04 Aoû 2017

Nazareth: Critique et photos du spectacle à Montréal (2017)

Hier soir au théâtre Corona avait lieu un choc des générations pas banal. Nazareth, les rockers écossais qui ont connu leurs heures de gloire dans les années 1970 foulaient les planches en tête d'affiche et pour réchauffer la salle, nous avons droit au duo québécois Les Deuxluxes. Une soirée qui brasse, certes, mais les fans des deux groupes vont-ils apprécier leur soirée?

Eh bien, les amateurs de Nazareth étaient pas mal plus nombreux ce soir que les fans du duo montréalais. Qu'à cela ne tienne, Les Deuxluxes ont donné tout ce qu'ils avaient et ils se sont fait quelques nouveaux amateurs ce soir. La chanteuse expliquait qu'elle a trouvé une vieille veste en jeans appartenant à son oncle, qu'il a portée pour aller voir Nazareth en 1978. Preuve à l'appui : le billet du spectacle était encore dans la poche. C'est pourquoi le duo tenait à faire la première partie du spectacle ce soir. Les Deuxluxes sont très à l'aise sur une scène comme celle du théâtre Corona. Le groupe est tout de même un peu statique étant donné que la moitié masculine de la formation, Étienne Barry, est assise derrière une batterie. La chanteuse, Anna Frances Meyer, se démène suffisamment pour les deux, par contre : la chevelure vole dans tous les sens; elle n'arrête pas plus de trois secondes. Sans mettre le feu à la salle, le groupe a maximisé les 30 minutes qui lui avaient été accordées. C’est sur So Long, Farewell que Les Deuxluxes ont terminé leur spectacle.

Après une trentaine de minutes d’attente, c’est Nazareth qui est entré sur scène. Comme on peut s’y attendre avec les groupes qui ont beaucoup de vécu (Nazareth a été fondé en 1968), les membres originaux de la formation se font rares. De fait, seul le bassiste, Peter Agnew, peut se vanter d’avoir vécu les heures de gloire du groupe. Il faut souligner qu’il s’agit de la visite rare : le groupe n’était pas venu à Montréal depuis l’an 2000. La ville et le groupe ont bien changé depuis!

Ce que le groupe nous a présenté hier, c’est une prestation honnête, mais un peu générique. Les amateurs du groupe étaient au rendez-vous; les vrais fans chantaient les paroles avec Carl Sentance, le nouveau chanteur du groupe, mais on était loin d’une foule en délire. Nazareth est connu principalement pour deux chansons : Hair of the Dog et Love Hurts. Le groupe a choisi judicieusement de les interpréter vers la fin du spectacle. Le mauvais côté de cette décision est que pour une grande partie du spectacle, l’atmosphère n’a pas vraiment levé. Les musiciens étaient assez statiques et, outre les grands succès du groupe, la musique est peu mémorable. Ce qui n’a pas aidé, c’est qu’on avait parfois de la difficulté à entendre le chanteur et que les paroles étaient assez peu audibles. Sinon, tous les éléments types d’un spectacle de hard rock y étaient : solos de guitare et de batterie ajoutés pour allonger les chansons, un chanteur énergique, qui joue avec la foule, des musiciens qui semblaient contents d’être là, la sortie du drapeau canadien lors du rappel.

Le groupe a limité ses interventions avec la foule, tout en interagissant avec elle toute la soirée. Encore une fois, les interventions étaient quelque peu génériques : Carl Sentance a parlé des belles filles de Montréal qui l’ont fait sentir vieux; il a parlé de la Budweiser servie au groupe qui est à peine de la bière et, évidemment, il a fait chanter la foule durant Hair of the Dog. Qui refuserait de crier à pleins poumons « Now you’re messing with a son of a bitch »? Pas la foule du Corona hier, en tout cas.

Au bout du compte, la foule était vraiment venue pour entendre Nazareth. Elle n’était pas très nombreuse (j’ai vu de la place jusque devant la scène), mais les amateurs ont semblé aimer entendre les succès du groupe. Ils ont semblé un peu surpris du spectacle des Deuxluxes; j’ai eu l’impression qu’ils ont attendu patiemment l’arrivée de leur groupe plutôt que d’apprécier pleinement la musique que le duo avait à leur offrir. À mon sens, c’est un peu dommage, car la prestation de Les Deuxluxes m’a semblé beaucoup plus « fraîche », plus sentie, que celle de Nazareth. Personnellement, j’aurais aimé en entendre plus d’eux et moins de la tête d’affiche. Probablement que les problèmes de son n’ont pas aidé en ce sens.

Ça, c’est mon opinion personnelle. La foule, elle, a semblé apprécier le spectacle. Le groupe a fini sa prestation avec de gros succès; les gens chantaient et dansaient, la bière coulait à flots. Difficile de demander plus.

Lu 917 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)