15 Juil 2017

Metallica : Critique et photos du spectacle au FEQ (2017) Spécial

Comme le bassiste Sébastien Maltais l'a dit en entrevue dans le journal Le Devoir, d’apprendre que lui et son groupe allaient ouvrir pour Metallica au FEQ « c’était comme un paquebot dans la chambre à coucher », empruntant cette phrase à Richard Desjardins. La marée de monde est déjà très impressionnante sur les plaines d’Abraham quand Metalord foule les planches vers 19h. Le groupe originaire de Charlevoix, maintenant établi dans la ville de Québec, est le choix local tout indiqué pour la tâche. Leur métal à la fois rapide et mélodique est très influencé par le thrash des années 80 et c’est ce qui plait à une bonne partie des spectateurs, qui en profitent pour « headbanger » ou « thrasher » un peu. Speed of Life, chanson-titre de leur dernier disque, semble connue par une partie du public. Et quoi de mieux qu’un groupe qui parle la langue d’ici pour aller toucher la fibre nationaliste de tout un chacun? Le chanteur et frontman Marc Bélanger en profite à fond et nous dit à plus d’une reprise à quel point ils sont heureux d’être ici. Une belle mise en bouche.

Les oreilles sensibles vont en avoir pour leur argent avec la prestation de Voivod. Si, comme le dit si bien le chanteur Denis « Snake » Bélanger, « le métal au Québec, c’est icitte que ça se passe », il faut aimer le métal extrême pour apprécier le mur de son de la musique du groupe de Jonquière. C’est dommage, car c’est si fort et distorsionné que l’on perd parfois les subtilités progressives et complexes de leurs compositions. Ce n’est pas très grave, car ce que le groupe perd en son, il le gagne en plaisir d’être là. La complicité entre le guitariste Daniel « Chewy » Mongrain et le chanteur est évidente et le bassiste Dominic « Rocky » Laroche possède cette fougue qui l’amène à se déplacer partout sur la grande scène Bell. On a affaire à une formation d’expérience et la table est mise pour ce qui va suivre.

Il n’y a encore rien de commencé que déjà on peut sentir l’énergie qui se dégage de la foule. Ça s’annonce une soirée mémorable.  Il ne fallait que la traditionnelle mélodie de The Ecstasy of Gold pour que cette énergie concentrée dans une centaine de milliers de personnes explose. Comme c’est la norme depuis le début du Worldwired Tour, c’est avec l'enregistrement des premiers riffs de Hardwired que les quatre musiciens arrivent sur scène avant qu’ils ne prennent eux-mêmes le relais. Il n’y a pas à dire, cette toune commence aussi bien un album qu’un show de par son côté « droit au but » et un ton à la fois agressif et entraînant. Il y a longtemps que je n’ai pas vu Metallica, autant que son public, soutenir à fond un nouvel album comme celui qu’ils nous ont sorti l’an passé. La preuve est que l’énergie de la foule ne baisse pas d’un cran pendant Atlas Rise! qui, elle aussi, sort admirablement bien en live. Déjà, je trouve que James, Kirk, Lars et Robert sont en pleine forme et jouent admirablement bien. Bien sûr, il est toujours plus facile de bien rendre les morceaux composés il y a moins de deux ans que ceux composés il y a plus de 20 ans. S’ils sont toujours aussi bons avec For Whom the Bell Tolls, je suis carrément surpris par The Unforgiven, qui n’est jamais celle qu’ils réussissent le mieux. Oui, James ne la chante pas à la perfection, mais c’est quand même une des plus belles versions qu’il m’a été donné de voir.

Comme pour régler le dossier dans la première moitié, ils nous balancent les deux autres nouveaux titres qui nous seront présentés. Le moment fort de Now That We’re Dead est sans contredit les quatre musiciens se déchaînant sur quatre tambours géants un peu avant la toute fin. Les inconditionnels de métal nous diront que ça fait très Sepultura, mais l’effet est réussi et c’est tout ce qui compte. Le « single » Moth Into Flame se suffit à lui seul tant il est efficace et bien construit. Il y a bien sûr quelques pyrotechnies pour le soutenir, mais le plus important, c’est la musique qui le fait.

À partir de là, la nostalgie de la grande période de Metallica va s’abattre sur nous jusqu’à la toute dernière note. Les vrais inconditionnels vont se régaler des petits bijoux comme la pesante Harvester Of Sorrow , l’ultrarapide Whiplash et Welcome Home (Sanitarium), qui fut à mon avis un des plus beaux moments du spectacle. Le mélange de mélodies et d’agressivité de cette dernière représente bien la quintessence de ce qu’ils faisaient dans les années 80. Le medley où Hammett et Trujillo entament quelques accords de I Disappear vaut mieux que n’importe quel solo. Le modèle original choisi par le FEQ amène beaucoup de curieux et d’amateurs occasionnels à venir assister aux nombreuses prestations proposées et c’est dans cette dernière partie qu’ils pourront s’éclater aussi fort que les très nombreux fans présents. « Québec, you like your music heavy? » nous demande monsieur Hetfield avant d’entamer l’incontournable Sad But True, qui en fait sauter des masses. Si ce n’est que de Fight Fire With Fire, il n’y aura que des grands classiques. Comme toujours, One nous donne droit à des jeux de laser impressionnants et des explosions dignes des grandes guerres. Si Lars nous avait prouvé jusqu'ici qu’il pouvait encore jouer de la batterie comme dans ses vieilles années, quoi que ses détracteurs en disent, c’est la seule fois où son jeu de doubles pédales n’est pas à la hauteur. Durant Master of Puppets, James peut pratiquement prendre congé de chant tant la foule chante en chœur avec lui. Pendant Seek and Destroy, l’écran géant nous montrera un billet de leur premier passage dans la ville de Québec en 1985 avec W.A.S.P. et Armored Saint. Cela souligne en force depuis combien d'années l’histoire d’amour entre le groupe californien et le Québec existe.    

Cet amour, le groupe nous le rappellera tout le long du spectacle, mais c’est Lars qui nous l’illustrera à merveille. Après les indémodables Nothing Else Matters et Enter Sadmam qui viennent clore la soirée, le batteur nous dit qu’avoir joué à l’Hippodrome, au Colisée Pepsi, au Centre Vidéotron et aux Plaines d’Abraham (et peut-être même dans notre cour) n’est qu’un début et que cela ne fait que commencer. Nous avons eu droit à un groupe au meilleur de sa forme actuelle et qui, surtout, a su tirer profit au maximum de toute l’énergie que la foule avait à lui donner pour nous donner une prestation que nous ne sommes pas prêts d’oublier.   

Liste des chansons :

Hardwired

Atlas, Rise!

For Whom The Bell Tolls

Fuel

The Unforgiven

Now That We're Dead

Moth Into Flame

Harvester of Sorrow

Welcome Home (Sanitarium)

Whiplash

Sad But True

One

Master of Puppets

Fade to Black

Seek & Destroy

Fight Fire With Fire

Nothing Else Matters

Enter Sandman


 

Lu 13052 fois Dernière modification le samedi, 15 juillet 2017 11:30
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