable le plus longtemps possible.

Les classiques s’aligneront pour notre plus grand plaisir, si ce n’est que de quelques belles surprises que nous n’avons pas vues venir. Quelle belle idée de faire chanter le bassiste Rich Hinks sur No Zone. Sa voix est beaucoup plus proche de celle d’Aaron Randall que Jeff. Et qui aurait pu voir venir Chicken ‘n Corn. Titre caché à la fin de Carnival Diablos, il est joué pour rire gentiment d’un spectateur qui a échappé sa bière sur la scène au point de retarder la prestation et mettre en danger les pédales du guitariste d'Aaron Homma.  

Sinon,  Welcome to Your Death devient comme ils l'ont déjà fait, Welcome to Québec. Alison Hell est présenté comme un nouveau morceau à paraitre sur leur prochain album et il nous rappelle que Second To None a été composé après une série de spectacles dans notre belle province ou la cocaïne était omniprésente. Du pur monsieur Waters.

Une superbe prestation de la part d’un groupe qui est tellement sous-estimé dans son pays d’origine, mais qui réussit à rouler sa bosse depuis 30 ans déjà.  J’espère sincèrement que nous n’aurons pas encore 6 ans à attendre pour les revoir dans notre ville. 

Liste des chansons :

1.  Suicide Society

2.  King Of The Kill

3.  Creepin’ Again

4.  No Way Out

5.  Annihilator

6.  Set The World On Fire

7.  W.T.Y.D.

8.  Never, Neverland

9.  No Zone

10.   Alison Hell

11.   Chicken ‘n Corn

12.   Second To None

13.   Phantasmagoria

14.   Human Insecticide

Lu 1824 fois Dernière modification le vendredi, 30 juin 2017 14:50
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