07 Aoû 2017

Festival Osheaga, 4 au 6 août 2017 à Montréal, : critiques et photos (2017)

La 12e édition du festival Osheaga se tenait ce weekend à son nouvel emplacement sur l’ile St Hélène. L’emplacement original sous travaux majeurs a obligé les organisateurs à déménager le tout de l’autre côté du parc Jean-Drapeau.

Il allait de soi que festivaliers, médias, artistes et l’énorme équipe travaillant sur le festival Montréalais devaient réapprendre à se repérer à travers le nouvel emplacement.

Le tout a débuté vendredi passé sous les humeurs plutôt changeantes de dame nature. L’élément clé de votre habillement pour Osheaga cette année : sans aucun doute le fameux poncho, accompagné de beaucoup trop de parapluies pour cette première journée. Ce qui a entrainé un petit délai dans la programmation de la journée puisque certaines performances ont dû être momentanément arrêtées à cause des orages violents et de la pluie torrentielle. Heureusement le tout a repris son cours normal, retard rattrapé bien vite au grand plaisir de tous.

Malgré les difficultés rencontrées, cette première journée nous en a mis plein les oreilles et plein la vue. Le volet mode du festival est toujours bien présent. Toujours intéressant de voir les ensembles que les festivaliers ont concoctés pour toute la durée d’Osheaga. Du kimono fleuri aux jupes transparentes en passant par les maillots de bain et les chemises hawaïennes, il y en avait pour tous les goûts et ce n’est pas la pluie qui aura perturbé la foule présente en grand nombre.

Peut-être à cause du changement d’endroit, ou parce que le festival d’été de Québec avait eu quelques semaines auparavant une distributions difficile à battre, la 12e édition de Osheaga n’affichait pas complet cet année.

Coups de cœur du jour un, Tove Lo qui a ramené le soleil avec elle entre deux averses et qui a livré une excellente performance pleine d’énergie. La scène de la Rivière s’était transformée en gros planché de danse pour l’occasion. Les festivaliers ne semblaient pas du tout dérangés par la pluie. La suédoise a jouée tous ses succès et a même « flashée » la foule avant de finir en force avec Habits.

Milky Chance a poursuivi sur la même vague, entrainant les festivaliers de l’autre côté, devant la scène de la Montagne. Le groupe semble dans son élément lorsqu’il joue dans ce genre d’événement. La chanson Stolen Dance a sans aucun doute été leur gros succès vendredi encore. La disposition des scènes qui se font face cette année, oblige le monde à se déplacer de part et d’autre du terrain central. Pour ceux qui préféraient se trouver un endroit pour leur journée, il y avait toujours possibilité de rester plus au centre, là où se trouvait un énorme écran, et donc on pouvait y suivre ce qui se passait sur l’autre scène et profiter tout autant de l’expérience.

MGMT sur la scène de la Rivière ont semblé n’avoir pas vraiment évolué avec les années; les festivaliers attendaient seulement leurs succès d’il y a dix ans avec Kids et Electric Feel, qui a fait danser tout le monde d‘une scène à l’autre.

De retour à Osheaga après son passage en 2014, Lorde était sans aucun doute celle que tout le monde attendait vendredi et elle n’a pas déçu. Elle est apparue telle une vision en blanc, un peu à la Mary Poppins, vêtu d’une longue robe blanche et de souliers plateformes tout aussi blanc ainsi qu’avec un parapluie à la main. Elle se souvenait que de jouer à Osheaga avait été spécial et s’attendait à rien de moins cette année. N’ayant pu jouer la veille à Chicago, au fameux Lollapalooza, à cause de la pluie, elle avait un surplus d’énergie pour le concert de Montréal et même la température incertaine ne l’arrêterait pas.

Il y avait une grande différence entre la jeune fille de 17 ans de 2014 et la Lorde présente cette année.  Accompagnée de sa troupe de danseurs, elle a même participé à leurs chorégraphies de temps en temps. Les fans ont aussi eu le droit à une apparition surprise de Tove Lo le temps d’une chanson.

Bref, la jeune femme aura bravé la pluie avec un sourire aux lèvres et aura marqué l’histoire d’Osheaga avec cette remarquable performance qui clôturait la première journée du festival.

Très peu de répit avant le début de la deuxième journée, qui promettait de nous en mettre plein la vue et les oreilles.

Heureusement cette journée s’est déroulée sous le soleil dans sa majorité, seule une petite averse et venue brouiller les cartes, tout juste avant Muse.

Majoritairement en raison de problèmes causés par les intempéries de la veille, 3 artistes de la scène de la Rivière ont dû annuler leur présence au festival si bien que l’horaire a été sujet a de gros changements. Le groupe The Damn Truth a pris la place de Dawes qui eux ont été déplacés à la place de George Ezra, qui manquait à l’appel au grand désarroi de plusieurs festivaliers qui n’avait pas vu les changements avant. Également Lil Uzi Vert pas présent pour problème de transport a cédé sa place à Tory Lanez plus tard en soirée. Et Solange avait déjà annulé sa présence vendredi matin.

Celui qui s’appelle une Rock ‘n’ Roll star, Liam Gallagher, était bien présent et avait attiré une bonne foule curieuse de voir ce que l’ex membre de Oasis avait à offrir. Tambourine à la main, appuyé sur le micro, bras au dos, il est arrivé comme s’il n’avait jamais été absent. Vêtu d’un long manteau noir monté jusqu’au cou, il a enchainé les chansons sous un soleil ardent, c’était un régal en soi juste de voir ce personnage nonchalant. Les chansons de son projet solo à venir ont bien été reçues, mais aucune question sur ce qui a attiré cette foule engagée et Gallagher ne nous a pas non plus refusé le plaisir en jouant Be Here Now et la célèbre Wonderwall.

Cage the Elephant sur la scène opposée reste toujours un gros coup de cœur à chacune de leurs présences en sol montréalais. Ils venaient tout juste d’arriver par avion quelques moments avant leur prestation. Le groupe passe à travers des moments difficiles présentement si bien que deux membres du groupe ont dû être remplacé à la dernière minute pour permettre à Cage the Elephant d’être présent à Osheaga. Matt Shultz a redonné vie aux festivaliers avec son énergie contagieuse, en courant de part et autre de la scène. Le groupe avait besoin de la passion de la foule et les fans eux d’énergie pendant cette journée humide et chaude et à ce moment tout a semblé tomber en place.

Arkells sur la scène verte a encore une fois volé le show. Le groupe attire de plus en plus les foules et lorsque vous les voyez en concert vous comprenez pourquoi. Difficile d’imaginer Max Kerman ailleurs que sur scène. Il possède un charisme fou et une énergie contagieuse. Avis personnel, ils auraient mérité la place de Solange sur la scène de la Rivière.

Lanez a d’ailleurs commencé en retard; en fait il a presque complètement manqué sa performance. Il était au New City Gas la veille, mais serait retourné à Toronto pour mieux revenir, et selon ses propres mots, il était saoul. Pour faire oublier le retard, après avoir soigneusement retiré ses trop nombreuses chaines en or et bracelets, Lanez s’est dirigé directement dans la foule, causant un mouvement de va et vient plutôt dangereux, sans compter le « mosh pit » à gauche de la scène. Il a même profité de l’occasion pour faire jouer par son DJ le succès de Lil Uzi Vert comme pour nous rappeler ce que l’on manquait. Sur une scène secondaire peut-être, mais Tory Lanez n’a pas l’étoffe pour la scène principale à Osheaga.

Évidement la journée ne pouvait pas être parfaite, si bien que dame nature a décidé de se déchainer encore une fois pendant Major Lazer et tout juste avant que Muse ne prenne d’assaut la scène de la Rivière.

Ceci dit la température n’a pas empêché au party de lever du côté de la scène de la montagne. Reste à voir combien de temps avant que Major Lazer devienne une tête d’affiche du festival.

Ce qui nous intéressait le plus en cette journée numéro deux du festival était sans aucun doute Muse. Et quel spectacle nous avons eu! Une petite frousse s’est manifestée lorsque le ciel s’est couvert peu avant leur entrée mais tout est rentré dans l’ordre juste à temps pour les premières notes de l’intro et l’entrée en scène de Matt Bellamy, Dominic Howard et Chris Wolstenholme. Ils ont débuté avec leur plus récent simple Dig Down et ce qui a suivi a été à la hauteur des attentes et plus encore. Ils ne donnent jamais moins que leur 200 % avec un visuel spectaculaire et une rafale de hits.

Le groupe ne lésine pas sur le théâtrale, que le concert se trouve à l’intérieur ou l’extérieur. Blocs d’éclairage en mouvement, ballons géants dans la foule, confettis et guirlandes avant la finale, tout y était pour une fin de soirée parfaite à Osheaga.

La liste des chansons était juste le mélange parfait de matériel récent et d’anciennes chansons, auquel se sont jointes quelques reprises d’autres groupes bien connu. Il y en avait pour tous les goûts, de Hysteria, Plug In Baby, Supermassive Blackhole en passant par Uprising, Resistance et sans oublier les récentes Psycho, Dead Inside, Mercy et Madness.

Impossible de quitter l’ile sans un succès de Muse dans la tête !

Liste des chansons pour Muse

SFX Intro

1.    Dig Down (Drill Sergeant)

2.    Psycho

3.    Interlude

4.    Hysteria (AC/DC’s Back in Black riff outro)

5.    Resistance

6.    Plug In Baby (extended outro)

7.    The 2nd Law : Isolated System (raccourci)

8.    Stockholm Syndrome (Rage Against the Machine « Freedom », Reapers et Agitated outro)

9.    Supermassive Black Hole (Close Encounters intro)

10.Munich Jam

11.Madness

12.Dead Inside (Who Knows Who intro & outro)

13.Starlight

14.Time Is Running Out (Led Zepplin’s Heartbreaker outro)

15.Mercy

rappel :

16. Uprising (extended outro)

17.Knights of Cydonia

À sa troisième journée, le festival devenait de plus en plus éprouvant pour le corps et l’esprit, mais heureusement dame nature a été beaucoup plus clémente avec un superbe soleil, pas trop chaud, ce qui a permis au gazon synthétique un peu partout sur le site de sécher et ainsi laisser la chance aux festivaliers de s’asseoir et relaxer un peu partout près des scènes.

Un arrêt à la scène de la Montagne pour les sœurs jumelles préférées de Montréal en Tegan and Sara. Elles semblaient figées dans le temps, égales à elles-mêmes sans artifice ou surprise mais toujours bien appréciées du public.

Puis une belle découverte du côté de la scène des arbres avec le compositeur et musicien électronique britannique Sohn. Il a réussi à attirer les curieux et une bonne petite foule c’était accumulée devant lui.

Vance Joy et son sourire dévastateur était de retour à Osheaga et il n’y avait aucun doute à avoir, la gente féminine était toujours en pamoison devant le jeune talent australien. On était loin de la petite scène sur laquelle il s’était produit en 2014, cette année il avait une place de choix sur la scène de la Rivière tout juste avant The Weeknd.

Il a même risqué avec une reprise de Paul Simon avec la pièce You Can Call Me Al, ce qui a fait danser et chanter les festivaliers d’une scène à l’autre. Il ne pouvait pas quitter sans jouer son gros succès, Riptide, ce qu’il a fait au grand plaisir de tous.

Alabama Shakes, un groupe blues rock de l’Alabama, nous a transporté dans leur coin de pays le temps de leur performance. Définitivement un coup de cœur du festival. Le groupe autant que les festivaliers avait tellement de plaisir qu’ils ont dû terminer sans son, ayant dépassé de plusieurs minutes leurs temps de scène.

Un peu plus loin, à en juger par le débordement de la foule à la scène de la Vallée, le public manquait d’étrange dans leur fin de semaine ou avait juste envie d’être témoin de la prestation de Die Antwoord. Leur folie a contaminé le public qui en redemandait. Personne n’est resté immobile, l’ambiance était à la fête. Ils ont fait les classiques comme Ugly Boy, I Fink U Freeky et Fatty Boom Boom. Le « show » était autant dans la foule que sur scène, bref, il fallait y être.

Osheaga s’est terminé en beauté avec The Weeknd, qui nous a offert une belle performance un peu écourtée de ce qu’il avait présenté au centre Bell il y a quelques mois de ça. Il a débuté sur son récent succès Starboy accompagné au chant de tous les festivaliers et ce jusqu'à la fin du concert. L’énorme terrain entre les deux scènes principales s’est transformé en une immense piste de danse.

Indéniablement, sa voix en spectacle sonne exactement comme sur les albums, et des hits, il en a à revendre. Il était évidemment heureux d’être de retour dans la métropole. Le visuel créé à l’aide d’une grosse structure triangulaire était juste ce qu’il fallait pour capter l’attention. Le funky Can’t Feel My Face a eu le public en train de chanter et de sauter sur commande de Tesfaye.

Il a pris le temps d’apprécier le moment avant de lancer un « Je t’aime Montréal! ». The Weeknd a été accompagné de feux d’artifices, une belle touche pour terminer la soirée et clôturer ainsi l’édition 2017 de Osheaga avec la chanson The Hills.

Jour 1 

Jour 2

Jour 3

Ambiance

Lu 1172 fois Dernière modification le mardi, 08 août 2017 10:26
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