20 Aoû 2017

Guns N' Roses / Our Lady Peace : Critique et photos du spectacle de Montréal (2017) Spécial

Voilà, plus de 25 ans plus tard, Guns N’ Roses est de retour à Montréal dans sa version presque originale. Pour les plus jeunes d’entre vous, il peut être pertinent de rappeler que ça ne s’était pas très bien passé en ce 8 août 1992. Ça s’annonçait le concert du siècle. Les deux plus grands groupes hard rock de l’époque, Metallica et Guns N’ Roses ensemble au Stade olympique. Le rêve a malheureusement viré au cauchemar quand James Hetfield a été blessé par un effet pyrotechnique en cours de spectacle et a dû se rendre à l’hôpital d’urgence et que Axl et sa bande n'entrèrent en scène que plus de deux heures plus tard pour ne jouer que 40 minutes! S’ensuivit alors une des plus violentes émeutes à avoir eu lieu ici. L’image à la télévision d’une voiture de police renversée sur le toit avec des flammes en arrière-plan restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Bien sûr, une version édulcorée du groupe avec seulement le chanteur comme membre fondateur est venue nous rendre visite à deux reprises depuis, mais beaucoup ont toujours considéré ça comme la carrière solo de celui-ci et non le vrai groupe. Même s’il reste encore de cette période le batteur Frank Ferrer et le guitariste Richard Fortus, voilà que le bassiste Duff McKagan et, encore plus important, le guitariste Slash sont de retour au bercail.

Avant toute chose, il y avait le groupe canadien Our Lady Peace qui ouvrait les festivités au parc Jean-drapeau de l’île Sainte-Hélène. J’ai eu beau partir de la job en finissant à 17h30, la longue marche jusqu’au site et l’engorgement à l’entrée ont fait que je n’ai jamais réussi à me rendre à temps pour les voir jouer. Je ne les ai entendus que de loin. Les fans de la première heure ont pu en profiter à fond, car le groupe a fait l’impasse sur ses albums d’après 2002, si ce n’est que du nouveau single Drop Me In The Water. Raine Maida et sa bande se sont concentrés sur leurs vieux succès comme Superman’s Dead, Naveed et Is Anybody Home? au grand plaisir de la foule présente.

C’est alors que... Est-ce l’âge ou le fait qu’ils ont encore quelque chose à se faire pardonner après toutes ces années? Mais les écrans géants s’activent pour nous montrer l’introduction exactement à 19h30, l’heure où ils doivent commencer. Miracle, il n’y a donc aucun retard. Comme du temps de la grande époque de Appetite For Destruction, ils débutent les hostilités avec It’s So Easy et Mr. Brownstone et la magie opère instantanément. Bien sûr, l’on voit et l’on entend que monsieur Rose ne bouge plus comme avant et qu’il n’a plus sa voix d’autrefois, mais son plaisir évident d’être là et de voir Slash et Duff à ses côtés reste particulièrement jouissif pour les fans du groupe que nous sommes. Si le bassiste a comme de raison pris du vieux, il n’en reste pas moins très en forme et en impose sur l’immense scène. Slash, quant à lui, a l’air intemporel avec ses longs cheveux bouclés, ses lunettes de soleil et son classique chapeau haut de forme. Il n’a rien perdu de sa qualité d’exécution et ses doigts jouent avec fluidité le long du manche de sa Gibson Les Paul.

J’avoue que pour ne pas gâcher mon plaisir je n’avais pas regardé le "setlist" depuis le début de la tournée. Quelle fut donc ma surprise d’entendre dès la troisième chanson Chinese Democracy tirée de l’album du même nom, sorti en 2008. J’étais resté persuadé qu’aucun titre de cette période ne serait joué. Mon erreur, car Better et This I Love seront aussi de la partie. Ce ne sont peut-être pas les moments où l’énergie de la foule est à son comble, mais ils s’insèrent avec aisance parmi les vieux classiques. Car des classiques il y en aura à la tonne, à commencer par Welcome To The Jungle qui n’a pas dû plaire aux résidents de St-Lambert tant les réactions furent bruyantes. Là, on est lancé pour de vrai.

Si le groupe est réputé pour ses nombreux retards d’entrée en scène, il y a une autre chose pour laquellle il est reconnu et c’est pour ses très longues prestations. Et il nous l’a encore une fois bien démontré ce soir, avec plus de trois heures de show. Il y aura bien sûr les classiques que tout le monde veut entendre, mais il y aura aussi de nombreux solos et de nombreux jams qui allongent les pièces, en plus de nombreuses reprises. Il y a les reprises auxquelles nous nous attendons, comme Live and Let Die, Attitude ou Knockin' on Heaven's Door, mais il y aura aussi de belles surprises comme Wish You Were Here de Pink Floyd et Black Hole Sun de Soundgarden en l’honneur du défunt Chris Cornell.

Avec un brin d’humour, le leader du groupe y ira de quelques blagues au sujet des incidents du passé comme « Ils savent que ce n’est pas une bonne idée de vous placer avec nous dans un stade » et « c’est bien d’arracher sans réellement faire tout arracher ». Ça y est, après tant d’années, l’abcès est crevé et Guns N’ Roses et Montréal peuvent enfin faire la paix. Et nous donner un spectacle aussi long et aussi de qualité est une bonne façon d’y arriver. Comme de raison, rien n’est parfait et comme c’est souvent le cas lors des réunions de groupes mythiques, il n’y a pas beaucoup de chaleur et d’interactions entre Axl et Slash, ce dernier allant la plupart du temps jouer ses solos de guitare près du batteur et de son éternel comparse à la basse, et le chanteur paraissant la plupart du temps détaché du reste du groupe. C’est un maigre prix à payer pour les voir réunis sur scène. Et, n’en déplaise à Axl, la vraie vedette de ce soir c’est Slash.

Pour finir en beauté, ils nous ont préparé un long rappel de feu avec deux de leurs plus grosses balades, Don’t Cry et Patience, deux reprises, dont Whole Lotta Rosie (sûrement pour faire référence au fait qu’Axl est maintenant aussi le chanteur d’AC/DC), et Paradise City qui met tout le monde à genoux maintenant qu’il est presque rendu 22h45. Quelle fin pour un show qui marquera l’histoire de Montréal pour les bonnes raisons cette fois. SI par miracle ils peuvent rester ensemble assez longtemps pour enregistrer un nouveau disque, au plaisir de les revoir venir jouer parmi nous.

Liste des chansons :

It's So Easy

Mr. Brownstone

Chinese Democracy

Welcome to the Jungle

Double Talkin' Jive

Better

Estranged

Live and Let Die

Rocket Queen

You Could Be Mine

Attitude (reprise des Misfits)

This I Love

Civil War

Yesterdays

Coma

solo de guitare (Slash)

Speak Softly Love

Sweet Child O' Mine

Used to Love Her

My Michelle

Wish You Were Here (reprise de Pink Floyd)

November Rain

Black Hole Sun (reprise de Soundgarden)

Knockin' on Heaven's Door

Nightrain

rappel :

Don't Cry

Whole Lotta Rosie (reprise de AC/DC)

Patience

The Seeker (reprise de The Who)

Paradise City

Lu 9819 fois Dernière modification le dimanche, 20 août 2017 10:42
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